dimanche, février 03, 2013

BHL, le Soleil et Pluton

Bernard Henry Levy né le 5 novembre 1948 à 23h30 Beni Saf Algérie.

Lors d'un interview l'épouse du reporter décédé Daniel Pearl, sujet d'un best-seller de BHL déclara:  « c'est un homme dont l'intelligence est détruite par l'ego ». Sujet d'innombrables moqueries, sept fois entarté, l'écrivain-journaliste-philosophe-cinéaste reste un favori des médias. L'examen de son thème nous permet d'entrevoir les rouages et les engrenages de ce personnage aux initiales célèbres, héritier richissime, surnommé archevêque du bien et premier réclamier de Paris.

Le Soleil, l’ascendant et Pluton.
La configuration majeure de ce thème est le carré du Soleil en Scorpion à Pluton qui se lève en Lion. Les deux astres en réception mutuelle (Soleil maitre du Lion et Pluton maître du Scorpion) se renforcent mutuellement. Ils symbolisent le combat entre l'ombre et la lumière, c'est-à-dire l'histoire et le drame intime de BHL.

Le Soleil en Scorpion en IV, proche du Fond du Ciel conjoint au Nœud sud est en relation avec les origines et la famille qui le marquent profondément. Il est sombre, tourmenté, attiré par les profondeurs, en quête de lui-même et de justice (demi-carré à Jupiter en Sagittaire) et porte le poids de Pluton, le maître des obscurités, qui le domine car puissamment positionné à l’ascendant : Pluton décide ainsi du comportement en bien des choses. Si l'AS Lion est naturellement attiré par la noblesse et la générosité, il n'est pas rare que le comportement s'infléchisse, surtout lorsque Pluton, fasciné par les sensations intenses que procurent les jouissances matérielles et le pouvoir s'en mêle. Grâce au parallèle et au carré du Soleil à l’AS la quête de la lumière reste présente mais simultanément l'ego s'aveugle lui-même. Pluton prend donc l’avantage dans ce combat d’autant qu’il est renforcé par de puissants parallèles de déclinaison que nous allons étudier et qui provoquent la colère, l'autodestruction et un goût démesuré pour le pouvoir.

Il en résulte que comme souvent Pluton au lever décrit une nature qui ne s'aime pas. BHL a rêvé et rêve peut-être encore d'être un héros solaire (sans doute professe-t-il d'y croire lui-même par l'intermédiaire de son Neptune dont le rôle n’est pas à sous-estimer) mais le Soleil est manifestement dominé par le maître du Scorpion. Reste donc l'orgueil, une caractéristique solaire qui est ici à la fois aveuglement de soi (Soleil parallèle et carré AS) et façade qui dissimule un profond désamour de soi (Pluton à l'AS). C'est qu'il est difficile d'accorder le cynisme et la quête du pouvoir plutonien à la noblesse et à la générosité solaire. Le conflit Pluton/Soleil pousse à une haine de soi qu'il faut sans cesse apaiser par l'orgueil nourri de reconnaissances médiatiques.

En résumé les deux natures entremêlées s'affrontent et cohabitent tant bien que mal. Le résultat est un profond cynisme (Pluton) du comportement (AS), qui assombrit totalement l'AS Lion d'autant que son maître (le Soleil) réside dans les obscurités du Scorpion. C'est cette situation, cette incapacité à vivre la transmutation du Scorpion qui détruit l'intelligence, un processus assimilable à l’autodestruction. L'orgueil professé n'est jamais qu'un épiphénomène.

En ce qui concerne l’intellect les marqueurs sont mitigés:
Mercure en III (écriture et communication) en Balance (marqué par une certaine esthétique de la pensée) est au sextile de Jupiter (les études supérieures, la collecte des informations) et au trigone d'Uranus (l'intuition, l'originalité). L'intelligence classique, l'art de concevoir  des rapports entre les choses est bien en place.

De même Saturne (la profondeur de la pensée) en Vierge (chez Mercure donc) au sextile d'Uranus (équilibre entre tradition et renouveau) et au trigone de Jupiter (équilibre entre la structuration mentale et l'inspiration) est particulièrement bien placé. Il figure la puissance de travail, le sens de l'effort et de l'organisation, la capacité de penser à long terme et offre d'excellents avantages matériels ( Saturne en II, la maison de l'argent, allié à Jupiter l'astre de la prospérité).

C'est à partir d'Uranus, l'intelligence en soi, c'est-à-dire la perception directe de la vérité et surtout la capacité de relier compréhension de soi et action sur soi, que les choses deviennent plus difficiles. S'il jouit des soutiens de Mercure (l’expression et la méthode) et de Saturne (la constance), il participe à une série de Parallèles de déclinaison réunissant à part lui Mars, Jupiter et Pluton, ce qui l'aveugle, le porte aux jugements hâtifs et violents et le radicalise fortement!

Jupiter en domicile en Sagittaire en V (la créativité) semble pourtant idéalement placé en ce qu'il définit l'orientation philosophique et permet l'écriture de nombreux ouvrages. Cependant s’il offre le sens de la justice, il s'érige fréquemment en juge de ce qui est bien et mal et son parallèle à Uranus doublé d'une opposition amplifie le coté autoritaire ainsi que la certitude d'avoir toujours raison propre à cet astre. C'est ici que naît le complexe du justicier. Ce complexe est singulièrement renforcé par Mars également en Sagittaire (prompt à combattre les injustices) et ses liens à Uranus et à Jupiter décrivent un tempérament coléreux, va-t’en guerre, partisan des idéaux (Sagittaire) défendus par la force d'où les positions favorables du journaliste-écrivain à certaines interventions armées. Notons qu'un aspect tendu (comme l'est ce parallèle) entre  Uranus et Mars pousse facilement à la radicalité des idées et au fanatisme.

Tout ceci pourrait passer : voici un pourfendeur d'idées un peu radical et même authentiquement indigné, manifestement doué pour l'écriture et passionné de politique. Pourquoi pas? Mais voici Pluton dont nous avons décrit les relations tendues avec l'idéal solaire qui entre en scène. Exalté en Lion, valorisé par sa présence à l'AS il assombrit le caractère, l'imbibe de cynisme, dispense le goût du pouvoir et de la jouissance et rend le comportement destructeur.

Uranus est à la fois parallèle et demi-carré à Pluton : voici éclairé de l'intérieur (et correspondant parfaitement au carré Pluton/Soleil) le double visage de BHL, l'uranien humaniste révolutionnaire, démocrate défenseur des faibles d'un coté et de l'autre le cynique exploitant de bois précieux qu'il fut longtemps, plus qu'irrespectueux des droits fondamentaux de ses employés et conséquemment l'une des plus grande fortune française. A ce sujet lire ici

Ainsi Pluton au lever, maître d’un Soleil obscurci en IV (là où se décrypte la personnalité dépourvue de masque) figure l'argent et le goût du pouvoir qui interfèrent autant avec l'idéalisme uranien qu'avec le sens de la justice (Mars et Jupiter en Sagittaire).

Une des sources de la haine de soi dont nous parlions plus haut se trouve ici : le Parallèle Pluton/Jupiter implique les collusions avec les puissances financières dont lui-même fait partie, celles-là même qui détruisent le monde et la vie de millions de déshérités que le « philosophe » fait mine de défendre. Le cynisme plutonien règne en maître, ce qui n'empêche pas le sens de la justice de se débattre au fin fond de la conscience. Ainsi le combat entre l'ombre et la lumière, entre le bien et le mal (ce que lui considère comme tel) est virulent.

Quand au parallèle Pluton/Mars il renforce l'autodestruction déjà soulignée par la présence de Pluton à l'AS. Le trigone entre les deux astres, malgré qu'il permette une excellente capacité d'action (sans compter les avantages d’un corps résistant et nerveux (Mars/Uranus), semble entièrement soumis au pouvoir de Pluton.
Cette autodestruction est surtout d'ordre spirituel. Peut-on se proclamer philosophe (c’est-à-dire aimer la sagesse), se faire donneur de leçon, défendre la justice et écrire des volumes à ce sujet et mener une vie de riche exploitant des masses sans se menacer au plus profond de soi ? Mercure et Saturne aidant, BHL s'en rend bien compte, mais la quête des sensations intenses et la peur de la mort (Pluton) sont sans doute trop puissantes.

Les racines du problème:
Comme toujours, malgré les aspects spectaculaires (les parallèles Uranus/Pluton/Mars/Jupiter et le carré Pluton/AS au Soleil en IV, il faut creuser plus profond pour entièrement comprendre les mécanismes du thème. Et c'est surtout la Lune, Vénus et Neptune, dont on n'a pas encore parlé qui en offrent les clefs.

La Lune qui est la mémoire, l'accumulation des expériences a elle aussi fort à voir avec l'intelligence en ce qu'elle représente les préoccupations habituelles de la pensée et la continuelle quête de la sécurité de celle-ci. Si elle profite bien de son sextile au Soleil favorisant une certaine harmonie et bien sûr la réussite mondaine, sa position en Capricorne est difficile. L'enfance est marquée par des sensations complexes de craintes, de séparation et d'isolement (peut-être le départ d’Afrique du Nord a-t-il joué un rôle? et quid de la relation à la mère ?). La Lune désigne en réaction un mental ambitieux, souvent froid et calculateur, occupé à se protéger. Elle domine la maison XII associée aux épreuves, à la souffrance et au mal que l'on se fait à soi-même. Elle est elle-même positionnée sur la cuspide de la VI, la maison des servitudes. On lit ici une sensation d'infériorité gardée secrète, mais qui tourmente le mental.

Cette sensation est consolidée par le carré de la Lune à Neptune, un aspect très important qui décrit un mental impressionnable, dissimulateur et parfois mensonger, comploteur et en quête de sécurité affective. Le mental a tendance à fuir, à s'illusionner sur son propre compte, à rechercher des refuges tels que la foi ou une cause quelconque à défendre ou à laquelle s’identifier. Ce carré intervient subtilement dans ce que l'on appellera un rôle endossé : la Lune en Capricorne est contractée, cristallisée, durcie, refroidie et marquée par des mémoires figées, sans doute à cause de souffrances encourues dès l'enfance par la conjonction Vénus/Neptune (association amour et souffrance, hyper sensibilité émotive, peur de ne pas être aimé). A partir de là le mental (la Lune), marqué par la souffrance et l’empathie (Neptune) fait son possible pour s'en dépêtrer.
Il s'agit de se faire aimer sans trop aimer soi-même, c'est-à-dire sans prendre de risques.
Ainsi, vues les orientations jupitériennes et uraniennes, pourquoi ne pas endosser le rôle du sauveur, de l'humaniste, même si au fond de soi on ressent surtout l'ambition, le cynisme et le désir des fruits de la réussite qui rassurent.
La tension entre la Lune et Neptune rend pourtant l'existence complexe car l'écrivain cherche à croire ce qu'il professe. Il veut s’identifier. Il oublie qu'au départ il est vide, animé de peu de convictions, porté vers la jouissance et les plaisirs (Mars et Jupiter en V), tout juste armé d’un certain sens humaniste de la justice. Alors pourquoi ne pas s'en emparer et jouer un personnage qu'on créé de toute pièce, oubliant ensuite qu’on n'est que du vent et de la fumée neptuniennes?
On peut alors s'illusionner, tenter de croire en soi-même, mais au fond, à cause de Pluton et de son cynisme, à cause de la peu emphatique Lune en Capricorne, on sait que l'on se ment et que l'on ment au public même si l’on finit par croire à moitié à ses propres histoires (BHL fut d’ailleurs accusé de mythomanie).

Ne quittons pas la Lune sans reparler de Pluton, encore lui, car le petit luminaire s'y raccroche par un quinconce à l'AS. Vues les forces respectives de ces astres il s'agit de véritables obscurités mentales, de craintes profondes, de pensées obsessionnelles, de durcissement de l'ego (AS) et d'autodestruction (Pluton) encore une fois, celle-ci étant manifestement intellectuelle et spirituelle.

Il ne reste plus à Vénus, maître du Milieu du Ciel (le public) valorisée par son carré à Uranus (le charme physique, la séduction, le magnétisme) et sa conjonction à Neptune (la relation à la souffrance, la sentimentalité sont mises en scène), qu’à coiffer le thème. Avec Rahu (la destinée) qui culmine sur ce Milieu du Ciel on comprend l'ambition dévorante et le désir d'imposer une image vénusienne de soi au public, celle d’un dandy séducteur, bâti pour la réussite mondaine. Vénus est responsable du syndrome du paraître, de l’importance des apparences, de la chemise blanche, de la coiffure éléments essentiels de l'image projetée mais au fond c’est Neptune qui le guide, Neptune et sa douloureuse réalisation de n’être rien.

Que reste-t-il?
L'exemple de BHL est frappant. L’autodestruction on le voit ne concerne pas toujours, loin de là, les toxicomanes ou autres alcooliques. En vérité le Soleil au parallèle de l'AS Lion, Jupiter et Mars en Sagittaire, Mercure et Saturne et leurs beaux aspects qui sont les facettes lumineuses du thème sont loin, hors d'atteinte, car pour que BHL les vive vraiment il faudrait renoncer aux vanités et aux gloires éphémères, aux satisfactions mondaines qui épaississent l'ego et accepter ce que l'on est. Il faudrait vivre pour de bon et cesser de faire semblant de croire en une image de justicier inventée de toutes pièces. Il faudrait vivre la justice plutôt que d'en parler. Il faudrait s'interroger sur la colère, la peur, le cynisme, la violence, les impostures, l’amour de l’argent et du pouvoir, l’image illusoire de soi ...

BHL a besoin d'une révolution intérieure : on entend par là tenter de comprendre l'être humain et ainsi avant tout de se comprendre soi-même, démarches qui devraient être les premiers travaux d'un vrai philosophe. Comprendre sans doute que la renommée, voire même la célébrité, pas plus que l'argent et le pouvoir ne sont des signes d'une véritable réalisation. Ce sont même des poursuites opposées à tout ce qui est sagesse véritable car elles nourrissent la peur, engraissent l'ego et ferment la porte à toute sérénité. Pire, elles interdisent l'exploration des couches profondes de l'esprit, là où se trouvent les réponses aux vrais mystères de l'être humain en relation avec la conscience, la vie et la mort. Rien dans son thème ne l’empêche de le faire, bien au contraire, mais l’argent et le succès peuvent être de terribles prisons.










CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.