samedi, septembre 13, 2008

Religion et politique

Benoît XVI est en France depuis un jours ou deux, à Lourdes à l’heure où j’écris, là où la Vierge apparut 18 fois à Bernadette Soubirous selon la tradition catholique. Prières, chants et liturgies, sermons, veillées et bougies, sont à l’honneur. Nicolas Sarkozy en a profité pour défendre le concept de laïcité positive (si tant est que cette locution une fois décortiquée, signifie vraiment quelque chose), une certaine gauche s’insurge de ce que le président de la république se mêle de spiritualité, on sort à nouveau le concept de séparation des pouvoirs. De son coté le pape devise sur les racines chrétiennes de l’Europe, et des intégristes sont tout contents du retour de la messe en latin…

Il y a pourtant peu de différence entre la politique et les croyances organisées. Les politiciens s’adjugent le temporel et les prélats le spirituel, des spécialistes, des gens importants, cultivés, qui font autorité dans leurs branches, qui font métier de penser pour les autres, qui exercent depuis des millénaires un pouvoir sur l’existence de leurs contemporains. Et qui en profitent matériellement. On a vu, au cours des périodes les plus noires de notre histoire (celle de l’humanité toute entière) à quoi cela nous a mené : dictatures, tyrannies, guerre de religions, fanatisme, intolérance….

La maison IX, où l’on situe religion et spiritualité (en fait tout ce qui est loin, comme les études et les grands voyages), appartient analogiquement à Jupiter, un astre qui aime les fastes et les cérémonies. Jupiter maitrise le clergé et aussi les politiciens. Saturne gouverne la maison X, plus en rapport avec la carrière et la réussite sociale. De ce point de vue, Saturne pourrait être considéré comme plus matérialiste que Jupiter. Il n’échappe cependant à personne que les qualités saturniennes sont spirituellement orientées : nous parlons d’austérité, de patience, de restreinte, de discipline, de persévérance. Jupiter de son coté est associé à la richesse, aux fastes, aux débordements, aux gratifications de toutes sortes, à la bonne chère et la gourmandise.

Les croyances organisées, les «religions» collectives, entretiennent-elles vraiment une relation avec la spiritualité au sens profond du terme ? Les anciennes traditions dont elles sont porteuses, les croyances naïves et poussiéreuses, les livres « sacrés », les hiérarchies de prêtres, d’imams, de rabbins, de moines, de gourous de toutes sortes, entretiennent-ils une quelconque relation avec ce secret, ce mystère parfumé qui hante le cœur de l’homme depuis des dizaines de millénaires? Pas certain du tout.

On a l’impression qu’un être profondément religieux, capable de plonger dans ce complet silence de l’esprit qui nous est refusé à nous, majorité des mortels, est de ceux dont le cœur et l’âme sont dépourvus de violence : il a cessé de se battre contre lui-même et donc contre les autres. Il a sans doute choisi l’austérité comme mode de vie, non forcé par la pauvreté, ou un quelconque de vœu de chasteté qui ne le mènerait qu’à la frustration, mais uniquement par compréhension, sensitivité, intelligence et amour. Il n’appartient à personne, à aucun pays, croyance, ou système. Il se rit ses manifestations, rassemblements, cérémonies, fastes hauts en couleurs et en costumes.

A écouter les discours des politiciens (ces Jupitériens dotés d’un bon Mercure, puisqu’il faut savoir enjôler de ses paroles un auditoire qui aime être bercé de promesses), on les prendrait pour des saints : leurs discours n’est guère éloigné de ceux des religieux professionnels, puisque tous nous jurent n’être ni cupides ni carriéristes, se moquer du pouvoir, ne connaître aucune ambition personnelle et ne faire ce qu’ils font que pour le plus grand bien de tous.

Les politiciens, comme les « religieux » ne sont-ils pas en définitive victime des mêmes processus de pensée ? recherche du plaisir (Dieu peut-être vu comme le plus grand et le plus jouissif des plaisirs, à consommer après la mort), du pouvoir, des gratifications (plaisir d’être écouté, reconnu, d’avoir barre sur les pensées, ou sur les âmes) et fuite de la peur, qui en définitive les talonne sans cesse comme nous tous.

Pour changer la vie (œuvrer pour moins de violence, moins de pollution, moins de destruction, plus de sagesse et de compassion), il n’y a pas de secret, il faut se changer soi-même. Changer les autres, par la politique ou la croyance religieuse, est une drôle d’idée en définitive, qui mène à plus de violence, plus de conflit. Dans le langage astrologique, se changer soi-même c’est utiliser les énergies que représentent les astres au mieux de nos possibilités :

- Saturne est incontournable, puisqu’il apporte ces qualités dont on parlait plus haut (patience, discipline sans conflit,…..) sans lesquelles on ne fera jamais le premier pas.
- Jupiter est également nécessaire, afin d’apporter un certain degré de liberté de pensée qui aura de la peine à croître, si l’on est soumis à des travaux abrutissants. C’est lui aussi qui nous fait tomber un jour, comme par chance, sur une indication, un signe, un livre, une phrase, un mot, qui nous mettra sur la voie de nous-mêmes. Il faut cependant qu’il se soumette à Saturne, qu’il se débarrasse de la notion de prélat, de maître, de gourou, ainsi que des habitudes de gratifications qui dévorent l’intelligence du corps et du coeur.
- Mars, celui qui éveille la crainte, insuffle au corps le feu et l’énergie dont il a besoin, sa force tournée vers le service, celui qui est rendu aux autres, quand il est requis, mais aussi celui qu’on rend à soi-même, car se changer soi-même, intérieurement, c’est changer le monde. Aux cotés de Pluton, le puissant, l’instinct, le pulsionnel, le ténébreux, le sexe et de la mort, il donne le courage de se libérer de la peur, le seul véritable ennemi.
- Uranus, l’intuition, l’intelligence qui permet de suivre sa voie propre, de ne pas se conformer, de n’avoir d’autre lumière que soi-même et Mercure, la chance, l’intellect, le cerveau délié, vif, pétillant, qui permet à la pensée de se comprendre elle-même et de tracer ses limites, sont également indispensable à l’approche du sacré.
- Ce sont eux qui comprendront la Lune, qui comprend le masque de la personnalité et l’ensemble de la mémoire, c’est-à-dire le contenu de la pensée.
- Vénus, la tendresse et l’amour, permet de jouir de la splendeur du monde, car y a-t-il spiritualité sans perception de la beauté ?
- Neptune, la planète mystique, emphatique, purifiée au feu froid de Saturne, ouvrira alors peut-être les portes de l’émancipation.
- Reste le Soleil, symbole de lumière, de noblesse, de pureté, maître du cœur, du corps et de l’esprit, le seul à même de symboliser ce qui existe au-delà de la prison de nos pensées.

Personnellement il me semble que tout cela, cette capacité que nous avons sans doute à illuminer nos existences, passe par la méditation, mais uniquement cette méditation dont parle Krishnamurti (ce même Krishnamurti qui déclara un jour explicitement : « il n’y a pas de chemin qui mène à la sagesse ».
« La méditation » dit-il, « est un des arts majeurs dans la vie, peut-être l’art suprême, et on ne peut l’apprendre de personne : c’est sa beauté. Il n’a pas de technique, donc pas d’autorité ».

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.