mercredi, juin 15, 2011

Eclipse du 15 juin et conséquences

Si la pleine Lune est toujours une réjouissance pour la nature (la joie de cheminer en montagne ou en forêt, où de traîner sur des plages sauvages éloignées des pollutions lumineuse, de jouir de sa lumière lactée, forcément magique), les éclipses la marquent de façon particulière, sombre, mystérieuse, un rien menaçante.

Il arrive qu'on en fasse grand cas, comme en 1999 (éclipse solaire il est vrai), quand des personnages médiatiques, pas même astrologues, trustaient par leur catastrophisme la une des journaux, alors que les astrologues authentiques s'évertuaient vainement à faire entendre leur voix, pourtant raisonnables et avisées, mais de peu de portée car leurs messages d’apaisement n’excitaient personne.


Bien entendu, comme tout être sensé pouvait s’y attendre, il ne se passa rien ce jour là. Et lorsque quelques mois plus tard la tempête du siècle s'abattit sur la France (rafales de vent atteignant les 200 Km/h, des centaines de milliers d'arbres arrachés, toits éventrés, routes inondées, lignes ferroviaires coupées, aéroports paralysés, poteaux électriques tombés à terre, jamais une catastrophe naturelle aussi dévastatrice ne s'était abattue sur l'Hexagone, peu firent la relation avec l'éclipse de l'été précédent, déjà oubliée et les charlatans furent pardonnés, après tout n’avaient-ils pas su rendre l'actualité captivante pendant quelques semaines?


L'astrologie explique bien pourtant qu'une éclipse est comme une bombe à retardement et que selon sa nature (solaire ou lunaire) et sa durée, on cherche à calculer ses effets dans les mois et parfois (uniquement pour les éclipses solaires) les années qui la suivent. Dans le même ordre d'idée, les actualités d'aujourd'hui parlent à la fois de l'éclipse de cette nuit et de la supposée fin du monde en 2012, prédiction qui crée le buzz depuis plusieurs années, et qui rapporte beaucoup d'argent aux auteurs et aux éditeurs spécialisés dans ce type d’ouvrage. Nous aurons sans doute l’occasion d’y revenir.


Le 15 juin 2011, 22H14 (heure locale) Paris.


Pas d’éclipse sans les Nœuds, puisque ceux-ci représentent les lieux d'intersection de l'orbite lunaire avec l'écliptique. Cela revient à dire que comprendre une éclipse, du point de vue de l’astrologie, revient à saisir les significations de Rahu (le Nœud nord) et de Kétu (le Nœud sud), obligatoirement proches des luminaires en pareils cas.

Dans le merveilleux mythe du barattage de la mer de lait, qui conte comment les dieux et les démons s’allièrent pour produire l’amrit, le nectar d’immortalité, les Hindous qui accordent le statut de « planètes d’ombre », chaya graha, à Rahu et Kétu, racontent que les Nœuds lunaires sont un démon tranché en deux par Vishnou.
Pour tuer ce démon, Vishnou dont le rôle est de préserver l’univers, usa de son arme personnelle, un disque tranchant appelé sudarshana chakra, que l’on dit parfois représenter le Zodiaque. Hélas, le démon avait déjà bu du fameux nectar : il ne mourut pas et depuis ses deux moitiés, sa tête (Rahu) et sa queue (Kétu) poursuivent le Soleil et la Lune (coupables de les avoir dénoncés) de leur haine et parfois les attrapent : comme cette nuit, Rahu, la tête du dragon avale alors la Lune. Mais la tête démoniaque est séparée de son corps et ainsi la Lune s'échappe par le cou, avalée mais non digérée, tout en perdant pendant un certain laps de temps sa lumière qui lui vient du soleil, le donneur de vie.

Le problème est de comprendre ce qui se passe psychologiquement, spirituellement, alors que la Lune, puissamment reliée à l’instinct de protection et au contenu de la pensée (la mémoire, la fixation mentale des expériences vécues) perd, pour un moment, sa capacité lumineuse.

La Lune, qui représente aussi l’enfance et la mère, lors de ses phases lumineuses, si rythmées, si cycliques, qu’elles sont inscrites en nos gênes, écarte de nous les ombres de la nuit. Elle dispense sa douce lumière qui fait croître les plantes et permit à nos ancêtres, pendant des centaines et des centaines de millénaires, de rendre la nuit moins obscure, moins peuplée de craintes cataclysmiques, au contraire permettant de marcher, de se déplacer, de se prémunir plus facilement des ennemis et sans doute d’éveiller les cœurs au romantisme et à l’amour.

Mais les ombres de la nuit sont aussi mentales. Nous parlions de peurs, de mémoires douloureuses. La lumière disperse l’obscurité et détruit ces mémoires, sauf pendant les éclipses, où soudainement tout se fige, se tapit en attente, menace de l’intérieur.

Pour le dire autrement, pourquoi, astrologiquement, les Nœuds lunaires sont-ils associés à des événements particuliers, bouleversants parfois, bien plus qu’à des traits de caractère? Par les Nœuds lunaires l'astrologie déborde facilement du symbolique sur le réel et ceci se remarque lors de l’interprétation : il est rare que Rahu ou Kétu, conjoints à des lieux spéciaux du thème n'aient pas de significations palpables, particulières, visibles dans la destinée.

Un exemple parmi des milliers, lors de la récente affaire DSK, il n'échappa à personne que :
- Mars en maison X dans son thème (l’ascension), responsable thématique des problèmes actuels (désir non contrôlé, violence, domination, etc...) est conjoint (et parallèle) à Rahu : « menace d’un événement important le concernant »….
- Le jour fatidique, Jupiter transitait sur cette conjonction Mars/Rahu.
- Ce même jour Kétu (la rétribution des actes passés) était conjoint à Uranus natal (en maison XII, le mal que l'on se fait à soi-même).

Que ce passe-t-il dans nos esprits, et peut-être dans nos vies, lorsque la Lune est en phase sombre, éclipsée?
Pourquoi ces associations entre les luminaires et les Nœuds lunaires sont-ils si remarquables ? Certains avancent des explications fondées sur les vies antérieures et les rétributions karmiques, conceptions qui nous égarent souvent dans la confusion des croyances (comme souvent en ces domaines mystérieux, l’erreur est de croire OU de ne pas croire, c'est-à-dire de s'enfermer dans une opinion plutôt que d'accepter notre ignorance. Plutôt que de nous sécuriser par une croyance ou le refus de cette croyance on fait mieux d’user de la subtile logique orientale qui permet de croire ET de ne pas croire et mieux encore de ni croire ni de ne pas croire).

Le phénomène majeur de l’éclipse est que le flux permanent de la lumière, tant du Soleil que de la Lune, ce flux qui nettoie, éclaire, illumine sans cesse les obscurités, est stoppé. C’est un retour aux ténèbres. L’événementiel se fige, le nettoyage, la purification permanent des noirceurs mentales ne se fait plus. Certaines de ces obscurités s'installent durablement, elles forment des « nœuds » dans le psychisme et se répercutent ensuite dans la réalité des événements, c'est-à-dire dans nos destinées. La Lune, dont le rôle est de protéger, ne protège plus. Le Soleil, dont le rôle est d’illuminer, de faire triompher la lumière sur l’obscurité, n’éclaire plus. Le mouvement de la lumière est interrompu. Tout s’arrête un moment, se fige, s’enlise, se cristallise.

Pour en revenir à cette éclipse d'aujourd'hui, il ne semble pas opportun de la décortiquer dans tous les sens afin de savoir si oui ou non elle correspond à des événements extraordinaires, spectaculaires, capables d'alimenter notre imagination et notre désir insatiable d'être divertis.

Quelques remarques cependant:
- Mercure chez lui en Gémeaux est conjoint à Soleil/Kétu. Il est aussi au Sextile de Jupiter, qui domine Lune/Rahu en Sagittaire. Malgré la maîtrise de Mercure (finesse et jeunesse intellectuelle, curiosité), cette configuration évoque des possibilités de mauvais choix puisque Mercure (le comment penser), trop proche du Soleil est combuste (ébloui par l'ego), opposé à la Lune (désordre de la pensée) et conjoint à Kétu (possibles impulsions mentales obscures et destructrices).
- Ainsi attention aux erreurs de raisonnements, aux mauvais choix, aux pensées destructrices plus obscures qu’à l’habitude, et ceci sans doute pendant plusieurs mois (l’éclipse dure plusieurs heures et l’analogie, à prendre avec beaucoup de prudence, ferait correspondre un mois à une heure).
- Malgré sa mauvaise réputation, on dit que Kétu perd de ses maléfices à partir du moment où l’on s’oriente dans de bonnes directions, c'est-à-dire où l’on tente de comprendre les mystères de la vie (le Soleil) et de la conscience (la Lune). Dans ce cas, il est possible pour Mercure de nous offrir ce qu'il a de meilleur : limpidité et clarté de raisonnement, discernement et éveil de l'intelligence.

- Si une éclipse « fige » les événements dans le temps, dessinant ainsi des nœuds dans nos consciences, qui se manifestent un jour à plus ou moins court terme (pour une éclipse lunaire), elle se nourrit sans doute de l'atmosphère planétaire au cours de laquelle elle se déroule. Force est de constater que cette atmosphère est actuellement fort alourdie par le triangle en T Uranus/Saturne/Pluton. Entre Fukushima, toujours au bord de la catastrophe, les massacres en Syrie, la guerre en Libye, la dégradation quotidienne de l'environnement naturel, les quêtes insensées de pouvoir et d'argent des nantis et la scandaleuse pauvreté de milliards d'individus, il n'y a pas de quoi être optimiste.
- On a parlé du printemps arabe, on a assisté à un début de printemps européen, peut-être était-ce tout simplement un printemps uranien? Les actualités uraniennes (révolutions, bouleversements brusques et soudains) ne font-elles pas la une des journaux depuis quelques temps ?
- Cependant, la rétrogradation de Saturne et l'avancée d'Uranus, les deux astres en opposition étant de plus reliés entre eux par leurs carrés à Pluton, font que tout s’enlise, se durcit, que la brutalité est à son comble (en Syrie on tire sur des manifestant avec des hélicoptères de combat !!), qu’on se réunit, qu’on parle beaucoup mais que rien ne bouge. Saturne le temps, les obstacles, bloque à nouveau les avancées uraniennes (les indignés, les révolutionnaires Libyens, Syriens,….) et Pluton (pétrole, multinationales, pouvoir en place et puissances de l'argent), d’ailleurs soutenu par Jupiter au trigone (politiciens, népotisme, « justice »), règne en maître incontesté.

- Neptune en Poissons, si réceptif, si vulnérable, chez lui pour encore quelques semaines indique une véritable empathie mondiale pour la souffrance des Syriens par exemple, mais lui-même est attaqué par Mars (paranoïa, insécurité physique en émotionnelle) et par Vénus (sentimentalité en lieu et place de l’amour).

- Mars au Parallèle de déclinaison de Pluton évoque l’autodestruction individuelle et collective, ce qui n’est pas un fait nouveau.

- Tout ceci donne à penser que les situations critiques ont peu de chance de s’améliorer avant que Saturne, reparti de l'avant il y a deux jours (le 13 juin) s'éloigne enfin à la fois d'Uranus et de Pluton, ce qui nous remet à la fin du mois de juillet.

- Le carré Uranus/Pluton quand à lui ne fait que commencer. On peut craindre pour les années à venir, des guerres entre les « indignés » (écologistes y compris) qui devraient prospérer et les puissances financières (banques, multinationales), mais aussi des durcissements uraniens (fanatisme, terrorisme, émergence de nouveaux dictateurs) et plutoniens (continuation des destructions de l’environnement, pillage systématique des océans, exploitation du gaz de schistes, nouvelles catastrophes nucléaires ?)

Comme l’indique Mercure en Gémeaux, il devient de plus en plus essentiel de bien penser : cette éclipse comporte d’ailleurs quelques notes d’espoir :
- Jupiter et Mercure au sextile.
- Jupiter au trigone de Pluton capable d’humaniser un peu, peut-être, les puissants et de juguler la crise. C'est un aspect important pour la Grèce et l'Irlande tous deux Taureau).
- Jupiter au sextile de Neptune, capable d’emplir le cœur des foules de générosité (souvent hélas mal orientée).
- Mercure au trigone de Neptune, qui offre inspiration et poésie dont nous avons tant besoin.
- Vénus, au sextile d’Uranus et au trigone de Saturne, une belle configuration qui permet d’allier l’amour dans toute sa splendeur uranienne (intelligence des sentiments, intensité des rencontres et des illuminations intérieures) et saturnienne (stabilité, profondeur, pérennité et sagesse).

En conclusion usons au mieux de ces aspects favorables et méfions-nous de cette sombre période (sombre par Saturne/Uranus/Pluton et assombrie de plus belle par l'éclipse) afin qu’elle ne s'imprime pas dans nos consciences, et ne ternisse nos destinées dans les mois qui viennent (tout au moins jusqu’à la fin juillet).
Tout se passe au mieux si l’on sait éviter les pièges tendus par la quête de la sécurité (Saturne) qui empêche le renouveau de l’aventure (Uranus), par le biais des craintes profondes (Saturne/Pluton) et des désirs de gratifications insatiables (Uranus/Pluton). Et si l’on sait bien sûr s’ouvrir à la compassion (Jupiter/Neptune).

Dernière remarque, en ce qui concerne la France particulièrement, il est fort possible que l’on n’en ait pas fini avec les scandales à répétition (à moins qu’il ne s’agisse de proliférations de ceux déjà déclarés : la carte du ciel montée pour Paris indique que Jupiter, Neptune et le Milieu du Ciel sont en parallèles de déclinaison.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.