samedi, août 06, 2011

Mercure Neptune au quotidien

Qu'il s'agisse de mathématiques ou d'astrologie, il s'agit d'abord de bâtir un modèle abstrait capable de retranscrire la réalité. En mathématiques cela prend la forme d'un langage constitué de nombres, d'énoncés, d'axiomes, de structures et ainsi de suite. Ce langage est vivant et en usant de sa cohérence et de sa richesse, il est possible de postuler des problèmes, puis de tenter de les résoudre, en se basant sur la logique interne et les lois qui lui sont propres. Et si par la suite l'expérimentation apporte son aval, on découvre en retour de nouveaux aspects de la réalité restés cachés, ou incompris jusqu'alors.

Le modèle astrologique fonctionne de façon similaire. L'alphabet astrologique qui comprend les signes, les angles, les maisons et les aspects, décrit la mécanique céleste du point de vue de la synchronicité : la Lune conjointe à Mars par exemple (un fait concret) correspond à une certaine violence mentale (un ressenti psychologique), capable de dégénérer physiquement. Il s'agit d'un fait astrologique observé d'innombrables fois, qui a sans doute permis, il y a des millénaires de cela d'établir les analogies fondamentales : la Lune est associée à l'humeur et Mars à la guerre.

Ensuite, selon la logique propre à l'astrologie, on joue avec les analogies pour multiplier et définir les significations des aspects : sachant que la Lune représente la mère par exemple (une correspondance rendue évidente entre autres par l'association du cycle lunaire aux règles féminines) et Mars le conflit, l'opposition Lune/Mars indiqua un conflit avec la mère. Ces analogies sont multipliables à l'infini, ce qui nous mène parfois trop loin. Certaines « connaissances » astrologiques modernes semblent n'être jamais passées par le stade de l'expérimentation. Elles naissent directement des fonctionnements associatifs du modèle astrologique sans plus s'en référer à la réalité, ce qui a des conséquences désastreuses sur les interprétations. C'est particulièrement frappant en ce qui concerne les trans-saturniennes, moins bien comprises que les autres et plus affectées par les concepts psychologiques modernes.

L'expérimentation est indispensable. Quoiqu'on puisse lire dans les traités récents ou anciens, ou encore sur internet, on doit expérimenter quotidiennement, afin de faire le lien avec la réalité. Par l'observation des faits extérieurs et par celle de nos états d'esprit, on doit vérifier qu'on ne se perd pas dans des analogies imaginaires, auxquelles on soumet la réalité parce que tel auteur de renom contemporain, ou encore d'il y a 100 ans ou mille ans ou plus en a décidé ainsi.

Prenons l'exemple très actuel de l'opposition Mercure/Neptune dont on a parlé récemment, dans l'astrométéo du cœur de l'été et de ses conséquences indésirables que nous traversons actuellement: « du 23 juillet au 17 août Mercure et Neptune en opposition compliquent beaucoup la situation: cet aspect (….) possède de nombreuses facettes négatives : mensonges et dissimulations, arnaques et escroqueries en tous genres, informations tronquées, manipulations des masses (Neptune) par le langage (Mercure), promesses non tenues (gare aux amours de vacances), croyances et illusions, mauvais choix, erreurs de jugement, manque de discernement, fautes dues à l’étourderie et la distraction …. Et j’en oublie sans doute. L’attention, la concentration, la vigilance et la droiture (des sentiments, des paroles et des actes) sont essentiels à maintenir. Si l’on peut on s’abstient de prendre d’importantes décisions car l’esprit facilement confus se ment, s’illusionne, se fait manipuler ou éblouir ».

Ce qui est intéressant maintenant, c'est d'observer le plus objectivement possible, si cet aspect ainsi décrit, correspond à des faits tangibles, remarquables et mesurables. Le but est d'échapper aux croyances, aux théories et aux fausses définitions dont l’astrologie s’est encombrée afin de la tester au quotidien par le biais des éphémérides en appliquant l'opposition Mercure/Neptune aux actualités et en observant ses conséquences sur nos paroles, nos orientations mentales, nos mobiles plus ou moins secrets, notre relationnel et notre santé. Ces observations sont essentielles si nous désirons comprendre au quotidien la réalité de cet aspect planétaire capable d'agir sur notre destinée. Mercure, la structure de l'intellect, le comment penser, en charge de l'analyse, de la comparaison, du discernement et ainsi de suite décide de nos choix. Il régit aussi par ses relations avec les Gémeaux et la Vierge ainsi qu’avec les maisons III et VI une partie importante de notre vie quotidienne (curiosité, relation aux proches et à l’environnement immédiat, petits déplacements, communications, occupations, emploi, servitudes, santé….). Neptune de son coté, maître analogique de la XII (le mal que l’on se fait à soi-même) est en relation avec l'émotion, la confusion, l'empathie, la compassion, la sentimentalité, le dissimulé, le secret, le mensonge, les épreuves, la souffrance, l’emprisonnement, les troubles psychologiques…. Si l'on assemble analogiquement les deux astres, on crée des listes comme celle citée ci-dessus. Selon notre capacité à créer des correspondances, ces listes deviennent interminables, mais correspondent-elles vraiment à ce que nous observons dans les faits?

L'idéal serait de recenser pendant cette période, le nombre de faits et d'actions (souvent manquées!) entrant dans la catégorie Mercure/Neptune c'est-à-dire tenter d'établir s'il y a manifestement plus de fautes d'inattention, de clefs perdues, de RV manqués, de démarches inabouties parce qu'on s'y est pris trop tard ou par manque d’informations, de mauvaises décisions, d'indiscrétions, de dénonciations, de trahisons, d'états de santé mystérieusement atteints, d'erreurs de diagnostic, de scandales (Neptune) causés par des mots écrits ou parlés (Mercure)…. En outre certains effets sont difficiles à mesurer puisque Mercure/Neptune représentent également les commérages, la cruauté inconsciente, les mensonges distillés par les ennemis secrets. Il faut aussi être conscient des caractéristiques les plus subtiles de cet aspect car on réalise souvent par exemple, mais trop tard, qu'on est souvent responsable de nos déboires : on s'en veut, on culpabilise parfois, ce qui ajoute à la confusion psychologique.

Enfin, c'est sans doute le plus important, sinon l'astrologie ne sert à rien (ou juste à décrire), on doit observer, comprendre et agir. Mercure et Neptune nécessitent de fouiller les mobiles secrets qui se tiennent derrière nos actes et nos décisions, de surveiller nos tendances aux commérages, médisances et autres dénigrements, d’être particulièrement attentifs à nos paroles et à nos actions, d’observer les détours sinueux qu’adoptent nos pensées, de ne pas se laisser piéger par la sentimentalité, les illusions ou les croyances, d’éviter de mentir, de dissimuler, de tromper, de manipuler. On doit par ailleurs user de l'énergie positive de cet aspect pour se guérir soi-même et pour guérir les autres, pour établir l'ordre, la clarté et le discernement en soi-même, et ainsi de suite….

Pour terminer quelques exemples aux forts relents Mercure/Neptune pêchés ces jours-ci dans l'actualité :
- L'affaire Bernard Tapie et Christine Lagarde qui rebondit le 4 août. Il ne s'agit pas de juger mais de souligner les analogies évidentes dans cette affaire : escroquerie, dissimulation, mensonges, tractations secrètes…. Mercure rétrograde est posé sur la conjonction Jupiter/Pluton (banques, puissances de l'argent) de Christine Lagarde, avec bien entendu Neptune en opposition.

- L'affaire du Médiator qui rebondit le 5 août avec une accusation d’escroquerie de plus d’un milliard d’Euros à la sécurité sociale est tout à fait éligible : communication (Mercure) mensongère (Neptune) et utilisation de la souffrance (Neptune). On remarque que Mercure domine la Vierge et la maison VI (santé, hygiène, médecine) et Neptune la XII (hospitalisation, longues maladies).

- L'histoire rocambolesque de D.B. Cooper, tout à fait Mercure/Neptune depuis ses débuts (escroquerie, mystère et disparition, identité inconnue) pourrait être solutionnée en ce moment même, grâce à cet autre volet Mercure/Neptune, à savoir la dénonciation par la nièce du présumé coupable (on peut s'interroger sur ses motivations cachées). Lire ici.

- La saga sans doute tragique du prêtre indien disparu (lire ici), un personnage tout à fait neptunien (l’article parle de pauvreté et de sacrifice). « Une semaine après la disparition du P. Albert Marshall, prêtre indien de 38 ans disparu le 29 juillet 2011 en forêt de Compiègne (Oise), le parquet de Compiègne a confirmé vendredi 5 août 2011 qu’une lettre du prêtre avait été retrouvée, avec « des intentions suicidaires assez claires ». A noter que l'on parle d'une lettre (Mercure) qui explique le mystère de la disparition (Neptune)

Le 22 juillet à 15H26 heure locale, Oslo

- Rappelons enfin qu’au tout début de l’opposition eurent lieu l’attentat de Norvège à Oslo puis la tuerie sur l’île d’Utoya dus au déséquilibre (Neptune) d’un terroriste, dans le but avéré de faire passer un « message » (Mercure). A l’heure de l’explosion de la bombe, Mercure (le message), maître de la VIII (la mort) est au Milieu du Ciel (le public) et Neptune au Fond du ciel (la tombe). Les deux astres sont également en parallèles de déclinaison ce qui renforce l'aspect. Pour rassembler et massacrer plus aisément ses proies adolescentes, le terroriste se fit passer pour un policier : mensonges, manipulations et déguisement, Mercure/Neptune décidément, sans compter ses évidents troubles psychiatriques et sa croyance en une mission! Ajoutons la police impossible à joindre, ou qui ne prit pas les appels au secours au sérieux, ses manques de moyen et dans l'ensemble une confusion totale. Il est vrai que Mercure est également attaqué par Saturne au demi-carré, renforçant les problèmes de communication et psychologiquement une claire indication de cruauté. Un tel acte n’est pas bien entendu entièrement rendu intelligible par les aspects mercuriens, il faut compter avec Mars « celui qui éveille la crainte » exactement conjoint (et parallèle) à Kétu (bouleversement de la destinée) en VIII (la mort), et au demi-carré de Jupiter en VII (la colère dirigée vers « l’ennemi »), alors que le triangle Saturne/Uranus/Pluton est toujours virulent. Ce triangle représente les tourments (Saturne) d’un esprit raciste (Pluton) et fanatique (Uranus). On a cependant ici l’exemple parfait des dégâts réalisés par un Mercure en très mauvaise position que ses bons aspects avec Mars, les Nœuds et la Lune n'arrangent pas mais permettent au terroriste de s'organiser et de mener son action à terme.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.