mercredi, février 27, 2008

La forêt amazonienne et les hindous (Pluton en Capricorne II).

Qu’est-ce que l’Inde « des hindous » et la forêt amazonienne ont en commun, à part qu’ils appartiennent à la même planète, notre Déesse Terre ? Pas grand chose, ou peut-être tout : la forêt amazonienne est notre dernier poumon, comme on se plaît à le répéter depuis des décennies (si l’on prenait cette métaphore au sérieux on ferait tout pour arrêter le massacre, puisqu’on sait que pour ce genre d’organe, il n’y aura ni greffe, ni donneur possible….)
Et si l’Inde et sa civilisation multimillénaire, dernière survivante des sociétés antiques, était le dernier poumon spirituel de l’humanité ? Le Tibet qui ne s’en tirait pas si mal s’est fait dévaster par la Chine, et partout ailleurs le matérialisme occidental a ravagé les cultures qui s’étaient édifiées sur des préoccupations moins immédiates.
Par poumon spirituel je n’entends pas forcément la religion hindoue mais l’atmosphère spirituelle qu’elle a su créer. Si pour Hérodote les Égyptiens de l’antiquité étaient les plus religieux des hommes, la formule s’applique sans doute aux hindous : le tissu de la société indienne est imbibé jusqu’à l’excès de religion, avec ses temples et ses services religieux omniprésents, l’ensemble des lois, des principes et des modes de vie qui en découlent, ses brahmanes et ses sadhous (moines errants), ses incroyables célébrations comme les Khumba Mélas, qui réunissent jusqu’à trente millions de pèlerins!!
Mais la spiritualité d’une nation ne tient pas dans ses temples, ses églises, ses mosquées ou son clergé. Elle ne se calcule pas au nombre de ses prêtres ou de ses croyants, ni à la richesse de ses rituels ou à l’ancienneté de ses livres saints.
Ce qui rend une nation spirituelle, ce sont les préoccupations des gens, non pas des professionnels de la religion, mais de ceux du commun, qu’on rencontre chaque jour dans la rue. C’est la passion, le goût qu’ils mettent à méditer les mystères de la vie et de la mort, à observer les cieux de l’aube et du crépuscule, à se baigner dans les fleuves sacrés, à ressentir le glorieux de l’existence dans les activités quotidiennes. Ce sont les richesses de la terre qu’elle a su entourer de ses soins, les grands arbres et les animaux sauvages, les lieux si chargés de vibrations que les pierres elles-mêmes exsudent l’ancienneté des prières qui s’y sont élevées depuis des millénaires, quelles que soient les divinités auxquelles elles furent adressées. En Inde c’est un marchand de beedees ou un mendiant qui parlent de Dieu, comme si c’était le sujet de conversation le plus naturel du monde, ce sont les foules qui se rassemblent pour célébrer leur foi dans la plus grande liberté de pensée, ce sont les chants, les danses, les pièces de théâtre, les peintures, les épopées, qui toutes s’inspirent de l’incompréhensible. Parfois, dans des lieux trop rares qui échappent encore à la furie des klaxons, à la pestilence des ordures, à la classe moyenne obsédée (comme chez nous) par le sexe et l’argent, les affaires et la télévision, on ressent encore un étrange picotement dans la poitrine, celui que les anciens devaient ressentir au bord du Nil, ou au coeur des cités Étrusques.
Cette atmosphère on l’a sans doute humée à Sumer et à Babylone (à qui on a fait si mauvaise réputation), là où des centaines d’astrologues scrutaient le ciel chaque nuit, et édifièrent ainsi l’astrologie. Cette fusion de l’être humain avec la terre et les cieux, cette alliance avec les étoiles et les éléments, que tous les hommes et toutes les femmes connurent, des Amérindiens aux Aborigènes d’Australie, des nations africaines aux peuples asiatiques, cette empathie qui nous permettait non pas d’être des enfants, mais de nous impliquer d’une façon bien plus profonde dans notre voyage entre la naissance et la mort au sein de cet univers insondable, il en reste peu : nous nous sommes faits dévorer par la productivité et la pollution, le besoin névrotique et destructeur de devenir quelque chose à tous prix, de réussir au sein d’une société étroite et laide, qui dès l’enfance nous jette dans la gueule dévorante de la compétition, du combat pour être le meilleur, le plus beau, le plus grand, le plus fort. L’Inde semblait encore, il y a peu, échapper à ce mouvement mondial. La majorité de sa population paysanne y vivait à l’instant présent, c’est-à-dire au rythme d’un temps séculaire, où l’ascension sociale n’est pas horizontale mais verticale : la connaissance de soi, la perception juste des autres et des rapports que l’on entretient avec eux, la compréhension que nous sommes chacun d’entre nous, l’humanité entière, y était toujours présente.
Alors que les autres nations se faisaient dépouiller de leurs cultures, de leurs croyances jugées superstitieuses, enfantines, païennes, idolâtres, qu’on les forçait à s’inscrire dans les grands moules du Christianisme ou de l’Islam, et depuis quelques décennies dans celui de la mondialisation, qui demande que chacun ne songe qu’à travailler pour s’enrichir (gagner plus !) et participer ainsi à la croissance et à la destruction de la nature, l’Inde continuait à dégager cette profondeur intemporelle qu'expérimentait il y a longtemps une humanité différente. Il ne s’agit surtout pas d’être passéiste et de pleurer sur une humanité qui fut plus belle de part le passé : comme tout le monde, j’apprécie les dentistes modernes (j’ai vu les derniers arracheurs de dents à l’œuvre sur les trottoirs asiatiques, ça donne froid dans le dos) et (avec quelques réserves) l’allopathie et même la chirurgie. Mais c’est terminé, ou peu s’en faut. L’Inde est devenu en peu de temps un des pires exemples qui soit. Ce pays qui il y a encore trente ans était synonyme de paix, de profondeur psychique, de beautés naturelles intouchées, est devenu sale, bruyant, pollué au-delà de tout ce que l’on peut imaginer. La Déesse terre (Bhuma Devi), qui est chantée dans sa gloire et sa beauté dans les textes sacrés est chaque jour violée, salie, souillée, sans que nul ne s’en préoccupe. L’Inde qui produisit en 25 ou 30 siècles plus de sages et de saints que tous les autres pays réunis, qui sut créer, développer et expérimenter quasiment tous les systèmes métaphysiques et philosophiques, qui développa une mythologie si riche et si dense (qui est encore vivante, pas comme ailleurs où elle ne fait que mettre en scène des dieux oubliés depuis longtemps qui appartiennent à un passé révolu, même si ses archétypes, autant psychanalytiques qu’astrologiques par exemple, continuent à nous hanter), si puissamment enracinée dans son espace que le voyageur voit les fils de son destin s’emmêler inextricablement avec ceux de Rama, de Sita ou d’Hanuman, est en train de sombrer sous les coups de ce démon furieux, tout puissant, peut-être invincible qui sait, du matérialisme à l’occidentale.
Après avoir résisté à toutes les invasions, après avoir absorbé les Grecs, les Huns, les Moghols, les Anglais, il est asphyxié par ce poison qui tue le monde, le même qui dévore les grandes forêts et les bois précieux, le même qui est en train d’en finir avec les baleines et les félins (il reste 4000 tigres en Inde, il en y avait 7000 en 2002), le même qui s’attaque à tous les glaciers du monde, le même enfin, qui détruit la forêt amazonienne « le réservoir biologique le plus riche et le plus varié de la planète, qui contient plusieurs millions de variétés d’insectes, de plantes, d’oiseaux et d’autres formes de vie dont une grande partie n’est pas encore connue des scientifiques » comme le dit joliment l’Encyclopaedia Britannica.
Un détail intéressant : une grande partie de la forêt est brûlée puis transformée en pâturages à bœufs et en culture de soja pour les nourrir ( il faut bien produire les hamburgers Mac Crado et Cie). Le végétarisme est encore assez répandu en Inde, mais au rythme où vont les choses on peut se demander pour combien de temps ? il est symptomatique que la vache sacrée, elle qui comme les chats agit sur les vibrations psychiques, se fasse virer des grandes villes et que les industries du cuir se procurent toutes les peaux nécessaires auprès de sous-traitants musulmans, qui ne traitent pas qu’avec leurs coreligionnaires.
Alors Pluton en Capricorne, qui pousse naturellement vers la poursuite matérielle, au dépend des orientations spirituelles, croyant y trouver une sécurité qui bien entendu n’existe pas (cf l’initiation à la guerre intérieure) ne risque-t-il pas d’achever un processus de dégradation déjà bien entamé ? Va-t-on assister à la totale dégradation et à la disparition de cette civilisation, qui, de même que la forêt amazonienne, est essentielle à la respiration, mais cette fois spirituelle, de l’humanité ? Pour inverser le processus, il faudrait que les Indiens comprennent qu’ils n’ont pas à se conformer au reste du monde. Ils ont su de tous temps faire preuve de créativité et d’originalité (sans créer une société parfaire bien entendu, comme le prouvent le système des castes, et la place inférieure de la femme dans leur société). Il serait temps qu’ils comprennent que s’ils ont un rôle à jouer, ce n’est pas en entrant au conseil de sécurité de l’ONU, en devenant une nation industrielle où 300 millions de riches côtoient 900 millions de crève-la faim, ou en poursuivant la course aux armements qu’ils le rempliront, mais en apportant au reste du monde leur spécificité, leur génie, qui s’est toujours exprimé dans les profondeurs de la pensée.
Les réponses, nous risquons de les obtenir définitivement d’ici une cinquantaine d’années : ce sera d’ailleurs le verdict pour la planète entière, quand Pluton en Poissons (second signe de l’Inde après le Capricorne) viendra se placer au carré de Neptune dans les Gémeaux. On ne parlera pas de fin du monde bien entendu ou de ce genre de bêtise, mais le peuple de la terre (Neptune) risque alors de souffrir énormément, à cause de la peur, de la soif du pouvoir, de l'autodestruction et du matérialisme (Pluton), causes de tant d’années d’aveuglement, à moins peut-être que l’Inde et toutes les autres nations ne se réveillent avant qu'il soit trop tard, c’est-à-dire maintenant.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.