mercredi, décembre 21, 2011

Neptune en Poissons et le centième singe

Tout le monde le sent, le remarque, le dit, le monde va mal, plus que mal. La crise est là. Les prédictions des écologistes d'il y a 40 ans ou celles d'écrivains comme John Bruner (Tous à Zanzibar ou encore Le troupeau aveugle, œuvres rédigées à la fin des années 60) se réalisent: dérèglements climatiques, montée des eaux, pluies acides, catastrophes nucléaires!!
Et pas la peine d'être un indigné pour réaliser que la Finance est en grande partie responsable de nos malheurs. Peut-être est-il important de réaliser cependant qu'il ne s'agit pas uniquement des bourses internationales, des spéculateurs et des grands patrons, mais de notre rapport personnel à l'argent c'est-à-dire de l'avidité de chacun. Astrologiquement cela se traduit par la mainmise de Pluton sur nos existences, en particulier sur les aspects neptuniens de celles-ci.

Pluton représente les banques, les multinationales et les puissances de l'argent, mais aussi les ténèbres intérieures, l’autodestruction, la quête du pouvoir, la manipulation, la peur de la mort et sa négation dans la poursuite des sensations intenses souvent associées à d’inévitables perversions. Neptune de son coté figure les populations soumises aux marchés financiers et à la dégradation de l’environnement. Il symbolise les masses influençables et manipulées, la télévision, les croyances et les illusions, l’alcool et la toxicomanie et en définitive la souffrance et la sentimentalité si souvent confondue avec l'amour.

La loi est simple, quand Pluton domine trop, comme c’est actuellement le cas, stimulé, visiblement durci par son carré à Uranus en Bélier et sa position en Capricorne, ce signe cardinal tourné vers l'ambition et le succès, Neptune souffre. Et la prochaine arrivée de cet astre dans les Poissons pour une quinzaine d'années, malgré qu’il s’agisse de sa maîtrise, n'est pas faite pour nous rassurer sur le sort de l’humanité dans son ensemble.

Le sextile Pluton/Neptune :
Tous ceux qui s’intéressent à l’astrologie sont habitués à ce sextile (60°) qui unit les deux astres depuis le début de la seconde guerre mondiale. Celle-ci fut en grande partie pressentie (pour ne pas dire provoquée) par le demi-carré entre ces deux astres, très actif de 1927 à 1934, avec la crise de 29, le capitalisme sauvage, le nazisme, l'exacerbation des nationalismes et les horreurs du stalinisme. Ce sextile fait partie de nos vies, nous y sommes tellement habitués que nous le remarquons à peine. Il établit une sorte d’harmonie basique à tous les thèmes astraux de 1940 à nos jours, même pour ceux nés pendant cette terrible guerre (les jeunes des années 60 et 70 en furent les premiers bénéficiaires), qui fut comme un abcès purulent que l’on crève. On ne minimise pas les ravages de la révolution culturelle chinoise, les Khmers rouges et les nombreuses guerres qui suivirent pour autant, mais vue la vastitude et la violence de notre monde on a l’impression que le pire nous a été épargné et que le sextile Pluton/Neptune y fut pour quelque chose.
Les éphémérides nous montrent cependant combien cet aspect très élastique est parfois particulièrement élargi par rapport à son orbe qui ne devrait pas dépasser, ou de très peu, les 6°.  
Il arrive régulièrement, c’est le cas depuis la toute fin du siècle dernier, que cet orbe dépasse les 8°/8°30 jusqu’à parfois flirter avec les 9°! Ce solstice d'hiver 2011 par exemple, l’orbe est de 8°20 (Pluton à 6°58 du Capricorne et Neptune à 28°38 du Verseau). Nous avions presque exactement le même orbe lors du solstice de décembre 1937 !
Ainsi, sans parler de réactivation du demi-carré (heureusement) on peut sans doute penser que nous ne sommes pas de façon permanente, selon les phases croissantes et décroissantes de cet aspect, protégé par le sextile et cela pour quelques années encore (jusque vers 2017/2018, avec un sextile très proche dans les années 2025/2033).

Neptune dans les Poissons le 3 février 2012 (jusqu'en 2025/2026)
C’est le passage de l'année 2012 qui nous concerne tous : Neptune en Poissons parle d’empathie, d’inspiration, de spiritualité ou de religiosité selon les cas, d’amour ou de sentimentalité, mais aussi de folie et de souffrance. La bonne nouvelle est une probable ouverture des cœurs à la compassion. Sans doute doit-on s'attendre à de riches expressions artistiques. La peinture, le cinéma, la photographie, la télévision, internet, la musique, la danse devraient profiter de ce transit mais l'art exprime aussi beaucoup la souffrance! Le blues (triste, mélancolique) est sublime, déchirant parfois, romantique, mais la douleur qui lui donne naissance et l’inspire est réelle! Malgré ses immenses richesses Neptune dans les Poissons est vulnérable, malléable, associé à la douleur, à l'apitoiement et à l'illusion. A un niveau personnel il figure la tristesse d'être séparé, la nécessité vécue par tous d'appartenir à quelque chose de plus grand que soi. Ainsi Neptune s'associe aux fourvoiements, aux mensonges et aux dissimulations, à la nécessité de se fondre dans un ensemble qui nous dépasse (une secte, une religion, un parti politique, une idéologie, un club de foot, une foule) ou encore à la poursuite de la non-séparation dans la toxicomanie (spécialement l'alcool, les médicaments, le tabac et les psychotropes comme le cannabis).

Nous naviguons ici dans les eaux des Poissons et de la maison XII, tous deux associés aux épreuves, c'est-à-dire au mal que l'humanité se fait à elle-même, ou encore au mal que l'on se fait à soi-même, puisque je suis le monde et le monde c'est moi : il n'y a pas de signe, ni de planète, qui comprenne ce concept plus intimement que les Poissons et Neptune!

Quand à Pluton en Capricorne, au carré d’Uranus, il y a peu de chances qu'il fasse des cadeaux (le dernier sommet de Durban, grave échec pour l'écologie mondiale en est la toute dernière manifestation). Ce serait d'ailleurs contraire à sa nature, il maîtrise le Scorpion analogique à la huitième maison, l'argent qui vient des autres, celui des morts (héritages), des conjoints et des associés et bien entendu celui des banques.
Exalté dans le Lion, il est comme le Soleil, en relation avec le jeu : la bourse, le grand échiquier de la finance où des fortunes se créent et se perdent chaque jour est son terrain d’action préféré. Il est en relation avec le pouvoir (lui-même lié à l'argent), la crainte et la manipulation. Il représente les richesses souterraines, telles que le pétrole et le charbon. La symbolique de l'or noir (le pétrole), nous ramène au Soleil (l'or) non plus symbole de lumière, mais bien de ténèbres. Notons au passage que les agences de notations, témoignages vivants du principe d'Heisenberg qui démontre que l'observateur agit sur la chose observée, jouent un rôle éminemment plutonien (lire ici la seconde partie de cet article qui traite de ce principe en relation à l'astrologie). Leurs menaces créent d'incroyables mouvements de capitaux qui accentuent la crise (autodestruction) et profitent aux spéculateurs (enrichissement à outrance).

Les solutions?
Il ne s'agit pas de se laisser aller, de baisser les bras, comme Neptune en Poissons pourra avoir tendance à le faire. Après tout se dit la masse, après tout raisonnons-nous, on n'y peut rien! Les puissants (Pluton) et les aristocraties dirigeantes (Uranus) sont au pouvoir et décident de tout.

Neptune dans les Poissons est capable de nous inspirer réellement, concrètement cette compréhension si essentielle que chacun d'entre nous sommes le monde et que nous avons la capacité de le changer! La théorie du centième singe, une éblouissante démonstration du procédé révolutionnaire neptunien qui se passe entièrement de conflit, de violence ou de coercition, en est une des preuves les plus flagrantes.

En ce qui nous concerne il est vrai que le travail est un peu plus compliqué que d'apprendre à nettoyer des patates douces. Mais il n'a rien d'impossible non plus. L'astrologie, qui est aussi philosophie et art de vivre nous offre de belles clefs pour cela :
Pluton, un de nos problèmes fondamentaux nous l’avons vu, nous indique que la peur et ses multiples visages (la crainte de n'être rien en particulier) est à l'origine de la quête de l'argent, du pouvoir et des sensations intenses qu'il procure, origine de toutes nos perversions. 
Neptune, pour apporter sa révolution personnelle doit se dépêtrer des multiples illusions et refuges qu'il représente, qu'il s'agisse des croyances sécuritaires, des idéologies diverses, de la toxicomanie ou de l'alcool. Son talon d'Achille, par lequel les masses sont manipulées est la crainte de la solitude qui les rend prêtes à croire n'importe quoi et à suivre n'importe qui, pour peu que l'illusion de la sécurité et le sentiment d'appartenir, de ne pas être séparé, soient au rendez-vous.
Uranus l'éveilleur, l'intelligence, nous permet de percevoir la folie du monde et nous inspire le désir de le changer durablement en nous transformant nous-mêmes. Saturne, l'astre de la sagesse et de la tempérance, nous apprend que le bonheur et la sérénité ne sont pas systématiquement reliés à la consommation, ce que nous enseigne aussi Jupiter, le sens de l'équité et de la justice, dont le rôle est de participer à l'expansion de l'intelligence par l'étude, la connaissance et les relations avec les autres cultures. Mars ne se vit bien que lorsque le guerrier qu'il représente est capable d'affronter ses propres peurs, mères de toutes les dictatures extérieures ou intérieures. Vénus se révèle alors dans l'amour et la beauté, sans lesquels la vie ne vaut pas d'être vécue. Rien de tout cela ne se fait sans Mercure qui nous enseigne l'ordre naturel qui doit se déployer dans nos cœurs et nos esprits avant de s'imposer sans conflit sur le monde. La Lune, le contenu de la pensée, si habituée à figer les mémoires douloureuses, toujours prisonnière du passé et de la quête de la sécurité, peut alors se déployer et nos esprits devenir vraiment créatifs. Quand au Soleil, idéaliste, noble et généreux, n'est-il pas celui qui en définitive illumine les cœurs et les esprits ? Pour cette raison, il est le seul à savoir éclairer les ténèbres de Pluton, capable alors de nous mener à la libération de la peur et à la régénération.

Bon solstice à toutes et à tous!

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.