vendredi, mars 27, 2009

Fatalisme astral, libre-arbitre et accomplissement.

Comme je le mentionnais dans un message intitulé l’interprétation d’un thème astral , je rédige en ce moment un traité d’astrologie entièrement dédié à ce sujet. Voici comment cela devrait commencer :

(....) tout le sens de l'existence, de la sienne propre (....) et celle de tous les hommes en général, ne se présentait pas à lui à travers leur activité principale, celle à laquelle ils s'adonnaient exclusivement et sans répit, à laquelle ils accordaient tout leur intérêt et par laquelle ils étaient connus de tous. Non, c'était dans la mesure où ils avaient réussi à préserver, sans la laisser se ternir, se figer, se défigurer, l'image de l'éternité que chacun avait reçue en partage. Telle une lune d'argent sur le calme d'un étang.

Soljenitsyne (Le pavillon des cancéreux, livre de poche p. 567)

Fatalisme astral et libre-arbitre.
L’expérience (c’est-à-dire l’étude de milliers de thèmes astraux) nous apprend que l’on n’échappe pas aux grandes lignes de son thème astral. Pourquoi s’en étonner? échappe-t-on jamais complètement à son hérédité physique et à l’environnement social, culturel, au sein duquel on est né ? le corps, son sexe, sa race, sa couleur, son aspect général, la nourriture avec lequel on l’élève et l’entretient, la langue maternelle, les principes philosophiques, sociaux, religieux, avec lesquels on nous éduque, la situation sociale et économique de notre famille, de notre pays, s’inscrivent indélébilement et on doit faire avec, que cela nous plaise ou non.

D’un autre coté, la notion de libre-arbitre reste toute aussi présente et incontournable, sinon à quoi bon ? cela signifie que nous sommes libres de choisir la façon dont les astres s’expriment à l’intérieur du cadre prédéfini de notre thème. Et si tout le monde n’est pas né pour être ou devenir riche, puissant et célèbre, ce qui n’est d’ailleurs pas à souhaiter, chacun peut aller jusqu’au bout de son thème, c’est-à-dire le mener à l’accomplissement. Dans ce sens il règne entre les êtres une égalité parfaite.

Du point de vue de la destinée, le libre-arbitre est la négation du fatalisme astral. Il se définit par le degré de liberté de choix, d’orientation, de décision, qui s’exprime à travers l’intelligence. Astrologiquement, il est la façon dont nous manifestons les configurations planétaires sous lesquelles nous sommes nés. Tout le rôle de l’astrologue et de l’interprétation est là : orienter correctement le thème, afin que le natif s’emploie à l’accomplir.

Qu’est-ce que l’accomplissement ?
On ne peut interpréter correctement un thème astral, pour soi ou pour une autre personne, sans savoir où l’on va! Mais alors qu’est-ce qu’une orientation correcte ? ou pour le formuler autrement, qu’est-ce que l’accomplissement ? s’il s’agit de s’enrichir, ou d’obtenir le plus de gratifications possibles (à travers le sexe, la drogue, le pouvoir…), on peut étudier sous cet angle, comme on le fait depuis des millénaires, le Soleil, la Lune, l’Ascendant et le Milieu du Ciel (voire la Part de Fortune), mais cela ne mène personne à l’accomplissement, ni n’aide en aucune façon à y parvenir. Peut-être même est-ce le contraire, car on encourage alors au matérialisme, à l’ambition, à la compétition, à l’ensemble de ces comportements conflictuels qui contribuent à la destruction de la planète, et qui créent et entretiennent chez les individus des angoisses de plus en plus profondes.

Un autre astrologie, consacrée à l’accomplissement de l’individu, considérant qu’il est lui-même le microcosme de la société, elle-même guérissable par son intermédiaire, ne peut que se consacrer à la connaissance de soi, une connaissance située bien au-delà des réactions superficielles de la personnalité. Seul ce travail apportera une vraie révolution, tant à l’individu qu’à la société. Le tout est de réussir à utiliser l’astrologie de cette façon, c’est-à-dire comme un instrument de développement « spirituel », et cela dans le cadre d’une liberté totale (loin des croyances, des religions organisées, des prêtres, des gourous et des spécialistes de toutes sortes). L’astrologie appartient à Uranus, l’astre de l’indépendance, de l’originalité, de la liberté absolue.

Cette astrologie s’oppose obligatoirement au fatalisme astral. Elle permet au contraire de développer le libre-arbitre c’est-à-dire la liberté tout court : l’être qui ne se connaît pas, ou qui se connaît mal, n’est-il pas prisonnier de ses impulsions, de ses conditionnements, de l’ensemble de sa structure psycho-émotive, de toutes ces chaînes mentales et émotionnelles inscrites dans son thème de naissance ? Ainsi une interprétation correcte doit révéler, dévoiler au grand jour l’ensemble de tous ces conditionnements, afin de nous permettre de voyager, de voguer en pleine liberté sur les océans infinis de nos esprits.


CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.