lundi, août 25, 2008

Prédictions astrologiques et paradoxes

Depuis deux ou trois semaines, Mars fait beaucoup parler de lui. Les accidents meurtriers, les embrasements de toutes sortes, les morts violentes ont beaucoup frappé, sans doute plus qu'à l'habitude. Astrologiquement, la situation est claire : après avoir rencontré Saturne (voir ce précédent message), Mars s'est opposé à Uranus (conflits soudains, fanatisme des idées, terrorisme, compétition exacerbée qui tombait pile poil pour les JO), puis il s'est placé au carré de Pluton (destruction et autodestruction, ténèbres et violence, comme en Afghanistan, en Géorgie ou au Tibet où la répression s'est poursuivie pendant les jeux). Le transit de Mercure sur Saturne (mauvaise orientation de la pensée menant à de mauvaises décisions) n'a évidemment pas arrangé les choses, loin de là.

Tout ça pour dire que les événements sont souvent prévisibles, même si on ne sait jamais vraiment, en l'état actuel de l'astrologie mondiale, encore expérimentale, où les astres incriminés vont frapper.

Nous sommes bien plus avancés en ce qui concerne l'astrologie natale. Une mort violente par exemple, est toujours inscrite dans le thème de naissance et dans les transits, spécialement soulignée par des figures dures, tendues, qu'adressent Mars, Saturne, Uranus, Pluton, et souvent l'axe des noeuds lunaires à des lieux sensibles du thème.

Il faut bien entendu se méfier amplement de ce qu'on lit sur un thème : au mois de juillet 1984, j'ai vécu une aventure qui ne pouvait arriver qu'à un astrologue. A cette époque Uranus et Kétu (le noeud sud de la Lune, le plus difficile à de nombreux égards) étaient installés sur mon Mars de naissance (en Sagittaire, très proche d'Antarès, le Cœur du Scorpion). Au même moment Saturne transitait sur mon Saturne natal en Scorpion et Mars sur ma Lune également en Scorpion. J'avais conscience de traverser une période physiquement dangereuse, d'autant que mon Mars natal est situé au carré de mon Soleil. Les indications d'accidents (Mars/Uranus), de menaces de mort (l'ensemble des connotations Scorpion) et de destinée « karmique » (Kétu) étaient puissantes.
Ce qui devait arriver arriva : à l'heure exacte où, au coeur de cette période (le 27 juillet), alors que le Scorpion était au lever et que la Lune transitait mon Kétu de naissance, j'attendais un train en gare de Montélimar. Je vis soudain, à moins de 20 mètres de moi, un homme d'une trentaine d'années descendre d'un train du mauvais coté de la voie et se faire happer (déchiqueter, écrabouiller), par un TGV qui traversait la gare à pleine vitesse, sans s'arrêter. Tous les ingrédients étaient réunis : Uranus/Mars/Kétu (vitesse, modernisme, événement soudain et bouleversant sous la forme d'une accident mortel), Mars/Saturne en Scorpion (le signe de la mort), Lune sur Kétu (rencontre karmique avec la destinée). J'ajouterai que j'étais en voyage (Uranus et Kétu en Sagittaire, le signe des voyages).
Ce jour là, fixé par la destinée et inscrit comme tel dans mon thème natal, j'eus l'impression physique que la mort m'entrait directement dans la poitrine. Le rendez-vous avec elle était bien marqué, mais à moi il n'arriva rien.

Où est-ce que je veux en venir? à ceci : souvent, quand une terrible tragédie frappe, comme cet accident d'avion en Espagne le 20 août dernier, qui coûta la vie à 153 personnes, je me pose, sans morbidité aucune, une question à laquelle il m'est impossible de répondre, n'ayant pas toutes les informations en main. Les décès violents, soudains, de ces 153 passagers et membres d'équipage, étaient-ils inscrits, lisibles, prévisibles, dans leurs thèmes astraux? et si oui, l'astrologie pouvait-elle, pourrait-elle, prévenir ce genre de drame?

Pour répondre à ces questions, il faudrait que l'astrologie, ayant repris un peu de son lustre des temps passés, soit assez respectée pour que les astrologues chercheurs, puissent obtenir les coordonnées de naissance des victimes.

Ceci n'est guère possible pour le moment, mais rien n'empêche de faire quelques commentaires hypothétiques :

1- La mort, surtout violente, dans sa surprise, son absolutisme, son événementiel brusque et tranchant, n'est JAMAIS inscrite inéluctablement. La mort, comme tout ce qui touche au monde spirituel, est un mystère inapprochable par la pensée et par ses ruses, aussi fines, aussi astucieuses soient-elles. On peut avec certitude déceler dans un thème des périodes, des jours, des heures plus ou moins dangereuses et mortifères. On peut parfois prévoir une fin, et même ne pas se tromper, mais on ne peut jamais être certain, car il n'y a pas de différence astrologique marquée, lisible (c'est ce que je cherche à souligner dans le récit ci-dessus), entre une mort manquée d'un cheveu, ou encore vue, ressentie de façon puissante, et une mort réelle. J'ajoute, toujours sans morbidité, que je regrette encore ne pas avoir en ma possession le thème natal de cet homme qui mourut sous mes yeux de façon aussi brutale.

2- Rêvons un peu : l'astrologie est devenue science officielle, reconnue d'utilité publique. On demande alors à tous les passagers des vols aériens, d'entrer dans leurs informations personnelles, leurs coordonnées de naissance afin de nourrir un programme informatique dont le rôle est de déterminer, pour le vol en question, les figures dangereuses, particulièrement mortifères, apparaissant dans les thèmes astraux. Mars et Saturne, Uranus, Pluton et les Noeuds lunaires, ainsi que quelques étoiles fixes comme Algol et Antarès, sont particulièrement surveillés. Ensuite la démarche est simple : si l'ordinateur remarque qu'un gros pourcentage, peut-être de 50% des passagers, sont marqués par un ensemble d'aspects très défavorables, le vol est annulé, leur sauvant PEUT-ÊTRE ainsi la vie.

3- Paradoxe : on ne fuit pas la mort aussi facilement. On connaît l’histoire de ce fils d’un commerçant (ou était-ce un prince ?) perse, qui rencontre la mort dans le bazar de sa ville. Celle-ci le regarde fixement. Effrayé il rentre chez lui en toute hâte et en parle à son père. Celui-ci lui selle un cheval et lui ordonne de se rendre le plus vite possible à Samarkand et de s'y cacher. Quelques heures plus tard, c’est au tour du père de rencontrer la mort.
- Pourquoi as-tu effrayé mon fils? lui demande-t-il.
- Je ne voulais pas lui faire peur, répond la mort avec douceur. J'étais simplement étonné de le trouver ici, je l'attendais ce soir à Samarkand.

4- Autre paradoxe : l'accident ainsi évité sera-t-il quand même inscrit dans les thèmes des passagers? Ou cela signifie-t-il que ces mêmes passagers rencontreront la mort peu de temps plus tard sous d’autres formes? Faudra-t-il alors les prévenir que la faucheuse rôde autour d’eux, afin qu'ils sachent qu'ils ont sans doute raté le grand rendez-vous d'un cheveu et qu’il est temps de mettre de l'ordre dans leur vie, avant qu'il ne soit trop tard? Mais cela ne risque-t-il pas de déstabiliser nombre d’entre eux et de faire pire que mieux ?

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.