samedi, août 30, 2008

Saturne et la nouvelle Lune

Nouvelle Lune ce soir (19H58 GMT, 7°48 de la Vierge), la seconde ce mois d'août à cause des caprices du calendrier, rien de très original, quoique les anciens étudiaient les configurations des nouvelles et des pleines Lunes, en sus de celles des solstices et des équinoxes, afin d'essayer d'en savoir un peu plus sur ce que les astres nous réservent.

Difficile de savoir si ces études ont une quelconque efficacité, cela donne au minimum 28 thèmes à étudier sur l'année et l'on se perd vite dans la pléthore d'informations, même si l'équinoxe de printemps est censé garder la préséance.

Cette nouvelle Lune est cependant particulière, puisqu'elle est conjointe à Saturne (11°20 de la Vierge) et au trigone de Jupiter (12°39 du Capricorne).

La hiérogamie céleste (le mariage, l'union des déités solaires et lunaires, des principes mâles et femelles, de la conscience pure et de la manifestation) se fait cette fois-ci sous l'égide du maître du temps, des obstacles, de la misère parfois et même souvent, bien que ce soit également lui qui nous enseigne la patience, la détermination, la persévérance, bref qui nous montre du doigt le cheminement à suivre pour s'approcher tant que faire se peut de la sagesse (de la paix du coeur).

Saturne est le maître de la discipline, un mot chargé de multiples significations, ordinairement mal employé, dont on a fait beaucoup pour nous dégoûter : on l'associe à l'armée ou à l'école (règles, obligations à suivre sous peine de sanctions, d'où l'expression discipline de fer), où elle consiste à obéir sans discuter, à se conformer à des idées ou des systèmes avec lesquels on n'est pas forcément d'accord. La discipline (qui signifie aussi branche de la connaissance) évoque encore une activité récurrente, quotidienne, physique ou intellectuelle, pratiquée pour se sentir mieux ou pour croître d'une façon ou d'une autre, maintenue en place par le pouvoir des habitudes et de la la volonté. Il faut faire preuve de discipline dit-on, pour s'enrichir, pour ne pas se laisser aller aux excès, pour mener une vie saine, pour ne pas perturber la morale de la société.

Ce concept de discipline nous éclaire sur les deux natures de Saturne. L'un dur, froid, indifférent, associé à l'ennui et au chagrin, aux conflits et aux frustrations, à la misère et aux contraintes matérielles, ainsi qu'à notre ennemi mortel (cf. L'initiation à la guerre intérieure), j'ai nommé la peur, comme lorsqu'il afflige la Lune par exemple, ce qui indique des insécurités vécues pendant l'enfance.
L'autre Saturne, nettement plus lumineux, est celui qui mène à la sagesse, ou qui fait ce qu'il peut pour nous en rapprocher : pour cette raison cet astre si mal vu nous est indispensable, car sans lui pas de vertu, pas de discipline au sens positif du terme, pas de patience ni de persévérance. Il ne faut pas se faire d'illusion, sans Saturne, nous n'arrivons à rien construire et en en ce sens, c'est la plus importante, et la plus puissante des planètes. Il s'agit donc bien entendu de vivre Saturne de façon positive, de ne pas le subir malgré nous mais de l'accompagner dans le voyage qu'il nous propose, puisque en définitive c'est lui qui est capable de libérer nos cerveaux continuellement occupés et brouillés par nos pensées cristallisées par la peur, la compétition, la comparaison, l'envie et toutes ces choses qui nous interdisent de saisir la sérénité de l'instant présent. Maître du temps, ce titre renvoie à sa capacité de nous libérer du temps psychologique, de cette véritable aberration qui nous fait vivre, par l'intermédiaire de nos pensées, dans le passé de nos mémoires et dans le futur de nos espoirs.

Pour que Saturne joue ce rôle de libérateur, et ne soit plus cet astre porte malheur, il suffit qu'il agisse de façon naturelle, harmonieuse, non conflictuelle. Il suffit que la discipline qu'il représente, et qui est indispensable, ne soit pas bâtie sur le conflit, la peur, le conformisme ou la volonté (oui, la discipline est indispensable si l'on désire un corps sensitif, un esprit aiguisé, des émotions purifiées, libérées de la peur).

Comprendre, accepter Saturne, c'est comprendre que l'intelligence, et non la volonté, doit nous commander. L'intelligence, cette lumière qui nous habite et qui nous montre, sans l'ombre d'un doute, le chemin à suivre : c'est une nouvelle Lune en Vierge, le signe de la santé, de l'hygiène et de la propreté, de la minutie, de la concision, du discernement, des choix judicieux.... tout cela doit se faire naturellement, sans que la volonté, c'est-à-dire l'ego et ses problèmes, ses frictions, ses peurs, ses résistances, ne s'en mêle, car sinon il y a obligatoirement conflit entre les désirs contradictoires, violence et frustration. Et alors comme toujours, adieu la paix et la non-violence, puisqu'à nouveau la guerre intérieure s'impose.

Ce que nous montre cette nouvelle Lune, c'est que lorsque Saturne est harmonieux, Jupiter peut faire son travail. C'est la signification de ce trigone de la Vierge aux Capricorne: bâtir les fondations à partir de Saturne, purifier l'organisme, renoncer à la volonté névrosée (ambitieuse, matérialiste, envieuse) et laisser Jupiter, l'astre qui favorise, nous ouvrir en grand les portes intérieures.

A l'heure où j'écris ces lignes, il est présent, pur, étincelant, royal dans cette nuit où la Lune a rejoint son éternel amant.

Dernier clin d'œil, Mercure, seigneur de la Vierge et de cette nouvelle Lune, vient d'être rejoint aujourd'hui par Vénus tout début Balance. Une belle conjonction dans ce signe associé à l'amour et à la communication, alors que l'union des deux luminaires est refroidie par Saturne. A chacun de vivre ces énergies selon son espace de liberté (intérieur et extérieur): recherche du plaisir, frustrations et déceptions sans doute (Saturne se doit de jouer son rôle de trouble fête), attentes pas obligatoirement vaines (grâce à Jupiter), et de bonnes rencontres apportées par Mercure et Vénus, surtout si elles vécues innocemment (sans but, sans planification, et sans que le passé et ses mémoires ne les ternissent.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.