vendredi, octobre 11, 2019

Platon était-il astrologue ?


Voici un titre provocateur à dessein : après tout Platon, porte-parole de Socrate, encensé ou critiqué de mille manières depuis plus de 23 siècles, le fut rarement - ou pas du tout - pour son penchant pour l’astrologie. Pourtant n’est-ce pas ce philosophe, dont on dit que tous les autres n’ont fait qu’ajouter des notes au bas des pages de ses ouvrages (1) qui s’exclame dans le Timée : 

« Dieu a inventé et nous a donné la vue, afin qu’en contemplant les révolutions de l’intelligence dans le ciel, nous les appliquions aux révolutions de notre propre pensée, qui, bien que désordonnées, sont parentes des révolutions imperturbables du ciel, et qu’après avoir étudié à fond ces mouvements célestes et participé à la rectitude naturelle des raisonnements, nous puissions, en imitant les mouvements absolument invariables de la divinité, stabiliser les nôtres, qui sont sujets à l’aberration.» (2)  

Un texte à lire et relire afin d’en extraire la moelle pleine de sens : même un astrologue peinerait à mieux définir la relation qu’entretiennent nos esprits avec la géométrie céleste, mais n’est pas Platon qui veut. 

Le philosophe bénéficia sans doute des retombées encore brûlantes de cette rencontre astrale fondatrice, décrite dans L’age axial et la conjonction Uranus, Neptune et Pluton, qui eut lieu environ 150 ans avant sa naissance et qui marque une des culminations suprême de la pensée : n’ayant lieu qu’une fois tous les 3950 ans environ, elle a engendré Lao Tseu et le Bouddha, Mahavira (le fondateur du Jaïnisme) et Pythagore (un des grands inspirateurs de Platon), les perles de la littérature sacrée que sont les Upanishads rédigés à cette époque, sans compter les destinées d’un grand nombre d’hommes et de femmes à travers le monde dont l’histoire n’a malheureusement pas gardé le nom. 

Pourquoi soulever la question?  Quelle importance pour le monde que Platon ait entretenu plus qu’un penchant pour l’astrologie ? 

L’une des raisons semblera peut-être superficielle, puisqu’elle concerne principalement la défense de l’astrologie. Il est bon que ceux qui la considèrent comme un rêve de demeurés, sachent que Platon l’appréciait à sa juste valeur. On s’attend forcément à ce qu’ils répondent que son intelligence hors pair ne l’empêcha pas d’être captif des présupposés de son époque : ne reçoit-on pas la même réponse à propos de Kepler, qui montait des horoscopes et inventa de nouveaux aspects signifiants entre les astres, tout en étant l’un des plus grands savants de son temps?  

Et si, en vérité, Platon n’était prisonnier de rien? Et s’il participa avec certains des esprits les plus brillants de son époque, tel son disciple le mathématicien Eudoxe de Cnide, à la fondation même de l’astrologie Hellénistique, appelée à devenir notre astrologie occidentale et qui essaima chez les Perses, les Arabes, les Juifs et même chez les Indiens? Car il semble bien, et je me fonde ici sur les travaux du regretté Robert Schmidt (3), que l’astrologie Hellénistique fut sciemment conceptualisée et modélisée à partir de la rencontre féconde des courants mystiques Babyloniens, Perses et Egyptiens d’avec la philosophie Grecque. 

Poussant plus loin ce raisonnement, il n’est pas impossible que certaines hypothèses dont débattent les spécialistes (4)  selon lesquelles Platon transmettait oralement un enseignement ésotérique soit vraies. Et si cet enseignement est impossible à connaître, on peut tout au moins imaginer qu’il avait quelques rapports avec l’astrologie, en tant qu’approche cosmogonique, quête du sens de la vie et en définitive instrument de transformation de la conscience. 

C’est pourquoi, une autre raison bien plus vitale de parler de Platon et de ses supposées relations à l’astrologie est que si le monde va mal, c’est parce que la nécessité de la quête du sens de la vie, lorsqu’elle ne s’est pas diluée dans les croyances héréditaires, s’est fortement étiolée, voire a presque complètement disparue. Ou pour l’exprimer autrement parce que pour la majorité d’entre nous, la vie n’a plus de signification profonde, sinon survivre en souffrant le moins possible tout en raflant un maximum de gratifications au passage, avant de vieillir dans l’amertume d’avoir manqué l’essentiel et de se demander ce qui s’est passé juste un peu trop tard. 

L’astrologie possède ainsi des racines philosophiques anciennes et profondes. Que des génies tels que Platon ou Pythagore non seulement la prenaient au sérieux, mais participèrent à son élaboration, nous prouve qu’elle a capacité à éclairer nos consciences. L’astrologie est une école de sagesse qui, à notre époque marquée par une autodestruction virulente, nous enseigne qu’en levant la tête vers ces mêmes étoiles que contemplaient les anciens Grecs et en définitive tous les peuples de la terre, il y a encore moyen d’y trouver des réponses à nos questions : ces réponses sont intérieures et elles seules sont capables de changer nos consciences et ainsi, de changer le monde avant qu’il ne soit trop tard.         

Ce texte est dédié à André Barbault disparu il y a quelques jours à l’âge de 98 ans. Dans les années 70, son célèbre « Traité d’astrologie pratique » m’a ouvert les portes de l’astrologie, comme ce fut le cas pour de nombreux futurs passionnés. Je me souviens encore de la fièvre qui m’a saisi alors que sous sa plume se dessinait, page après page, cet univers magique et extraordinairement riche de sens que je n’ai jamais cessé d’explorer depuis. Merci et bon voyage monsieur Barbault.  


(1) « Procès et réalité : Essai de cosmologie » est une œuvre du philosophe et mathématicien britannique Alfred North Whitehead, célèbre pour une citation, très souvent reprise — voire simplifiée —, qui est : « La plus sûre caractérisation de la tradition philosophique européenne est qu’elle consiste en une série de notes au bas des pages de Platon ».  (Wikipédia)

(2) Traduction de Emile Aubry

(3) Robert Schmidt, disparu en décembre 2018 fut l’un des membres fondateurs du Projet Hindsight. Mathématicien, astrologue érudit, il traduisit de nombreux manuscripts à partir du Grec ancien.

(4) Il est question d’enseignements oraux de Platon défendus par l’école de Tübingen : « À partir de 1959, deux professeurs de Tübingen, K. Gaiser et H. J. Krämer, vont beaucoup plus loin : les Dialogues, destinées au grand public, constitueraient « le plus bas degré du travail de formation de l'Académie ». Dès la fondation de son école, Platon aurait mené parallèlement une activité protreptique et exotérique dans ses Dialogues, et un enseignement oral ésotérique et systématique ». Platon - Encyclopédie Universalis - Article de Monique Dixsaut


dimanche, septembre 01, 2019

Jair Bolsonaro ou pourquoi l'Amazonie brûle-t-elle?


L’astrologie qui a de nombreuses cordes à son arc révèle avec précision les motivations psychologiques et émotives des individus : quelles influences sous-tendent nos choix, nos décisions et dessinent ainsi nos destinées? Et si ces considérations n’ont qu’une portée restreinte pour la plupart d’entre nous - malgré l’effet papillon à ne jamais sous-estimer - qu’en est-il des personnages publics et puissants, dont les paroles et les actes se répercutent sur le bien-être de la planète entière?

Intéressons-nous ainsi à Jair Bolsonaro, actuel chef de l’Etat Brésilien, qui semble collectionner les orientations problématiques : machiste grossier et homophobe virulent, climatosceptique, admirateur de Donald Trump, soutien des industries agroalimentaires directement responsables des terribles incendies qui ravagent l’Amazonie, difficile de faire mieux. Comment son thème natal illustre-t-il l’ensemble de ces caractéristiques? Et quelles leçons pouvons-nous en tirer ?

Jair Bolsonaro né le 21 mars 1955 à Glicério (Sao Paulo) Brésil à 14h45

L’ascendant

Particulièrement marqué, l’ascendant qui représente l’essentiel du comportement nous offre une entrée privilégiée dans les complexités de ce thème.  

- En Cancer et ainsi dépendant principalement de la Lune, Uranus (autoritarisme et radicalité) lui est exactement conjoint : si cette situation angulaire fait parfois les vrais révolutionnaires de la pensée, elle décrit aussi les dictateurs (sociaux, familiaux, politiques) totalement persuadés d’avoir raison et n’hésitant pas à imposer leurs idées à la collectivité qui les entoure (1).  

- Situé à 4° d’Uranus et de l’AS, Jupiter en exaltation amplifie ce comportement uranien tout en offrant de l’expansion au moi. Cette situation est loin d’être défavorable, car elle offre de la chance et des opportunités. Elle montre aussi un certain sens de la justice et de la droiture, quoique doublé d’une rigidité mentale et morale : Jupiter est l’astre du jugement, qui tend ici à se radicaliser par le biais d’Uranus en conjonction. Jupiter souffre cependant d’un parallèle de déclinaison à Pluton qui le corrompt: « Le roi du ciel » est assombri, perdant sa droiture au profit de la recherche de l’intérêt personnel.  

- Neptune au carré de l’AS, d’Uranus et de Jupiter trouble sérieusement les cartes, faisant intervenir la confusion émotive et un fort principe d’identification (2). Le populisme prend ici ses racines, car cet astre permet à Jair Bolsonaro de représenter « l’homme de la rue », lequel s’identifie facilement à ses discours et à ses convictions. Cette situation neptunienne décrit une personnalité structurée autour de la croyance et de l’identification à des courants de pensée et à des conditionnement (la religion, les racines européennes blanches, le mâle dominateur, nombre de valeurs culturelles fondées sur l’émotion plutôt que sur la raison). Son carré à l’AS génère une double nature qui s’exprime par une sinuosité du comportement, des mensonges, des dissimulations et des travestissements de la vérité, de la sentimentalité et une forte dose d’illusion envers lui-même. Amplifié par Jupiter à son carré, Neptune déclenche enfin des comportements outranciers et scandaleux. 

- Saturne au trigone de l’AS, de Jupiter et d’Uranus apporte cependant de la constance, de la discipline, de la détermination et de la persévérance, expliquant son arrivée au pouvoir et cette sorte de confiance qu’il réussit à inspirer à son électorat malgré ses nombreux débordements : il offre en définitive une sorte de garant de respectabilité, de responsabilité et de sérieux qui cache les travers décrits ci-dessus. Il permet de garder le cap, quel qu’il soit, contre vents et marées, affaiblissant les possibilités de changement comportemental pourtant présentes grâce à Uranus.

La Lune maîtresse de l’ascendant 

Ce comportement complexe et contradictoire s’explique spécifiquement par les caractéristiques de la Lune.

- Sa situation en Verseau indique un mental à la fois uranien et saturnien, cherchant le changement (Uranus au lever) dans les racines (Saturne en IV) et le retour nostalgique vers le passé (maîtresse de l’AS Cancer). 

- Sa conjonction à Mercure montre un intellect vif et délié, mais facilement désordonné parce que troublé par les mémoires personnelles.

- Son opposition à Pluton indique des préoccupations mentales intenses et obsessionnelles, tourmentées entre autres par la mort (une Lune « plutonienne » en VIII possède  une certaine morbidité), la sexualité, l’hérédité, la quête des sensations et le pouvoir.

- Sa conjonction à Vénus souligne la recherche du plaisir imbibée d’une obsession de la sensualité (Vénus et la Lune opposées à Pluton) 

- Son carré à Saturne indique des craintes nées d’insécurités vécues pendant l’enfance. La peur est un élément essentiel de la personnalité de Jair Bolsonaro. L’enfance pauvre a laissé des traces qu’il faut recouvrir par le pouvoir et la domination (Uranus et Pluton), la dureté mentale (Saturne/Lune), la recherche du plaisir (Lune/Vénus), le mensonge et l’illusion envers soi-même (Neptune/AS). Dans ce cadre précis, Saturne au carré de Pluton (aspect collectif rendu très personnel par la Lune et Vénus) indique un esprit troublé par les interdits (Saturne) et les transgressions (Pluton). 

Vénus

Conjointe à la Lune maîtresse de l’AS, Vénus est l’élément clef du comportement. 

- De même que la Lune, elle s’oppose à Pluton et dessine un carré à Saturne, une combinaison troublant sérieusement le comportement affectif (Vénus/Lune). L’obsession sexuelle et les transgressions (Pluton), la malchance et les interdits (Saturne), l’association de la sensualité (Vénus) et du pouvoir (Pluton) se construisent sur la crainte de ne pas être aimé et un désir exaspéré d’être aimé. 

- Vénus constitue la pointe d’un carré en T entre Mars (le désir, la passion, le conflit) et Saturne (la dureté, la froideur, l’obstacle), s’insérant entre les deux astres dont l’opposition mutuelle parle de circonstances adverses, de brutalité et de frustrations. 

- Son quinconce à Jupiter offre de belles opportunités, mais la joie d’aimer (Jupiter/Vénus) est battue en brèche par le désir (Mars/Vénus), l’obsession (Pluton/Vénus) et une vraie difficulté à réchauffer le coeur (Vénus/Saturne):  confondu avec le désir (Mars), l’amour (Vénus) tend à se muer en froideur et en indifférence. 

Le Soleil, les Noeuds lunaires,  Mars et Pluton

- Le Soleil en Bélier, dans le signe de Mars le guerrier (Bolsonaro est d’abord militaire de carrière) est au demi-carré de cet astre : l’aspect révèle la pugnacité du combattant, la lutte ambitieuse pour la réussite (Mars en X), l’agressivité, le conflit contre le père et la révolte initiale contre les autorités.

- Mars en X (l’ascension sociale, la carrière) s’oppose à Saturne en IX (besoin d’enracinement psychologique). L’aspect parle de danger, de blocages, de frustrations. La réussite est lente et difficile et la brutalité facilement employée. 

- Au carré exact des noeuds lunaires le Soleil quoique situé au trigone de l’ascendant (noblesse, enthousiasme, idéalisme, générosité) est assombri  : 
- «  …. possiblement entachée d’un secret ou d’un bouleversement, la relation au père est insatisfaisante. ….. Les autorités et les traditions sont respectées malgré la colère ou des arrière-pensées les concernant. Volontaire et responsable, ambitieux et courant après la reconnaissance, le moi fait preuve de talents et de capacités et attire responsabilité et succès. La brillance extérieure dissimule une part obscure. La volonté de droiture et la noblesse solaire sont ternies par des secrets et des dissimulations. ….. Danger de disgrâce ou de chute ». (3)
- « … Au pire la volonté affaiblie laisse libre cours à des compulsions qui ternissent la droiture et la noblesse solaire avec des conséquences négatives sur la réputation et l’estime de soi ».(4) 

- Pluton, décisif dans ses liens avec la Lune, Vénus, Jupiter, Saturne et Neptune, naturellement associé aux puissances financières et au sensations liées au pouvoir, est particulièrement obscurci par un parallèle de déclinaison aux noeuds lunaires. Morceaux choisis :
- « La soif d’expériences et de jouissances matérielles est favorisée, mais jamais étanchée et cause d’insatisfaction. …. Fréquentations nocives ou dangereuses, désir de réussite exigeant, goût du secret et de l’exercice de la domination, attachement à l’intensité du vécu. ….. Amplification du pouvoir, des craintes et des obsessions. Psychologiquement, spirituellement ou tangiblement, la mort que l’on désire contrôler joue un rôle important dans la destinée ». (5)
- «  … compulsions vers la puissance, l’enrichissement, l’obscurité, la domination. Associations opaques. … La jalousie, la frustration, la crainte, l’autodestruction, la haine de soi tourmentent le moi. …. . (6)

Retour aux motivations

Ce survol rapide du thème de Bolsonaro souligne des préoccupations mentales (la Lune) troublées par des insécurités liées au passé. Particulièrement tourmenté, l’affectif (Vénus pour une grande part) influe directement sur les choix, les orientations et les décisions. 
Vénus maîtrise d’ailleurs le Milieu du Ciel (l’ambition, l’ascension sociale), où Mars culminant (le guerrier), à son carré et opposé à Saturne, s’exprime dans la contraction et la dureté. 
La peur influe puissamment sur le thème.  Les ambitions, l’autoritarisme, les mensonges et les illusions, la perte de la noblesse solaire en sont des conséquences directes.

Qu’on ne croit pas pour autant que les dès étaient jetés dès la naissance : Bolsonaro n’est qu’un être humain comme les autres, victimes de ses craintes et de ses frustrations. Son thème possède des outils capable de le transformer. Uranus à l’AS, en relation mutuelle avec la Lune, a capacité à révolutionner le moi : il s’agit de se libérer des mémoires néfastes et des réactions mécaniques auxquelles elles sont liées. De comprendre les mécanismes même de la pensée. De saisir les motivations derrière les ambitions. De reconnaître la peur et la quête de la sécurité dissimulées sous les croyances et les opinions. 
Le Soleil, presque sur la pointe de la IX a pour mission de se tourner vers la quête de la compréhension, qui n’a rien à voir avec celle de l’argent ou du pouvoir. 
Mars opposé à Saturne se résout dans le service : le guerrier doit transmuter son agressivité en esprit chevaleresque. Le Soleil au quinconce de Neptune indique un idéalisme de communion bien présent mais enfoui dans les profondeurs du moi. 
La Lune au trigone de ce même astre a d’ailleurs capacité à déclencher une vraie compassion qui naît d’un lien actualisé avec la nature et avec l’humanité considérée comme un organisme vivant, dont nous ne sommes qu’une cellule.  
Un thème astral peut ainsi s’exprimer à de nombreux niveaux et Jair Bolsonaro pourrait avoir compris que la conquête de soi est bien plus gratifiante que celle du pouvoir, lequel ne mène qu’à l’insatisfaction, la violence et la frustration.

Qu’en tirer pour nous-mêmes? 

Les mécanismes psycho-émotifs qui mènent Bolsonaro à semer la destruction sont évidents et d’autant plus remarquables qu’ils se manifestent chez un homme de pouvoir. Les dégâts en sont démultipliés. Mais il n’est malheureusement qu’une sorte de miroir grossissant. Cet homme a été élu à la tête de son pays : des millions de personnes ont voté pour lui. On en revient encore et toujours au fait que nous sommes le monde et que le monde c’est nous. Que nous sommes un organisme et qu’il n’en est jamais qu’une cellule. Cet organisme est malade certes, mais en comprenant le comment et le pourquoi (la peur, les désordres affectifs, la quête inextinguible des sensations, la frustration et pour beaucoup l’absence d’une vraie spiritualité spiritualité),  il est possible que nous nous changions nous-mêmes et ainsi, influencions favorablement le monde. 

Jair Bolsonaro n’est pas un méchant qui s’oppose aux bons. Il n’est qu’une des cellules viciées de l’organisme humanité. Voyons-y les causes véritables des incendies qui ravagent l’Amazonie. La guérison passe d’abord par nous-mêmes et elle nous appartient. 


(1) Voir Hitler dans Uranus, Chaplin et Hitler 

(2) Lire Comprendre Neptune dans Neptune et les dangers de l’identification

(3) L’astrologie et la mécanique de la pensée (Les aspects des noeuds lunaires, Soleil/Rahu)

(4) Ibid. Soleil/Ketu

Supplément : les noeuds lunaires et la tentative d’assassinat.
Pour les lecteurs de ce blog qui s’intéressent de près aux subtilités des noeuds lunaires et à leur impact évènementiel, quelques notes sur la tentative d’assassinat de Jair Bolsonaro le 6 septembre 2018 (vers 15h00 HL), poignardé en pleine rue par un opposant. 
Vous ne serez pas surpris de remarquer que ce jour là
- Mars et Ketu sont en conjonction (voir Les fêtes à l’ombre de Mars et de Ketu et les nombreux articles traitant de cette conjonction plus que souvent présente lors de violences publiques et autres attentats)
- Ils sont sur le descendant de Jair Bolsonaro (ce lieu représente l’ennemi déclaré)
- La Lune, maîtresse de son AS, est très proche de celui de l’attentat. Elle est conjointe à Rahu et en opposition à Mars et à Ketu. Son parallèle aux noeuds lunaires est très exact (19°N 20’ pour la Lune et 19°19’N et S pour les Noeuds)
- Uranus est au carré de cet axe.
- Opposée à Uranus, Vénus est également au carré de cet axe. A 28° de la Balance elle est posée sur le Neptune natal (la souffrance, l’identification, la manipulation par les émotions). 
- Jupiter est opposé et au parallèle de son Mars natal (la colère, la violence)
- Saturne est posé sur son Rahu natal au carré de son Soleil : la mort n’était pas loin.















samedi, juillet 27, 2019

Saturne, Ketu et le sentier philosophique


« Saturne et Ketu se dirigent  dans la même direction, inspirant un travail subtil, discret, profond qui prend en compte leurs tendances authentiques à la simplicité. Ils sont des indicateurs de sagesse et de quête spirituelle. Leur rencontre est à même de nous enseigner la tempérance, la profondeur et la richesse des réflexions et en fin de compte de nous aider à conquérir le silence mental, clef de notre bonheur et de la guérison du monde.  » Ketu, Saturne et Pluton en Capricorne, une bataille décisive 

Au-delà des considérations abordées dans l’article cité ci-dessus (1), la très signifiante conjonction Ketu- Saturne, active jusqu’à la mi-novembre, définit clairement un point de vue de philosophie astrologique.

Renonciation et détachement

Si Ketu (la queue du dragon c'est-à-dire le noeud lunaire sud), montre souvent dans ses compulsions et ses brusqueries (2) des similitudes avec Mars ou Uranus, philosophiquement parlant, il est extrêmement proche de Saturne dans ses significations et ses effets. Tous deux gravitent d'ailleurs autour des mots-clefs renonciation (Saturne) et détachement (Ketu).

Nous parlons donc philosophie : Saturne s’associe souvent à la misère, à l’isolement, à la tragédie et aux épreuves de la vie, mais il est aussi « Celui qui purifie » car sa nature force à la réflexion  et à la spiritualité. Il est le Sage, l’Ancien qui favorise la maîtrise de soi et l’austérité afin de nous élever vers des cieux plus raréfiés. Pas de patience, de méditation, de yoga, de végétarisme, de jeûnes, de promenades ou de retraites solitaires sans Saturne. 

Ketu quant à lui s’associe également aux épreuves : les siennes naissent de craintes inexplicables, de compulsions irrésistibles ou de la douleur physique. Il prive des bienfaits matériels et sociaux, d’où sa réputation de « maléfique ». Sa nature est pourtant spirituelle, associé à la quête de l’immortalité et vouant celles et ceux qu’il marque de son sceau à la simplicité et à l’austérité, de façon parfois compulsive il est vrai, s’il n’est pas correctement intégré.

Le moi

Ces survols rapides de Saturne et de Ketu sont à inclure dans un tout cohérent, dans lequel tous les éléments astrologiques (astres, Angles, noeuds lunaires et ainsi de suite) s'insèrent dans cette fresque immensément complexe qui fait sens et que nous appelons la vie. 

La question à poser est : de quoi Saturne et Ketu tentent-ils de nous éloigner, que ce soit par la renonciation ou le détachement? De l’argent, du luxe, du sexe, du pouvoir ou de la célébrité, c'est-à-dire de ces expressions diverses de nos natures grégaires, tournées vers le plaisir et la compétition ? Cette fragmentation de nos désirs a-t-elle un sens? L'on sait que nombre de professionnels de l’austérité, soient-ils pasteurs, mollahs, prêtres ou encore méditants vêtus de robes oranges sont souvent de pieux hypocrites : les signes extérieurs de simplicité, de pauvreté ou de chasteté ne signifient rien, sinon que l’on n’a pas encore commencé à gratter l’écorce de la vérité.

La philosophie de Saturne, comme celle des Noeuds lunaires - car Ketu ne peut être compris sans Rahu - mène à une même destination, traditionnellement appelée sagesse, libération ou illumination. De quelle façon? En renonçant (Saturne) au moi. En se détachant (Ketu) du moi.

Rahu et l’attachement 

Rahu (la tête du dragon c'est-à-dire le noeud lunaire nord), d’une façon trop longue à expliquer dans le cadre d’un court article, participe de façon essentielle à la génération du moi, à son existence et à son épaississement. Il représente l'attachement que nous portons à notre passé, à notre identité culturelle et sociale, à notre personnalité singulière, à l'image que nous entretenons de nous-même. 

Il figure la recherche insatiable des expériences ainsi que ce qu’elles provoquent : crainte de ne pas obtenir ce que l’on veut, peur de perdre ce que l’on a, anxiété, colère, arrières-pensées, manoeuvres secrètes, attachement et insatisfaction. Voilà pourquoi l’on parle de cadeaux empoisonnés à son sujet.

Toutes les « techniques » spirituelles, prières, méditations, répétitions de mantras, austérités, jeûnes et ainsi de suite ne poursuivent qu’un but : alléger ou dissoudre ce moi, cet ego limité et bavard, afin que la conscience profonde, l’âme si l’on veut, ou l’atman, se dégage de la gangue de la matière, de l’espace et du temps et rejoigne l’absolu. Qu’on appelle cet absolu Intelligence, Dieu, Yahvé, Allah, Shiva, Brahman, Grand Esprit ou encore Ordre implié ou Réalité sous-jacente n’a strictement aucune importance. 

Le moi appartient corps et âme à Rahu, intimement lié aux mémoires cristallisées, à leurs matérialisations, ainsi qu'à la génération des pensées captives du temps, tournées vers le passé ou l’avenir et incapables d’appréhender l’ici et le maintenant. Ainsi c'est Rahu, l'attachement, que Ketu et Saturne cherchent à endiguer et à comprendre. 


Ketu et le détachement

Dans ce schéma, Ketu s’associe au sentier spirituel du thème, celui qui révèle la finalité de l'existence, offrant un sens aux épreuves, aux peines comme aux joies et à la vie elle-même. 

Il représente un noyau vital dont la fonction est d’extraire ce sens, une fois les illusions du désir et des expériences (Rahu) arrivées à leur terme naturel qui est l’insatisfaction. Voilà pourquoi il représente le détachement : son éloignement, son rejet des expériences parfois, n’a rien de religieux, de moral ou d’utilitaire. Il est un aboutissement naturel de l’intelligence en quête de sérénité.

Ketu tire les leçons des expériences de Rahu, ainsi que de ses propres défauts qui sont la compulsion et l’avidité spirituelle. Il tente  de comprendre les mystères de nos vies par le biais du détachement de soi. 

Mais rien ne sert de se détacher de tel ou tel élément en particulier enseigne-t-il, que ce soit de l’argent ou de la sexualité par exemple : il faut se rendre directement à la source de tous les attachements qui est le moi. Si cela n’est pas compris, les disciplines, les rituels, les sacrifices, les entrainements et les austérités ne sont rien d’autres que des agitations mentales supplémentaires. Celles-ci appartiennent à Rahu, car elles entrent dans le champ des expériences que la pensée convoite et dirige. 

Ketu enseigne ainsi, forcément, à se détacher de la quête de la libération elle-même. Il symbolise le détachement complet et total du moi. Il figure alors en conséquence les synchronicités (3) et les possibles révélations qu'une telle attitude génère et qui éclairent l’accès « au joyau dans le coeur du lotus ». 

Saturne et la renonciation

Au coeur de ce système, Saturne représente la réflexion profonde, la patience, la détermination, la force mentale et la persévérance qui nous aident à comprendre et à méditer sur le sens de nos existences. 

Sa part la plus difficile, qui lui gagna le surnom de « Grande maléfique », nourrit l’insatisfaction : Saturne fruste, écarte, retarde, interdit et chagrine. Mais en tant que maître de la discipline (non-conflictuelle), de la force mentale, en tant qu'initiateur de la sagesse et de la renonciation (qui n’est pas résignation),  il désamorce la volonté de l’ego à réaliser continuellement ses désirs insatiables (Rahu). A travers lui nous comprenons que la simplicité ne génère pas de craintes. 

Saturne « Celui qui purifie », force ainsi le basculement entre l’attachement (Rahu) et le détachement (Ketu).

De cette façon, considéré comme le socle de la spiritualité, il peut-être qualifié de bénéfique, ce qui est également vrai pour Ketu. Bien compris et vécus ni l'un ni l'autre n’apporteront luxe et richesses, trop porteuses d’énergies négatives, mais ils mèneront la conscience à son but, à ce trésor intérieur que le moi, constitué d'illusion et de matière est incapable d’approcher. 

L’actualité et la philosophie astrologique

Ainsi, jusqu’à la mi-novembre de cette année, la conjonction Saturne-Ketu ouvre en grand certains portails philosophiques. La géométrie céleste est favorable à cet éveil, quoique nombreux soient les écueils disséminés sur le sentier de la lumière : nous sommes captifs de nos attachements et en payons les conséquences (cf. note 1). 


Cette configuration particulière montre que l’attachement (Rahu) et le détachement (Ketu), sont les moteurs principaux du moi, de sa nature complexe et  difficile et au-delà de la quête de l’immortalité. Elle souligne également combien la situation dramatique de notre planète est liée à Rahu qui régit le psychisme de milliards d’êtres humains, matérialisant l'attachement, l'anxiété et l'insatisfaction en guerres, en destruction de l’environnement et en sixième extinction de masse.

Certes, tous les astres sont importants : le ciel est une partition complexe où chaque instrument a sa place. Dans cette symphonie Jupiter joue la part des opportunités et de l’expansion de la conscience. Vénus de l’amour et de la beauté sans lesquels il n’y a pas de joie. Mars de l’action juste et de la bravoure qui permet d’affronter la peur. Uranus des intuitions fulgurantes qui font saisir la vérité que Mercure explique et transmet. Le Soleil de la quête des idéaux alors que la Lune le nourrit et le protège. Neptune de la fusion et de la communion avec les cieux et avec la conscience collective et Pluton de la guérison des traumatismes et de la régénération.  

Alors, avant que Ketu et Saturne ne se séparent, il est fortement conseillé de profiter de leurs enseignements, c’est-à-dire de laisser leurs significations spirituelles imbiber nos coeurs et nos esprits : non seulement parce qu’ils éclairent la finalité de nos existences, mais parce que l’éveil qu’ils proposent est sans doute la seule et unique façon de changer radicalement notre monde avant qu’il ne soit trop tard. 


    (1) Extrait : Ketu et Saturne en conjonction : de début mars à la mi-novembre 2019: « Tendance renforcée au détachement et à la renonciation. Favorable à condition de s’orienter vers la simplicité et la spiritualité. L’acceptation, la patience, la détermination et la persévérance sont à développer sous peine d’adversité. La destinée souffre de secrets de famille, d’absences, de séparations douloureuses, d’abandon, d’éloignement, de froideur, d’indifférence ou d’étouffement  (…..) » (L'astrologie et la mécanique de la pensée)

«  Confronté à Ketu, Saturne cristallise des mémoires difficiles, honteuses ou douloureuses souvent transformées en secrets. Des blocages mentaux, des souvenirs figés, la crainte de révélations empoisonnent la conscience et la destinée. Les secrets liés à cette conjonction provoquent des comportements moraux hypocrites, dissimulant des compulsions susceptibles d’exploser lorsque la tension se fait trop puissante. La libération du poids des secrets nécessite de les désamorcer, de ne plus leur accorder d’importance, mais la nature saturnienne s’y accroche, le « moi » s’étant bâti autour d’eux. La solution consiste à « purifier » Ketu dans un vrai détachement du moi captif de ses mémoires.
Il est nécessaire d’user d’une discipline naturelle, non-conflictuelle, pour éviter que la conscience ne se durcisse dans des compulsions d’austérité ou de chasteté inspirées de conditionnements religieux, de craintes de la punition, du péché ou du mauvais karma. Le danger est de voir l’ambition et l’avidité se dissimuler et se durcir. Sous des masques de simplicité ou de renoncement, elles se manifestent dans le contrôle de soi précaire et malsain, la dureté mentale, l’enrichissement, la domination morale et le pouvoir.


(2) Cf. Les fêtes à l'ombre de  Mars et de Ketu qui évoquent la violence et le terrorisme qui leur sont imputés. 

(3) Les noeuds lunaires se montrent très présents dans les thèmes de synchronicités (les coïncidences signifiantes selon la définition de Jung et de Pauli). Voir à ce sujet L'astrologie et la mécanique de la pensée (Chap. 1, L'astrologie et la pensée - Synchronicité)







vendredi, juillet 05, 2019

Astrologie au Festival Harmonic 2019


Rejoignez-nous au FESTIVAL HARMONIC les 12, 13 et 14 juillet à Trigance (Var 83) qui s'organise autour de la musique, de l'écologie et du bien-être. Le thème de cette année, LES PIEDS SUR TERRE ET LA TÊTE DANS LES ETOILES, sied particulièrement bien à l'astrologie et à sa pratique. 

J'aurai le plaisir d'y donner une conférence intitulée L’ASTROLOGIE ET LA FLORAISON DE LA DESTINEE, le samedi 13 juillet à 16h00. Il n’y sera pas question de techniques mais d’une approche détaillée de ce que l’astrologie, débarrassée de la désinformation la concernant, propose pour aider à transformer la conscience et ainsi changer le monde. 

Festival Harmonic : « Cultiver l’harmonie en s’appuyant sur des valeurs universelles, comme celles du respect et de la bienveillance, voilà le sens qui peut imprégner la vision de l’humanité pour colorer ses projets et son avenir, dans les domaines socio-culturel, artistique, environnemental et spirituel.

Le festival HARMONIC se veut être une plate-forme de promotion et de rayonnement de cette idée, avec des ateliers, des conférences, du spectacle vivant et de la musique électro / acoustique (ambient, dub, downtempo, ethnique…) – écologisme du corps et de l’esprit. »


L’astrologie et la floraison de la destinée

L’astrologie n’est pas une survivance des temps anciens : à notre époque orientée vers le développement personnel, elle se révèle être extrêmement moderne. Correctement comprise et pratiquée, elle invite à transformer sa vie en histoire, c’est-à-dire à lui donner un sens, une finalité. Contrairement à ce que l’on croit souvent, elle ne s’occupe pas de décrire une destinée inscrite par avance dans le grand livre du ciel. Loin de le nier, elle permet de conquérir un libre-arbitre trop souvent mis en péril par l’éducation, les conditionnements, les croyances, la propagande et les pressions de l’inconscient.

Offrant une identité cosmique à l’individu égaré dans l’immensité des espaces célestes, elle l’incite à ne pas subir les évènements, en tentant de survivre le mieux possible en attendant la fin, mais au contraire à être le héros de sa vie, en quête de lumière et de vérité. L’astrologie se révèle ainsi être un sentier initiatique et une voie spirituelle à part entière. 

Astrology and the flowering of destiny

Astrology is not a relic from ancient times : in our self-improvement oriented age, it is proving to be extremely modern. Properly understood and practiced, it invites us to transform one' s life into history, that is, to give it a meaning, a purpose. Unlike what is often believed, it does not describe a destiny recorded in advance in the great book of heaven. Far from denying it, it allows us to conquer a free will too often compromised by education, conditioning, beliefs, propaganda and pressures from the unconscious.

Offering a cosmic identity to the individual lost in the immensity of celestial spaces, it urges us not to suffer events, trying to survive as best as we can until the end, but on the contrary to be the hero of our lives, in search of light and truth. Astrology thus reveals itself to be an initiatory path and a spiritual way in its own right. 

samedi, juin 22, 2019

L’exaltation de la Lune et la maltraitance animale


« Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend »

Mondialement célèbre pour son fameux « je pense donc je suis », formule aussi connue que le « être ou ne pas être » shakespearien, René Descartes tout génie qu’il fut, était totalement dépourvu d’intelligence émotionnelle. A ses yeux les animaux étaient des machines évoluées manquant d’âme et de sensibilité : le couinement de douleur d’un chien n’était pas symptôme de souffrance, mais plutôt semblable à une porte grinçante manquant d’huile. Malgré qu’il ait institué le doute en tant que composante majeure de sa philosophie, cet authentique savant était captif d’une croyance religieuse qui considère que seul l’être humain est fait à l’image de Dieu et que le reste de la création est au service de ses besoins. Toujours actuellement vivace, cette idéologie entraîne de terribles répercussions dans notre rapport au monde, puisque le sacré, étendu à l’ensemble de la nature depuis la nuit des temps, se trouva bientôt confiné au seul Dieu unique et moraliste et à son culte. En conséquence l’empathie, la complicité, le respect envers les animaux rétrécirent comme peau de chagrin. L’on en est arrivé à les traiter effectivement comme des machines, ainsi que le démontre cette expérimentation dénoncée par L214 : suivez ce lien. 

La Lune en Taureau

Dans l’imagerie populaire, l’Inde est le pays des vaches sacrées, qui le sont d’ailleurs de moins en moins, à cause de la mondialisation du mode de vie occidental. Les raisons de cette sacralisation sont multiples, à la fois historiques, culturelles ou encore philosophiques : entre autres cadeaux (1) elle offre le lait, devenant ainsi la mère nourricière universelle. La tuer et la manger dit-on rend méchant, forcément. 


Il existe également une raison moins évidente, connue de l’Inde ancienne mais aussi possiblement des Perses, des Egyptiens ou de certains peuples Africains (2), qui a la particularité de jeter une lumière plus précise sur l’exaltation de la Lune en Taureau. Cette dignité astrologique est d’évidence liée au rôle de nourrice de la Lune, puisqu’elle est en charge des nécessités essentielles (abri, nourriture, vêtements), c’est-à-dire de l’entretien de l’organisme. Elle est par ailleurs la mère du héros solaire qui sans elle ne peut prétendre à la réalisation. Cette fonction passe par l’ensemble du mental (le contenu de la pensée, la mémoire, …) qu’elle représente (3). 

Le problème que nous connaissons toutes et tous cependant, est que ce mental captif de ses préoccupations, de ses habitudes, de ses souvenirs et de ses projections dans l’avenir ne s’arrête jamais, d’où ce soliloque permanent qui nous sépare du monde, des autres et de nous-même. La Lune est dite se calmer en Taureau, le signe où la pensée est la moins tourmentée et approche ainsi la méditation avec le plus de facilité. Qu’on songe que c’est l’inverse en Scorpion, situé à l’opposé du Taureau, où le mental est intense, sans cesse en mouvement et facilement captif de boucles obsessionnelles. Attention, cela ne signifie nullement que si votre Lune natale est en Taureau vous méditez facilement, alors que si elle est en Scorpion vous en êtes incapable. Les processus astrologiques liés à la pensée (4) sont nettement plus complexes et plus subtils que cela.  

Mais l’exaltation de la Lune en Taureau indique que le sentier de la sagesse et de la réalisation, passe obligatoirement par l’accalmie de la pensée.

La sacralisation des animaux

Alors que je séjournais à Varanasi (Bénarès), cette cité ancienne, magique et chaotique, où les vieillards Hindous désirent achever leur existence, car à l’ultime instant Shiva leur murmure à l’oreille le taraka mantra (la parole de la traversée), j’en eus une sorte de confirmation. A Varanasi les vaches aux museaux effilés, ainsi que les veaux, les génisses belles comme des biches et les taureaux placides malgré leurs impressionnantes testicules, traînent et s’allongent au milieu des rues. Elles lorgnent les étals des marchands de fruits et de légumes, qui les éloignent en leur jetant des verres d’eau et l’on s’arrête souvent pour les flatter ou leur offrir une banane. Une nuit, je rêvais d’elles. Eveillées et conscientes, elles occupaient toute la ville.  J’errais comme un fantôme, entouré de leur présence. Douces et sereines, elles semblaient réguler les courants des rêves et des pensées de la cité endormie. Leurs yeux pétillaient d’intelligence et de bonté. Associées à une sorte de réseau, elles harmonisaient et régulaient le psychisme collectif, agissant directement sur les strates profondes de nos consciences. Le lendemain matin, en chemin pour la baignade dans le grand fleuve, je les regardais d’un oeil entièrement différent, ayant un peu mieux compris je crois l’importance des animaux, qui seraient des formes de vie inférieures, n’ayant pas développé un cerveau aussi sophistiqué que le notre. Ils jouent en vérité un rôle essentiel dans une symbiose que nous avons oubliée, qui nous intègre à la nature dont nous faisons totalement partie et que nos ancêtres comprenaient, parce qu’ils la ressentaient.

A un niveau fondamental, qui nous concerne toutes et tous, l’exaltation de la Lune dans le Taureau devrait nous faire prendre conscience de la monstruosité  d’un monde où l’on élève et massacre plus d’une centaine de milliards d’animaux à l’année. Un monde où le sacré disparaît plus rapidement que la forêt amazonienne, parce que nous avons perdu le sens de la vie. Dans lequel nous sommes séparés de la nature et de nous-mêmes, coupés d’un environnement que nous n’abordons plus qu’intellectuellement. Dans lequel, étrangement et n’en déplaise aux cendres de Descartes, nous sommes devenus des machines. Et qu’on ne se fasse pas d’illusions, la disparition de ce lien avec la nature est à l’origine de la plupart de nos maux. 


(1) Les 5 « cadeaux de la vache » sont le lait, le caillé, le ghee, l'urine et la bouse. « La vache est en effet vue en Inde comme une « Mère universelle » du fait qu'elle donne son lait à tous, même à ceux qui ne sont pas ses veaux ; elle n'est pas seulement « sacrée » en tant que telle, elle représente la sacralité de toutes les créatures » Wikipédia
« La bouse de vache est utilisée comme engrais, comme combustible et comme désinfectant dans les maisons. Les tests indiquent que la bouse de vache contient également du menthol, du phénol, de l'indole, de l'ammoniac, du formol et des bactériophages qui éliminent les agents pathogènes et est donc un désinfectant reconnu » Wikipédia

(2) « La vache a été et est encore vénérée dans de nombreuses civilisations et religions dans le monde, les plus notables étant l'hindouisme, le zoroastrisme, aussi bien que les religions de l'Égypte ancienne de la Grèce et de la Rome antique ». Wikipédia

(3) A ne pas confondre avec Mercure, en charge de l’intellect, c’est-à-dire de la structure de la pensée (ordre, logique, discernement …)


Illustrations
Image 1 : Une vache sacrée dans une rue de Jaisalmer, par Antoine Taveneaux (wikicommons)
Image 2 : Sadhu with a cal by Abdel Sinoctou (public domain)


mercredi, mai 29, 2019

Quand Mars rejoint le champ de bataille


Les généralités de la zone de turbulences que nous traversons sont détaillées dans l’article Ketu, Pluton et Saturne en Capricorne, une bataille décisive. Pourquoi parler de bataille? Parce la guerre intérieure (1), née de nos consciences tourmentées, responsable d’innombrables violences, de la destruction de l’environnement et de la sixième extinction de masse fait des ravages tangibles et effrayants.

La triple conjonction Ketu, Saturne et Pluton définit clairement notre situation : Pluton (les pulsions incontrôlables, la quête permanente des sensations ou encore le triomphe de l’intérêt personnel), joue des épaules avec Saturne (les esprits opacifiés par la peur, indifférents au sort des migrants, aux bombardements des hôpitaux ou au massacre de centaines de milliards d’animaux à l’année). Ecarté de ses valeurs spirituelles, Ketu se manifeste dans les épreuves, la douleur et les compulsions irrésistibles. Ainsi les interdits et les transgressions, l’avidité, la dureté mentale et les tragédies innombrables assombrissent la conscience collective, alors que les mémoires figées, les schémas obsessionnels, les craintes et les manipulations de toutes sortes contrôlent les destinées. 

Ce n’est pas que la bataille soit perdue. Pluton a capacité à libérer des traumatismes et à régénérer, Saturne à assagir, à explorer et à purifier les strates les plus profondes de la conscience et Ketu à orienter vers le vrai sens de la vie, indissociable de la quête de la liberté absolue. Soyons précis : nous sommes captifs de nos craintes et l’art ultime de l’astrologie consiste à nous en libérer. Il s’agit de nous conduire en héros solaires (2), surtout au moment où Mars, le dieu de la guerre lui-même, fait son entrée sur le champ de bataille. 

L’épicentre de la confrontation : Ketu-Lune-Saturne-Pluton conjoints, en opposition à Rahu-Mars-Mercure, le 19 juin 2019, calculé pour Paris à 5h52 (HL) 

Mars, les faits.

Transitant le signe du Cancer, Mars s’oppose des premiers jours de juin à début juillet, à la triple conjonction du Capricorne (voir les détails techniques en fin de cet article). On notera qu’il échelonne ses offensives sur plusieurs fronts : en sus de ses oppositions, il se conjoint à Rahu dès le 4 juin (jusqu’au 24), puis est rejoint par Mercure (du 10 juin au 17 juillet), alors que Jupiter entre à son parallèle de déclinaison (du 12 juin au 3 juillet). 

Le choc s’annonce rude. L’on parlera sans exagération d’une inflammation généralisée du psychisme collectif, avec une phase particulièrement aiguë allant du 10 au 24 juin, même si le danger ne s’éloigne pas vraiment avant les 3 ou au 4 juillet. Et croire que Mars sera affaibli pas sa situation en Cancer (sa chute), serait une erreur. La géométrie des aspects est bien plus effective que celle des signes, sans compter que l’axe Cancer-Capricorne, de nature cardinale, concrétise aisément les perturbations du psychisme en évènements concrets. 

A quoi s’attendre?

Mis à part un harmonieux trigone à Neptune dont on parlera plus loin, ces aspects tendus de Mars déploient une énergie brutale, concernant la vie intérieure et la réalité extérieure, touchant autant la collectivité que les individus. La triple conjonction est une poudrière que Mars, accompagné pour l’occasion de Rahu, Mercure et Jupiter, pourrait faire exploser. Les situations bloquées, les conditionnements, l’agitation mentale et la frustration se concrétisent en réactions brutales, en conflits, en choix impulsifs et parfois en passages à l’acte. Les menaces d’accidents et de violences sont démultipliés. Les catastrophes naturelles ne sont pas à écarter, les marqueurs traditionnels (Mars, Jupiter, Saturne et les noeuds lunaires) étant en place.

Mars (le désir), opposé à Saturne (l’obstacle), est toujours compliqué : « (…) Excité et impatient le mental est confronté à des situations qui ralentissent, enlisent ou stoppent le plein élan. La capacité d’action bloquée provoque le ressentiment, la frustration, la mauvaise humeur, la colère froide, le durcissement et l’animosité. L’animalité, le désir, l’ambition, l’envie se heurtent au temps ou aux circonstances adverses. Au pire un fort durcissement intérieur qui se traduit par une violence mêlée de froideur, une colère rentrée, une possible cruauté et une insensibilité marquée à la souffrance des autres est expérimenté. Tendance à la discipline compulsive. Mise en danger du corps et possible mort violente ».(3).

Dans ce même extrait, j’ajoute :  « Le mal de vivre ne déborde pas nécessairement du cadre intérieur, les désirs et les obstacles se cantonnant alors au mental, à l’imagination, aux émotions, générant une sensation d’impuissance, de frustration et de conflit qui entrave l’épanouissement. » (4). Cependant la possibilité de débordement de cette opposition dans la réalité vécue est renforcée par la participation des noeuds lunaires, liés de par leur nature à la matérialisation de la pensées en évènements. 

Mars conjoint à Rahu évoque l’impulsivité, la colère et l’obsession, les pensées secrètes et l’insatisfaction multipliant les dangers d’accidents, d’agressions et de brutalité d’autant que la croyance que la fin justifie les moyens est accentuée.  Avec le parallèle de Mars à Ketu (du 16 juin au 2 juillet) les risques d’attentats terroristes (5), de compulsions violentes et d’actes belliqueux sont à craindre alors que les indiscrétions font de sérieux dégâts. 

Mars opposé à Pluton dégage toujours un parfum d’autodestruction. Avec Saturne à proximité, le conflit entre les interdits (Saturne) et les transgressions (Pluton), est nourri par le désir (Mars) et les opportunités (Rahu et Ketu). Par désir d’expérience (Rahu) de sensations intenses (Pluton), l’on est tenté d’enfreindre les morales personnelles et collectives. Saturne (la discipline) et Ketu (le détachement) s’y opposent, cette dynamique générant des épisodes prometteurs de la guerre intérieure qui anime régulièrement nos intériorités. 

Mars au quinconce et au parallèle de Jupiter amplifie la colère et favorise l’embrasement, même s’il s’agit souvent de réactions contre l’injustice. Des violences sont parfois exercées sous ce type de prétexte, ou encore par conditionnement religieux. 

Note spéciale à propos de Mercure

Loin d’être anodine, la présence de Mercure, qui rejoint tout ce beau monde, à partir du 12 juin (6)  est d’une importance vitale. Les communications sont difficiles et tendues, souvent énervantes et frustrantes. Attention aux secrets empoisonnés, trop longtemps gardés, que l’on est tenté de révéler au mauvais moment ou pour de mauvaises raisons (prise de pouvoir, vengeance ou méchanceté ….). Soumis aux mêmes aspects que Mars, Mercure évoque des choix et des décisions manquant de recul, soumis aux désirs cachés, aux arrières-pensées, aux manœuvres secrètes, à l’ambition, à l’intérêt personnel, à l’impulsivité et aux compulsions irrésistibles 

A moins que vous ne soyez pleinement conscient(e) de vos motivations profondes, que les influences des conditionnements et des croyances sur votre esprit soit perçues avec une lucidité parfaite et que votre coeur ne soit d’une limpidité cristalline, du 10 au 25 juin, il est instamment conseillé, pour tout le monde, de ne pas s’engager et de ne prendre aucune décision importante, sous peine de s’en mordre les doigts parfois très longtemps. 

Il s’agit d’une période où bien malgré soi l’on joue contre son camp, devenant son propre ennemi. Il est à espérer que les dirigeants du monde entier comprennent cette dynamique astrale (rêvons un peu).

Réagir en héros

Ainsi exposée la situation semble quasi-catastrophique et d’ailleurs il ne sert à rien de minimiser les dangers. Maintenant, la grande majorité d’entre nous, c’est du moins à espérer, vivra tout cela principalement intérieurement, avec il est vrai une dose augmentée d’énervements et de frustrations ponctuels, dans les transports et les embouteillages, dans les communications, dans les discussions au travail ou à la maison, dans les rapports avec les administrations, dans les débats de toutes sortes … Les mauvaises nouvelles, peut-être un peu plus fréquentes, seront plus à même de nous blesser. L’on ressentira aussi plus d’aigreur envers les responsables politiques, les trop nantis, les multinationales et une certaine amertume envers soi-même, puisque en définitive, la majorité d’entre nous vivent des existences qui ne correspondent pas aux souhaits profonds et au rêves qui furent entretenus. 

Alors que la géométrie céleste nous tourmente ainsi, l’essentiel est d’utiliser ces énergies avec intelligence, afin de comprendre comment et pourquoi l’on en est arrivé là, en tant qu’individu accroché à sa petite histoire personnelle et en tant qu’organisme s’appelant humanité. Pourquoi nos civilisations produisent-elles des existences où la peur, l’avidité, la méchanceté et toutes nos tendances négatives, ont pris le pas sur la beauté, l’amour, le partage et le sens de l’éternité?  Le héros solaire, la partie de nous-même capable d’affronter la peur, n’est jamais loin de Mars : tout dépend de l’usage que l’on fait de cet astre. Mars nous enseigne à conquérir la bravoure et la non-violence qui entrainent l’action juste, celle qui ne passe pas le mental, c’est-à-dire par la pensée, mais par la perception directe de la vérité. 

En vérité nul ne se transforme soi-même sans l’aide de Mars.

Son exaltation tombe en Capricorne. Pourquoi? N’expliquait-on pas combien son opposition à Saturne, maître de ce signe, est à craindre? La logique interne de l’astrologie l’explique de façon philosophique. La sage Saturne a capacité à assagir Mars, qui cesse d’être belliqueux et brutal pour devenir le guerrier intérieur, celui qui affronte le dragon de la  peur, l’ennemi héréditaire de l’humanité. Celui qui transforme ainsi son agressivité en service et développe le sens chevaleresque, qui consiste a se mettre au service des plus faibles. Dans ce cadre, tout ce mois de juin peut être soumis à une autre grille de lecture : 

- Le trigone de Mars à Neptune et son parallèle à Jupiter ont des connotations héroïques : par la compassion et le sens de la Justice (Jupiter), le guerrier se met au service des plus faibles (Neptune), afin de sauver le monde et de nous sauver de nous mêmes. 
- Son opposition à Saturne décrit la notion de service, ainsi que celle de la renonciation, remède à l’avidité. 
- En ce sens, sa conjonction à Rahu provoque la compréhension de l’attachement, qui est mère de l’anxiété et de l’insatisfaction. 
- Son parallèle à Ketu développe, par le détachement du moi, la non-violence et l’action juste. 
- Son opposition à Pluton aide à affronter la peur, cet ennemi mystérieux qui vit dans le coeur de nos êtres et se nourrit d’avidité, d’attachement et de désirs insatiables. 

Mars est-il dit, est « Celui qui éveille la crainte », ayant ainsi beaucoup à voir avec la peur et la façon de s’en libérer. Ce n’est pas simple, mais comment connaître la liberté tant qu’on en est captif ? Et tant que nous ne sommes pas libres, l’ignorance, l’étroitesse d’esprit et les multiples compensations qui colorent nos vies détruisent le monde. Pourtant, si l’on se laisse guider par l’intelligence, la bataille devient avant tout intérieure et l’on en profite pour se libérer de la crainte : ou tout au moins, pour ne pas la laisser nous tyranniser comme elle le fait depuis la nuit des temps. Voilà la vraie fonction de Mars et tout devient possible lorsqu’elle est comprise, car Neptune en Poissons, installé au trigone du Cancer et au sextile du Capricorne indique comment l’humanité peut gagner cette bataille. Comment, porté par un Mars dédié au service et à l’esprit chevaleresque, Neptune infuse un peu d’amour, d’empathie et de compassion - plutôt que de l’identification et des illusions comme il le fait habituellement - dans la conscience collective.  

Voilà ce que ce mois de juin de tous les dangers doit nous apporter : Mars entre sur le champ de bataille, mais il ne tient qu’à nous qu’il combatte à nos cotés : qu’il nous rende brave et généreux, chevaleresque et non-violent, plutôt qu’avides, insatiables et brutaux. Qu’il fasse de nous des héros.

Cela semblera sans doute idéaliste, mais n’oublions pas alors que les Noeuds lunaires sont de la partie, que nous sommes bien plus que des formes de vie vaguement intelligentes, accrochées à un minuscule caillou perdu dans les immensités cosmiques. L’astrologie nous enseigne que nos existences ont un sens lié à l’intelligence, à l’éternité et à la conquête de l’immortalité. Dans cette quête, Mars est un de nos meilleurs alliés. 

(1) Voir Initiation à la guerre intérieure, un « manuel de combat » qui lui est consacrée.

(2)  « Le héros solaire, appelé de toute éternité à explorer et conquérir les secrets de la vie et de la conscience, plutôt que de mener une existence terne et étroite, soumise à la crainte et à l’ignorance» (Cf. Noël ou la fête du héros solaire).  

(3) L'astrologie et la mécanique de la pensée Mars en aspect tendu à Saturne

(4) Ibid.

(5) Voir Les fêtes à l’ombre de Mars et de Ketu  évoquant nombre d’attentats ou d’évènements violents qui  eurent de graves répercussions, comme NY en septembre 2001, l’assassinat de Sarajevo, ou encore l’invasion nazie de la Russie, en relation avec Mars et les noeuds lunaires.

(6) Le 28 juin Mercure s’éloigne de la zone dangereuse. Cependant, pour cause de rétrogradation le 8 juillet, il reste en contact avec Mars, qui le rattrape et le dépasse, jusqu’au 17 juillet. Puis il revient en Cancer du 19 juillet au 11 août, nous aurons sans doute l’occasion d’en reparler. 

DETAILS DES ASPECTS REMARQUABLES

Juin
- Le 2 : début de l’opposition Mars-Saturne, lui-même en conjonction partile (sur le même degré) à Ketu (moyen)
- Le 4 : début de la conjonction de Mars à Rahu. Début du trigone Mars-Neptune
- Le 7 : début de l’opposition Mars-Pluton
- Le 10 : début de la conjonction Mercure-Mars, de l’opposition Mercure-Saturne 
et du quinconce Mars-Jupiter 
- Le 12 : Mars au parallèle de Jupiter. 
Début de la conjonction Mercure-Rahu et du trigone Mercure-Neptune
- Le 14 : Mars au parallèle de Mercure. Début du quinconce Mercure-Jupiter
- Le 16 : Mars au parallèle des noeuds lunaires. Opposition exacte Mercure-Saturne
- Le 18 : Mars au parallèle de Pluton. Conjonction exacte Mars-Mercure
- Le 19 : Mars au parallèle de Saturne. Fin des quinconces Mars-Jupiter et Mercure-Jupiter. Opposition exacte Mercure-Pluton
- Le 20 : opposition exacte Mars-Pluton
- Le 23 : fin du parallèle Mars-Mercure, fin du trigone Mercure-Neptune
- Le 24 : fin de la conjonction Mars-Rahu
- Le 25 : fin du trigone Mars-Neptune, fin de l’opposition Mercure-Saturne
- Le 28 : fin de l’opposition Mercure-Pluton, fin de l’opposition Mars-Saturne

Juillet
- Le 2 : fin de l’opposition Mars-Pluton. Fin des parallèles Mars-noeuds lunaires et Mars-Jupiter
- Le 4 : fin des parallèles Mars-Saturne et Mars-Pluton
- Le 8 : nouvelle conjonction exacte Mercure-Mars.
- Le 17 : fin de la conjonction Mercure-Mars   

















lundi, avril 29, 2019

Considérations astrologiques sur l'état du monde


Les matinales radiophoniques sont déprimantes. Ce matin outre un billet « humoristique » sur les gens qui se tuent accidentellement en faisant un selfie (!),  il a été question de la sixième extinction de masse, d’un million d’espères (végétales et animales) menacées de disparition selon un rapport de l’ONU et cela ces 10 prochaines années (1). Sans compter les 60% de vertébrés volatilisés en 40 ans (2) et une hécatombe similaire chez les insectes ! Si l’on s’arrête un instant pour y réfléchir vraiment, ces catastrophes environnementales sont terrifiantes, mais les cent milliards de neurones de notre cerveau, cette interface extraordinaire entre l’univers et la conscience, se contentent de traiter l’information avec superficialité. On ne peut pas lui en vouloir, bombardé qu’il est de ces nouvelles apocalyptiques à longueur de journée. Pourtant, n’est-ce pas étrange que cet objet, le plus complexe de l’univers paraît-il, censé assurer notre survie entre autres fonctions, soit devenu le rouleau compresseur de l’auto-destruction? Le narcissisme (retour au selfie déjà cité), le despotisme de la peur et de l’intérêt personnel, la passion du pouvoir, la recherche ininterrompue du plaisir, l’ignorance et la bêtise crasse, la confusion entre la sentimentalité et l’amour, sont en train au pire de nous tuer, au mieux de nous préparer un monde proprement « inhumain ». 

Qu’est-ce que cela a à voir avec l’astrologie? Et bien absolument tout ! Car l’astrologie est un outil inégalé pour ce qui est de creuser les mystères de l’âme humaine, de ses fonctionnements et de ses motivations. Pour éclairer les mécanismes de nos consciences et pas uniquement en s’échinant à savoir si Mars est plus agressif dans tel signe que dans un autre, ou si Vénus m’est aujourd’hui favorable, ou si Saturne n’imposera pas un de ces obstacles dont il a le secret, à mes ambitions sans fin ! 

L’astrologie est d’abord un lien tangible, une communication, un contact réel avec les mystères de l’existence et du vivant. Si elle suggère l’idée que la vie n’est ni un hasard, ni un accident, elle n’impose pas de croyances, bien au contraire, car elle encourage l’esprit à s’interroger, à fouiller, à comprendre. Constituée de géométrie et de sens, elle pénètre et illumine la fabrique même du monde dont nous faisons partie. 

C’est bien de sens dont il est question. L’être humain, ce surdoué des animaux, ne se comprend pas. Il vit dans les ténèbres d’un mental étroit qui transforme l’élan métaphysique en guerre de religions, la politique en domination et en fanatisme, l’économie en pillage, le désir en obsession, l’amour en jalousie, la famille en prison et la nature en supermarché. L’astrologie a capacité à contribuer à régler ces dysfonctionnements meurtriers, en (r)éveillant l’intelligence. Car il est devenu évident que c’est uniquement en changeant la conscience que nous changerons le monde. Qu’il n’y a aucune autre alternative. 

Le 25 avril 2019, 14h33 TU à Paris (conjonction exacte Lune/Saturne à 20°30' du Capricorne. Ketu est à 20°44' et Pluton à 23°09') 

Pour illustrer ces propos, revenons sur cette actuelle triple conjonction en Capricorne - lire Ketu, Pluton et Saturne en Capricorne, une bataille décisive - (3) qui constitue à elle seule l’actualité astrale la plus essentielle du moment, qu’il s’agisse des évènements - voir entre autres  la fusillade de Christchurch - (4) ou de l’inquiétante atmosphère psychique mondiale, raciste, intolérante, froidement indifférente aux injustices sociales. Il s’agit effectivement d’une bataille décisive : les actualités démontrent que le temps des alarmes et des escarmouches est terminé. Les chiffres sont signifiants, la guerre est mondiale, l’extinction de masse se passe maintenant. L’astrologie, qui dresse un tableau très précis des ressorts des mécanismes destructeurs liés à nos comportements, nous aide à reconnaître en nous-mêmes comment nos consciences, manifestement perturbées, sont situées au coeur de ce désastre. Mais elle n’est pas que description : elle porte en elle une philosophie, dans le sens d’un mode de vie idéal associé à la sagesse, capable d’apporter des solutions. 

Être astrologue nécessite sans doute de développer une sensibilité notable à la mécanique astrale. Ne demande-t-on pas à un musicien d’avoir de l’oreille, ou à un peintre une intense perception de la palette des couleurs ? Il est ainsi possible, avec de la vigilance et de l’entraînement, de  « sentir » les mouvements planétaires. Prenons comme exemple ce dernier jeudi 25 avril, une journée spéciale puisque la Lune (considérée ici comme un projecteur) transitait le Capricorne et se joignait à la triple conjonction. Ce fut sans doute, pour la plupart des gens, une journée comme les autres, avec son lot d’actualités, d’activités routinières, de conflits, d’énervements et de distractions. Mais pour un  astrologue (ou tout au moins un adepte de l’art céleste), dont la fonction est d’accompagner en lui-même le sens des forces cosmiques à l’oeuvre, la journée exposait clairement certains des fonctionnements souvent occultés de nos esprits. 

Lorsque la Lune, spécialement apte à éclairer l’intérieur des choses, participe à ce type de configurations particulières, la représentation qu’on en a n’est pas uniquement cérébrale : tout l’organisme (corps, coeur et esprit) se met de la partie. Les instincts, les émotions et les strates profondes de la conscience ressentent le ballet cosmique des forces contradictoires où s’affrontent les pulsions, la puissance et l’intensité des désirs (Pluton), les compulsions violentes et les épreuves inévitables (Ketu), le contrôle, le durcissement et les obstacles (Saturne), sur fond d’anxiétés, d'arrière-pensées obscures et colériques  et d’insatisfactions (Rahu en opposition). 

La Lune avait-on l’impression, si proche de Saturne qu’il y eut une occultation (visible d’Australie du sud), tout en recherchant la sécurité à tout prix, inspirait cependant un profond sérieux, une nécessité d’approfondissement de la nature des craintes ressenties au plus profond de soi et qui mènent malheureusement le monde. Elle tentait de répondre aux obsessions plutoniennes de puissance et de jouissances obscures, nées de la crainte de l’anéantissement, afin d’extraire ce qu’il a de meilleur en cet astre, qui est la force régénératrice, qui naît de la mort et de la renaissance. Sa complète proximité à Ketu inspirait alors l’élévation du détachement qui ouvre les portes des profondeurs abyssales et secrètes qui sous-tendent nos pensées, nos sentiments et nos actions, et nous dirigent au mieux vers la quête de la finalité. 

L’on pouvait, au coeur de ce ressenti, privilégier en soi ces meilleures options : la purification saturnienne, la libération des traumatismes que Pluton provoque, l’approche authentique du sens de la vie qu’inspire Ketu à la collectivité et à l’individu. Et comme l’on ne peut séparer une conjonction, aussi importante soit-elle de toute la structure céleste, il s’agissait d’user simultanément de l’ensemble des configurations en mouvement afin de s’explorer et de se transformer, saisissant ce qu’il y a de plus essentiel peut-être à comprendre, que se changer soi-même c’est changer le monde. 

Ainsi, la pratique astrologique ne se limite pas à étudier, bien plus longtemps qu’on ne le croit généralement, l’alphabet et la géométrie des astres. A repérer les configurations dans les éphémérides et à apprendre par coeur leurs significations. Ni même à savoir les interpréter, ce qui nécessite pourtant beaucoup de patience et de persévérance. L’astrologie est une philosophie de l’exploration intérieure et de la quête de la finalité, une action sur le dedans de soi qui passe par une proximité intime et immédiate avec les fondations psychiques de la vie. Elle nous enseigne que non seulement la Terre est vivante, mais que le système solaire l’est tout autant. Et que l’être humain, dépositaire du psychisme le plus « évolué » que l’on connaisse, a pour mission de faire fleurir l’intelligence, ce qui passe en tout premier lieu par le respect et l’amour de toutes les formes de vie. 



(3) The english version on the C*I*A website : A crucial gathering : Ketu, Saturn and Pluto in Capricorn

(4) In english, in the second part of the above article as : UPDATE EVENTS in  Christchurch NZ

CENTILOQUE

CLIQUEZ SUR LE LIEN pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage publié en 1993 aux Editions Dervy


Extrait :


1- N°5 : caractère et destinée.


« L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère ».


Le mot caractère nous vient du grec « kharaktêr », qui signifie un signe gravé. Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.


Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.


Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, l'espritla sagesse, le pouvoir et l’amour.


Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.


Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.