samedi, décembre 07, 2019

Ketu, Jupiter et Uranus : vers une spiritualité du IIIe millénaire


La géométrie céleste ressemble souvent à un champ de bataille : on a d’ailleurs récemment vu que Saturne (la loi, la règle, le contrôle) se livre toute une année durant à une guerre planétaire avec Pluton (le pulsionnel, le fantasme, l’intérêt personnel) (1). Capables de détruire comme de transformer, ces luttes affectent principalement le psychisme, mais s’il s’agit avant tout d’une guerre intérieure, leurs répercussions affectent tangiblement notre environnement. II en a été beaucoup question ces derniers mois, avec les conjonctions qui se succèdent en Capricorne, bousculant les destinées individuelles et la conscience collective (2).

Cependant, de temps à autre, d’autres configurations également cruciales, mais moins brutales et plus subtiles dans leurs significations, s’intercalent dans les mailles de la géométrie céleste et travaillent les consciences d’une toute autre façon. Elles nous parlent d’intelligence, de spiritualité, de portails normalement difficiles d’accès soudainement entrouverts pendant quelques jours ou quelques semaines : au trigone d’Uranus, la conjonction de Jupiter  et de Ketu est l’une de ces figures dont il faut savoir profiter, car il y est question d’explorations révélatrices des territoires intérieurs et de coups d’oeil illuminateurs pénétrant les strates profondes de la conscience. 

Jupiter et Ketu en conjonction de début décembre 2019 à la fin janvier 2020

Ce dernier 2 décembre Jupiter est entré en Capricorne. Ketu, le noeud lunaire sud, rétrograde dans sa direction. La jonction exacte aura lieu début janvier, mais dès maintenant leurs significations s’interpénètrent. Cette rencontre est à surveiller au dedans de soi : Jupiter favorise l’expansion de la conscience, la philosophie et la compassion et Ketu, le noeud spirituel, entraine vers la simplicité, le détachement et la quête de la « réalité ». 

Inscrite au natal, cette conjonction signifie : « Goût des voyages, de l’aventure et de l’exploration des territoires intérieurs. Orientation naturelle vers la philosophie, le détachement, la justice et la spiritualité. Éloignement des traditions religieuses et des rituels pour une poursuite solitaire et parfois marginale de la vérité. Favorable à condition que la spiritualité soit préférée aux inclinations matérielles et carriéristes….. Possibilité de réalisation spirituelle, de devenir un enseignant et un guérisseur. » (3)

Les promesses sont donc importantes et à condition d’être prêt(e), c’est-à-dire sensible, réceptif, à l’écoute des bruissements du coeur, les possibilités d’expériences transformatrices sont amplifiées. Les méditations à l’état de veille, mais aussi au cours du sommeil, sont denses et révélatrices. 

Uranus au trigone

Très enrichissante pour le psychisme qui s’en trouve singulièrement affûté, cette configuration est renforcée par le trigone que lui adresse Uranus : l’astre de l’éveil et de la liberté nourrit les orientations spirituelles de Jupiter et de Ketu. La symbiose des deux astres et du noeud lunaire offre de grands espoirs : l’éveil, la libération et la révolution des consciences (Uranus) se trouvent facilités par une simplicité intérieure accrue et par le détachement du moi (Ketu), tandis que des opportunités, des rencontres déterminantes et de nouvelles approches philosophiques (Jupiter) favorisent le déroulement de ces processus.

Le bémol

Rien cependant n’est jamais aussi simple. La structure actuelle du ciel reste en place. La conscience collective est tourmentée. Les individus qui ne cèdent pas au matérialisme ambiant recherchent des échappatoires dans un monde d’idéologies et de croyances. Gardons à l’esprit que Jupiter est lié aux religions organisées, aux hiérarchies religieuses, aux dogmes et aux rituels. Que Ketu marque la compulsion et l’avidité, même si celle-ci est spirituelle. Qu’Uranus, le « je sais tout » des astres, fait souvent preuve d’autoritarisme, quand ça n’est pas de radicalité et de fanatisme. Dans un contexte d’interdits et de transgressions (Saturne-Pluton), ces complexités renforcent les sectarismes. Les professionnels de la vie intérieure et de la divinité (prêtres, imams, gourous en tout genre) ont le vent en poupe et les morales traditionnelles ou fabriquées, c’est-à-dire déconnectées de l’intelligence au quotidien, cherchent à s’imposer. On se méfiera ainsi de ces mouvements collectifs qui mêlent croyances, foi, tradition, morale, obéissance à d’anciennes autorités, dogmes et ainsi de suite.

La spiritualité du IIIe millénaire

Malgré ces obstacles sur les chemins de la vérité, la rencontre de Jupiter et de Ketu au trigone d’Uranus est véritablement propice, ne serait-ce que parce qu’elle porte en elle-même les éléments majeurs de la spiritualité naissante du IIIe millénaire. 

Elle évoque pleinement la sérénité qui naît du détachement du moi (Ketu), nous rapprochant de ce noyau d’intériorité inaltérable propre à chacun. Ce détachement se réalise naturellement grâce à la compréhension de l’attachement (4) générée par Uranus (l’éveil de l’intelligence). Une compréhension qui nécessite une expansion de la conscience (Jupiter), indépendante du passé, des maîtres à penser ou des traditions, c’est-à-dire provoquée par une poursuite libre, personnelle (Uranus) et parfois marginale (Ketu) de la vérité (Jupiter).

Cette configuration nous indique ainsi vers où nous sommes censés nous diriger. Nous parlons de favoriser l’émergence d’un nouveau paradigme spirituel, d’un essor de la conscience crucial à la transformation des individus et du monde. Il s’agit d’une nécessaire révolution intérieure dont les mots-clef sont intelligence et liberté (Uranus), justice et compassion (Jupiter), simplicité et détachement (Ketu).  

L’éclipse du 26 décembre 2019 : l’épicentre de la configuration

Nouvelle Lune du jeudi 26 décembre 2019 à 6H13 AM (calculé pour Paris, France)

L’épicentre de cette configuration a lieu le 26 décembre 2019, une date qui marque la géométrie céleste d’une façon particulière : il s’agit d’une nouvelle Lune avec éclipse solaire à 4°06 du Capricorne, conjointe à Jupiter à 5°20 et à Ketu à 8°32 du même signe, avec Uranus à 2°45 du Taureau au trigone de ce stellium. 

La faveur des astres dépend beaucoup de la façon dont nous les abordons. Riche de sens, la figure est propice, uniquement à condition d’en user dans le cadre de la transformation de nos consciences. (5) Si c’est le cas, l’épanouissement philosophique et spirituel, un processus qui devrait être au coeur de nos préoccupations, est favorisé. 

Le Capricorne, signe d’édification et de cristallisation des énergies est à l’honneur, recevant les deux luminaires, Ketu, Jupiter, Pluton et bien entendu Saturne qui en est le maître. Le « sérieux saturnien » est ainsi nécessaire à cette période. Cela ne signifie pas la négation des joies et des plaisirs, mais plutôt un esprit qui s’interroge et explore patiemment les profondeurs insondables de l’existence.

Cette éclipse a ses dangers : à moins d’être compris, Saturne et Pluton épaississent le moi individuel et la conscience collective par le désir et le contrôle du désir, par l’égoïsme et la poursuite de l’intérêt personnel. Les luminaires étant éclipsés, l’absence de lumière permet à nombre d’obscurités de se fixer sur nos consciences et parfois de se matérialiser en évènements difficiles, collectifs ou individuels dans les mois qui suivent.

Ces dangers pourtant ne menacent que si les orientations fondamentales restent captives du matérialisme. Sinon, soutenus par Uranus, Jupiter et Ketu conjoints aux luminaires soulignent un moment spécial capable d’illuminer nos consciences (6). Cela à condition que nous soyons prêt(e)s à nous détourner de nos aveuglements. Que nous n’offrions plus la place de choix à la recherche d’une sécurité inexistante. Que nous percevions que l’existence toute entière n’est ni hasard ou accident mais bien une aventure, c’est-à-dire une quête. 

Remarquons que Mercure (le comment penser), à 25° du signe philosophique du Sagittaire est très proche de la nouvelle Lune et adresse un parallèle de déclinaison au Soleil, aux noeuds lunaires et à Jupiter : la structure mentale est prête à être ordonnée et changée chez celles et ceux qui percevront ces énergies. 

Ajoutons que le carré d’Uranus à Vénus ainsi que son demi-carré à Neptune bouscule les sentiments et les émotions, offrant à l’intelligence la faculté de transformer la sentimentalité en amour, un pré-requis pour l’épanouissement de la conscience. Ajoutons enfin Mars en Scorpion (le guerrier intérieur), au sextile de Saturne et de Pluton, eux-mêmes au sextile de Neptune dans les Poissons (l’empathie et la conscience collective) : Mars favorise ainsi la conscience héroïque, c’est-à-dire la capacité vitale à affronter la peur dans le cadre d’une nécessaire transmutation.

Pour terminer

Envisageons et ressentons l’ensemble de cette configuration qui s’étend sur deux mois, comme un moment particulièrement propice à la révolution de la conscience : certes nombre de nos soucis, de nos préoccupations, de nos tourments parfois ne se dissoudront pas du jour au lendemain pour autant (quoique?), mais profitons au mieux de cette possibilité d’agir de l’intérieur pour rectifier nos vies, pour nous rapprocher sérieusement de la vérité et nous atteler à la guérison du monde que nous offre cet épisode très spécial de la géométrie céleste.  





(4) Cela est d’autant plus vrai que Jupiter reste jusqu’à la mi-février 2020 au parallèle de déclinaison de Rahu, le noeud lunaire nord, augmentant ainsi le désir de sensations et d’expériences qui nourrissent en retour l’attachement au moi et l’insatisfaction.

(5) Les éclipses ne sont jamais vraiment favorables : les luminaires sont plongés dans l’obscurité, la lumière se fige et des cristallisations mentales prennent forme. Celles-ci sont capables par la suite de se matérialiser sous forme d’évènements parfois difficiles, car liés à des anxiétés, des colères, des attachements et des insatisfactions. 

(6) Ce moment spécial est lié aux deux mois de la configuration Jupiter/Ketu/Uranus, mais aussi, de façon peut-être plus intense, aux quelques jours qui précèdent l’éclipse ainsi qu’au jours suivants. 
Pourquoi inclure les jours précédents? On a l’habitude de considérer le temps comme un mouvement directionnel à sens unique (la flèche du temps), ce qui correspond à notre expérience quotidienne. Mais la philosophie comme la science s’interrogent sur sa nature mystérieuse : serait-il un produit de nos cerveaux? La notion de rétro-causalité (ou de causalité inversée) c’est-à-dire d’un effet précédant la cause est ainsi envisagée. Une éclipse, ou tout autre évènement astrologique majeur, gagne à être perçue en ce sens : il s’agit d’un moment spécial posé sur la ligne du temps, qui déploierait certaines de ses tendances psycho-émotives, mais également ses effets événementiels, autant dans son passé proche que dans son futur. On pourrait parler ainsi d’un orbe des significations, non pas en terme de longitude zodiacale, mais s’étendant dans la sphère temporelle autant passée que future.  


samedi, novembre 09, 2019

Saturne et Pluton en conjonction, la possible transmutation


Dans leurs rondes inlassables les astres s’organisent des rendez-vous. Certaines de leurs rencontres revêtent une importance spéciale parce qu’elles mettent en cause des planètes lentes qui ne se croisent pas tous les jours. Les significations qui en jaillissent sont alors essentielles à saisir, car l’astrologie consiste avant tout à accorder du sens à la géométrie du ciel. Saturne et Pluton se rejoignent tous les 36 ans environ :  quoique que restés assez proches depuis ce printemps 2019, la rétrogradation de Saturne les avaient un peu écartés. Les voilà unis à nouveau et bien qu’ils s’éloigneront parfois de 7° au cours de l’année prochaine, on peut considérer qu’ils ne se quitteront plus avant la fin décembre 2020.(1)

 L’importance du psychisme

Tout au long de cette rencontre les forces psychiques représentées par les deux astres se mêlent et souvent s’affrontent dans l’esprit de chaque être humain, affectant ainsi la conscience collective. C’est là l’essentiel car il semble que nos tendances psycho-émotives, nos pulsions, nos désirs, notre avidité ou encore notre affectif sous toutes ses formes tendent à se matérialiser en événements : Krishnamurti a défini ce phénomène en observant que : « La guerre est la projection spectaculaire et sanglante de notre vie quotidienne. Elle n’est que l’expression de nos états intérieurs, un élargissement de nos actions habituelles ». L’on remplacera facilement ‘guerre’ par destruction de l’environnement, brutalités permanentes et ainsi de suite.

Voilà en quoi tient l’importance de cette conjonction : elle a sans doute capacité à nous changer en bien, mais peut aussi nous enfoncer plus encore dans les marécages dans lesquelles nous pataugeons. Cela dépend en grande partie de l’application de notre intelligence à comprendre les mécanismes à l’oeuvre. Soit Saturne et Pluton se combattent avec grand dommage pour la conscience collective et pour le monde, soit ils s’allient, permettant de bâtir un monde meilleur. 

Comprenons bien que l’essentiel se passe à l’intérieur de nos consciences: il revient à chacune et à chacun d’entre nous de voir, de sentir, d’observer et si possible de comprendre, c’est-à-dire si nous désirons vraiment changer le monde.  

La diabolisation

Les deux astres sont souvent diabolisés. Pour Saturne - la Grande Maléfique -  cela ne date pas d’hier. Et si notre vision de l’astre du temps s’est un peu améliorée, nous l’associons encore aux obstacles, à l’isolement et à la misère, à l’adversité, à la mauvaise santé, à la peur, à la sévérité, aux interdits, au contrôle, à la suppression et à la sécheresse de coeur. 

Pluton (2) fut découvert en 1930, au cours de cette période assombrie par la crise de 29, l’ascension du nationalisme et du militarisme, le triomphe du fascisme, du nazisme et du stalinisme. On comprit qu’il était lié à l’hérédité - et ainsi au racisme et à l’eugénisme - au pouvoir et à la manipulation, aux maffias diverses, à la sexualité vénale, obscure et fantasmée, à la poursuite insatiable de l’intensité des sensations, à la fascination et à la crainte de la mort. 

L’affrontement : transgressions et interdits

Pluton corrompt tous les astres en encourageant la suprématie de l’intérêt personnel dans tous les domaines. Il représente ces arrière-pensées rusées,  intéressées et amorales qui noircissent les plus belles initiatives. Saturne contracte et durcit par la peur, le contrôle, la suppression, l’enlisement dans les traditions, les contraintes et les habitudes. S’il y a guerre planétaire leurs tendances respectives tourmentent simultanément les strates profondes de nos consciences. Pluton corrompt Saturne par le biais des lois, de la morale et des interdits utilisés en tant qu’instruments de domination. Les rigidités mentales (Saturne) font obstacle à la transformation (Pluton). L’attachements au passé (Saturne) sert à la manipulation de l’esprit (Pluton). Les soubresauts pulsionnels (Pluton) se heurtent à des résistances sociales ou morales (Saturne), engendrant transgressions (Pluton) et interdits (Saturne). « …. La discipline s’oppose à la tentation, la morale à la pulsion, l’éducation à l’instinct, l’obéissance à la sauvagerie, la volonté à l’obsession, le désir à la renonciation. Les traumatismes, la honte et la culpabilité tendent à se figer. L’autodestruction se déploie lentement. Haine de soi, morbidité et masochisme sont fréquents… Les fantasmes nourrissent les obsessions et la culpabilité … » (3)

Si l’essentiel de ces tensions se traduisent par des fantasmes plus ou moins contrôlés, des résistances et des dissimulations, le psychisme collectif écartelé menace de matérialiser des actes destructeurs. 

L’alchimiste et le sage : Saturne et Pluton considérés favorablement

Pluton transforme et régénère : la mort conduit à renaître et à reconstruire. Pluton est l’alchimiste en quête de transmutation qui est bien plus qu’une transformation. Elle évoque, à partir de ce qui était matière grossière, l’apparition de la pureté, de la lumière et de l’innocence. Sans le sage Saturne, rien n’est possible, ni patience ou détermination, persévérance ou force mentale, discipline ou structuration. Sans Saturne la sérénité, c’est-à-dire la paix du coeur, n’est jamais expérimentée. Même si cela se passe souvent dans l’épreuve, la purification saturnienne permet à chaque astre de donner le meilleur de lui-même : il débarrasse Mercure de la superficialité par exemple ou Neptune de ses illusions.

Saturne doit assagir Pluton, le réguler sans pour autant lui couper les ailes. Il est surtout censé, par une sagesse qu’il nous faut conquérir, faire obstacle à la toute puissance de l’intérêt personnel. Pluton de son coté doit bousculer Saturne qui sclérose, fige et étouffe le mouvement de la vie et empêche ainsi la transformation profonde. Saturne est en charge de la réflexion : il représente ce moi intelligent, méditatif, appliqué, associé à la beauté de la simplicité sans laquelle il n’y a pas de liberté. Celle-ci implique une discipline vécue sans conflit, sans heurts : on cesse de polluer, de dominer, de détruire par intelligence, par une perception sensible de l’environnement, par un souci naturel qui n’est lié à aucune contrainte. Le rôle de Pluton est de se charger de la peur : de l’approcher dans sa substance, dans sa chair, puisque c’est elle qui corrompt la façon dont nos instincts sont perçus et vécus. C’est elle qui nous éloigne du monde et nous fait le détruire. C’est elle qui nous sépare des autres et crée notre univers de violences. 

Se manifestant sur la même ligne d’action et de réflexion, Saturne et Pluton doivent répondre à ces interrogations : comment transmuter la peur, c’est-à-dire cesser de la fuir et la comprendre dans son essence ? (4) Comment vivre la liberté sans permissivité ? Comment se débarrasser de la crainte des châtiments (Saturne) et oublier le pouvoir et la domination (Pluton) ? Comment vivre l’intensité (Pluton) dans la simplicité (Saturne) ? 

Saturne et de Pluton apportent des réponses tangibles, applicables, à ces questions pour peu que nous acceptions de vraiment y réfléchir. L’alchimiste et le sage unissant leurs efforts pourraient offrir une énorme chance à la Terre et à l’ensemble de ses enfants : nous parlons de transformations durables dans la structure du psychisme, de changements qui ne soient pas dus à ruse ou à la peur mais bien à la sagesse, à la réflexion, à une perception profonde qui soit à la fois instinctive (la nécessité de la survie) et hautement réfléchie. 

Au final

L’on sait et nous en reparlerons bientôt, qu’au printemps 2020 Jupiter rejoindra Saturne et Pluton. Il fera peut-être, espérons-le, pencher la balance du bon coté en favorisant l’expansion de la conscience, la philosophie, l’ouverture vers les autres et une spiritualité renouvelée, puisque c’est bien de cela dont il est question. Le monde ne changera pas sans que l’être humain ne retrouve un vrai sens à sa vie: pas dans une croyance ou une religion quelconque, mais dans l’exploration de son être et des mystères au sein desquels il évolue. 

Saturne et Pluton nous invitent à mourir (à nos peurs et à nos obsessions) et à renaître, afin d’éviter une catastrophe qui s’annonce à grand bruit. Cela se passe maintenant, dans le coeur et la conscience de chacun(e) d’entre nous. Cela nécessite d’appliquer notre intelligence à la compréhension de nos natures instinctives souvent destructrices (Pluton) et à la libération de nos craintes et de nos enlisements (Saturne). Il n’est plus temps de tergiverser. Il est certes question d’édifier (Saturne) et de transformer après avoir détruit (Pluton), comme nous reconstruisons nos cités après les batailles et les bombardements. Mais réalisons que ce n’est pas si simple : les plantes, les animaux, les océans, les forêts et les rivières, de même que les vies et les destinées ne se reconstruisent pas.  


Analyse de la conjonction 

Quelques remarques pour terminer à propos du thème du 12 janvier à 17h34 (HL Paris), alors que Saturne et Pluton sont en conjonction exacte à 22°46’ du Capricorne. 

- Le Capricorne qui reçoit Ketu, Jupiter, le Soleil, Mercure, Saturne et Pluton (!) donne théoriquement l’avantage à Saturne maître de ce signe travailleur, rigoureux, ancré dans le réel. Il est cependant également ambitieux et pas toujours à même d’examiner ses motivations émotionnelles. La grande importance qu’il accorde à la réussite est son talon d’Achille que la corruption plutonienne toujours en éveil a capacité à utiliser. 
- Conjoint à Saturne et à Pluton, le Soleil (les orientations fondamentales) met en lumière tout ce qui précède: la possibilité de mourir et de renaître est présente, mais aussi celle de tergiverser, de s’emprisonner dans le passé, de chercher le pouvoir et de voir ainsi les idéaux corrompus par les intérêts personnels. 
- Egalement conjoint à ces astres Mercure indique que les idées profondes et créatives ne manquent pas. La mètis Grecque (la ruse de l’intelligence qui se rapporte à Mercure-Pluton et qui s’associe à la survie) peut être d’actualité, à condition de reconnaître sérieusement les motivations profondes à la source de nos actions, même lorsqu’elles semblent à priori orientées vers le bien de la collectivité. La conjonction Saturne-Mercure fait ici peser la menace de mauvais choix et de communications bloquées par manque de cette lucidité. A chacun donc de s’interroger.
- Le demi-carré de Mars au stellium Soleil/Mercure/Saturne/Pluton évoque des révoltes contre les autorités, des discours incendiaires et possiblement haineux, des violences impulsives, des blocages et des frustrations, des circonstances adverses, de l’autodestruction. On sait que Mars le guerrier doit se transformer en serviteur, seul moyen de canaliser une violence latente. Le message ici est que la non-violence est indispensable. 
- Neptune, au sextile du stellium souligne combien la conscience collective est puissamment affectée pendant toute la durée de la conjonction (jusqu’à la fin décembre 2020), autant consciemment qu’inconsciemment : il reçoit  un demi-carré d’Uranus (la révolution des consciences) et un quinconce partile (très exact) de la Lune, liée à la façon de penser et aux préoccupations mentales des diverses populations du globe. 
- Les noeuds lunaires sont au parallèle de déclinaison de Mercure et de Jupiter, alors que ce dernier est conjoint à Ketu : l’information, les échanges, l’étude, la conscience des injustices, le cosmopolitisme, la philosophie, l’exploration intérieure, la compréhension de l’attachement, de la peur et de l’insatisfaction favorisent la transformation de la conscience collective, avec des épreuves ou de possibles bouleversements qui accélèrent ce processus.
- Uranus au trigone de Jupiter va également dans ce sens d’autant que sa présence dans le Taureau nourrit la conscience écologique (5). Son sextile à Vénus en relation mutuelle évoque une nécessité d’esthétique, d’amour et de liberté. 



(1) Il  en a déjà été un peu question alors que Ketu, le noeud sud de la Lune était de la partie : Lire Ketu, Pluton et Saturne en Capricorne : une bataille décisive Cet article est également disponible en anglais sur le site de la C*I*A : A crucial gathering, Ketu, Saturn and Pluto in Capricorn 
Un prochain article sera consacré à Jupiter qui joindra à son tour Saturne et Pluton dans quelques mois, rendant l’année 2020 bien spéciale. 

(2) Rétrogradé au rang de planète naine à cause de sa petite taille, Pluton n’est pas un vulgaire caillou : « Les résultats de la mission New Horizons ont complètement bouleversé les connaissances sur Pluton et ses satellites. De très nombreuses données ont démontré que Pluton, contrairement aux hypothèses courantes, était resté très actif sur le plan géologique. La planète naine présente un éventail particulièrement riche de phénomènes atmosphériques et de formations géologiques, qui rivalisent par leur diversité avec la planète Mars » New Horizons/Wikipédia

(3) L’astrologie et la mécanique de la pensée - Saturne et Pluton en aspect tendus. Bernard Duchatelle

(4) Objet de Initiation à la guerre intérieure Bernard Duchatelle 


vendredi, octobre 11, 2019

Platon était-il astrologue ?


Voici un titre provocateur à dessein : après tout Platon, porte-parole de Socrate, encensé ou critiqué de mille manières depuis plus de 23 siècles, le fut rarement - ou pas du tout - pour son penchant pour l’astrologie. Pourtant n’est-ce pas ce philosophe, dont on dit que tous les autres n’ont fait qu’ajouter des notes au bas des pages de ses ouvrages (1) qui s’exclame dans le Timée : 

« Dieu a inventé et nous a donné la vue, afin qu’en contemplant les révolutions de l’intelligence dans le ciel, nous les appliquions aux révolutions de notre propre pensée, qui, bien que désordonnées, sont parentes des révolutions imperturbables du ciel, et qu’après avoir étudié à fond ces mouvements célestes et participé à la rectitude naturelle des raisonnements, nous puissions, en imitant les mouvements absolument invariables de la divinité, stabiliser les nôtres, qui sont sujets à l’aberration.» (2)  

Un texte à lire et relire afin d’en extraire la moelle pleine de sens : même un astrologue peinerait à mieux définir la relation qu’entretiennent nos esprits avec la géométrie céleste, mais n’est pas Platon qui veut. 

Le philosophe bénéficia sans doute des retombées encore brûlantes de cette rencontre astrale fondatrice, décrite dans L’age axial et la conjonction Uranus, Neptune et Pluton, qui eut lieu environ 150 ans avant sa naissance et qui marque une des culminations suprême de la pensée : n’ayant lieu qu’une fois tous les 3950 ans environ, elle a engendré Lao Tseu et le Bouddha, Mahavira (le fondateur du Jaïnisme) et Pythagore (un des grands inspirateurs de Platon), les perles de la littérature sacrée que sont les Upanishads rédigés à cette époque, sans compter les destinées d’un grand nombre d’hommes et de femmes à travers le monde dont l’histoire n’a malheureusement pas gardé le nom. 

Pourquoi soulever la question?  Quelle importance pour le monde que Platon ait entretenu plus qu’un penchant pour l’astrologie ? 

L’une des raisons semblera peut-être superficielle, puisqu’elle concerne principalement la défense de l’astrologie. Il est bon que ceux qui la considèrent comme un rêve de demeurés, sachent que Platon l’appréciait à sa juste valeur. On s’attend forcément à ce qu’ils répondent que son intelligence hors pair ne l’empêcha pas d’être captif des présupposés de son époque : ne reçoit-on pas la même réponse à propos de Kepler, qui montait des horoscopes et inventa de nouveaux aspects signifiants entre les astres, tout en étant l’un des plus grands savants de son temps?  

Et si, en vérité, Platon n’était prisonnier de rien? Et s’il participa avec certains des esprits les plus brillants de son époque, tel son disciple le mathématicien Eudoxe de Cnide, à la fondation même de l’astrologie Hellénistique, appelée à devenir notre astrologie occidentale et qui essaima chez les Perses, les Arabes, les Juifs et même chez les Indiens? Car il semble bien, et je me fonde ici sur les travaux du regretté Robert Schmidt (3), que l’astrologie Hellénistique fut sciemment conceptualisée et modélisée à partir de la rencontre féconde des courants mystiques Babyloniens, Perses et Egyptiens d’avec la philosophie Grecque. 

Poussant plus loin ce raisonnement, il n’est pas impossible que certaines hypothèses dont débattent les spécialistes (4)  selon lesquelles Platon transmettait oralement un enseignement ésotérique soit vraies. Et si cet enseignement est impossible à connaître, on peut tout au moins imaginer qu’il avait quelques rapports avec l’astrologie, en tant qu’approche cosmogonique, quête du sens de la vie et en définitive instrument de transformation de la conscience. 

C’est pourquoi, une autre raison bien plus vitale de parler de Platon et de ses supposées relations à l’astrologie est que si le monde va mal, c’est parce que la nécessité de la quête du sens de la vie, lorsqu’elle ne s’est pas diluée dans les croyances héréditaires, s’est fortement étiolée, voire a presque complètement disparue. Ou pour l’exprimer autrement parce que pour la majorité d’entre nous, la vie n’a plus de signification profonde, sinon survivre en souffrant le moins possible tout en raflant un maximum de gratifications au passage, avant de vieillir dans l’amertume d’avoir manqué l’essentiel et de se demander ce qui s’est passé juste un peu trop tard. 

L’astrologie possède ainsi des racines philosophiques anciennes et profondes. Que des génies tels que Platon ou Pythagore non seulement la prenaient au sérieux, mais participèrent à son élaboration, nous prouve qu’elle a capacité à éclairer nos consciences. L’astrologie est une école de sagesse qui, à notre époque marquée par une autodestruction virulente, nous enseigne qu’en levant la tête vers ces mêmes étoiles que contemplaient les anciens Grecs et en définitive tous les peuples de la terre, il y a encore moyen d’y trouver des réponses à nos questions : ces réponses sont intérieures et elles seules sont capables de changer nos consciences et ainsi, de changer le monde avant qu’il ne soit trop tard.         

Ce texte est dédié à André Barbault disparu il y a quelques jours à l’âge de 98 ans. Dans les années 70, son célèbre « Traité d’astrologie pratique » m’a ouvert les portes de l’astrologie, comme ce fut le cas pour de nombreux futurs passionnés. Je me souviens encore de la fièvre qui m’a saisi alors que sous sa plume se dessinait, page après page, cet univers magique et extraordinairement riche de sens que je n’ai jamais cessé d’explorer depuis. Merci et bon voyage monsieur Barbault.  


(1) « Procès et réalité : Essai de cosmologie » est une œuvre du philosophe et mathématicien britannique Alfred North Whitehead, célèbre pour une citation, très souvent reprise — voire simplifiée —, qui est : « La plus sûre caractérisation de la tradition philosophique européenne est qu’elle consiste en une série de notes au bas des pages de Platon ».  (Wikipédia)

(2) Traduction de Emile Aubry

(3) Robert Schmidt, disparu en décembre 2018 fut l’un des membres fondateurs du Projet Hindsight. Mathématicien, astrologue érudit, il traduisit de nombreux manuscripts à partir du Grec ancien.

(4) Il est question d’enseignements oraux de Platon défendus par l’école de Tübingen : « À partir de 1959, deux professeurs de Tübingen, K. Gaiser et H. J. Krämer, vont beaucoup plus loin : les Dialogues, destinées au grand public, constitueraient « le plus bas degré du travail de formation de l'Académie ». Dès la fondation de son école, Platon aurait mené parallèlement une activité protreptique et exotérique dans ses Dialogues, et un enseignement oral ésotérique et systématique ». Platon - Encyclopédie Universalis - Article de Monique Dixsaut


dimanche, septembre 01, 2019

Jair Bolsonaro ou pourquoi l'Amazonie brûle-t-elle?


L’astrologie qui a de nombreuses cordes à son arc révèle avec précision les motivations psychologiques et émotives des individus : quelles influences sous-tendent nos choix, nos décisions et dessinent ainsi nos destinées? Et si ces considérations n’ont qu’une portée restreinte pour la plupart d’entre nous - malgré l’effet papillon à ne jamais sous-estimer - qu’en est-il des personnages publics et puissants, dont les paroles et les actes se répercutent sur le bien-être de la planète entière?

Intéressons-nous ainsi à Jair Bolsonaro, actuel chef de l’Etat Brésilien, qui semble collectionner les orientations problématiques : machiste grossier et homophobe virulent, climatosceptique, admirateur de Donald Trump, soutien des industries agroalimentaires directement responsables des terribles incendies qui ravagent l’Amazonie, difficile de faire mieux. Comment son thème natal illustre-t-il l’ensemble de ces caractéristiques? Et quelles leçons pouvons-nous en tirer ?

Jair Bolsonaro né le 21 mars 1955 à Glicério (Sao Paulo) Brésil à 14h45

L’ascendant

Particulièrement marqué, l’ascendant qui représente l’essentiel du comportement nous offre une entrée privilégiée dans les complexités de ce thème.  

- En Cancer et ainsi dépendant principalement de la Lune, Uranus (autoritarisme et radicalité) lui est exactement conjoint : si cette situation angulaire fait parfois les vrais révolutionnaires de la pensée, elle décrit aussi les dictateurs (sociaux, familiaux, politiques) totalement persuadés d’avoir raison et n’hésitant pas à imposer leurs idées à la collectivité qui les entoure (1).  

- Situé à 4° d’Uranus et de l’AS, Jupiter en exaltation amplifie ce comportement uranien tout en offrant de l’expansion au moi. Cette situation est loin d’être défavorable, car elle offre de la chance et des opportunités. Elle montre aussi un certain sens de la justice et de la droiture, quoique doublé d’une rigidité mentale et morale : Jupiter est l’astre du jugement, qui tend ici à se radicaliser par le biais d’Uranus en conjonction. Jupiter souffre cependant d’un parallèle de déclinaison à Pluton qui le corrompt: « Le roi du ciel » est assombri, perdant sa droiture au profit de la recherche de l’intérêt personnel.  

- Neptune au carré de l’AS, d’Uranus et de Jupiter trouble sérieusement les cartes, faisant intervenir la confusion émotive et un fort principe d’identification (2). Le populisme prend ici ses racines, car cet astre permet à Jair Bolsonaro de représenter « l’homme de la rue », lequel s’identifie facilement à ses discours et à ses convictions. Cette situation neptunienne décrit une personnalité structurée autour de la croyance et de l’identification à des courants de pensée et à des conditionnement (la religion, les racines européennes blanches, le mâle dominateur, nombre de valeurs culturelles fondées sur l’émotion plutôt que sur la raison). Son carré à l’AS génère une double nature qui s’exprime par une sinuosité du comportement, des mensonges, des dissimulations et des travestissements de la vérité, de la sentimentalité et une forte dose d’illusion envers lui-même. Amplifié par Jupiter à son carré, Neptune déclenche enfin des comportements outranciers et scandaleux. 

- Saturne au trigone de l’AS, de Jupiter et d’Uranus apporte cependant de la constance, de la discipline, de la détermination et de la persévérance, expliquant son arrivée au pouvoir et cette sorte de confiance qu’il réussit à inspirer à son électorat malgré ses nombreux débordements : il offre en définitive une sorte de garant de respectabilité, de responsabilité et de sérieux qui cache les travers décrits ci-dessus. Il permet de garder le cap, quel qu’il soit, contre vents et marées, affaiblissant les possibilités de changement comportemental pourtant présentes grâce à Uranus.

La Lune maîtresse de l’ascendant 

Ce comportement complexe et contradictoire s’explique spécifiquement par les caractéristiques de la Lune.

- Sa situation en Verseau indique un mental à la fois uranien et saturnien, cherchant le changement (Uranus au lever) dans les racines (Saturne en IV) et le retour nostalgique vers le passé (maîtresse de l’AS Cancer). 

- Sa conjonction à Mercure montre un intellect vif et délié, mais facilement désordonné parce que troublé par les mémoires personnelles.

- Son opposition à Pluton indique des préoccupations mentales intenses et obsessionnelles, tourmentées entre autres par la mort (une Lune « plutonienne » en VIII possède  une certaine morbidité), la sexualité, l’hérédité, la quête des sensations et le pouvoir.

- Sa conjonction à Vénus souligne la recherche du plaisir imbibée d’une obsession de la sensualité (Vénus et la Lune opposées à Pluton) 

- Son carré à Saturne indique des craintes nées d’insécurités vécues pendant l’enfance. La peur est un élément essentiel de la personnalité de Jair Bolsonaro. L’enfance pauvre a laissé des traces qu’il faut recouvrir par le pouvoir et la domination (Uranus et Pluton), la dureté mentale (Saturne/Lune), la recherche du plaisir (Lune/Vénus), le mensonge et l’illusion envers soi-même (Neptune/AS). Dans ce cadre précis, Saturne au carré de Pluton (aspect collectif rendu très personnel par la Lune et Vénus) indique un esprit troublé par les interdits (Saturne) et les transgressions (Pluton). 

Vénus

Conjointe à la Lune maîtresse de l’AS, Vénus est l’élément clef du comportement. 

- De même que la Lune, elle s’oppose à Pluton et dessine un carré à Saturne, une combinaison troublant sérieusement le comportement affectif (Vénus/Lune). L’obsession sexuelle et les transgressions (Pluton), la malchance et les interdits (Saturne), l’association de la sensualité (Vénus) et du pouvoir (Pluton) se construisent sur la crainte de ne pas être aimé et un désir exaspéré d’être aimé. 

- Vénus constitue la pointe d’un carré en T entre Mars (le désir, la passion, le conflit) et Saturne (la dureté, la froideur, l’obstacle), s’insérant entre les deux astres dont l’opposition mutuelle parle de circonstances adverses, de brutalité et de frustrations. 

- Son quinconce à Jupiter offre de belles opportunités, mais la joie d’aimer (Jupiter/Vénus) est battue en brèche par le désir (Mars/Vénus), l’obsession (Pluton/Vénus) et une vraie difficulté à réchauffer le coeur (Vénus/Saturne):  confondu avec le désir (Mars), l’amour (Vénus) tend à se muer en froideur et en indifférence. 

Le Soleil, les Noeuds lunaires,  Mars et Pluton

- Le Soleil en Bélier, dans le signe de Mars le guerrier (Bolsonaro est d’abord militaire de carrière) est au demi-carré de cet astre : l’aspect révèle la pugnacité du combattant, la lutte ambitieuse pour la réussite (Mars en X), l’agressivité, le conflit contre le père et la révolte initiale contre les autorités.

- Mars en X (l’ascension sociale, la carrière) s’oppose à Saturne en IX (besoin d’enracinement psychologique). L’aspect parle de danger, de blocages, de frustrations. La réussite est lente et difficile et la brutalité facilement employée. 

- Au carré exact des noeuds lunaires le Soleil quoique situé au trigone de l’ascendant (noblesse, enthousiasme, idéalisme, générosité) est assombri  : 
- «  …. possiblement entachée d’un secret ou d’un bouleversement, la relation au père est insatisfaisante. ….. Les autorités et les traditions sont respectées malgré la colère ou des arrière-pensées les concernant. Volontaire et responsable, ambitieux et courant après la reconnaissance, le moi fait preuve de talents et de capacités et attire responsabilité et succès. La brillance extérieure dissimule une part obscure. La volonté de droiture et la noblesse solaire sont ternies par des secrets et des dissimulations. ….. Danger de disgrâce ou de chute ». (3)
- « … Au pire la volonté affaiblie laisse libre cours à des compulsions qui ternissent la droiture et la noblesse solaire avec des conséquences négatives sur la réputation et l’estime de soi ».(4) 

- Pluton, décisif dans ses liens avec la Lune, Vénus, Jupiter, Saturne et Neptune, naturellement associé aux puissances financières et au sensations liées au pouvoir, est particulièrement obscurci par un parallèle de déclinaison aux noeuds lunaires. Morceaux choisis :
- « La soif d’expériences et de jouissances matérielles est favorisée, mais jamais étanchée et cause d’insatisfaction. …. Fréquentations nocives ou dangereuses, désir de réussite exigeant, goût du secret et de l’exercice de la domination, attachement à l’intensité du vécu. ….. Amplification du pouvoir, des craintes et des obsessions. Psychologiquement, spirituellement ou tangiblement, la mort que l’on désire contrôler joue un rôle important dans la destinée ». (5)
- «  … compulsions vers la puissance, l’enrichissement, l’obscurité, la domination. Associations opaques. … La jalousie, la frustration, la crainte, l’autodestruction, la haine de soi tourmentent le moi. …. . (6)

Retour aux motivations

Ce survol rapide du thème de Bolsonaro souligne des préoccupations mentales (la Lune) troublées par des insécurités liées au passé. Particulièrement tourmenté, l’affectif (Vénus pour une grande part) influe directement sur les choix, les orientations et les décisions. 
Vénus maîtrise d’ailleurs le Milieu du Ciel (l’ambition, l’ascension sociale), où Mars culminant (le guerrier), à son carré et opposé à Saturne, s’exprime dans la contraction et la dureté. 
La peur influe puissamment sur le thème.  Les ambitions, l’autoritarisme, les mensonges et les illusions, la perte de la noblesse solaire en sont des conséquences directes.

Qu’on ne croit pas pour autant que les dès étaient jetés dès la naissance : Bolsonaro n’est qu’un être humain comme les autres, victimes de ses craintes et de ses frustrations. Son thème possède des outils capable de le transformer. Uranus à l’AS, en relation mutuelle avec la Lune, a capacité à révolutionner le moi : il s’agit de se libérer des mémoires néfastes et des réactions mécaniques auxquelles elles sont liées. De comprendre les mécanismes même de la pensée. De saisir les motivations derrière les ambitions. De reconnaître la peur et la quête de la sécurité dissimulées sous les croyances et les opinions. 
Le Soleil, presque sur la pointe de la IX a pour mission de se tourner vers la quête de la compréhension, qui n’a rien à voir avec celle de l’argent ou du pouvoir. 
Mars opposé à Saturne se résout dans le service : le guerrier doit transmuter son agressivité en esprit chevaleresque. Le Soleil au quinconce de Neptune indique un idéalisme de communion bien présent mais enfoui dans les profondeurs du moi. 
La Lune au trigone de ce même astre a d’ailleurs capacité à déclencher une vraie compassion qui naît d’un lien actualisé avec la nature et avec l’humanité considérée comme un organisme vivant, dont nous ne sommes qu’une cellule.  
Un thème astral peut ainsi s’exprimer à de nombreux niveaux et Jair Bolsonaro pourrait avoir compris que la conquête de soi est bien plus gratifiante que celle du pouvoir, lequel ne mène qu’à l’insatisfaction, la violence et la frustration.

Qu’en tirer pour nous-mêmes? 

Les mécanismes psycho-émotifs qui mènent Bolsonaro à semer la destruction sont évidents et d’autant plus remarquables qu’ils se manifestent chez un homme de pouvoir. Les dégâts en sont démultipliés. Mais il n’est malheureusement qu’une sorte de miroir grossissant. Cet homme a été élu à la tête de son pays : des millions de personnes ont voté pour lui. On en revient encore et toujours au fait que nous sommes le monde et que le monde c’est nous. Que nous sommes un organisme et qu’il n’en est jamais qu’une cellule. Cet organisme est malade certes, mais en comprenant le comment et le pourquoi (la peur, les désordres affectifs, la quête inextinguible des sensations, la frustration et pour beaucoup l’absence d’une vraie spiritualité spiritualité),  il est possible que nous nous changions nous-mêmes et ainsi, influencions favorablement le monde. 

Jair Bolsonaro n’est pas un méchant qui s’oppose aux bons. Il n’est qu’une des cellules viciées de l’organisme humanité. Voyons-y les causes véritables des incendies qui ravagent l’Amazonie. La guérison passe d’abord par nous-mêmes et elle nous appartient. 


(1) Voir Hitler dans Uranus, Chaplin et Hitler 

(2) Lire Comprendre Neptune dans Neptune et les dangers de l’identification

(3) L’astrologie et la mécanique de la pensée (Les aspects des noeuds lunaires, Soleil/Rahu)

(4) Ibid. Soleil/Ketu

Supplément : les noeuds lunaires et la tentative d’assassinat.
Pour les lecteurs de ce blog qui s’intéressent de près aux subtilités des noeuds lunaires et à leur impact évènementiel, quelques notes sur la tentative d’assassinat de Jair Bolsonaro le 6 septembre 2018 (vers 15h00 HL), poignardé en pleine rue par un opposant. 
Vous ne serez pas surpris de remarquer que ce jour là
- Mars et Ketu sont en conjonction (voir Les fêtes à l’ombre de Mars et de Ketu et les nombreux articles traitant de cette conjonction plus que souvent présente lors de violences publiques et autres attentats)
- Ils sont sur le descendant de Jair Bolsonaro (ce lieu représente l’ennemi déclaré)
- La Lune, maîtresse de son AS, est très proche de celui de l’attentat. Elle est conjointe à Rahu et en opposition à Mars et à Ketu. Son parallèle aux noeuds lunaires est très exact (19°N 20’ pour la Lune et 19°19’N et S pour les Noeuds)
- Uranus est au carré de cet axe.
- Opposée à Uranus, Vénus est également au carré de cet axe. A 28° de la Balance elle est posée sur le Neptune natal (la souffrance, l’identification, la manipulation par les émotions). 
- Jupiter est opposé et au parallèle de son Mars natal (la colère, la violence)
- Saturne est posé sur son Rahu natal au carré de son Soleil : la mort n’était pas loin.















samedi, juillet 27, 2019

Saturne, Ketu et le sentier philosophique


« Saturne et Ketu se dirigent  dans la même direction, inspirant un travail subtil, discret, profond qui prend en compte leurs tendances authentiques à la simplicité. Ils sont des indicateurs de sagesse et de quête spirituelle. Leur rencontre est à même de nous enseigner la tempérance, la profondeur et la richesse des réflexions et en fin de compte de nous aider à conquérir le silence mental, clef de notre bonheur et de la guérison du monde.  » Ketu, Saturne et Pluton en Capricorne, une bataille décisive 

Au-delà des considérations abordées dans l’article cité ci-dessus (1), la très signifiante conjonction Ketu- Saturne, active jusqu’à la mi-novembre, définit clairement un point de vue de philosophie astrologique.

Renonciation et détachement

Si Ketu (la queue du dragon c'est-à-dire le noeud lunaire sud), montre souvent dans ses compulsions et ses brusqueries (2) des similitudes avec Mars ou Uranus, philosophiquement parlant, il est extrêmement proche de Saturne dans ses significations et ses effets. Tous deux gravitent d'ailleurs autour des mots-clefs renonciation (Saturne) et détachement (Ketu).

Nous parlons donc philosophie : Saturne s’associe souvent à la misère, à l’isolement, à la tragédie et aux épreuves de la vie, mais il est aussi « Celui qui purifie » car sa nature force à la réflexion  et à la spiritualité. Il est le Sage, l’Ancien qui favorise la maîtrise de soi et l’austérité afin de nous élever vers des cieux plus raréfiés. Pas de patience, de méditation, de yoga, de végétarisme, de jeûnes, de promenades ou de retraites solitaires sans Saturne. 

Ketu quant à lui s’associe également aux épreuves : les siennes naissent de craintes inexplicables, de compulsions irrésistibles ou de la douleur physique. Il prive des bienfaits matériels et sociaux, d’où sa réputation de « maléfique ». Sa nature est pourtant spirituelle, associé à la quête de l’immortalité et vouant celles et ceux qu’il marque de son sceau à la simplicité et à l’austérité, de façon parfois compulsive il est vrai, s’il n’est pas correctement intégré.

Le moi

Ces survols rapides de Saturne et de Ketu sont à inclure dans un tout cohérent, dans lequel tous les éléments astrologiques (astres, Angles, noeuds lunaires et ainsi de suite) s'insèrent dans cette fresque immensément complexe qui fait sens et que nous appelons la vie. 

La question à poser est : de quoi Saturne et Ketu tentent-ils de nous éloigner, que ce soit par la renonciation ou le détachement? De l’argent, du luxe, du sexe, du pouvoir ou de la célébrité, c'est-à-dire de ces expressions diverses de nos natures grégaires, tournées vers le plaisir et la compétition ? Cette fragmentation de nos désirs a-t-elle un sens? L'on sait que nombre de professionnels de l’austérité, soient-ils pasteurs, mollahs, prêtres ou encore méditants vêtus de robes oranges sont souvent de pieux hypocrites : les signes extérieurs de simplicité, de pauvreté ou de chasteté ne signifient rien, sinon que l’on n’a pas encore commencé à gratter l’écorce de la vérité.

La philosophie de Saturne, comme celle des Noeuds lunaires - car Ketu ne peut être compris sans Rahu - mène à une même destination, traditionnellement appelée sagesse, libération ou illumination. De quelle façon? En renonçant (Saturne) au moi. En se détachant (Ketu) du moi.

Rahu et l’attachement 

Rahu (la tête du dragon c'est-à-dire le noeud lunaire nord), d’une façon trop longue à expliquer dans le cadre d’un court article, participe de façon essentielle à la génération du moi, à son existence et à son épaississement. Il représente l'attachement que nous portons à notre passé, à notre identité culturelle et sociale, à notre personnalité singulière, à l'image que nous entretenons de nous-même. 

Il figure la recherche insatiable des expériences ainsi que ce qu’elles provoquent : crainte de ne pas obtenir ce que l’on veut, peur de perdre ce que l’on a, anxiété, colère, arrières-pensées, manoeuvres secrètes, attachement et insatisfaction. Voilà pourquoi l’on parle de cadeaux empoisonnés à son sujet.

Toutes les « techniques » spirituelles, prières, méditations, répétitions de mantras, austérités, jeûnes et ainsi de suite ne poursuivent qu’un but : alléger ou dissoudre ce moi, cet ego limité et bavard, afin que la conscience profonde, l’âme si l’on veut, ou l’atman, se dégage de la gangue de la matière, de l’espace et du temps et rejoigne l’absolu. Qu’on appelle cet absolu Intelligence, Dieu, Yahvé, Allah, Shiva, Brahman, Grand Esprit ou encore Ordre implié ou Réalité sous-jacente n’a strictement aucune importance. 

Le moi appartient corps et âme à Rahu, intimement lié aux mémoires cristallisées, à leurs matérialisations, ainsi qu'à la génération des pensées captives du temps, tournées vers le passé ou l’avenir et incapables d’appréhender l’ici et le maintenant. Ainsi c'est Rahu, l'attachement, que Ketu et Saturne cherchent à endiguer et à comprendre. 


Ketu et le détachement

Dans ce schéma, Ketu s’associe au sentier spirituel du thème, celui qui révèle la finalité de l'existence, offrant un sens aux épreuves, aux peines comme aux joies et à la vie elle-même. 

Il représente un noyau vital dont la fonction est d’extraire ce sens, une fois les illusions du désir et des expériences (Rahu) arrivées à leur terme naturel qui est l’insatisfaction. Voilà pourquoi il représente le détachement : son éloignement, son rejet des expériences parfois, n’a rien de religieux, de moral ou d’utilitaire. Il est un aboutissement naturel de l’intelligence en quête de sérénité.

Ketu tire les leçons des expériences de Rahu, ainsi que de ses propres défauts qui sont la compulsion et l’avidité spirituelle. Il tente  de comprendre les mystères de nos vies par le biais du détachement de soi. 

Mais rien ne sert de se détacher de tel ou tel élément en particulier enseigne-t-il, que ce soit de l’argent ou de la sexualité par exemple : il faut se rendre directement à la source de tous les attachements qui est le moi. Si cela n’est pas compris, les disciplines, les rituels, les sacrifices, les entrainements et les austérités ne sont rien d’autres que des agitations mentales supplémentaires. Celles-ci appartiennent à Rahu, car elles entrent dans le champ des expériences que la pensée convoite et dirige. 

Ketu enseigne ainsi, forcément, à se détacher de la quête de la libération elle-même. Il symbolise le détachement complet et total du moi. Il figure alors en conséquence les synchronicités (3) et les possibles révélations qu'une telle attitude génère et qui éclairent l’accès « au joyau dans le coeur du lotus ». 

Saturne et la renonciation

Au coeur de ce système, Saturne représente la réflexion profonde, la patience, la détermination, la force mentale et la persévérance qui nous aident à comprendre et à méditer sur le sens de nos existences. 

Sa part la plus difficile, qui lui gagna le surnom de « Grande maléfique », nourrit l’insatisfaction : Saturne fruste, écarte, retarde, interdit et chagrine. Mais en tant que maître de la discipline (non-conflictuelle), de la force mentale, en tant qu'initiateur de la sagesse et de la renonciation (qui n’est pas résignation),  il désamorce la volonté de l’ego à réaliser continuellement ses désirs insatiables (Rahu). A travers lui nous comprenons que la simplicité ne génère pas de craintes. 

Saturne « Celui qui purifie », force ainsi le basculement entre l’attachement (Rahu) et le détachement (Ketu).

De cette façon, considéré comme le socle de la spiritualité, il peut-être qualifié de bénéfique, ce qui est également vrai pour Ketu. Bien compris et vécus ni l'un ni l'autre n’apporteront luxe et richesses, trop porteuses d’énergies négatives, mais ils mèneront la conscience à son but, à ce trésor intérieur que le moi, constitué d'illusion et de matière est incapable d’approcher. 

L’actualité et la philosophie astrologique

Ainsi, jusqu’à la mi-novembre de cette année, la conjonction Saturne-Ketu ouvre en grand certains portails philosophiques. La géométrie céleste est favorable à cet éveil, quoique nombreux soient les écueils disséminés sur le sentier de la lumière : nous sommes captifs de nos attachements et en payons les conséquences (cf. note 1). 


Cette configuration particulière montre que l’attachement (Rahu) et le détachement (Ketu), sont les moteurs principaux du moi, de sa nature complexe et  difficile et au-delà de la quête de l’immortalité. Elle souligne également combien la situation dramatique de notre planète est liée à Rahu qui régit le psychisme de milliards d’êtres humains, matérialisant l'attachement, l'anxiété et l'insatisfaction en guerres, en destruction de l’environnement et en sixième extinction de masse.

Certes, tous les astres sont importants : le ciel est une partition complexe où chaque instrument a sa place. Dans cette symphonie Jupiter joue la part des opportunités et de l’expansion de la conscience. Vénus de l’amour et de la beauté sans lesquels il n’y a pas de joie. Mars de l’action juste et de la bravoure qui permet d’affronter la peur. Uranus des intuitions fulgurantes qui font saisir la vérité que Mercure explique et transmet. Le Soleil de la quête des idéaux alors que la Lune le nourrit et le protège. Neptune de la fusion et de la communion avec les cieux et avec la conscience collective et Pluton de la guérison des traumatismes et de la régénération.  

Alors, avant que Ketu et Saturne ne se séparent, il est fortement conseillé de profiter de leurs enseignements, c’est-à-dire de laisser leurs significations spirituelles imbiber nos coeurs et nos esprits : non seulement parce qu’ils éclairent la finalité de nos existences, mais parce que l’éveil qu’ils proposent est sans doute la seule et unique façon de changer radicalement notre monde avant qu’il ne soit trop tard. 


    (1) Extrait : Ketu et Saturne en conjonction : de début mars à la mi-novembre 2019: « Tendance renforcée au détachement et à la renonciation. Favorable à condition de s’orienter vers la simplicité et la spiritualité. L’acceptation, la patience, la détermination et la persévérance sont à développer sous peine d’adversité. La destinée souffre de secrets de famille, d’absences, de séparations douloureuses, d’abandon, d’éloignement, de froideur, d’indifférence ou d’étouffement  (…..) » (L'astrologie et la mécanique de la pensée)

«  Confronté à Ketu, Saturne cristallise des mémoires difficiles, honteuses ou douloureuses souvent transformées en secrets. Des blocages mentaux, des souvenirs figés, la crainte de révélations empoisonnent la conscience et la destinée. Les secrets liés à cette conjonction provoquent des comportements moraux hypocrites, dissimulant des compulsions susceptibles d’exploser lorsque la tension se fait trop puissante. La libération du poids des secrets nécessite de les désamorcer, de ne plus leur accorder d’importance, mais la nature saturnienne s’y accroche, le « moi » s’étant bâti autour d’eux. La solution consiste à « purifier » Ketu dans un vrai détachement du moi captif de ses mémoires.
Il est nécessaire d’user d’une discipline naturelle, non-conflictuelle, pour éviter que la conscience ne se durcisse dans des compulsions d’austérité ou de chasteté inspirées de conditionnements religieux, de craintes de la punition, du péché ou du mauvais karma. Le danger est de voir l’ambition et l’avidité se dissimuler et se durcir. Sous des masques de simplicité ou de renoncement, elles se manifestent dans le contrôle de soi précaire et malsain, la dureté mentale, l’enrichissement, la domination morale et le pouvoir.


(2) Cf. Les fêtes à l'ombre de  Mars et de Ketu qui évoquent la violence et le terrorisme qui leur sont imputés. 

(3) Les noeuds lunaires se montrent très présents dans les thèmes de synchronicités (les coïncidences signifiantes selon la définition de Jung et de Pauli). Voir à ce sujet L'astrologie et la mécanique de la pensée (Chap. 1, L'astrologie et la pensée - Synchronicité)







vendredi, juillet 05, 2019

Astrologie au Festival Harmonic 2019


Rejoignez-nous au FESTIVAL HARMONIC les 12, 13 et 14 juillet à Trigance (Var 83) qui s'organise autour de la musique, de l'écologie et du bien-être. Le thème de cette année, LES PIEDS SUR TERRE ET LA TÊTE DANS LES ETOILES, sied particulièrement bien à l'astrologie et à sa pratique. 

J'aurai le plaisir d'y donner une conférence intitulée L’ASTROLOGIE ET LA FLORAISON DE LA DESTINEE, le samedi 13 juillet à 16h00. Il n’y sera pas question de techniques mais d’une approche détaillée de ce que l’astrologie, débarrassée de la désinformation la concernant, propose pour aider à transformer la conscience et ainsi changer le monde. 

Festival Harmonic : « Cultiver l’harmonie en s’appuyant sur des valeurs universelles, comme celles du respect et de la bienveillance, voilà le sens qui peut imprégner la vision de l’humanité pour colorer ses projets et son avenir, dans les domaines socio-culturel, artistique, environnemental et spirituel.

Le festival HARMONIC se veut être une plate-forme de promotion et de rayonnement de cette idée, avec des ateliers, des conférences, du spectacle vivant et de la musique électro / acoustique (ambient, dub, downtempo, ethnique…) – écologisme du corps et de l’esprit. »


L’astrologie et la floraison de la destinée

L’astrologie n’est pas une survivance des temps anciens : à notre époque orientée vers le développement personnel, elle se révèle être extrêmement moderne. Correctement comprise et pratiquée, elle invite à transformer sa vie en histoire, c’est-à-dire à lui donner un sens, une finalité. Contrairement à ce que l’on croit souvent, elle ne s’occupe pas de décrire une destinée inscrite par avance dans le grand livre du ciel. Loin de le nier, elle permet de conquérir un libre-arbitre trop souvent mis en péril par l’éducation, les conditionnements, les croyances, la propagande et les pressions de l’inconscient.

Offrant une identité cosmique à l’individu égaré dans l’immensité des espaces célestes, elle l’incite à ne pas subir les évènements, en tentant de survivre le mieux possible en attendant la fin, mais au contraire à être le héros de sa vie, en quête de lumière et de vérité. L’astrologie se révèle ainsi être un sentier initiatique et une voie spirituelle à part entière. 

Astrology and the flowering of destiny

Astrology is not a relic from ancient times : in our self-improvement oriented age, it is proving to be extremely modern. Properly understood and practiced, it invites us to transform one' s life into history, that is, to give it a meaning, a purpose. Unlike what is often believed, it does not describe a destiny recorded in advance in the great book of heaven. Far from denying it, it allows us to conquer a free will too often compromised by education, conditioning, beliefs, propaganda and pressures from the unconscious.

Offering a cosmic identity to the individual lost in the immensity of celestial spaces, it urges us not to suffer events, trying to survive as best as we can until the end, but on the contrary to be the hero of our lives, in search of light and truth. Astrology thus reveals itself to be an initiatory path and a spiritual way in its own right. 

samedi, juin 22, 2019

L’exaltation de la Lune et la maltraitance animale


« Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend »

Mondialement célèbre pour son fameux « je pense donc je suis », formule aussi connue que le « être ou ne pas être » shakespearien, René Descartes tout génie qu’il fut, était totalement dépourvu d’intelligence émotionnelle. A ses yeux les animaux étaient des machines évoluées manquant d’âme et de sensibilité : le couinement de douleur d’un chien n’était pas symptôme de souffrance, mais plutôt semblable à une porte grinçante manquant d’huile. Malgré qu’il ait institué le doute en tant que composante majeure de sa philosophie, cet authentique savant était captif d’une croyance religieuse qui considère que seul l’être humain est fait à l’image de Dieu et que le reste de la création est au service de ses besoins. Toujours actuellement vivace, cette idéologie entraîne de terribles répercussions dans notre rapport au monde, puisque le sacré, étendu à l’ensemble de la nature depuis la nuit des temps, se trouva bientôt confiné au seul Dieu unique et moraliste et à son culte. En conséquence l’empathie, la complicité, le respect envers les animaux rétrécirent comme peau de chagrin. L’on en est arrivé à les traiter effectivement comme des machines, ainsi que le démontre cette expérimentation dénoncée par L214 : suivez ce lien. 

La Lune en Taureau

Dans l’imagerie populaire, l’Inde est le pays des vaches sacrées, qui le sont d’ailleurs de moins en moins, à cause de la mondialisation du mode de vie occidental. Les raisons de cette sacralisation sont multiples, à la fois historiques, culturelles ou encore philosophiques : entre autres cadeaux (1) elle offre le lait, devenant ainsi la mère nourricière universelle. La tuer et la manger dit-on rend méchant, forcément. 


Il existe également une raison moins évidente, connue de l’Inde ancienne mais aussi possiblement des Perses, des Egyptiens ou de certains peuples Africains (2), qui a la particularité de jeter une lumière plus précise sur l’exaltation de la Lune en Taureau. Cette dignité astrologique est d’évidence liée au rôle de nourrice de la Lune, puisqu’elle est en charge des nécessités essentielles (abri, nourriture, vêtements), c’est-à-dire de l’entretien de l’organisme. Elle est par ailleurs la mère du héros solaire qui sans elle ne peut prétendre à la réalisation. Cette fonction passe par l’ensemble du mental (le contenu de la pensée, la mémoire, …) qu’elle représente (3). 

Le problème que nous connaissons toutes et tous cependant, est que ce mental captif de ses préoccupations, de ses habitudes, de ses souvenirs et de ses projections dans l’avenir ne s’arrête jamais, d’où ce soliloque permanent qui nous sépare du monde, des autres et de nous-même. La Lune est dite se calmer en Taureau, le signe où la pensée est la moins tourmentée et approche ainsi la méditation avec le plus de facilité. Qu’on songe que c’est l’inverse en Scorpion, situé à l’opposé du Taureau, où le mental est intense, sans cesse en mouvement et facilement captif de boucles obsessionnelles. Attention, cela ne signifie nullement que si votre Lune natale est en Taureau vous méditez facilement, alors que si elle est en Scorpion vous en êtes incapable. Les processus astrologiques liés à la pensée (4) sont nettement plus complexes et plus subtils que cela.  

Mais l’exaltation de la Lune en Taureau indique que le sentier de la sagesse et de la réalisation, passe obligatoirement par l’accalmie de la pensée.

La sacralisation des animaux

Alors que je séjournais à Varanasi (Bénarès), cette cité ancienne, magique et chaotique, où les vieillards Hindous désirent achever leur existence, car à l’ultime instant Shiva leur murmure à l’oreille le taraka mantra (la parole de la traversée), j’en eus une sorte de confirmation. A Varanasi les vaches aux museaux effilés, ainsi que les veaux, les génisses belles comme des biches et les taureaux placides malgré leurs impressionnantes testicules, traînent et s’allongent au milieu des rues. Elles lorgnent les étals des marchands de fruits et de légumes, qui les éloignent en leur jetant des verres d’eau et l’on s’arrête souvent pour les flatter ou leur offrir une banane. Une nuit, je rêvais d’elles. Eveillées et conscientes, elles occupaient toute la ville.  J’errais comme un fantôme, entouré de leur présence. Douces et sereines, elles semblaient réguler les courants des rêves et des pensées de la cité endormie. Leurs yeux pétillaient d’intelligence et de bonté. Associées à une sorte de réseau, elles harmonisaient et régulaient le psychisme collectif, agissant directement sur les strates profondes de nos consciences. Le lendemain matin, en chemin pour la baignade dans le grand fleuve, je les regardais d’un oeil entièrement différent, ayant un peu mieux compris je crois l’importance des animaux, qui seraient des formes de vie inférieures, n’ayant pas développé un cerveau aussi sophistiqué que le notre. Ils jouent en vérité un rôle essentiel dans une symbiose que nous avons oubliée, qui nous intègre à la nature dont nous faisons totalement partie et que nos ancêtres comprenaient, parce qu’ils la ressentaient.

A un niveau fondamental, qui nous concerne toutes et tous, l’exaltation de la Lune dans le Taureau devrait nous faire prendre conscience de la monstruosité  d’un monde où l’on élève et massacre plus d’une centaine de milliards d’animaux à l’année. Un monde où le sacré disparaît plus rapidement que la forêt amazonienne, parce que nous avons perdu le sens de la vie. Dans lequel nous sommes séparés de la nature et de nous-mêmes, coupés d’un environnement que nous n’abordons plus qu’intellectuellement. Dans lequel, étrangement et n’en déplaise aux cendres de Descartes, nous sommes devenus des machines. Et qu’on ne se fasse pas d’illusions, la disparition de ce lien avec la nature est à l’origine de la plupart de nos maux. 


(1) Les 5 « cadeaux de la vache » sont le lait, le caillé, le ghee, l'urine et la bouse. « La vache est en effet vue en Inde comme une « Mère universelle » du fait qu'elle donne son lait à tous, même à ceux qui ne sont pas ses veaux ; elle n'est pas seulement « sacrée » en tant que telle, elle représente la sacralité de toutes les créatures » Wikipédia
« La bouse de vache est utilisée comme engrais, comme combustible et comme désinfectant dans les maisons. Les tests indiquent que la bouse de vache contient également du menthol, du phénol, de l'indole, de l'ammoniac, du formol et des bactériophages qui éliminent les agents pathogènes et est donc un désinfectant reconnu » Wikipédia

(2) « La vache a été et est encore vénérée dans de nombreuses civilisations et religions dans le monde, les plus notables étant l'hindouisme, le zoroastrisme, aussi bien que les religions de l'Égypte ancienne de la Grèce et de la Rome antique ». Wikipédia

(3) A ne pas confondre avec Mercure, en charge de l’intellect, c’est-à-dire de la structure de la pensée (ordre, logique, discernement …)


Illustrations
Image 1 : Une vache sacrée dans une rue de Jaisalmer, par Antoine Taveneaux (wikicommons)
Image 2 : Sadhu with a cal by Abdel Sinoctou (public domain)


CENTILOQUE

CLIQUEZ SUR LE LIEN pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage publié en 1993 aux Editions Dervy


Extrait :


1- N°5 : caractère et destinée.


« L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère ».


Le mot caractère nous vient du grec « kharaktêr », qui signifie un signe gravé. Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.


Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.


Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, l'espritla sagesse, le pouvoir et l’amour.


Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.


Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.