samedi, octobre 09, 2021

Vénus, Ketu et la venia

Les éphémérides se parcourent comme un roman d’aventures, pourvu qu’on en maîtrise les clefs de lecture. Le lecteur dont c’est le cas n’y lit pas des colonnes de chiffres et de degrés zodiacaux, mais une codification précise de la géométrie céleste et de ses liens avec les évènements, soient-ils intérieurs ou extérieurs. Avec la pratique il y débusque des significations moins évidentes que celles produites par les aspects majeurs qui constituent les vents dominants agitant le psychisme collectif : il s’attarde avec grand plaisir à explorer des configurations subtiles qui pointent vers des portails fugacement entrouverts, permettant de saisir sur le vif certains des mouvements les plus délicats de nos consciences - de ceux qui éclairent brillamment les rouages les plus secrets du grand jeu de la vie et de la mort. Ces jours-ci - du 4 au 15 octobre 2021 - nous en offrent un exemple frappant, avec la conjonction de Vénus et de Ketu, le noeud lunaire sud. 

(Soulignons au passage dans la carte du ciel ci-dessous, une triple conjonction ayant lieu ce soir le 9 octobre à 21h11 (Paris HL) - de Vénus et de Ketu à 02°32 du Sagittaire - accompagnés de la Lune à 02°18 du même signe. Au même moment et au demi-carré de cette configuration, le Soleil, Mercure et Mars sont conjoints à 16° de la Balance - signe de Vénus. L'ensemble évoque plaisirs et communications, action, conflit et désir, impulsivité et compulsion. Il est essentiel, lors de cette soirée, de rester très « éveillé »  face à toute forme d'interaction sociale - et si possible de jouir de la beauté du monde). 

Conjonction Lune-Ketu-Vénus le 09/10/21 21h11 Paris

Ketu 

Voici, dans les très grandes lignes, les significations des aspects de Ketu : « Associé au retrait, aux mystères du passé, à l’ascèse et à la rigueur, Ketu est inséparable du détachement et de la quête spirituelle. Les épreuves transformatrices, les compulsions irrésistibles, les craintes inexplicables, la contraction mentale, la confrontation à la douleur, le doute, l’isolement et la séparation se rattachent à ses aspects. » (1)

Ketu et Vénus

Et maintenant, toujours dans les grandes lignes, ce que l’on peut dire à propos d’une rencontre de Ketu avec Vénus : « Difficulté d’épanouissement dans le cadre de l’union et des sentiments. Épreuves liées à la perte ou à l’absence de personnes aimées, à des regrets ou à des chagrins d’amour. Une difficulté à s’investir mène à des séparations douloureuses dont on se sent responsable. La poursuite compulsive du plaisir, de l’union et de la sensualité, une éventuelle addiction sexuelle et un désir compensatoire d’être aimé affectent la destinée. Des épreuves liées à la quête des sensations mènent au détachement et au mieux à la grâce ou à la venia. Possibilité de connaître l’amour idéal libéré de la sentimentalité. » (2)

Ainsi, ces journées que nous traversons affectent l’affectif en profondeur, qu’il s’agisse de nos amitiés, de nos familles ou de nos amours, voire même de nos collègues de travail, de nos voisins, des gens que l’on croise jour après jour dans la rue, dans les transports ou à la terrasse d’un café. Des évènements, des rencontres déterminantes « décidées » par le destin pour le meilleur ou pour le pire, sont à envisager. En cela cette configuration s’oppose au libre arbitre (3). Nous ne choisissons pas les circonstances, ni les personnes que nous croisons et qui deviennent soudainement importantes, parfois même indispensables. Inversement, des ruptures, des éloignements, des bouleversements relationnels - quelquefois liés à des secrets - se produisent de façon imprévue. 

Mais l’on n’est pas victime de forces aveugles, chaotiques, inexplicables frappant au hasard. Ni d’un processus de punitions et de récompenses décidé par un maître d’école tout puissant. Ce type de configuration comporte en elle des éléments plus essentiels associés aux mystères de la vie, en ce qu’elle a de plus signifiant : en ce qu’elle touche au pourquoi de tout cela, au pourquoi de la naissance, de la mort et de nos consciences. 

Vénus - Wikimedia commons

La venia

Le concept de la venia, qui appartient à Vénus, nous éclaire - un peu - sur le sens de ces évènements et sur la sagesse que nous pouvons en extraire. (4) 

Exprimé très simplement, la venia nous explique qu’il y a moyen de séduire les puissances divines : le charme, la séduction sont les armes de Vénus et de même que vénérer, la venia, est un mot de même racine que Vénus. Il signifie les cadeaux gratuits des dieux

Traduisons que les puissance divines et bienheureuses n’ont pas grand chose à faire des supplications et des prières des croyants - et cela malgré les quantités inouïes qui leur sont adressé depuis la nuit des temps. Etrangement, religion et commerce sont intrinsèquement liés : l’on réclame un don, une guérison, une réussite, une grâce quelconque et en contrepartie l’on promet d’être sage, d’offrir de l’argent aux églises ou aux pauvres, de faire un pèlerinage, de jeûner ou dans les pires des cas de s’infliger des sévices … Certes, certains croyants plus évolués ne prient pas « commercialement », mais l’échange n’en est pas moins poursuivi, ne serait-ce que pour le bien-être psychologique que cet acte leur procure. On vénère de puissantes déités, soit de façon égoïste, soit se dit-on pour venir en aide à l’humanité et l’on se sent mieux dans sa peau. Le but reste de se sentir bien. 

La venia est un processus vénusien qui considère les choses différemment puisque l’on charme, l’on séduit le divin sans pour autant rechercher une récompense. L’on se contente d’avoir une vie libre, belle, entière. Une existence libérée des craintes et des étroitesses, en quête d’esthétique et de beauté, entièrement tournée vers le sens et l’intelligence. Riche d’amour. Et séduit(e)s par cette liberté intérieure, dieux et déesses ou autres êtres de lumière, ou encore l’intelligence divine et universelle si vous préférez, offrent alors ici et là les coups de pouce nécessaires à l’épanouissement de l’âme, c’est-à-dire à l’éclosion de la véritable humanité en soi-même.

Rahu

Cela n’est pas si facile, nous le savons. Des obstacles se dressent sans cesse sur nos chemins, à commencer par les significations négatives des astres qui constituent notre architecture psychique : Pluton et la quête du pouvoir, Neptune le maître des illusions et des identifications, Uranus et son autoritarisme glacé, Saturne le générateur de craintes et de frustrations, le Soleil et ses orgueilleuses fiertés, Jupiter à la gourmandise insatiable, Mars aux désirs indestructibles, Vénus et son incessante quête des plaisirs, Mercure le maître des ruses cyniques et égocentriques et enfin la Lune, reine d’un mental bruyant qui ne s’arrête jamais. En ce sens, notre thème astral est le plus souvent une prison (5). 

Si par le biais d’épreuves, de rencontres signifiantes et d’une spiritualité intelligente, Ketu associé à Vénus mène à la venia, Rahu, l’autre noeud lunaire, la tête du dragon, dont la fonction est de nous immerger dans les expériences matérielles, provoque l’attachement et l’insatisfaction. Une insatisfaction plus que nécessaire (6), puisqu’elle nous ramène éventuellement à la quête spirituelle menée par Ketu, la queue débarrassée de la tête, c’est-à-dire du mental. Mais pour cela l’intelligence est de rigueur. Ni Vénus, ni Ketu n’agissent seuls : la quête de la liberté, indispensable à la venia passe forcément par Uranus, le révolutionnaire qui écrase toutes les autorités soient-elles intérieures ou extérieures, traditionnelles ou soit-disant spirituelles. Saturne - ces jours-ci au trigone de Rahu et au sextile de Ketu - participe en apportant la patience, la détermination, la persévérance, la réflexion profonde. Uranus et Saturne étant mutuellement engagés dans un long carré, les deux astres sont à ménager afin de structurer (Saturne) l’éveil de la conscience (Uranus). En définitive tous les astres participent à l’obtention de la venia, même si elle reste un processus essentiellement vénusien.

Le détachement, la joie et l’amour 

Si, afin d’accéder à une conscience sans centre, le but est de se détacher de soi-même, de l’ego, ce qui est un mouvement de libération associé à Ketu - qui accessoirement représente tous les êtres spirituellement préoccupés - la volonté ne peut rien y faire : on ne peut pas décider de se détacher, de même que l’on ne peut décider d’aimer. Ainsi rassemblés, Ketu et Vénus soulignent que ni le détachement, ni l’amour ne peuvent être convoqués par la pensée. 

Par contre la compréhension de l’attachement à l’ego détache de l’ego. Et la compréhension de ces mécanismes, sans intervention de la volonté, sans désir d’obtenir quoi que ce soit en échange, donne naissance à l’amour en écartant ce qui l’empêche d’éclore : la peur, l’égoïsme, l’ignorance, la quête incessante des sensations.

Le détachement, la joie et l’amour sont intrinsèquement liés. S’ils peuvent être les fruits de circonstances fortuites, ils sont d’abord ceux de la venia, c’est-à-dire de ces cadeaux gratuits de l’intelligence universelle à la conscience humaine, lorsque celle-ci réussit à se dégager un peu des obscurités qui l’emprisonnent. Alors, non seulement la venia nous aide à progresser, c’est-à-dire à conquérir un libre arbitre qui n’est pas offert à la naissance (7), mais elle s’avère être une clefs majeures dans la transformation de nos consciences sans laquelle nous ne pourrons jamais changer le monde. 



(1) L’astrologie et la mécanique de la pensée - Les aspects des noeuds lunaires

(2) Ibid.

(3) A ce sujet voir la vidéo ou lire l'article : Sommes-nous captifs de nos thèmes astraux 

(4) Cf. l’article intitulé Vénus et la venia , publié il y a quelques années et tout à fait d’actualité

(5) Cf. note 3

(6) Rahu est indispensable à la quête : cf. Les noeuds lunaires et le nectar d'immortalité

(7) Cf. note 3.




samedi, septembre 04, 2021

Astrométéo de fin d’été : Mars, incendies et attentats

« Mars fut longtemps baptisé la petite maléfique mais lorsque la férocité de ses désirs embrase, contracte, dessèche et cannibalise la pensée, il n’y a rien de petit en lui. Maitre des champs de bataille, il anime les nombreux conflits entre le penseur et la pensée ». L’astrologie et la mécanique de la pensée - Les aspects de Mars


Cet été Mars ne nous épargne pas : il n’y a qu’à voir de quelle manière il incendie la planète, tant littéralement (1) que dans le cadre de conflits, de débats sociaux et de violences diverses. 

Il n’y a pas que Mars cependant : indissociables de notre psychisme, dans leur ensemble les astres « s’expriment » surtout négativement, décrivant une situation mondiale difficile. 

Ainsi, freinant l’audace nécessaire aux vrais accomplissements, le carré de Saturne à Uranus en Taureau bloque, ralentit ou empêche la révolution écologique que cet astre inspire – sans réduire malheureusement ses travers autoritaires et fanatiques. Accentuée par les réseaux sociaux, Neptune en Poissons encourage la désinformation et l’identification à des idéologies et à des croyances clivantes, loin de son orientation première qui est la communion. Champion des intérêts personnels, du pouvoir et de la domination, Pluton n’accomplit pas sa fonction de libérateur des traumatismes passés, obstacles évidents à la naissance d’une ère nouvelle. Et à cela ajoutons Mercure qui fait trop souvent confondre la ruse avec l’intelligence, Vénus qui emprisonne dans la quête permanente du plaisir, ou la Lune qui nous soumet à nos pensées brouillonnes et à nos humeurs mentales capricieuses. Il y a jusqu’à Jupiter qui amplifie nos tendances les plus vaines, alors que l’idéalisme solaire est supplanté par l’orgueil de nos ego rois du monde. Pas de doute, les nombreuses plaies qui nous assiègent éclosent bien au cœur de nos consciences.

Quant à Mars il en fut déjà question en début d’été (2), lorsqu’il s’opposa à Saturne, ce qui correspondit à la quatrième vague du Covid que nous subissons encore, moins virulente que les précédentes il est vrai, grâce peut-être aux 75 jours de Jupiter en Poissons (3). Mais cet aspect à peine terminé, il s’opposa à Jupiter cette fois, maître de justice et de compassion et l’on vit alors la rue s’agiter pour manifester révolte ou mécontentement (4).

Attentat à l'aéroport de Kaboul, Afghanistan le 26-08-2021 à 17H50

L’attentat de Kaboul

Ce dernier 26 août Mars joua encore un rôle de premier plan lors de l’attentat qui ensanglanta l’aéroport de Kaboul et secoua le monde : nombreux je suppose furent les adeptes de l’astrologie qui planchèrent sur les éphémérides afin de comprendre les configurations sous lesquelles cet acte terroriste fut perpétré. 

Étrangement, du point de vue de l’astrologie toujours accusée de se perdre dans des prédictions fantaisistes, l’attentat était prévu par les spécialistes de la question, un officiel Américain déclarant quelques jours plus tôt : « ce n’est pas une question de savoir si cela va arriver mais quand ». 

Lorsque l’on examine en détail la configuration du moment de l’attentat - voir l’analyse détaillée en fin d’article - et que l’on trouve ce que l’on cherche, comme un Mars au parallèle de la Lune par exemple ou des nœuds lunaires très spécifiquement marqués, l’on réalise que reflétée par les configurations astrales, la situation générale était délétère et n’attendait qu’une étincelle pour exploser. En épluchant en détail, jour après jour les mouvements des astres, des astrologues compétents pouvaient sans doute signaler combien le 26 août en fin de journée était critique pour Kaboul, mais ce moment particulier n’était que l’un des points saillants repérables au cœur d’une période particulièrement dangereuse. La mécanique du chaos semble bien difficile à arrêter. 

L’astrologie face au comment et au pourquoi

Lorsque l'astrologue tente de comprendre les mécanismes de déclenchement des évènements, il use d’une approche scientifique puisqu’il s’intéresse au comment : il remarque qu’au moment de l’attentat, Mars (le conflit, la violence) est au parallèle de déclinaison de la Lune (la foule) et opposé à Neptune (l’identification, la souffrance). Il note également que l’axe des nœuds lunaires, presque toujours impliqués lorsque le destin impose sa force aveugle, était très exactement conjoint à celui du Milieu du ciel (la visibilité) et du Fond du ciel (le lieu) de Kaboul. Ce comment sur lequel s’est bâti l’astrologie est indispensable à étudier, ne serait-ce que pour établir la façon dont le sens s’inscrit dans la géométrie du ciel (5).  

Mais l’astrologue doit aussi tenter d’entrevoir le pourquoi, afin de s’atteler à la seule tâche vraiment essentielle de notre époque qui est la transformation de nos consciences dont tout dépend :  les incendies et le réchauffement climatique, l’agonie des océans, la crise sanitaire, les conflits d’Afghanistan et d’ailleurs, l'avidité meurtrière, l'injustice et la violence omniprésente. 

L’on ne peut en effet que constater que l’être humain, doté d’un cerveau incomparable, capable d’extraordinaires réalisations technologiques ou artistiques est incapable de se comprendre lui-même. La peur, la colère, la mort, sa propre pensée lui sont tout autant mystérieux qu’il y a des dizaines de millénaires. Nous craignons la mort plus que jamais, nous qui sommes perpétuellement frustrés et en colère, parce que nous avons créé une civilisation sale et bruyante et que malgré toutes les évidences, nous nous obstinons à détruire la planète.

Mars, du guerrier au serviteur 

L’astrologie qui révèle le rôle destructeur de Mars – cette énergie conflictuelle, brutale inscrite en chacune et chacun d’entre nous - doit nous apprendre à le transformer en serviteur. Une opposition à Neptune - celle-ci est active jusqu’à la mi-septembre 2021 - semble imposer un Mars-guerrier semant la terreur, sans que cela soit pourtant une obligation. Cet aspect possède également une lecture héroïque, au sens où il peut révéler un Mars-serviteur : libéré de ses démons, Mars associé à Neptune représente l’esprit chevaleresque, soit la force au service des faibles. Et il y eut sans doute de ces héros à Kaboul, hommes et femmes qui soignèrent les blessés, protégèrent les plus fragiles et réagirent avec courage et dignité. 

Tous les niveaux de l’astrologie sont emplis de ces possibles transmutations de la conscience à condition que l’intelligence et la passion s’en mêlent. Si Neptune symbolise le désir de communion, l’identification à un pays, à une croyance, à une religion génère une séparation qui donne naissance à la violence. Neptune, l’astre de la dissolution du moi, ce qui est l’ultime communion, car l’ego est la source de toutes les séparations, doit ainsi être compris dans ses profondes subtilités. Il en est de même avec Mars, si l'on désire le changer en serviteur. Pour cela, l’énergie uranienne, c’est-à-dire de la perception directe de la vérité, est impérative : elle consiste à échapper au conditionnement du changement graduel qui laisse le monde se détruire en attendant qu'il s'opère. En d’autres termes il s’agit de réaliser que comprendre et agir sont une seule et même chose. 

Une telle approche de l’astrologie permet de nous changer durablement : Vénus enseigne alors la différence entre l’amour et la recherche du plaisir. Mercure, ou l’art de concevoir des rapports entre les choses révèle qu’il n’est nul besoin de sortir des grandes écoles pour voir que nos actions, filles de nos esprits fragmentés, sont les causes du chaos mondial dans lequel nous nous embourbons jour après jour.  

S'il est donc nécessaire, pour que l’astrologie remplisse sa fonction véritable, de poursuivre l’étude des mécanismes de la géométrie céleste, il est essentiel de l’utiliser en tant qu’instrument apte à changer nos consciences, c’est-à-dire à changer le monde. Sinon, nous n’exploitons jamais qu’une petite portion de ce qu’elle est capable de nous apporter : son existence en soi est la preuve que l’univers, la vie et la conscience sont bien plus complexes, mystérieux et en fin de compte prometteurs qu’ils n’apparaissent à nos esprits fatigués, fruits d’un XXIe siècle pour le moins mal engagé. 


L’attentat de Kabul : analyse détaillée

Le terrain

- Mars conjoint à Mercure est loin d’être anodin : Mercure représente le comment penser qui est ainsi martialisé, la mentalité générale se faisant impulsive et guerrière. Que Mercure soit en domicile en Vierge n’y change rien, peut-être même au contraire, ce signe s’associant à une mise en pratique méthodique. Mercure se voit aussi amplifié par son quinconce à Jupiter, rétrograde en Verseau au lever. (6). Il constitue la pointe d’un Yod par le biais de la Lune également à son quinconce, indiquant un désordre de la pensée dû à des griefs passés. Enfin Mercure s’oppose à Neptune, un aspect associé aux mensonges, aux dissimulations et aux manipulations entremêlant les idées (Mercure) et les émotions (Neptune). 

- La proximité de Mercure à Mars implique une translation de lumière, ce qui signifie que Mars participe aux configurations mercuriennes (mensonges, désordre de la pensée, manipulations mentales et émotionnelles ...), y ajoutant la colère concrétisée en action violente. Son opposition à Neptune souligne la terreur vécue par la population (Neptune), confrontée aux guerriers (Mars) idéologues (Neptune). La sensation d’insécurité (Neptune, l’environnement, menacé par Mars) est ici très puissante.

- Fréquemment associé à la souffrance de se sentir séparé, Neptune est également affligé par un demi-carré de Saturne (01°10 d’orbe),  illustrant les sensations d'abandon, d'isolement ainsi que les nombreuses séparations douloureuses régnant à l'aéroport de Kaboul, sur fond de sensation de trahison (Mercure/Neptune). 

- Vénus (trigone à Saturne) et Jupiter (sextile à la Lune), sont des aspects harmonieux souvent présents dans ces moments difficiles, figurant l'entraide, la protection, ce que l'humain montre de meilleur dans ces situations difficiles. Neptune lié par un parallèle à Vénus, associe l'amour, la souffrance et le sacrifice et l'on y voit une relation aux nombreuses femmes et jeunes filles, victimes désignées de la situation Afghane. 

- L’atmosphère générale est délétère, ce que marque la Lune, liée aux humeurs et aux préoccupations de la foule, affligée par Pluton, Rahu et Mars. Son carré à Pluton, outre l’intensité mentale et l’obsession de fuir qu’il représente, obscurcit les esprits par le biais de la peur panique qui enlève tout jugement rationnel. Outre la colère, l’anxiété généralisée et les attachements que l’on peine à briser, son demi-carré à Rahu renvoie aux nombreuses manœuvres secrètes entreprises pour échapper aux Talibans, ainsi qu'aux secrets de la politique internationale. Pluton représente le pouvoir et Rahu l'avidité, liés à tous les acteurs, Occidentaux, Chinois, Russes, puissances du Golfe, Indiens et Pakistanais, Talibans et État Islamique alors que la Lune et Neptune figurent les victimes, les femmes en première ligne. 

- A 03°31 de la Vierge, le Soleil au coucher est au carré des nœuds lunaires, associés aux éclipses mentales (7) : les valeurs solaires de lumière, de loyauté, de noblesse sont « éclipsées ». 

Le déclenchement est principalement lié à deux configurations : 

- Actif pendant quelques heures, le parallèle de la Lune à Mars (0°22’ d’orbe) fut une incitation puissante au passage à l'acte. La terreur calculée - Mars en Vierge - s’attaque à la foule des fuyards, représentée par la Lune en Bélier dans le signe impulsif de Mars, déjà tourmentée par le carré à Pluton (haine, intensité destructrice), le demi-carré à Rahu (intentions mauvaises) et le quinconce à Mercure (désordre mental).    

- Le déclencheur le plus précis est l’axe des nœuds lunaires (6°18 R Gémeaux-Sagittaire), très exactement conjoint à l’axe du Milieu du Ciel et du Fond du ciel (6°04 des mêmes signes). Le MC représente ici la visibilité mondiale de l’événement attribué à la compulsion violente de fanatiques religieux (Ketu, le nœud lunaire sud). Lié aux secrets et à l'assombrissement de la lumière intérieure, Rahu est exactement conjoint au FC, représentant Kaboul, le lieu ainsi que la genèse de l’attentat. Soulignons que cette même configuration – Ketu culminant précisément au MC et Rahu conjoint au FC - était présente lors des attentats de Paris en novembre  2015 : cf.  Mars, le Dragon et la barbarie 


Un dernier mot : ce vendredi 3 septembre, un attentat, inspiré par l’État Islamique a eu lieu à Auckland en Nouvelle-Zélande à 14h40 heure locale. Les configurations sont forcément différentes mais l'atmosphère psychique, jusqu'à la mi-septembre, est la même. L’on remarque que à 23°33 du Cancer,  la Lune était au carré exact de celle de l’attentat de Kaboul à 22°17 du Bélier. Elle était ainsi à nouveau située au demi-carré de Rahu et au sesqui-carré de Ketu. Si elle n'était pas au parallèle de Mars cette fois, ce dernier était au parallèle de Mercure et de Neptune (compulsion violente). Le Soleil quant à lui était toujours au carré des nœuds lunaires. 

Ainsi qu’il a été écrit, la période dangereuse n’est pas terminée. On objectera peut-être que la violence est omniprésente, avec ou sans ces configurations particulières, ce qui est indiscutable. C’est là où les nœuds lunaires, dans leur fonction de témoignage font la différence (8). 

_____________________________________

(1) Début août 150 000 feux, dont des méga-feux ravageaient le monde, principalement entre la Sibérie, l’Amazonie, le Canada, la Californie et le pourtour Méditerranéen….

(2) Astro-météo de début d’été : le retour de Mars

(3) Moins virulente, dans les pays occidentaux : il est difficile d'envisager la situation mondialement, les pays étant inégaux en termes de moyens,  de structures de santé et de politiques sanitaires. Il est possible – ce n’est pas une prédiction mais une hypothèse – que nous ne nous en sortions vraiment qu’au printemps prochain, après la dernière phase du Kala Sarpa Yoga dont il fut question à maintes reprises. Cf. La genèse du Covid-19

(4) L’on pourrait regretter que personne ne jugea bon de manifester contre les incendies qui dévastent la planète, ni pour défendre les océans qui se meurent de la pêche industrielle et des montagnes de déchets de toutes nature qu’on y déverse quotidiennement, entre autres calamités de notre temps. Le rapport du GIEC n’a pas ému les foules.

(5) A propos du sens et de la géométrie céleste, regarder la vidéo Astrologie, définition et implications  

(6) On s’étonnera peut-être de la présence de la Grande Bénéfique au lever lors d’un attentat si meurtrier. Mais dans ce cas de figure Jupiter amplifie - l’ego du terroriste porté par la foi (associée à Jupiter) et son sens personnel de la justice (Jupiter également) – ou encore la puissance explosive (Verseau) de l’événement, d’autant qu’il est associé à Mars par une translation de lumière passant par Mercure. Jupiter est également maître du Milieu du Ciel Sagittaire exactement conjoint à Ketu (la compulsion). Il est à noter que le thème de l’explosion dévastatrice de Beyrouth - 4 août 2020 à 18h08 - voit un Jupiter également au lever, conjoint à Pluton et au carré partile de Mars. cet évènement est analysée dans : L'astrologie, la science et la notion de sens

(7) « …. les nœuds sont comparables à des éclipses mentales. Là où ils sont situés, le flux lumineux qui normalement irrigue, illumine et régénère est interrompu. La pensée se fixe dans la matière, se densifie, se cristallise et se matérialise éventuellement. Gravés dans le psychisme, ces nœuds prédisposent ainsi à des conjurations ou à des convulsions du destin par le biais de situations et d’événements inhabituels, propices ou tragiques selon les cas, capables d’une façon ou d’une autre de magnifier, bouleverser et quelquefois briser le cours normal de l’existence ».  L’astrologie et la mécanique de la pensée – Les nœuds lunaires

(8) « ... (les nœuds lunaires) manifestent parfois des évènements marquants, possiblement choquants, dont on est témoins sans qu’ils nous concernent personnellement, comme un accident impliquant une ou des personnes inconnues, ce qui nous ramène encore une fois aux mystères de la synchronicité́. Ceci explique peut-être pourquoi par exemple, certains évènements violents très médiatisés montrent des nœuds lunaires puissamment soulignés par Mars. A l’époque d’internet et du village global, toute la planète devient témoin ». L’astrologie et la mécanique de la pensée – Les nœuds lunaires

Image : California Department of Forestry photo by Bill Peters, from U.S. Forest Service - Domaine public - https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2949894






vendredi, juillet 30, 2021

Astrologie et libre-arbitre : sommes-nous captifs de nos thèmes astraux ?


Lien pour la vidéoAstrologie et libre-arbitre : sommes-nous captifs de nos thèmes astraux ? 

Texte de la vidéo :

Aujourd’hui nous allons parler du libre arbitre en astrologie, c’est-à-dire se demander si nous sommes prisonniers de nos cartes du ciel et n’y pouvons rien changer, ou si nous disposons d’un véritable espace de liberté ? En d’autres termes, nos destinées sont-elles inscrites dès notre naissance, ou sommes-nous capables de les transformer ?  

Pour tenter de répondre à cette question il faut prendre du recul, c’est-à-dire en premier lieu ne pas se cantonner à l’astrologie. Le fait est que nous ne choisissons rien : nous naissons à une époque et sous des cieux donnés, au sein d’un peuple et d’une famille avec une hérédité, une classe sociale, des traditions, une religion peut-être qui nous sont imposés. Nous sommes ainsi d’entrée enveloppés dans un récit collectif pétri de croyances et de conditionnements qui remontent parfois à la nuit des temps. Pourtant, notre petit « moi », notre ego, prétend être libre de ses choix. 

Les philosophes et les religieux débattent de ce problème depuis toujours et restent très divisés. Plus récemment les scientifiques sont entrés dans le jeu avec tout autant de divergences. Beaucoup soulignent que nous sommes très ignorants des enchainements des causes et des effets qui aboutissent aux circonstances présentes. La conséquence en étant que la plupart du temps les motivations profondes de nos choix, qui peuvent être le désir, la recherche de la sécurité ou un système de croyances, nous échappent. Les penseurs contemporains mettent en avant la puissance de l’inconscient, ou encore la biochimie de nos cerveaux, nos gênes et nos hormones. 

Étudiée sérieusement, l’astrologie semble d’abord suggérer que le libre-arbitre est une illusion. Bien sûr on ne se prive pas de répéter la fameuse formule qui veut que « les astres inclinent mais ne déterminent pas », mais en même temps l’on ne cesse de s’étonner que les thèmes astraux que nous étudions, correspondent si précisément à la vie et aux destinées qu’ils décrivent.

Programmations et déclenchements

Certains faits astrologiques se montrent incroyablement explicites et ne cessent de surprendre les astrologues, même après de longues années de pratique. D’ailleurs plutôt que de se demander si le caractère correspond bien au signe solaire, ou d’établir des statistiques à propos des activités professionnelles, la véracité de l’astrologie se prouve beaucoup plus facilement par l’étude d’évènements marquants émaillant les destinées. Les synastries, c’est-à-dire les comparaisons de thèmes de naissance ou les thèmes de rencontres déterminantes sont particulièrement parlants : l’on remarque alors ce qui ressemble à des programmations inscrites dans les configurations natales et qui se déclenchent fréquemment au moment où les transits des astres les activent.  

Vous en trouverez un exemple frappant sur mon blog dans l’article intitulé La mort de George Floyd, une synastrie tragique. Vous vous souvenez de George Floyd, cet afro-américain décédé lors de son interpellation par le policier Derek Chauvin. Non seulement les points de contacts entre les thèmes des deux hommes sont extraordinairement rapprochés, nous sommes dans l’ordre du degré, mais leurs significations correspondent parfaitement au drame qui va les associer. Et si l’on peut accuser le hasard, le thème du déclenchement nous fait penser différemment, puisqu’au moment de l’évènement les principaux points de contact sont actualisés par des transits très précis dont les significations valident à 100% la programmation.

Mais tous les exemples ne sont pas aussi tragiques ! Lors de présentations sur les nœuds lunaires, j’ai mis en avant la synastrie de Romain et de Marie, un couple marié depuis 20 ans dont la rencontre programmée saute aux yeux. De trois ans son aîné, Romain montre un Soleil posé sur le nœud sud de Marie, alors que celle-ci a son Soleil posé sur le nœud sud de Romain ! Difficile de faire mieux d’autant que les écarts sont de l’ordre de 01°. 


La chance que cela se produise est évidemment infime, mais on ne peut pas écarter complètement le hasard, sauf que le thème de la rencontre, c’est-à-dire du déclenchement de la programmation, tranche définitivement contre la coïncidence. En effet, à ce moment-là les transits des nœuds lunaires et de Vénus, l’astre de l’union, actualisent ces points de contact entre les deux thèmes, toujours de façon très précise et qui entérine le sens de la programmation.

Ces exemples – et il y en a beaucoup d’autres - interpellent en ce qu’ils donnent l’impression dérangeante que nous sommes programmés et que nos destinées sont tracées à l’avance.  

George Floyd et Derek Chauvin, ou Marie et Romain ne choisissent pas de se rencontrer, mais leurs chemins se croisent comme prévu pourrait-on dire. Qui plus est, le type d’interaction est en accord complet avec les points de jonction des thèmes. Dans le premier cas, Mars et Saturne prédominent et la brutalité l’emporte. Dans le second cas c’est Vénus qui prédomine, ce que démontre la suite de leur histoire. Ainsi illustrée, la question se pose de façon plus pressante que jamais : où donc est notre liberté, si tant est qu’elle existe ? 

Echapper aux programmations

Demandons-nous s’il est possible d’échapper à ces programmations, c’est-à-dire à ces cadres psychiques préétablis gravés dans nos thèmes de naissance ? 

Attentivement examiné, ce problème ne semble pas comporter de solution évidente : la difficulté majeure peut-être étant que le « moi identitaire », c’est-à-dire l’ego auquel nous nous identifions, celui-là même qui revendique son libre arbitre, est lui-même un produit de la programmation. En effet, tout ce qui le constitue, la mémoire, les pensées, le caractère et les émotions, le corps et son hérédité, appartient à la structure décrites par le thème astral. Comment pourrait-il en ce cas être libre de ses choix ?

L’on peut cependant se demander pourquoi cet ego programmé, conséquence de l’accumulation personnelle et collective d’expériences cristallisée sous forme de mémoires et de préoccupations mentales, est si soucieux de liberté ? Pourquoi le libre arbitre est-il depuis toujours l’une de nos préoccupations majeures ? N’est-ce pas, c’est bien sûr une hypothèse, parce que la recherche de la liberté et donc de notre libre arbitre, fait intégralement partie de la programmation ? 

Si elle s’avère exacte, cette hypothèse permet d’approcher notre problème différemment, de le contourner en quelque sorte : nous pouvons envisager que malgré tout nos conditionnements et la nature même de notre ego, le libre arbitre soit une réalité que nous pouvons atteindre, c’est-à-dire conquérir. 

Le libre arbitre doit être conquis

Il nous est ainsi possible de considérer que si le libre arbitre existe il n’est pas offert, mais doit être conquis et que sa quête réside au cœur de la programmation, qu’elle en constitue possiblement le noyau. Maintenant, si nous poursuivons ce train de pensée, nous aboutissons à l’idée que le thème astral de l’individu représente à la fois sa programmation, c’est-à-dire sa prison, mais également le sentier de la libération. 

Adaptée à l’interprétation, cette hypothèse explique comment et pourquoi le thème astral gagne à être lu sur deux niveaux (1) : 

- Le premier niveau de lecture, qui est horizontal, comprend l’ensemble des significations du thème, c’est-à-dire la totalité du paysage psycho émotif, avec ses orientations fondamentales, ses conditionnements et ses comportements programmés. 

- Le second niveau, qui est vertical, est le sentier inscrit à l’intérieur du thème, qui mène à la libération de la programmation. 

Pour se libérer il s’agit donc, au cours de son existence, de trouver puis d’emprunter ce sentier céleste particulier, ce à quoi l’astrologie doit s’employer en priorité. Ce sentier est propre à chacun, ce qui accessoirement invalide les croyances collectives. 

L’on comprend donc que le libre-arbitre n’existe que lorsque la conscience se libère du cadre psychique préétabli défini par le thème astral, dans lequel elle est comme insérée à la naissance. La liberté devient donc le but même du grand jeu de la vie et de la mort, dont nombre de règles sont définies par l’astrologie. 

Conquérir le libre arbitre

En résumé, quoique nous soyons « programmés » par le thème de naissance, il existe une voie de sortie qui est la quête de la liberté. L’expérience astrologique semble prouver que nous soyons en grande partie captif de notre thème et en même temps le dessein même de la programmation serait de permettre à la conscience de s’en libérer - et de connaître peut-être sa « vraie nature ».  

Ainsi, comme nous l’avons vu, le libre arbitre n’est pas offert à la naissance, il doit être conquis, une quête intimement liée au sens de la vie.   

Que la conscience puisse se libérer du thème de naissance reste une hypothèse difficile à prouver. Peut-être n’est-ce qu’une illusion provoquée par un désir de sens, puisqu’il nous semble toujours en tant qu’êtres humains, que la vie ne saurait être absurde. Et ceci d’autant plus que tout nous prouve que l’ordre et la logique, que ce soit dans la structure de la matière, dans les mathématiques ou dans la musique règnent partout. Pour cette raison, depuis des dizaines de millénaires sans doute, la quête du sens est ce qui définit au mieux l’être humain. 

C’est pour cela que l’astrologie en soi, c’est-à-dire simplement en tant que sens accordé à la géométrie céleste, semble non pas prouver mais valider notre hypothèse : parce que la géométrie du ciel est traduisible en significations, l’astrologie indique que la vie n’est pas un accident, ce dont j’ai parlé dans une vidéo accessible sur ma chaîne intitulée : Astrologie, définitions et implications 

Qu’est-elle vraiment nous n’en savons rien et il est possible que nous ne puissions jamais répondre à cette question, en tout cas tant que nous sommes captifs de la carte du ciel. Mais il reste cette incontournable notion de sens de la vie. Et si la vie a un sens, il est fort possible qu’elle ait un dessein et que celui-ci entretienne une relation avec la quête de la liberté. La vie, avec toutes ses orientations, ses programmations et ses accumulations d’expériences plaisantes ou déplaisantes, engendrerait une fleur qui serait la liberté de la conscience. Le dessein de la vie serait la libération de la conscience de la « matrice psychique » dessinée par le thème astral, mais cette matrice, un mot qui vient de mère, est semblable à un cocon : elle met la conscience en état d’éclore. 

Adages 

Pour terminer cette exploration du libre arbitre en astrologie, je reviens sur l’adage qui veut que « Les astres inclinent mais ne déterminent pas » - en soulignant que s’il est vrai, il n’est pas si évident à appliquer. Cet autre adage qui veut que « Le sage commande aux astres et que le fou soit dominé par eux » nous convient sans doute mieux.  


(1) Cette façon d’interpréter est développée en détail dans L’astrologie et la mécanique de la pensée ainsi que dans un article intitulé Le sentier céleste : horizontalité et verticalité accessible sur le site d’Astrodienst. En anglais : The celestial way - Horizontally and vertically 





samedi, juin 26, 2021

Astrométéo de début d'été : le retour de Mars

Entre février 2020 et février 2021 l’on a clairement mesuré le rôle de Mars qui a présidé, comme le veut sa fonction, aux montées en puissance d’inflammations psycho-émotives, politiques, sociales et bien entendu sanitaires. Ses rencontres tendues, c'est-à-dire conjonctions ou carrés à Saturne, Jupiter, Pluton et Uranus nous ont sérieusement bousculé(e)s à chaque fois, aggravant des situations déjà bien compliquées (1). 

21 juin 2021 Paris 05h32 - Début de l'opposition Mars-Saturne

Depuis le solstice d'été du 21 juin, alors que le variant Indien dit « Delta » est sur toutes les lèvres et au coeur des préoccupations mondiales, même dans les pays qui commençaient à se croire sortis d’affaire, Mars est bien entendu de retour. L'astre rouge est à nouveau puissamment connecté à Saturne par une opposition (circonstances adverses, durcissement du réel, brutalité, frustrations …) et à Uranus par un carré (radicalité des actes et de la pensée, volonté électrique et contractée … ). Pas de doute, Mars en Lion rugit et enflamme le monde jusqu’au 15 juillet environ. 

Mars et Saturne

Mars s'associe aux inflammations, aux fièvres, aux échauffements des corps et des esprits et à toutes les sortes d’accidents : attention sur les routes, d’autant que son opposition à Saturne durcit et frustre les esprits, puisque les désirs (Mars) se heurtent aux obstacles (Saturne). Il faut attendre alors que l’on est pressé de se rendre à un RV, de rentrer chez soi, de partir en vacances ou de jouir de la vie tout simplement. 

Et comme après les restrictions l’on rêve de fêtes et de vacances, on écarte d'un revers de main les risques de maladie car Mars nous rend facilement adepte du « même pas peur ». Donc tant pis pour le Delta qui semble bien vouloir gâcher la fête justement. Ce n'est sans doute pas totalement une mauvaise chose, la  psychologie jouant son rôle dans la santé, mais il semble également évident que la remontée des contaminations en divers points du globe soit liée à ce Mars en aspect tendu. 

Mars et Uranus

Le carré de Mars à Uranus est intrinsèquement dangereux, car l’on est mentalement, nerveusement et physiquement explosif. La nécessité de la liberté, de l’aventure, de l’audace se fait sentir et l’on est enclin à trancher les noeuds plutôt qu’à les dénouer patiemment. Mars dans le signe ludique et créatif du Lion, au carré d'Uranus en Taureau, un signe plutôt jouissif, nourrit la volonté de vivre sans entrave et sans autorités.

Mais Saturne en Verseau, chercheur avisé malgré tout lié aux circonstances adverses par le biais de sa relation à Mars, ne l’entend pas de cette oreille. Habillé en variant Indien, le Covid-19 ne se décide donc pas à nous lâcher. Ainsi Uranus (le révolutionnaire), Saturne (le penseur) et Mars (le combattant) s'alignent sur le champ de bataille, avec Neptune (médias divers, propagande, réseaux sociaux, souffrance) et Pluton (puissances financières, intérêt personnel, morbidité) en toile de fond et les polémiques font rage : pro et antivax s’affrontent à coups de certitudes assénées de part et d’autres quand en vérité personne ne sait vraiment où l’on en est. Heureusement que Jupiter en Poissons limite les dégâts (2)

Le Delta

Dans ce cadre tendu et incertain, il est difficile de dire où le Delta nous mène. Depuis près d'un an et demi que dure la crise sanitaire, l'astrologie nous a montré que Mars est toujours intervenu brutalement et au mauvais moment, en nourrissant les flambées de contaminations successives forçant les re-confinements. Ce transit de Mars n'est clairement pas une bonne nouvelle et ces derniers jours des pays qui semblaient sortis du marasme (Israël, Australie, Nouvelle Zélande entre autres), ont reconduit ou renforcé des restrictions qui avaient disparues.

La situation astrologique semble cependant beaucoup moins grave que celle de l'an dernier, cet hiver y compris. Les configurations astrales ne montrent pas les mêmes tensions, mise à part le long carré Saturne-Uranus dont il faut nous accommoder (3). Enfin, en phase de déplacement rapide, Mars ne s'installe pas, ce qui nous permet d'espérer qu'il ne s'agit que d'une montée de fièvre qui descendra dès la mi-juillet. 

Vénus

Vénus nécessite que l’on parle un peu d’elle, puisqu’elle rejoint Mars du 3 au 25 juillet, s’opposant alors à Saturne (jusqu’au 12 juillet) et dessinant un carré à Uranus (jusqu’au 15 juillet).  

Vénus participe ainsi, à partir du 3 juillet à l’inflammation de Mars : les sentiments, la sensualité, le désir d’aimer et d’être aimé(e) s’en retrouvent tourmentés, avec un cortège de passions (Vénus-Mars), de possibles coups de foudre et de bouleversements affectifs (Vénus-Uranus) et de déceptions ou de séparations (Vénus-Saturne). Pas facile d’être sage, ni même prudent, les sentiments ne se commandent pas et les attractions moins encore : les gestes barrière vont en prendre un coup. 

Ça n’empêche, on est prévenu(e)s, ce n’est pas forcément le moment de croire à la rencontre de l’âme soeur et la souffrance guette. Mais tout dépend de soi, de son thème et de son intelligence : la liberté dans l’amour et la créativité (Vénus-Uranus) sont présentes, ainsi que la tempérance et la profondeur des sentiments (Vénus-Saturne), ce qui évite la précipitation sans empêcher la passion (Vénus-Mars) …. 

Le bon coté des choses

Ce qui compte c’est bien l’intelligence avant tout, c’est-à-dire le regard pénétrant capable de voir la vie, les rencontres, les évènements, la crise sanitaire et le Delta de façon libre et neuve, sans être victime de la peur, de conditionnements, de croyances et des propagandes - quelles que soient leurs sources. 

Travaillant avec Uranus (la révolution), Mars (l’action) est capable de changer le monde, pourvu que Saturne tempère et délimite cette association explosive. Et ça tombe bien puisque Saturne est présent.  L’on peut ainsi, si l’on s’en donne la peine, agir avec intelligence, ce qui signifie également immédiatement : la perception directe de la vérité (Uranus) se traduit par l’action (Mars). Pour celles et ceux qui comprennent réellement - pas uniquement cérébralement - compréhension et action constituent un seul mouvement capable de changer la conscience. Vénus apporte alors la composante émotionnelle requise, car l’intelligence ne peut s’en passer : le cérébral est insuffisant pour comprendre le monde et résoudre les problèmes terrifiants que nous rencontrons actuellement. 

Ce que j’écrivais en juillet dernier (4) est toujours d’actualité : la sagesse propre à Mars est l’action juste, c'est-à-dire une action qui ne soit pas une réaction à la peur (ou à la colère, l’avidité, la frustration …), mais qui naisse directement de l’intelligence.

La fonction majeure de l’astrologie est de nous aider à comprendre les coulisses de l'existence : elle nous apprend à agir (Mars), en comprenant les mécanismes qui président à nos pensées et à nos actions. Il ne s’agit pas de faire le gros dos en attendant que les aspects tendus s'achèvent, mais de comprendre à l'instant présent nos réactions face à la frustration (Mars-Saturne), à l’inflammation de nos volontés (Mars-Uranus) et à nos affectifs tourmentés (Vénus-Mars-Saturne-Uranus). Il s’agit d'une certaine façon de comprendre que le Covid, résultat de nos modes de vie aberrants, se nourrit avant tout de notre incapacité à changer.

Un dernier mot sur le service, puisque l'on sait que Mars et tout particulièrement dans ses confrontations à Saturne se résout ainsi, lorsque le guerrier se transforme en serviteur. L’on doit réaliser - en se tournant vers Neptune - que le service consiste sans doute en premier lieu à transformer sa conscience personnelle afin de transformer la conscience collective. Il me semble que Krishnamurti avait tout compris lorsqu’il avait déclaré (Mumbai 1982):  « La crise n'est pas politique, la crise n'est pas économique, ni elle n’est spirituelle, soi-disant religieuse : la crise est dans notre conscience »


___________________________________________

(1) Articles traitant de Mars en 2020 :  Les astres au temps du Corona virus -  Astrométéo de l’été : la fenêtre post-confinement  -  Les promesses tenues de Mars

(2) 75 jours de Jupiter en Poissons

(3) A propos du carré Saturne- Uranus, lire:  Saturne en Verseau, mode d’emploi

(4) Mars et ses carrés : inflammation, révolte et action juste 










samedi, juin 19, 2021

Astrologie : définition et implications




















L'objet de cette vidéo - plutôt un podcast illustré - est de définir l'astrologie à partir de ses fondations théoriques et de son fonctionnement pratique, dans le but d'en comprendre ses implications . 

 


Texte intégral de la vidéo

Qu'est-ce que l'astrologie ? 

Si l’on y réfléchit un peu, même si l’on croit en avoir une assez bonne idée, il n’est pas si évident de proposer une définition précise qui mette ses fondations à nu. Dans les dictionnaires ou les encyclopédies il est question de pseudo-science, d’outil divinatoire, d’influences célestes ou encore de déterminisme, de superstition et de croyances archaïques, c’est-à-dire de préjugés plutôt défavorables. Heureusement des explications plus abouties parlent de correspondances supposées entre les configurations célestes et les affaires humaines - ou d’un langage mettant en scène des liens symboliques et synchrones entre l’image du ciel et l’inconscient. Selon leurs visions personnelles des astrologues parlent de forces « ésotériques » à l’œuvre, d’état pré-structuré du psychisme, d’une conception du monde ou d’une vision sur le Réel

Je vous propose de mon côté une définition qui s’attache à ses fondations théoriques autant qu’à son fonctionnement pratique, non pas pour le plaisir mais afin que ses implications philosophiques et même spirituelles, un mot que je manie avec beaucoup de précautions, s’imposent d’elles-mêmes. 

Mais commençons par le commencement :


Ces jours-ci le Soleil traverse le signe des Gémeaux: cette information, le fait que Soleil soit en Gémeaux, n’est pas à proprement parler de l’astrologie. L’on pourrait même avancer que c’est plutôt de l’astronomie. Pourquoi ? Parce qu’on ne fait jamais que positionner le Soleil observé de la Terre en utilisant une zone particulière de la sphère céleste qui s’appelle le Zodiaque. 

En quelques mots, le Zodiaque, qui fait le tour du ciel, est le sentier qu’empruntent les astres lorsqu’ils sont observés de la Terre : c’est une bande de 17° de largeur, dont le milieu est la route apparente du Soleil et dont les planètes et la Lune ne sortent jamais. Il est divisé en 12 parts égales de trente degrés chacune, qui sont les signes zodiacaux.

Ainsi, dire que le Soleil est dans le signe des Gémeaux, c’est le situer dans le ciel en utilisant un système de coordonnées. En d’autres termes, c’est énoncer sa longitude. Il s’agit donc bien d’astronomie, une science à laquelle il appartient de positionner et d’observer les corps célestes.  Pour préciser la position du Soleil, il faudrait ajouter une seconde coordonnée, en relation cette fois-ci avec sa hauteur. Évidemment je simplifie au maximum - mais l’essentiel est de comprendre que nous parlons de géométrie céleste et que pour le moment, il n’est pas du tout question d’astrologie, même si je mentionne un signe zodiacal.  

L’astrologie commence - au moment où l’on introduit la notion de sens : dire par exemple que le Soleil en Gémeaux évoque une double nature, la curiosité, l’astuce, les échanges, le dilettantisme ou encore de multiples talents, c’est faire de l’astrologie, c’est-à-dire accorder un sens, une signification à la géométrie céleste. Et c’est aussi simple que cela : tout l’édifice astrologique repose sur cette association du sens à la géométrie des astres observés de la terre. Dès que j’offre un sens aux cordonnées célestes, je fais de l’astrologie. 

A nouveau, la simplification est extrême : l’astrologie est très complexe, elle prend en compte les planètes, les luminaires et parfois les étoiles elles-mêmes, dans leurs situations célestes, mais aussi dans leurs natures intrinsèques. Nombre de points fictifs, tels que les nœuds lunaires, l’Ascendant ou le Milieu du ciel pour ne citer qu’eux, sont très signifiants. Et puis elle n’est pas uniquement descriptive :  bien au contraire puisqu’elle tente de comprendre, d’accompagner et d’éclairer des êtres et des destinées qui ne sont jamais statiques. Et l’expérience montre qu’elle concerne aussi les évènements. 

Mais, pour s’arrêter sur une définition à la fois simple et élaborée, l’on dira que l’astrologie considère que la nature, la situation, les déplacements et les interactions des astres entre eux, sont liés par le sens à nos identités, à nos consciences et à nos destinées.

Sans doute postulée dès la préhistoire par quelques-uns de nos ancêtres anonymes et forcément géniaux, cette équivalence entre la géométrie et le sens constitue une incroyable révolution mentale que l’on ne remarque plus tant nous y sommes habitués :  il n’était pourtant pas évident d’associer ainsi ces deux principes totalement étrangers l’un à l’autre, à savoir la géométrie, dont l’objet est l’étude des figures spatiales - et le sens, celui-ci se rapportant à nos consciences et à nos destinées. L’astrologie s’est construite et continue d’exister à partir de cette équivalence qu’elle a pleinement développé, puisqu’elle considère que les divisions du cercle dessinent des angles chargés de significations.

Parvenu à ce point, un fait essentiel doit être souligné : accorder un sens à la géométrie du ciel ne doit en aucun cas découler d’une croyance, d’une superstition ou d’une tradition : tout pratiquant sérieux de l’astrologie doit se plier personnellement à un grand nombre d’observations, d’expériences et de vérifications.

La pratique de l’interprétation, un art subtil et compliqué, permet de démontrer son bien-fondé. Tout le monde n’est pas fait pour l’étudier bien entendu, mais rien n’empêche d’expérimenter soi-même, ne serait-ce qu’avec son propre thème. L’on s’aperçoit alors rapidement que les principes astrologiques fonctionnent, quitte à en être la première ou le premier étonné. Celles et ceux qui poussent un peu plus loin réalisent très vite que leur propre carte du ciel, celles de leurs amis ou des membres de leur famille, correspondent avec une grande précision à celui ou à celle qu’elles représentent. 

Il est ainsi relativement simple de vérifier par soi-même, c’est-à-dire sans accepter pour argent comptant ce que racontent les livres ou les astrologues, que Mars renvoie effectivement à l’énergie, au sens de l’action, à la bravoure ou encore au conflit et à la violence. Que Vénus s’associe à l’art, à la sensualité, au plaisir, à l’amour, au charme et à la séduction, ainsi qu’à la vanité des apparences. L’on remarque que la validation de ces principes fondamentaux, encourage souvent à poursuivre les explorations et nombre d’astrologues ont commencé ainsi. D’autant que de même que les mathématiques ou la physique, l’astrologie se révèle de plus en plus complexe et passionnante dès lors que l’interprétation utilise l’ensemble des astres et tous les outils mis en place au fil du temps, comme les maisons, les aspects ou encore le balisage du Zodiaque dont la structure géométrique, que nous étudierons une autre fois est particulièrement étonnante.

 

Qu’en est-il maintenant des implications ? S’il ne s’agit pas d’une croyance, ni d’une superstition ou d’une illusion, accorder du crédit à l’astrologie entraîne des conséquences majeures. La plus importante se rapportant à mon avis à la question du sens de la vie.  

Il est en effet bien surprenant de réaliser que d’une façon énigmatique et certainement déconcertante, mon être, mon identité, mon caractère ainsi que ma destinée, sont associés à la situation des astres au moment de ma naissance ! Qu’il en est de même pour mes contemporains - et qu’il en fut de même pour mes ancêtres depuis que le monde est monde. Accepter l’astrologie, ce qui encore une fois doit passer par l’expérimentation, revient à accepter que la notion de sens, appliquée à ma personnalité et à ma vie soit visible, observable et d’une certaine façon mesurable dans le ciel.

L’astrologie se place ainsi en médiatrice entre le monde de la matière et celui de la conscience : elle part de la nature et de la géométrie des astres pour aboutir à la réalité du vécu, tant intérieurement que tangiblement. 

En conséquence, si elle s’avère véridique, il est fort possible, voire probable, que la vie ne soit pas un accident. L’on ouvre alors la boîte de Pandore car on ne peut plus écarter d’un revers de main l’idée que la vie poursuive peut-être un dessein : qu’au-delà de la survie et de la reproduction, ou éventuellement de la réussite sociale, nos existences et nos destinées puissent avoir un sens. 

Maintenant, cette spéculation doit s’arrêter ici : l’astrologie ne prouve pas l’existence des dieux, ni d’un démiurge créateur ou d’un Dieu unique omnipotent. Elle ne prouve pas la vie après la mort, ou l’existence d’une âme immortelle. Elle n’impose pas non plus une vision déterministe de la vie, qui signifierait que tout est écrit à l’avance. 

Retenons pour le moment qu’elle se contente et c’est tout ce que nous savons, de suggérer fortement que la vie a sans doute une signification et ainsi peut-être un dessein, même si celui-ci nous est caché. 

Pour terminer en introduisant ce que je me propose de faire lors de prochaines vidéos, j’aimerais revenir sur les trois miracles de l’existence que sont l’univers, la vie et la conscience et dont j’ai parlé en d’autres occasions. 

Au sein d’un univers presque impossible à appréhender, la vie, un phénomène miraculeux en soi, se manifeste de façon hautement sophistiquée par le biais de la conscience, avec laquelle nous nous voyons exister, penser, aimer ou souffrir : c’est elle qui nous intéresse particulièrement : en effet, nous étudierons les liens étonnants qui associent l’astrologie et le psychisme, dont l’expression la plus complexe est la conscience. Nous verrons comment l’architecture du système solaire offre des formes et des orientations à notre psychisme et les conséquences que cela implique dans le cadre de nos existences quotidiennes, du déroulement de nos destinées et de la quête du sens. 

vendredi, mai 14, 2021

75 jours de Jupiter en Poissons

Le premier ingrès de Jupiter dans les Poissons - du 14 mai 2021 (CET) à 00h36 au 28 juillet à 14h43 (CET) - est l’une des meilleures nouvelles de l’année astrologique (1). Son retour après douze ans de voyage dans l’un de ses signes de maîtrise - l’autre étant le Sagittaire - doit lui permettre d’associer sa nature expansive et conviviale à l’empathie et à la compassion, ce qui ne saurait faire de mal à une Terre livrée à la convoitise, à l’avidité et à la dureté d’une humanité désenchantée. Si l’on ne doit pas s’attendre à des miracles, d’autant que les croyances, les identifications et les illusions en seront parfois amplifiées, l’atmosphère collective a de quoi s’en retrouver allégée par le biais d’êtres humains prenant leurs responsabilités, Jupiter gardant toujours un lien avec le sens de la justice, la bienveillance, la protection des faibles, la philosophie et en définitive la spiritualité.  

Jupiter et Uranus 

Durant ces 75 jours Jupiter ne dépasse pas le second degré des Poissons (2). Il s’est éloigné de Saturne comme celui-ci s’est éloigné de Pluton après que les trois astres conjoints nous aient puissamment secoués l’an dernier (3). Il n’est ainsi plus en aspect avec l’un ou l’autre et ne s’approche pas de Neptune avant l’an prochain. 

Jupiter 00°00 Poissons - le 14/05/2021 - 00H36 - Paris France
Cependant, le quintile (72°) très signifiant qu'il adresse à Uranus depuis la mi-avril  reste actif toute la durée de son séjour en Poissons : cet aspect - non traditionnel attribué à l'astronome-astrologue Kepler - s’associe à une quête d’harmonie et de créativité, voire à une vraie spiritualité. Cette connexion entre les deux astres est à replacer dans le contexte actuel puisque Saturne quant à lui, adresse un carré à Uranus, ce qui est notre problème majeur jusque début 2023 (4). Par ce carré, Saturne en Verseau, quoique associé à la recherche, ralentit et même bloque parfois les progrès nécessaires à la transformation de la conscience collective. Les craintes, les traditions et les conditionnements dressent des obstacles à l’audace et à la révolution intérieure. Plutôt que de libérer, les avancées technologiques (le Verseau) enferment et contrôlent (Saturne), interférant avec la révolution (Uranus) nécessaire des consciences. 

Il nous faut toutes et tous travailler en nous-mêmes d’abord et au dehors si nous le pouvons à ce problème, et ce quintile de Jupiter en Poissons à Uranus en Taureau a capacité à nous y aider, en introduisant une forte dose de compassion et de justice dans les idées et les pistes poursuivies : les innovations, les actions se tournent un peu plus vers le bien-être collectif et le mieux-être de la planète. Des décrets et des lois pourraient voir le jour et ceci au niveau mondial car les deux astres sont liés au cosmopolitisme. Jupiter chez lui dans les Poissons amplifie une souplesse, une plasticité psychique capable d’assouplir le carré statique Saturne-Uranus actif à partir de deux signes appelés « forts », c’est-à-dire plus chênes que roseaux, nous enlisant dans l’administratif, les intérêts particuliers et les conditionnements millénaires. 

Jupiter et la crise sanitaire

Cette association au cosmopolitisme nous amène à la crise sanitaire vécue différemment selon que l’on habite un pays riche ou pauvre. Il est certain que les discussions en cours pour tenter de lever les brevets sur les vaccins pourraient avancer et pourquoi pas aboutir, allant dans le sens de l’intelligence, de la  liberté (Uranus) et de la générosité (Jupiter). Ce que nous traversons depuis plus d’un an démontre amplement que nous vivons sur une seule planète et que les solutions à nos problèmes sont mondiales. 

Comme Jupiter est l’astre convivial par excellence, qu’il encourage les relations sociales, les rencontres, l’extraversion, l’on peut s’attendre - dans les pays qui émergent de la crise actuellement - à ce que nombre de nos « libertés » soient récupérées. Il advient que son entrée dans les Poissons, qui plus est connecté à l’astre de l’indépendance et de la liberté (Uranus) se fasse à ce moment précis où la pandémie est en récession. C’est bien entendu une bonne nouvelle, mais qui ne doit pas nous faire oublier les moins chanceux. Le bémol reste que les émotions et la sentimentalité en sont amplifiées créant de possibles débordements que ce soit dans le cadre de l’affectif, des plaisirs et des relations sociales. Les Poissons sont un signe particulièrement influençable et Neptune, même hors de portée de Jupiter cette année, est présent dans ce signe : attention à la fragilité des esprits face au besoin d'identification à des clans et à des idéologies, aux illusions et à tous les types de propagandes quels que soient leurs sources.  

Le protecteur

Ces 75 jours de Jupiter en Poissons s'annoncent pourtant essentiellement positifs, ce qui semble normal, Jupiter étant la grande bénéfique, ou encore Celui qui favorise, l’astre des opportunités, des connexions, de la sérendipité et des circonstances favorables. 

Cependant la mécanique astrale est un tout. Jupiter ne représente qu’un des joueurs sur le grand échiquier cosmique et l’humanité traverse une époque extraordinairement importante. Nous vivons une période historique à maints égards, ce qui nous est difficile à réaliser car nous n’avons pas suffisamment de recul. L’on sait, par les rapports des spécialistes ainsi que par la simple observation de notre environnement - la disparition des moineaux par exemple - que notre terre est en grande souffrance. L’on sait aussi que portée par le culte de l'intérêt personnel, la brutalité des rapports humains ne faiblit pas. C'est ainsi que de terribles injustices renforcées par des répressions sanglantes emplissent nos actualités. 

Pourtant, si l’astrologie offre un accès aux coulisses du psychisme, soit-il individuel ou collectif, elle propose aussi certaines solutions : il ne s’agit pas uniquement d’observer les déplacement des astres et de se préparer à les accepter joyeusement s’ils sont favorables ou à les subir en courbant le dos s’ils ne le sont pas. Il s’agit de les utiliser intelligemment : de les considérer comme des sentiers qui se révèlent dans nos consciences et qu’il nous est possible d’emprunter. 

Jupiter est le protecteur, mais l'on ne doit pas le considérer comme un principe extérieur qui agirait de façon mystérieuse pour nous venir en aide. L’essentiel se passe en nous-mêmes et il s'agit d’imprégner nos consciences de ce qu’il représente : justice, générosité, bienveillance, tolérance et compassion et de laisser ces principes se déployer en nous. Sa situation favorable en Poissons nous facilite la tâche, de même qu'elle facilite une compréhension intuitive de son lien avec Uranus ce qui doit se traduire en action : nous parlons de favoriser une vraie transformation des consciences, seul vrai moyen de changer le monde. 

________________________________________

(1) Jupiter fait plusieurs séjours dans les Poissons jusqu'à la fin 2022 : du 14 mai au 28 juillet 2021, puis du 29 décembre 2021 au 10 mai 2022 (premier ingrès en Bélier). Il rétrograde dans les Poissons le 28 octobre 2022 et quitte définitivement (pour 12 ans) ce signe le 20 décembre 2022

(2) Stationnaire le 20 juin et rétrograde le 21 juin 2021  à 2°11 des Poissons

(3) Pour la conjonction Jupiter-Saturne-Pluton : Les astres au temps du corona virus - La genèse astrale du COVID-19

(4) Pour une analyse détaillée du carré Uranus-Saturne :  Saturne en Verseau mode d’emploi





jeudi, avril 22, 2021

L'astrologie et l'émergence du héros solaire

Rejoignez-moi LE JEUDI 29 AVRIL à 20H30 (CEST) pour un webinaire organisé par ISAR (International Society for Astrological Research) intitulé: 

L'ASTROLOGIE ET L'EMERGENCE DU HÉROS SOLAIRE    (1)                                         

Le jeudi 29 Avril à 20h30

Il a été dit que seul le héros a une destinée. Qu’est-ce que cela signifie ? Le mot destinée renvoie à destination, qui évoque à la fois une fonction et un lieu où l’on se rend. Ainsi, soit-il homme ou femme, le héros solaire, archétype central à l’astrologie, s’efforce de trouver au centre de son être ce qu’il est venu chercher, tout en remplissant la fonction pour laquelle il est né. Inscrit au cœur de la philosophie astrologique, le héros solaire ne se manifeste que quand en quête de sens, de vérité, de lumière et d’amour, nous nous enfonçons dans nos jungles intérieures, où il nous faut entre autres épreuves affronter le dragon de la peur. Dans cette quête qui seule donne un sens à nos existences, notre thème astral est notre carte au trésor : il révèle notre sentier céleste unique, personnel qu’il nous faut emprunter pour atteindre notre but, c’est-à-dire nous réaliser. Au cours de ce webinaire que nous propose Bernard Duchatelle, nous essaierons de comprendre de quelle façon l’interprétation du thème peut et doit favoriser cette émergence du héros solaire, ce qui est sans doute la raison d’être majeure de l’astrologie.

(1) Cliquez sur le lien pour vous enregistrer

CENTILOQUE

CLIQUEZ SUR LE LIEN pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage publié en 1993 aux Editions Dervy


Extrait :


1- N°5 : caractère et destinée.


« L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère ».


Le mot caractère nous vient du grec « kharaktêr », qui signifie un signe gravé. Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.


Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.


Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, l'espritla sagesse, le pouvoir et l’amour.


Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.


Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.