vendredi, mai 11, 2018

Mars et Ketu durcissent l’été 2018


Au-delà des phénomènes cycliques qui ordonnent et rythment la géométrie céleste, nos existences sont soumises à la notion de convergence : en effet, certaines portions du Zodiaque sont à certains moments, par occupation directe ou par aspects interposés, le théâtre d’importantes turbulences, à même d’affecter, de surprendre et parfois de bouleverser nos destinées collectives ou personnelles. 
Nul besoin que ces configurations soient spectaculaires, nous avons observé cela récemment lors de la rétrogradation de Mercure sur Saturne et sur Mars (1), dont certains d’entre nous, éventuelles victimes de mauvais choix, subiront les conséquences un long moment, puisque Mercure, le « comment penser », était affecté. 
Cette fois-ci le « durcissement » du ciel est plus évident : dès la fin de ce mois de mai, Mars se conjoint à Ketu (le noeud lunaire sud), une occurence qui quoi que brutale, dure généralement une quinzaine de jours. Or ce qui rend cet été 2018 particulier, est la longue durée de cette conjonction, active jusque début octobre, car Mars entre en rétrogradation alors même qu’il se conjoint à Ketu, avec toutes les conséquences que l’on peut craindre (le Moyen-Orient est plus que jamais une vraie poudrière par exemple).

Pas de catastrophisme cependant : synchroniquement liée à notre psychisme et à nos consciences, la géométrie céleste, subtile et complexe, ne s’interprète pas mécaniquement. Elle échappe à la causalité dure, physiquement mesurable. L’avenir n’est ni figé, ni irrémédiable, car tout est toujours en mouvement, spécialement nos « moi » et nos pensées qui sont les vecteurs majeurs de la matérialisation des évènements. Krishnamurti a sans doute le mieux exprimé ce phénomène par ces mots : « C’est le conflit intérieur qui, projeté à l’extérieur, devient mondial. La guerre est la projection spectaculaire et sanglante de notre vie quotidienne ».  

Inversement, sombrer dans l’angélisme serait une erreur. L’histoire nous enseigne que les rencontres de Mars avec les Noeuds lunaires décuplent les potentialités d’évènements  tragiques, souvent spectaculaires, puisque des centaines de millions de personnes, voire plus, en sont les témoins par médias interposés, comme ce fut le cas le 9 septembre 2001 par exemple. Liée aux Noeuds lunaires, la notion de témoignage (2), abordée plusieurs fois dans ce blog, est plus que jamais d’actualité. 

Les quelques-uns d’entre nous qui se pavanent en haut des marches du pouvoir, ne sont que l’écume de la vague de la conscience collective, dont nous sommes les cellules constituantes. Ainsi, face à cette configuration dangereuse, en tant qu’individus lambdas, anonymes, dépourvus de pouvoirs sociaux particuliers, il nous revient, si nous voulons participer à un apaisement plus que nécessaire, de cultiver la non-violence, qui est avant tout intérieure. Il nous faut pour cela plonger en nous-mêmes et explorer, examiner la nature et le fonctionnement complexe de nos esprits. Peut-être comprendra-t-on alors comment les noeuds lunaires, que l’on peut appeler les noeuds de la pensée, matérialisent sous formes d’actes marquants et d’expériences diverses, l’anxiété et l’insatisfaction liées à des mémoires obscures cristallisées dans le passé de nos consciences et affectant ainsi nos existences.(3)

Ci-dessous : Paris, le 14 juin à 1h29 AM : première conjonction exacte de Mars et de Ketu 


Dates (4)

- Le 22 mai : début de la conjonction, Mars à 2°21 et Ketu à 9°24 du Verseau
- Le 14 juin : première conjonction exacte à 8°12  du Verseau 
- Le 27 juin : Mars entre en rétrogradation à 9°13 du Verseau. Ketu est à 7°30 du Verseau
- Le 18 juillet : seconde conjonction exacte à 6°24 du Verseau
- Le 13 août : Mars rétrograde en Capricorne. Il reste conjoint à Ketu alors à 5°01 du Verseau
- Le 28 août : Mars reprend son mouvement direct à 28°37 du Capricorne. Ketu est à 4°13 du Verseau
- Le 22 septembre : troisième et dernière conjonction exacte à 2°54 du Verseau
- Le 8 octobre fin de la conjonction : Mars à 9°06 et Ketu 2°03 du Verseau


Uranus et les autres

A ces figures particulièrement tendues, l’on ajoutera Uranus, celui qui dans ses bons jours éveille l’intelligence et poursuit la liberté, mais qui dans ses aspects les plus difficiles s’associe au fanatisme, à l’autoritarisme, à la radicalisation mentale et au terrorisme : entré le 15 mai dans le Taureau, soit au carré du Verseau (dont il est le maître) et de la conjonction Mars/Ketu, il participe pleinement, dès la mi-juin à la dangerosité explosive de cette période.  

Quatre mois et demi représentent une assez longue période et de nombreuses configurations mettant en scène les luminaires, Mercure, Vénus et Jupiter s’intercaleront, ajoutant leurs significations à cette conjonction, la nourrissant de sens et déclenchant peut-être des évènements. Les éclipses de Soleil du 13 juillet et du 11 août, ainsi que l’éclipse de Lune du 27 juillet, sont aussi à considérer. 

Le passé

Rappelons ici quelques évènements marquants qui eurent lieu dans le cadre de conjonctions ou de parallèles de déclinaison Mars/Ketu ou Mars/Rahu. On trouvera dans ce blog quelques articles soulignant la dangerosité de ces configurations (5). 

- Le 28 juin 1914: l’assassinat de l’Archiduc d’Autriche à Sarajevo (déclenchement de la première guerre mondiale), Mars à 1°19 en Vierge, Lune à 5°40 et Ketu 8°57 du même signe 
- Le 22 juin 1941: l’invasion de l’URSS stalinienne par l’Allemagne nazie (opération Barberousse), Mars à 23°54 et Ketu à 27°03 des Poissons
- Le 28 mars 1979 : le plus grave accident nucléaire qu’ait connu les Etats-Unis, Mars à 22°09 et Ketu à 16°40 des Poissons
- Le 11 septembre 2001: les attentats de New York (les plus meurtriers de l’histoire) : Mars à 1°26 et Ketu à 3°06 du Capricorne 
- Le 22 juillet 2011: les tueries de masse (77 personnes) du Norvégien Anders Breivik : Mars à 21°59 et Ketu 21°34 des Gémeaux
- Le 13 novembre 2015 : les attentats de Paris : Mars à 0°34 de la Balance, à moins de 1° de Rahu et au parallèle de déclinaison de Ketu (ce dernier aspect débute exactement la veille qui vit un terrible attentat à Beyrouth. (6)

Si nombre d’attentats et d’évènements violents furent perpétrés lors d’aspects de Mars aux noeuds lunaires, on ne doit pas penser faire face à une loi incontournable. Malgré de longs siècles d’observation, nous ne comprenons que très imparfaitement les subtilités évènementielles de l’astrologie, qui en cela est bien entendu similaire à tous les autres champs d’investigation. 

L’on notera aussi que les thèmes astraux des terroristes sont parfois marqués par ce type de configuration au natal ou encore en transit lors du passage à l’acte et qu’il en est de même pour ceux des les victimes, ce qui élargit les domaines de recherche. (7)

Les individus et la collectivité

Il est possible que vous apparteniez, comme nombre d’entre nous soyez-en certains, à celles et à ceux que cette configuration travaillera au corps : il suffit pour cela que votre thème natal comporte des éléments (Angle, luminaires, planètes, noeud lunaire) situés fin Capricorne ou début Verseau. Les signes opposés (fin Cancer et début Lion) sont également impliqués, puisque Rahu les transite. A un degré peut-être moindre, mais non négligeable, les signes au carré (fin Balance et début Scorpion, ainsi que fin Bélier et début Taureau où sera Uranus), sont également marqués. Ce qui suit vous concerne particulièrement, mais en vérité mieux vaut considérer que tout le monde est impacté, les évènements marquants secouant fortement la conscience collective et la notion de témoignage (voir note 2), étant à prendre en compte. 

Les noeuds lunaires sont les lieux où le libre-arbitre est au plus bas, c’est-à-dire que nous ne sommes absolument pas maîtres des circonstances qui bouleversent parfois nos destinées. Même si l’on s’essaie aux prières et aux rituels dont les croyants, quelle que soit leur foi sont friands, nous sommes démunis face aux guerres, aux catastrophes naturelles, aux accidents collectifs et à un niveau plus personnel à ceux provoqués par l’imprudence, l’inattention et au pire la malveillance des autres. Il est probable que nous assisterons à un ou plusieurs évènements « difficiles » au cours de l’été, les possibilités comme nous l’avons vu dans le passé étant multiples. 

Attitudes à adopter

Que pouvons-nous faire? Sommes-nous capables d’écarter le danger ou sommes-nous impuissants, condamnés à attendre sans rien tenter que Mars et Ketu bouleversent nos destinées, en espérant égoïstement que cela tombera sur le voisin plutôt que chez soi et de préférence dans un autre pays que le notre?  

C’est ici que l’astrologie savante, sérieuse et responsable, se montre inséparable de la philosophie et de l’art de vivre. Les configurations célestes constituent un langage signifiant, qui pointe vers une finalité de la vie et de nos consciences d’êtres humains. Au-delà de l’étude de nos thèmes et de l’exploration de nos sentiers célestes personnels, l’astrologie n’a de sens que si elle nous aide à croître, à comprendre et à guérir en tant qu’humanité toute entière. Elle n’a de sens que si l’on considère que le chaos n’est pas une fatalité et que, contrairement à ce que l’on pourrait croire malheureusement, nous avons pour fonction « d’ordonner le monde ». 

Dans les mois qui s’annoncent, les significations réelles, affinées de Mars et de Ketu sont à comprendre : il ne s’agit pas de compréhension intellectuelle, purement cérébrale et sans impact sur nos vies, mais de compréhension totale impliquant le corps, le coeur et l’esprit, de celle qui permet d’appliquer immédiatement, sans attendre, ce qui semble juste, intelligent et nécessaire. 

En cela, se dégageant de sa brutalité, Mars manifeste la bravoure, l’énergie et le sens de l’action. Il se transforme en serviteur et exprime ainsi le sens chevaleresque, qui est l’utilisation de la force au service des plus faibles. De même Uranus, cessant d’être l’aristocrate dirigeant insensible à la douleur du monde, éveille à la perception directe de la vérité, celle qui permet à la compréhension et à l’action de ne faire qu’une. Il symbolise alors le véritable humaniste. Quant à Ketu, qui lorsqu’il n’est pas compris représente la compulsion aveugle et destructrice, il révèle sa vraie nature dans le renoncement à la dictature du moi et à ses intérêts égoïstes. Il incarne alors la spiritualité authentique, qui est synonyme d’exploration des strates profondes de la conscience et au-delà, de perception des mondes auquel le moi n’a pas accès. 

La rencontre de Mars et de Ketu au carré d’Uranus a de quoi se montrer destructrice au possible. Elle a aussi capacité, si on le désire vraiment, si l’on est prêt à penser, sentir et agir en ce sens, à éveiller le guerrier intérieur, qui est le visage conquérant du héros solaire à même d’affronter ses peurs et qui, les ayant sinon entièrement vaincues, du moins cesse de leur être soumis et transforme ainsi la conscience collective. S’étant conquis lui-même le héros solaire renonce à la guerre intérieure, ce qui est la fondation même de la non-violence. A ce stade, qu’il soit connu ou vive dans l’anonymat, sa simple existence apaise et contrecarre les pulsions brutales et violentes qui empoisonnent notre civilisation. 



(2) « Dans un précédent ouvrage (Entre les anneaux du serpent Dervy-Livres 1986), j’avais stressé la notion de témoignage, dans le sens où ils (les noeuds lunaires) manifestent parfois des événements marquants, possiblement choquants, dont on est témoins sans qu’ils nous concernent personnellement, comme un accident impliquant une ou des personnes inconnues, ce qui nous ramène encore une fois aux mystères de la synchronicité. Ceci explique peut-être pourquoi par exemple, certains événements violents très médiatisés montrent des nœuds lunaires puissamment soulignés par Mars. A l’époque d’internet et du village global, toute la planète devient témoin. » L’astrologie et la mécanique de la pensée (Les noeuds lunaires/ Rahu et Ketu) 

(3) « Quand nous avons l’impression qu’en certaines circonstances nos pensées se matérialisent, qu’il s’agisse d’idées, d’aspirations, d’intentions, de souvenirs, de craintes ou de désirs, comme si nous possédions des capacités psychiques, c’est vers les nœuds qu’il faut se tourner. Ces mécanismes sont inexplicables quoique les hypothèses ne manquent pas (rétributions karmiques et vies antérieures, réalité psychoïde, finalité cosmique concernant la croissance et la floraison de l’être ...) On en est victime où l’on en profite selon les cas. Le processus est la plupart du temps inconscient, même si c’est une des fondations de la magie : visualiser l'objet du désir pour le faire apparaître dans sa vie. D'une façon plus élargie la pensée « matérialise » la destinée, entre autres par leurs intermédiaires. » Ibid. Les noeuds lunaires (les noeuds de la pensée, note 46)

(4) Conjonctions admettant 7° d’orbe. Il s’agit des noeuds lunaires moyens. Les positions données correspondent à midi GMT.


Les noeuds lunaires et le nectar d’immortalité approche Rahu et ketu dans le cadre de la mythologie hindoue, soulignant leurs relations avec les concepts d’attachement et de détachement qui sont la clef de leur intégration. 

(6) Mars, le dragon et la barbarie traite de l’analyse détaillée des évènements parisiens. 

(7) Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l’auteur des tueries niçoises montre dans son thème une conjonction de Saturne  avec Ketu (respectivement 24°57 et 25°01 du Scorpion). Lors de son passage à l’acte Mars transitait à 24°31 du Scorpion et la Lune à 23°40 du même signe. 
Le thème natal de Mevlüt Mert Altintaş, qui assassina l’ambassadeur de Russie à Ankara le 19 décembre 2016, comporte une conjonction serrée (1°18’ d’orbe) de Mars et de Ketu. Il  commit son acte, largement médiatisé, au tout début d’une conjonction céleste Mars/Ketu étudiée dans Les fêtes à l’ombre de Mars et de Ketu
Le thème natal de l’archiduc François-Ferdinand assassiné avec son épouse à Sarajevo comporte une conjonction de Mars (0°54’ du Sagittaire), à 2° de la cuspide de la maison XII (les complots), à Rahu (26°10’ du Scorpion). Les noeuds lunaires et Mars y sont en parallèle de déclinaison, faisant ainsi entrer Ketu dans la configuration.  





















samedi, avril 28, 2018

L'âge d'or de l'astrologie


L'âge d'or de l'astrologie : une conférence-débat, le 25 mai 2018 
de 19h00 à 21H00  animée par Bernard Duchatelle 
à l’Hôtel Les Loges, Rennes Chantepie 35135 
(8 rue du Moulin/ tél : +33 (0) 2 99 41 67 67)
Participation aux frais 8€
Un événement de l’association Scarabée

Malgré son image de vieille dame engoncée dans son manteau de traditions, de croyances, de mystères et de superstitions millénaires, l’astrologie est loin d’avoir atteint sa maturité. Ces apparences trompeuses dissimulent aux yeux du monde que son âge d’or se situe sans doute dans l’avenir plutôt que dans le passé. Et cela pour de nombreuses raisons, entre autres l’informatisation des calculs, qui permet de travailler sur un grand nombre de thèmes astraux avec une précision inégalée. 

La théorie fondatrice de l’astrologie, c’est-à-dire l’existence de liens remarquables entre les configurations astrales et nos destinées, s’est considérablement renforcée. Il est maintenant possible, sans heurter frontalement les scientifiques qui travaillent de leur coté sur des matériaux jamais directement observés (comme la matière noire ou l’énergie sombre), de considérer l’hypothèse d’une conscience humaine analogiquement structurée par un « système solaire intérieur ». Si l’ensemble du psychisme n’est pas « influencé » par les astres, dans le sens où on l’entendait généralement, l’idée qu’il soit, du moins en partie, le produit ou encore la manifestation d’une géométrie céleste qui le structure, l’oriente et l’imbibe de sens et de finalité apparaît tout à fait viable. En ce cas, le thème astral de naissance incarne la modélisation de cette géométrie céleste à l’échelle de l’individu. 

Vue sous cet angle,  l’astrologie apparaît alors comme un système cosmogonique et philosophique cohérent, éclairant la nature de l’univers, de nos consciences et de nos destinées. 

Ainsi, telle que nous l’approchons et tentons de la comprendre, l’astrologie se révèle être bien plus qu’un système de correspondances entre « ce qui est en haut et ce qui est en bas ». Plus aussi qu’un miroir céleste symbolique, reflétant inexplicablement nos personnalités, ou qu’un outil au service de notre développement personnel, tout en étant, il est vrai, tout cela à la fois. Elle crée un lien visible, tangible et chargé de sens entre la conscience individuelle et la trame universelle. Elle révèle une finalité à nos existences et prouve, en dehors de toutes croyances, que la vie n’est pas un accident.

Nous espérons nous retrouver nombreux à débattre de ces idées qui tendent à prouver que l’astrologie, quoique déjà fort ancienne, arrive peut-être seulement maintenant à maturité.   

samedi, mars 31, 2018

Arnaud Beltrame le héros et Nordahl Lelandais l'assassin


La semaine dernière, Arnaud Beltrame qui offrit sa vie pour sauver une innocente, a soudain illuminé la face la plus admirable de l’humanité dans un acte de pur héroïsme. A l’autre bout du spectre, Nordahl Lelandais, assassin d’une gamine et sans doute tueur en série, illustre le visage le plus obscur de cette même humanité. 

Qu’est-ce qui, astrologiquement, fait le héros ou l’assassin? Cette différence est-elle lisible dans la géométrie céleste? Bien des astrologues se sont posés la question en examinant leurs thèmes, tout en réfléchissant peut-être à ses implications philosophiques : si la destinée, matérialisée par nos caractéristiques psychologiques que l’astrologie décrit avec tant de précision s’impose à nous, qu’en est-il de ce libre-arbitre que la plupart des philosophes réfutent, mais que l’astrologiquement correct ne peut s’empêcher de défendre par crainte d’être accusé de déterminisme ?

A mon sens une approche correcte du problème se formule ainsi :  « La réponse à la question du déterminisme est ambiguë. S’il n’est pas irrévocable, peu lui échappent! Pour le dire autrement la liberté s’acquiert, une appropriation rendue possible par la connaissance de soi. L’astrologie devient alors un instrument au service de la conquête du libre-arbitre, qui en ce sens est synonyme de sagesse ». (1) On peut cependant se demander légitimement si la quête même de cette liberté, c’est-à-dire de cet accomplissement intérieur est inscrite dans le thème natal…  Pourquoi certains d’entre nous y consacrent-ils leurs vies quand d’autres n’y songent même jamais? Ce qui nous amène au débat à propos de l’égalité entre les thèmes. 

Le politiquement-astrologiquement correct répondra avec raison, qu’il n’y a pas de « mauvais » thèmes et que nous sommes tous égaux. Mais qu’en est-il de l’expression de nos destinées? Un seul coup d’oeil suffit à l’astrologue chevronné pour reconnaître une destinée problématique, illustrée par Saturne et Mars très tendus, un ascendant durement aspecté, une maison XII surchargée et ainsi de suite, de même que de riches aspects de Jupiter et de Vénus, des luminaires  en « maisons heureuses » et d’autres configurations favorables lui feront conclure à une destinée chanceuse. Certes la majorité des thèmes sont mixtes, laissant ainsi une indéniable latitude à la conquête du libre-arbitre, mais qu’en est-il des extrêmes, des saints et des tortionnaires, des bienfaiteurs de l’humanité et des criminels de guerre …?  

Sans se perdre dans trop de détails examinons nos deux exemples

Arnaud Beltrame 
Le mercredi 18 avril 1973 à 10H40 Etampes (source Marc Brun) 

La vocation de policier est bien représentée par la conjonction de Jupiter (la justice) avec Mars (son bras armé), d’autant que Jupiter maîtrise la VI en Sagittaire (l’emploi) et domine la X en Poissons et en Bélier (la fonction) à égalité avec Mars. Cette configuration en maison VIII (la mort), au carré de la Lune qui domine l’ascendant (le moi, le comportement), est psychologiquement brutale et renvoie à la mort violente. 

La conjonction Jupiter/Mars s’associe à la colère, parfois celle du juste, qui renvoie dans ce thème à d’autres schémas psychologiques moins évidents : Mars est au demi-carré de Mercure (l’impulsivité), maître de la XII (les épreuves, le dissimulé, le sacrifice), où se trouve Saturne (l’isolement, l’obstacle). 

Ce Saturne au parallèle de déclinaison de l’ascendant, évoque aussi le sérieux et la profondeur de la réflexion et de la quête de soi. Il soutient le sens de l’action dans son trigone à Mars et la démarche spirituelle personnelle dans son trigone à Uranus. Son demi-carré à Vénus souligne pourtant des motivations affectives plus secrètes liées au comportement, une crainte de ne pas être aimé, une sensation d’isolement, de solitude qui nourrissent la recherche spirituelle. 

La Lune en Scorpion, maîtresse du comportement, au carré de Jupiter et opposée à Vénus indique une recherche de sécurité affective prononcée, alimentée par un certain désamour de soi, des obscurités mentales et une certaine violence difficiles à accepter, ainsi qu’une fascination pour la mort considérée comme rédemptrice.

Le rôle de Ketu, le noeud lunaire spirituel en maison XII (le voyage intérieur), au parallèle de l’ascendant est majeur. Il décrit une « compulsion spirituelle » s’appuyant sur la notion de détachement de soi, c’est-à-dire la sensation de la non-importance du moi. C’est là une marque de spiritualité, dont la forme religieuse, chrétienne en l’occurrence, n’est qu’une couleur. Ce même Ketu en XII (l’occultisme) témoigne aussi de son engagement dans la franc-maçonnerie. Un ami qui l’a connu plus jeune disait qu’avant sa conversion au christianisme, il parlait déjà de la noblesse d’offrir sa vie. 

Tout se met ainsi en place :  Saturne en XII offre la force mentale et l’abnégation, alors que la conjonction Mars/Jupiter offre la bravoure nécessaire à un tel acte d’héroïsme. En renfort, Uranus s’oppose au Soleil (l’indépendance de la pensée) et s’allie à Mars (la radicalité des actes). Neptune quand à lui, astre de foi et d’identification, situé à 6° de la cuspide de la VI (le service), au sextile de Jupiter (la compassion), ouvre en grand la voie du sacrifice de soi préparé par la tendance au détachement (Ketu)

Le héros est bien présent et c’est aux noeuds lunaires que l’on doit la situation qui lui valut cette mort courageuse : à ce moment précis Ketu transite à 3° de son Mars (2) en VIII (la mort), et Saturne à 3° de son Rahu en VI (l’emploi).


Nordahl Lelandais 
Le vendredi 18 février 1983 à 18h40 Boulogne-Billancourt (source Didier Geslain) 

La notion de l’ascendant, de ses aspects et de son maître, capables de détruire les promesses du thème est particulièrement bien illustrée ici. 
En effet, Mercure, maître de l’AS (Vierge) et ainsi du comportement, est difficilement aspecté:
- Au carré de la Lune : désordre de la pensée, les mémoires (Lune) obscurcissent la raison (Mercure)
- Au carré de Pluton : la ruse de l’intelligence, l’obsession de la survie.
- Au carré de Saturne : orientations nocives de la pensée, mauvais choix, parfois méchanceté et même cruauté, d’autant que Pluton (le pouvoir, la domination, le sadisme) et la Lune (le contenu de la pensée) s’en mêlent. 

Mercure répercute ainsi sur le comportement l’opposition de la Lune à Saturne (insécurités vécues pendant l’enfance, craintes et mémoires figées, froideur et possible indifférence), sur fond de conjonction Saturne/Pluton (lutte acharnée des interdits et des transgressions) et de Lune opposée à Pluton (boucles mentales obsessionnelles liées à l’enfance et à la recherche de sensations intenses). 

On ajoutera son quinconce à Rahu : « Les choix sont axés sur la survie et l’intérêt personnel sans tenir compte de la moralité. la ruse, l’astuce, le secret, l’opportunisme, le mensonge et d’éventuelles manipulations assistent l’accomplissement matériel ». (3)

La Lune et Saturne étant tous deux au parallèle de l’AS, les deux astres corrompent le comportement par le biais de craintes cristallisées, d’obsessions et de transgressions sexuelles attisées par les interdits. La froideur n’est pas natale cependant, Neptune au carré de Vénus indiquant la sensation douloureuse de ne pas être aimé qui construit une carapace en défense contre la souffrance. La conjonction Mars/Vénus indique les désirs sexuels intenses dans lesquels il cherche à assouvir la soif de sensations. 

Le carré Mars/Neptune n’est pas à sous-estimer dans cette structure : « La volonté d’héroïsme se heurte à l’exagération des dangers et à une éventuelle lâcheté, causant honte et culpabilité. (…… ) les manœuvres défensives se changent en agressivité, en témérité, en colère, en réactions violentes, en besoin d’influencer, de dominer et de maîtriser, en armures extérieures et intérieures. La violence envahit l’imaginaire (…) Au pire le danger, la douleur et la brutalité imbibent l’espace personnel »(4)

Terminons par la conjonction de Ketu à Neptune, qui revêt une belle importance dans le cadre des carrés que l’on vient d’expliquer : « …. sensation confuse d’isolement, de séparation ou d’enfermement (…..) Épreuves liées à des ennemis secrets, à des compulsions nocives, à la culpabilité, à la médisance, à la trahison, à la foi et aux croyances collectives, à la confusion des émotions, à l’alcoolisme ou à la toxicomanie. Possible déséquilibre mental, renvoyant quelquefois à la personnalité d’un des parents ». (5)

Libre-arbitre, circonstances et destinées

Dans le cadre de l’événementiel, les noeuds lunaires marquent les lieux où le libre-arbitre est le plus faible, ce qui, ainsi que noté plus haut, ne signifie pas qu’il n’existe pas mais qu’il est à conquérir de haute lutte. 

Ainsi, quand les circonstances se présentent, le caractère et le comportement donnent corps à la destinée. Nous avons déjà vu que lors de l’attentat terroriste et de la mort d’Arnaud Beltrame, Ketu, si important pour lui, à 12°36 du Verseau est conjoint à son Mars à 15°59 de ce signe. Son thème marqué par l’impulsivité, le sens de la justice et de la futilité du moi, lui laisse peu de choix, d’autant que Saturne à 8°35 du Capricorne transite à 3° de son Rahu en VI, impliquant le sacrifice (Saturne en XII au natal) dans le cadre de ses fonctions. La destinée héroïque s’accomplit. 

On remarquera avec intérêt que dans la nuit du 26 au 27 août 2017, date de l’enlèvement de la petite Maëlys par Nordahl Lelandais, Rahu (la quête des expériences, la colère rentrée, l’insatisfaction) est à 23°37 du Lion, exactement conjoint à Mars céleste qui transite sa maison XII (violences dissimulées), en opposition à son Soleil et bien sûr à Ketu conjoint à celui-ci, symbolisant l’obscurcissement de la lumière par le biais de compulsions nocives  … (6)

Dans ces moments clefs de leurs destinées, les deux thèmes subissent des puissants transits des noeuds lunaires impliquant Mars avec des conséquences diamétralement opposées. 

Les deux hommes ne sont bien sûr ni tout blanc ni tout noir. La Lune d’Arnaud Beltrame, tourmentée en Scorpion, au carré de Mars et de Jupiter, n’est pas facile et il en a sans doute souffert. Au sextile de Jupiter et d’Uranus, le Mercure de Nordahl Lelandais indique des possibilités de comportement intelligent, d’expansion de la conscience, de droiture et de révolution intérieure : il pouvait ainsi choisir un autre chemin.

Les deux thèmes sont également alourdis par un Saturne au parallèle de l’AS, impliquant une tendance à la rigidité, à l’étouffement et au contrôle de soi et une même capacité à réfléchir sérieusement au sens de ses actes, à la finalité de sa vie et de sa destinée. Certes le Saturne de Lelandais est « moins bien aspecté » dira-t-on, mais son trigone au Soleil indique une possible orientation lumineuse. 

Le fait est que l’un fut un héros et que l’autre est un assassin, sans doute pervers. La question du libre-arbitre reste entière et la résoudre, si cela est possible, nécessite une approche intelligente de la nature humaine : le moi, le tyran de nos consciences, constitué de cristallisation mentales, d’expériences accumulées et de trop nombreux conditionnements reste plus insondable que les plus lointaines galaxies. Il se tient pourtant au coeur de nos destinées et le bonheur comme le malheur lui appartiennent. Quand aux mystères de nos existences, ils restent inapprochables tant qu’il n’a pas été conquis. Le thème astral natal, qui grave notre identité dans les cieux, nous prouvant ainsi que ceux-ci nous sont moins étrangers qu’il n’y paraît, reste dans tous les cas un instrument merveilleux pour poursuivre cette quête. 



(1) L’astrologie et la mécanique de la pensée . « Craignant le piège du déterminisme, l’astrologie moderne défend pourtant le libre arbitre, alors que bien des écoles de pensée l’ont réfuté, lui opposant par exemple l’ignorance des causes profondes de nos actions (Spinoza), la grâce de Dieu ou plus récemment la puissance de l’inconscient. » 

(2) Voir les articles liant les conjonctions Ketu et Mars aux attentats, entre autres  Le temps du dragon, Mars le Dragon et la barbarie ou encore Les fêtes à l’ombre de Mars et de Ketu

(3) L’astrologie et la mécanique de la pensée Les aspects des noeuds lunaires Rahu en aspect à Mercure

(3) Ibid. Les aspects de Mars, Mars et Neptune en aspects tendus.


(5) Ibid. Les aspects des noeuds lunaires, Ketu et Neptune 

(6) Pour pousser les investigations plus avant, le 12 avril 2017, lorsqu’il assassine le Caporal Arthur Noyer, Rahu transite à 3° de son AS : comportement guidé par des colères secrètes et obsessionnelles, des mémoires figées et une insatisfaction maladive.


vendredi, mars 23, 2018

Nicolas Sarkozy et la conscience collective


Les personnages publics sont pain béni pour les astrologues, les soubresauts de leurs destinées nous permettant de mettre à l’épreuve, de parfaire  et de peaufiner nos connaissances. Les habitués de ce blog s’étonneront peut-être d’apprendre que selon les statistiques dont je dispose, l’article le plus consulté (près de 28 000 fois) est l’interprétation du thème astral de Nicolas Sarkozy. Ambitieux, électrique, impulsif, hyperactif, l’ancien président « bling bling » fascine et sa récente mise en examen ne va pas calmer cet engouement. 

Pourtant, n’est-il pas regrettable que certaines actualités un million de fois plus importantes, soient en comparaison à peine commentées?  Pensons, entre de trop nombreux exemples, au cri lancé le 20 mars par des scientifiques plus qu’inquiets de la disparition alarmante des oiseaux en France (1) et d’ailleurs partout dans le monde.

Mais dans ce cas pourquoi commenter une fois encore les déboires d’un politicien? Tout simplement parce que cela nous renvoie à ce même principe essentiel que nous peinons tant à saisir : toutes les consciences sont bâties sur les mêmes principes, ou comme l’exprimait Krishnamurti, notre conscience individuelle, avec son centre et sa périphérie, ses désirs, ses sacro-saints intérêts personnels, ses craintes, ses frustrations et ses insatisfactions est la conscience collective. Ainsi il ne s’agit pas d’examiner un homme de l’extérieur, comme s’il nous était étranger et de le juger sur ce qu’il a ou n’a pas fait, mais de se demander pourquoi nous en sommes arrivés là? Pourquoi nos violences et nos aveuglements détruisent-ils ce jardin qu’on appelait la Terre, comme le chantait George Moustaki?

La réponse tient dans les mécanismes de la pensée et la structure même du « moi », dans sa substance, dans ses orientations égocentriques, dans son éloignement de la nature et de la vie, dans son assèchement, dans son manque de compassion et d’amour. Et confrontés comme nous le sommes à ces problèmes auto-générés, l’astrologie apparaît comme l’un de nos meilleurs outils pour examiner avec précision et subtilité ces mécanismes destructeurs à la fois individuels et collectifs, afin de les éclairer et éventuellement de les réformer. C’est là l’une de ses finalités, d’autant que la seule façon de nous sortir de l’obscurité dans laquelle nous nous embourbons jour après jour, est de transformer nos consciences.   

Nicolas Sarkozy le 28 janvier 1955, 22h00 Paris

Ainsi qu’annoncé dans Saturne perturbe le printemps,  la géométrie céleste est actuellement contractée, ce qui concerne l’ensemble de l’humanité. Cependant, de par leur thème, certains individus sont plus marqués que d’autres par ces configurations tendues et les évènements qu’ils traversent en conséquence nous éclairent sur nos fonctionnements. 

Nicolas Sarkozy en est un parfait exemple.
« L’ancien président de la République a été placé en garde à vue mardi 20 mars au matin, à Nanterre (Hauts-de-Seine), dans les locaux de l'Office anti-corruption de la police judiciaire ».

Thème Début de la garde à vue, le 20 mars 2018, 8h00 Nanterre

Le carré de Saturne 

Actif jusqu’à la mi-février 2019, puis de juillet à la mi-novembre de cette même année.

Le thème de Nicolas Sarkozy montre une conjonction de la Lune et de Mars en Bélier, un aspect hyper-actif, énergique et passablement violent, situé dans sa maison VII. Cette dernière représente l’union, illustrant ses relations agitées avec les femmes, mais aussi les adversaires déclarés et les menaces de procès. Pas étonnant donc, qu’alors que Saturne (l’obstacle), stationne au carré de cette Lune et de ce Mars, que ses ennemis marquent des points. 
Le carré de Saturne à Mars souligne principalement les circonstances adverses. La capacité d’action (Mars) est bloquée (Saturne), provoquant frustration, durcissement du réel et tension intérieure considérable. La signification de Mars en VII (les associés), maître de la pointe de la maison VIII « l’argent qui vient des autres » en Bélier, illustre parfaitement le procès qui lui est fait. 

La Lune quant à elle maîtrise la maison X (la vie publique) et le carré que lui adresse Saturne isole et fait chuter.

Saturne sur Rahu

Saturne stationne à proximité du Rahu natal (le Noeud lunaire Nord) jusqu’à la fin décembre 2018. Ce transit évoque une matérialisation d’évènements due à des manoeuvres secrètes passées et présentes (Rahu), ainsi qu’une possibilité de chute. Dans ce contexte on se rappelle que Nicolas Sarkozy est marqué au natal par un Saturne au carré de Mercure, lui-même maître de l’ascendant Vierge, aspect qui se traduit souvent par de mauvaises décisions.

La conjonction de Mercure

Ce carré de Mercure, maître de l’AS, à Saturne, un aspect partagé avec François Hollande, n’est pas simple, indiquant des orientations et des décisions contestables accompagnées de durcissement mental.

Ses retombées négatives se matérialisent souvent lors d’une résonance avec la géométrie céleste comme c’est actuellement le cas : Mercure, très proche de  la conjonction Mars/Lune natale que l’on vient d’examiner, est au carré du Saturne céleste (2). L’excitation mentale et la véhémence verbale (Mercure/Lune/Mars) sont au plus haut et Nicolas Sarkozy a tout intérêt à se méfier de son impulsivité, d’autant que Mercure maîtrise la maison XII (épreuves, secrets, emprisonnement…) et l’ascendant (le comportement, le moi), indiquant plus que jamais combien il est capable d’être son propre ennemi. 

Il a donc tout intérêt à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, sous peine de s’enferrer encore plus dans les problèmes du passé (la Lune), revenant le hanter (Rahu), par le biais d’adversaires (Mars en VII, en domicile) tenaces et coriaces qui le poursuivent depuis des années. 

Mars rejoint le champ de bataille

Sans doute n’est-ce pas un hasard si le dieu de la guerre lui-même, vient d’entrer (le 18 mars) dans le Bélier (3), entamant simultanément sa conjonction avec la Lune de Nicolas Sarkozy , aspect en résonance avec sa conjonction natale, ce qui la rend plus effective. 

Mars adresse ainsi également un carré au Saturne céleste, renforçant les circonstances adverses et les frustrations. Résumons : 
- Saturne céleste est au carré du Mars natal
- Saturne céleste est au carré de Mars en transit
- Mars céleste est conjoint à la conjonction Lune/Mars natale
- En supplément Mars progressé est également en opposition à son Saturne. 

Ces aspects évoquent l’inflammation, la tension, la colère, la frustration, la violence … A moins de cultiver la méditation, il y a peu de chance pour que cela se calme, du moins intérieurement, avant que Mars ne s’éloigne de cette zone difficile (le 18 avril) et même ensuite, il faudra compter sur Saturne qui ne cessera pas de le tourmenter avant février 2019. 

Les noeuds lunaires

On a déjà parlé de Saturne sur Rahu, mais les noeuds eux-mêmes sont en mouvement et Ketu, le noeud lunaire sud « Celui qui ôte » et qui fit chuter François Fillon l’an dernier, s’installe sur le Soleil de Nicolas Sarkozy, assombrissant sa lumière et menaçant de ternir définitivement sa réputation, même si l’interprétation peut être différente selon la destinée choisie : «…... Au mieux, la quête de l’individuation et le détachement guident le héros solaire vers sa réalisation. Au pire la volonté affaiblie laisse libre cours à des compulsions qui ternissent la droiture et la noblesse solaire avec des conséquences négatives sur la réputation et l’estime de soi » (4). Cet aspect est actif jusque début novembre 2018.

Le Soleil maîtrisant la maison XI (les amis, les réseaux), qu’il ne se fasse pas d’illusions de ce coté là : entre Saturne au carré de la Lune (isolement, éloignement, séparation) et Ketu sur le Soleil, les alliés se feront rares. Même le soutien de son épouse (maison VII) ne lui est pas assuré. Les seuls solutions sont intérieures : 


Jupiter dans l’ambivalence

Cet astre en X au natal (l’élévation) est un allié de Nicolas Sarkozy, en ce qu’il offre des soutiens et des opportunités ce qui ne l’empêche pas d’être aussi responsable de ses éblouissements (carré à Neptune), de certaines amitiés compromettantes (parallèle à Pluton, les puissances financières) et d’illusions en rapport à ses propres capacités intellectuelles (quinconce à Mercure déjà troublé par Saturne). 

Jupiter s’associe à la justice et le voici actuellement conjoint à son Saturne (situation bloquée), au carré de son Mercure (illusions, révélations publiques) et de Pluton à 6° de la cuspide de la XII (secrets relatifs au pouvoir et à l’argent). La mauvaise passe est fortement soulignée. 

Jupiter est cependant au trigone de lui-même et d’Uranus, apportant comme toujours sa contribution à le sortir des mauvais pas qui accompagnent sa carrière. 

Les leçons

Nicolas Sarkozy traverse une période où les fantômes du passé le rattrapent, un grand classique des aspects Mercure/Saturne nous l’avons vu. Les noeuds lunaires liés au passé (la Lune), aux cristallisations de la pensée et aux éclipses mentales assombrissent sérieusement sa destinée, par le biais des conséquences de mauvais choix. Ces tensions durent de longs mois et malgré un Jupiter plutôt favorable, il ne s’en sortira pas sans dommage. 

En ce qui nous concerne il ne s’agit ni de le plaindre ni de se réjouir, mais de comprendre les mécanismes des mauvais choix, le plus souvent dus à un manque d’attention aux motivations profondes que nourrissent les craintes, les insatisfactions et les frustrations : les « mauvaises » orientations de la pensée sont à l’ordre du jour, pour tout le monde  en ce moment (5). 

Les stars de l’actualité ne sont jamais que l’écume de la vague. Sans les excuser ni les justifier en aucune façon, elles sont, comme tout le monde, les victimes inconscientes des conditionnements de la conscience collective dont nous sommes toutes et tous responsables. Interrogeons-nous donc sur les causes profondes de l’ambition, de la course à l’enrichissement et au succès, sur le sens des frustrations, sur la nature profonde de la peur et ainsi de suite. De même, essayons de comprendre peut-être, pourquoi nombre de ces egos magnifiés, qui font l’actualité depuis des siècles nous fascinent-ils ainsi? 


(1) « Les derniers résultats de deux études de suivi des oiseaux, l'une menée à une échelle nationale, l'autre plus localement, viennent de sortir. Les chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle et du CNRS arrivent au même constat : les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en 15 ans. Au vu de l'accélération des pertes ces deux dernières années, cette tendance est loin de s'infléchir… »


(3) Ibid.

(4) L’astrologie et la mécanique de la pensée (les aspects des noeuds lunaires-Ketu en aspect au Soleil)

(5) Saturne perturbe le printemps






samedi, mars 10, 2018

Saturne perturbe le printemps


Ce n’est pas la première fois que je rédige une « alerte astrométéo », car parfois la géométrie céleste se contracte et la conscience collective, agitée et tourmentée selon les astres incriminés s’en ressent, ce qui ne manque pas de conduire à des tracasseries affectant d’innombrables individus. Il est alors du ressort de l’astrologie de prévenir, de délimiter et d’adoucir les conséquences de telles contractions en éclairant leurs significations, car seule la compréhension est à même de nous permettre d’en éviter les désagréments, voire de les tourner à notre avantage. 

Saturne et Vénus au carré du 7 au 20 mars

En conjonction ces jours-ci et jusqu’au 26 mars, Vénus et Mercure voyagent ensemble dans le signe du Bélier, favorisant des relations affectives ouvertes, quelquefois enthousiastes, parfumées d’émotions esthétiques raffinées portées par un mental à la fois subtil et délicat. De bonne augure donc, si ces deux astres en pleine idylle n’adressaient pas un carré à Saturne, qui séjourne solidement chez lui en Capricorne.

Mercure et Vénus sont des astres rapides et leurs aspects à Saturne ne perdurent normalement que quelques jours. C’est d’ailleurs ce qui se passe pour Vénus, la configuration tendue se dissolvant le 20 mars. Pas de problème ici, sans doute suffit-il de faire preuve de patience et de sagesse dans le cadre de l’affectivité et d’éviter, si l’on est seul(e), de s’investir émotionnellement dans une structure qui s’avérerait étouffante sur le long terme. On en profite même pour apprécier les sensations de solitude à leur juste mesure, ainsi que de possibles promenades solitaires propices à la contemplation et à la méditation. Quelques jours enrichissants en fin de compte, qui bien vécus nous en apprennent sur les sujets essentiels que sont l’image de soi, la futilité des apparences, la recherche ininterrompue du plaisir, la dépendance affective et la joie de vivre associée à la venia, qui est le couronnement de Vénus. 

Saturne et Mercure du 6 mars au 3 mai

Le carré de Mercure à Saturne est plus perturbant, durant longtemps et concernant le « comment penser » dans le cadre des orientations mentales, des choix et des décisions: 
« La propension aux mauvais choix est décuplée. La réflexion préalable est rarement menée à terme, quoique l’on en soit persuadé. Les mobiles secrets, les motivations cachées, les craintes, certaines mémoires douloureuses sont volontairement ou non ignorés. On devient son propre ennemi en se mettant soi-même des bâtons dans les roues. Il est difficile de communiquer, de s’expliquer, de se faire comprendre, d’aller droit au but, ce qui tend à créer des complications matérielles, sociales et affectives. Les décisions néfastes sont fréquentes et l’on apprend laborieusement de ses erreurs. » (1)

Mais ce qui rend ce carré d’autant plus perturbant, c’est une convergence qui veut que cette configuration, déjà difficile, soit renforcée par la rétrogradation de Mercure qui pourrait-on dire se passe au plus mauvais moment. On sait que la rétrogradation (l’astre semble faire marche arrière dans la voûte céleste) n’est qu’une illusion d’optique, mais mystérieusement et inexplicablement, l’on constate que ce « retour en arrière » a une incidence particulière sur les fonctions de cet astre en charge des structures de la pensée (logique, discernement, limpidité, organisation, échanges, informations …) et de tout ce qui concerne les communications : 
« Même bien aspecté en signe ou en aspect, Mercure rétrograde est semblable à un handicapé, impliquant des difficultés relatives à la logique, à la concentration, à l’attention, à l'ordre et à la clarté mentale. Les études, les activités professionnelles, la communication deviennent facilement problématiques. La chance se fait désirer et les choix ne sont pas toujours judicieux ». (2)

Ainsi Mercure est doublement perturbé, la période la plus difficile s’étendant du 23 mars au 15 avril, alors qu’il est à la fois rétrograde et au carré de Saturne. 

Les possibilités de retards, d’incompréhensions, de mésententes, de situations enlisées, de mauvais choix, de décisions néfastes, de polémiques stériles, de durcissement mental, de duplicité, de méchanceté et au pire de cruauté sont véritablement accrues.   

Il est ainsi essentiel, lors des deux mois que dure le carré et principalement pendant la rétrogradation, de renforcer l’observation du moi, de cultiver la sagacité liée aux échanges et aux informations et peut-être principalement de veiller à ne pas devenir son propre ennemi en jouant contre son camp :  c’est là une des conséquences classiques du carré Mercure/Saturne, qui se nourrit d’une incapacité marquée à s’examiner sérieusement, en sus des problèmes de distraction, d’oubli, de manque de concentration, le tout favorisant les mauvais choix. C’est dans ces périodes particulières que les nations et leurs dirigeants risquent le plus d’emprunter des sentiers nocifs à l’ensemble de la planète et de l’humanité. 

L’attention est le mot magique : elle signifie s’efforcer, sans contracter la volonté, sans jugement ni rejet mais dans une vraie liberté intérieure, à être attentif au contenu du mental, aux soubresauts de la conscience, aux mobiles secrets, aux motivations cachées, aux différents biais de la réflexion qui nous rendent illogiques et partisans, aux opinions et aux croyances qui rétrécissent l’esprit.

Correctement cultivée et dénuée de toute intervention, l’attention aux conditionnements, aux idéologies et aux croyances, ou encore à la puissance des craintes et de la poursuite effrénée de l’intérêt personnel, a capacité à transformer le carré en trigone : la relation entre les deux astres se fait alors positive et facilité la clarté, la patience, la détermination, la précision, l’organisation, la logique, la recherche et la détermination, le tout permettant des choix favorables, non seulement pour soi-même mais pour la communauté humaine. 

Saturne et Mars du 18 mars au 18 avril

Cependant, comme si cela ne suffisait pas, Mars entre en Capricorne le 18 mars, rejoignant Saturne avec lequel il voyage jusqu’au 18 avril. 

Cette configuration tendue, parfois liée à des tremblements de Terre (surtout en Capricorne) ou à des catastrophes naturelles, symbolise un durcissement du réel, c’est-à-dire du concret, du tangible, des relations que nous entretenons avec la matière, mais aussi avec nos projets, nos aspirations, nos vies et cela par le biais de circonstances adverses. 

Le désir (Mars), se heurte aux obstacles (Saturne), la capacité d’action (Mars) se bloque régulièrement (Saturne) et la frustration guette. Les solutions à ces problèmes passent par la renonciation, c’est-à-dire savoir ne pas s’enferrer dans le désir s’il s’avère que les circonstances se montrent par trop défavorables, ainsi que par la capacité de servir : Mars (le guerrier) s’exalte dans le Capricorne ou règne Saturne (le sage), qui est capable de canaliser son énergie et de le purifier afin qu’il devienne ce qu’il doit être vraiment : un serviteur animé du sens chevaleresque.

Il est clair que pendant toute la période Mars/Saturne, une grande prudence est de mise car les risques d’accidents sont accrus : l’on n’oublie surtout pas Mercure, qui rétrograde tout ce temps au carré de Saturne, empêchant souvent les bons choix (la renonciation par exemple) de sauver la situation et au contraire, enfonçant les individus dans des orientations néfastes. La leçon ici est que certaines circonstances adverses (Mars/Saturne), sont parfois les conséquences de nos choix, mais qu’il est possible de les adoucir, voire pourquoi pas de les retourner en notre faveur, par le biais de la renonciation et du service. 

Mercure et Mars du 28 mars au 11 avril

Le dernier aspect à surveiller, concomitant aux précédents, est le carré qui se joue deux semaines durant entre Mars et Mercure : ce sera la période la plus tendue et la plus dangereuse de toutes. Sous-tendu par les configurations à Saturne, ce carré évoque l’impulsivité, la violence affectant les paroles et les idées, les polémiques brutales, les confrontations, les conflits physiques et psychologiques, l’ironie mordante et le triomphe de la survie, de la métis grecque (la ruse de l’intelligence), trop souvent déconnectée du coeur. 

Propulsés par Mars, frustrés par Saturne, excités mentalement par Mercure, il faudra beaucoup d’attention et de bienveillance pour éviter de nous laisser emporter par nos désirs, nos ambitions et nos chimères. On complétera d’ailleurs cette analyse en rappelant que Pluton, maitre des pulsions, des puissances financières et de l’intérêt personnel est en parallèle de déclinaison à Saturne, ouvrant cet espace de crainte qui existe entre les interdits (Saturne) et les transgressions (Pluton), alimentant les causes de mauvais choix et jouant un rôle non négligeable dans l’amplification de l’auto-destruction collective. 

Synthèse

Une astrométéo bien perturbée donc... Impossible de nous en sortir sans peine sans en passer par l’intelligence, liée il est vrai à Mercure en ce qu’il représente l’ordre. Un ordre avant tout mental, lié à la limpidité de la pensée qui naît de la vision globale du désordre, de la profondeur de la réflexion (Saturne) et de la perception directe de la vérité (Uranus). Saturne, malgré les perturbations annoncées, reste le sage apte à nous faire parcourir les sentiers des réflexions sérieusement orientées et Uranus représente les espoirs de révolution, de liberté et de vérité. Sans doute est-il un peu déconnecté ces temps-ci, mais il revient en position intéressante, c’est-à-dire harmonique à Saturne au mois de mai, encourageant alors un éveil structuré des consciences nécessaire à une transformation autant radicale qu’indispensable. D’ici là, on l’a compris, l’attention est plus que nécessaire.  

(1) L’astrologie et la mécanique de la pensée Les aspects de Mercure (Mercure dissonant à Saturne)

(2) Ibid. Les aspects de Mercure (Mercure rétrograde)



samedi, février 17, 2018

L’âge axial et la conjonction Uranus, Neptune et Pluton


L’histoire nous enseigne qu’étrangement et quoique géographiquement fort éloignés les uns des autres, certains des plus grand « sages » que l’humanité ait connu, tels que Pythagore, Gautama le Bouddha ou Lao Tseu, dont les perspectives philosophiques révolutionnèrent les fondations même de la pensée, vécurent à la même époque, c’est-à-dire dans la première partie du VIe siècle avant JC (1). 

Dans « L’origine et le sens de l’histoire », Le philosophe allemand Karl Jaspers, situe cette expansion  particulière de la conscience vers le milieu de ce qu’il nomme Période ou ère axiale, Axial Age » en anglais. Selon lui, on assiste, entre 800 et 200 ans avant JC, à la véritable naissance de la philosophie et à la mise en place des fondations spirituelles qui nous influencent encore.  

Juin -575, au coeur de la conjonction Uranus-Neptune-Pluton en Taureau.

Le point de vue astrologique devient alors particulièrement intéressant, car il permet non seulement de réduire considérablement la durée de la période envisagée tout en datant précisément son épicentre, lequel correspond très exactement à la conjonction des trois trans-saturniennes (Uranus, Neptune et Pluton) qui eût lieu de -579 à -573 environ dans le signe du Taureau. Cet évènement cosmique d’importance ne se produit qu’une fois tous les 3950 ans environ, le prochain étant prévu autour de l’année 3370 ! (2) 

Considérant les immenses significations psychologiques, intellectuelles, politiques, idéologiques et matérielles d’une telle configuration, on peut conjecturer que Lao Tseu, le Bouddha, Pythagore ou encore Mahâvîra, l’ait eu en bonne place dans leur thème de naissance, à moins qu’elle n’ait transité un peu plus tard sur un lieu majeur les concernant, affectant profondément leurs caractères et leurs destinées. La première hypothèse, me semble cependant la plus satisfaisante. 

Considérant que les configurations astrales concernent avant tout le psychisme dans son ensemble, avant de se matérialiser par ce biais (3), il nous est difficile de percevoir clairement les sensations, les forces, le tumulte et la puissance des idées et des concepts qui imprégnèrent et fécondèrent la conscience collective lors de ces quelques années extraordinaires de notre histoire. L’on réalise bien entendu que les célébrités dont il est question ne représentent jamais que la crête de la vague d’intelligence qui balaie l’humanité à ce moment, même s’ils nous renvoient, pourquoi pas, à la notion hindou d’avatar, c’est-à-dire de la « divinité » s’incarnant dans la matière, afin d’éclairer l’humanité sur sa propre finalité. Après tout, pour que l’avatar « descende », il faut que les portes du ciel s’ouvrent et celles-ci sont tributaires de la géométrie céleste.  

Ainsi, pour qu’ils émergent de cette façon, définissant une quête spirituelle bien éloignée des conceptions de leur époque, prêchant l’humanisme, la connaissance de soi, le végétarisme, la compassion et la non-violence, dans un monde où l’esclavage et les massacres de masse étaient monnaie courante, il a fallu un terreau psychique incroyablement riche et fécond qui correspond en tout points à cette grande conjonction. On imagine que partout dans le monde, des nations américaines aux Aborigènes australiens, des peuples africains aux nomades des steppes asiatiques, des hommes et des femmes de grandes valeurs, inspirés et portés par l’alignement trans-saturnien, vécurent des existences sublimes d’intuitions, de quêtes intérieures et de vérité, sans que l’histoire n’en ait gardé la trace. Qu’importe d’ailleurs, l’essentiel est l’enrichissement qu’ils apportèrent à la conscience collective. 

Si les notions subtiles du Tao ou du Brahman, étonnamment en concordance avec les théories modernes les plus avancées (4), sont déjà anciennes, elles y trouvent leur plein essor, ce que l’on remarque à la lecture du Tao-te-King ou de certains Upanishads majeurs,  qui voient le jour à cette même époque. Les esprits les plus éveillés se mettent en quête des vérités essentielles, creusant les couches profondes de la conscience, en s’éloignant des déités personnelles et anthropomorphes, développant pleinement le concept de l’être humain portant tous les mondes en lui, capable de s’y fondre, d’y trouver sa vraie nature et sa finalité, cessant d’être une créature insignifiante soumise aux caprices des dieux, mais bien une entité responsable de sa destinée, tentant de conquérir son libre-arbitre et son droit à l’immortalité.

Pourquoi, se demande-t-on alors, les croyances sectaires, étroites, intolérantes et violentes, fondées sur la peur et la superstition s’imposèrent-elles malgré tout? Est-ce parce que quand ces semences d’intelligence pure furent semées l’humanité n’était pas prête, malgré les belles tentatives qui fleurirent un peu partout au cours des siècles? Et dans ce cas, quand le sera-t-elle? 


Du sens des grandes conjonctions

Lorsque l’on voit comment la dernière rencontre de Pluton et de Neptune a « influencé » notre monde à la fin du XIXe siècle (5), qu’en fut-il si l’on y ajoute Uranus, l’éveilleur des consciences, apte à détruire les anciennes croyances et à propulser la pensée sur de nouvelles rampes de lancement? 

Une conjonction s’interprète en fonction des astres concernés et des aspects qu’elle reçoit. « Une conjonction harmonique unit et renforce les significations positives. C’est l’aspect harmonique le plus puissant. Une conjonction dissonante renforce et combine les significations négatives. Elle affecte le mental à la façon d’un noyau dur, tenace, pénible à intégrer ». (6)

On ne tentera pas ici d’analyser cette ancienne configuration, le sujet mériterait un livre entier, tant elle est riche et essentielle, marquant non seulement l’émergence d’esprits visionnaires, mais également des transformations majeures de l’histoire de l’humanité. Ses répercussions touchent à tous les domaines de nos vies, de la fabrique du psychisme et des émotions en passant par ce qu’il y a de plus important, notre relationnel envers le monde, envers nous-mêmes et envers les autres. Attention, si elle est porteuse de grands espoirs, on n’oublie pas que tous les astres ont un double visage. Uranus éveille l’intelligence mais se prend au piège de l’autoritarisme et du fanatisme. Neptune communie et partage, mais ment, détourne et illusionne. Pluton régénère et libère mais détruit et manipule avec autant d’habileté. Cela n’empêche, l’histoire des idées, de la philosophie et de la science, souligne combien ce fut une période de mutations majeures, d’explorations et de découvertes. Pluton (l’énergie inhérente à la matière, les puissances financières, le pouvoir …), joue il est vrai un rôle non négligeable : nous assistons lors de ces décennies cruciales, à la naissance du prodigieux empire Perse sous la férule de Cyrus le Grand (approximativement -600 à -530), qui s’étend des rives méditerranéennes à celles de l’Indus. Simultanément la généralisation de l’usage de la monnaie permet des échanges commerciaux qui affectent toute l’Eurasie et favorisent les échanges culturels. La barbarie semble reculer, sans être un humaniste, Cyrus respecte les moeurs et les religions des peuples conquis et laisse la vie sauve à ses rivaux, leur offrant même un train de vie somptueux après leur défaite.

Comme le veut sa nature, Uranus génère de nouveaux concepts philosophiques et spirituels associés à un éveil des consciences qui concerne toute la population humaine. L’être humain semble chercher et trouver sa vraie place. La relation aux émotions, à l’empathie, au mysticisme, c’est-à-dire à tout ce qui est gouverné par Neptune est révolutionné, alors que s’imposent les  notions de charité et de délivrance. La science s’élabore sérieusement, proposant des alternatives aux explications mythologiques pour ce qui concerne les phénomènes naturels. Certes tout n’est pas rose, l’éternelle quête du pouvoir, de la richesse et de l’intensité des sensations qui constituent les fondations plutoniennes, sont contradictoires avec les principes même du Tao ou du Bouddhisme qui stressent l’humilité, la simplicité et le détachement. Mais l’alchimie n’en fut pas moins incroyablement puissante et surfant cette vague psychique, nombre d’individus surent sans doute approcher la vérité, vivre l’amour et conquérir la véritable liberté.  

Pourtant, à la lumière de notre XXIe siècle, sophistiqué, informatisé, pollué, matérialiste, grouillant de milliards d’individus partagés entre l’athéisme et les croyances familiales, l’on est en droit de se demander si nous avons su profiter pleinement de ces avancées ? Car la question d’un possible fourvoiement de l’humanité dans de sombres et brutales obscurités, qui connurent leur apothéose lors des guerres mondiales et se perpétuent actuellement dans le pillage et la destruction massive de notre environnement, est bien posée.
   
Quelles leçons en tirer aujourd’hui ?

D’abord une mise en lumière de certains principes astrologiques fondamentaux, qui explicitent les liens existants entre le psychisme et les configurations planétaires : « L’astrologie participe pleinement à une conception philosophique et spirituelle des énigmes de l’existence. Loin d’être absurdes ou accidentelles, la vie et la destinée s’imbriquent dans la trame d’un univers où la présence et la géométrie mouvante des astres se révèlent aussi essentielles au psychisme que la matière de nos cellules ou que l’air que nous respirons. Nous savons que la Lune, de par son rôle avéré concernant la stabilité, le climat et la biologie terrestre s’est montrée essentielle à l’apparition de formes de vie complexes. Est-ce aller trop loin que de se demander si, de la même façon, le psychisme tel que nous le connaissons, serait apparu en l’absence de l’architecture astrale du système solaire ? » (7) et (8). 

Si  Karl Jaspers offre à l’âge axial une durée de plusieurs siècles, y constatant l’émergence de nouvelles pensées, y voyant même la naissance de la philosophie quelle que nous la connaissons, la grande conjonction des trans-saturniennes, bien plus ramassée dans le temps, offre une explication à son apparition. Elle se situe à l’origine d’innovations mentales, de changements émotionnels et d’évolutions psychiques semblables à des vagues qui ne cessent de déferler bien après son occurrence et dont les significations correspondent parfaitement aux principes astrologiques. 

Soulignons la notion de convergence. A un moment précis de l’histoire, dans un contexte social dominé par les nobles et les guerriers, l’existence humaine étant fragile et menacée par d’innombrables dangers, Pluton (le pouvoir, la régénération, la matière), Neptune (le mysticisme, l’empathie, la notion d’humanité en tant qu’organisme, le coeur) et Uranus (l’éveilleur de l’intelligence, la révolution et la création des concepts, l’esprit), voguent quelques années ensemble et transforment durablement la conscience collective. Les astres et la conscience sont intrinsèquement associés (cf. note 3, 7 et 8) et l’on se demande si, de même que pour les individus changés par les transits affectant leurs thèmes, l’évolution de l’humanité toute entière n’est pas liée à ces configurations spéciales, inimaginablement puissantes. Seules des recherches approfondies permettraient de répondre à cette interrogation. Qu’en fut-il d’ailleurs de la conjonction précédente (vers -4530), alors que le néolithique s’installait et que de grandes civilisations, comme celle de l’Indus par exemple, prospéraient sans doute déjà? 

Scénario pessimiste

Malgré le génie, l’amour et la compassion de certains de nos ancêtres, nous restons prisonniers de nos ignorances. Quoique par moment éclairée par d’incroyables lumières liées à ce type d’évènement cosmique, la conscience collective peine à se libérer des craintes qui la hantent depuis la nuit des temps, responsables des violences, de la domination, de la compétition et de la destruction de notre magnifique planète. L’avidité et l’intérêt personnel triomphent. Indiscuté, le règne du moi reste le mouvement le plus puissant qui soit et alors, toute cette intelligence, n’aura peut-être servie à rien. 

Scénario optimiste 

Pour être compris, intégré, ce cycle planétaire, le plus long que nous connaissons, nécessite peut-être encore un peu plus de mille ans pour arriver à complétion, c’est-à-dire lors de la prochaine conjonction. Est-ce si étonnant? Voyons combien la conscience collective traîne toujours loin derrière les avancées de la science. Vieilles de plus d’un siècle, la théorie de la relativité et la physique quantique qui ont bouleversé les concepts bien établis d’espace, de temps, de matière et même de causalité, n’ont atteint qu’une partie mineure de la population mondiale, toujours captive de l’univers horloger, quand ça n’est pas de croyances naïves en un démiurge barbu et jaloux. Le créationnisme est loin d’être moribond et le mouvement de la Terre plate est en pleine progression!  Ainsi, une pensée spirituelle subtile, intelligente, débarrassée de l’anthropomorphisme, des tribalismes et des superstitions, des croyances et des traditions, axée sur la connaissance de soi, le silence de la pensée, l’équilibre intérieur et la méditation, a sans doute besoin de plus de trois mille ans pour porter ses fruits, car la rapidité à changer n’est pas notre qualité première. Indispensable à la transformation de nos consciences, cette pensée holistique, non-violente, illuminatrice de la finalité de nos existences, est notre plus bel espoir.

En septembre 2015, des chercheurs du LIGO ont détecté des ondes gravitationnelles, produites il y a 1,3 milliard d’années par la coalescence de deux trous noirs. Pourquoi ne pas penser que les vibrations d’intelligence pure qui virent le jour lors de cette conjonction d’il y a 2500 ans continuent à pénétrer nos consciences ? Qu’il est possible d’en entendre les échos et de les recueillir? Elles sont pourraient-on dire, inscrites dans notre ADN astrologique, indissociables de notre psychisme et communes à toute l’humanité qui en est totalement imprégnée. De par leurs mouvements et transits incessants, les astres présents dans nos cieux et dans nos thèmes nous gardent en contact avec les profondeurs abyssales de ce passé, bien plus important que les superficialités des traditions aussi anciennes soient-elles. Nous n’avons pas le choix, vu l’état catastrophique de nos terres, de nos forêts et de nos océans, vu l’ignorance crasse dans laquelle nous vivons en ce qui concerne nos vraies natures, vu la toute puissance de la peur, de l’avidité et de la compétition. Il est essentiel que chacun d’entre nous tente de percevoir les échos de cette conjonction qui continue à se répercuter dans les fondations mêmes de notre psychisme. Car si nous sommes, de part nos violences intérieures (9), responsables des brutalités du monde, nous sommes aussi les héritiers de ces immenses penseurs qui ont insufflé intelligence et lumière à la conscience collective, ouvrant des portes qui donnent accès aux strates les plus riches et les plus mystérieuses de nos esprits. 


(1) Leurs dates de naissance ne sont pas connues avec exactitude et elles sont même discutées voire controversées, mais il y a de fortes probabilités pour qu’ils soient nés, où étaient vivants, de -600 à -550 av. JC. Mahâvîra fondateur du Jaïnisme, qu’on pense avoir été contemporain du Bouddha, serait né en -599 et l’on s’accorde sur une naissance vers -580 pour Pythagore (à qui les astrologues doivent beaucoup) Confucius, daté à -551 aurait été contemporain de Lao Tseu, fondateur du taoïsme, celui-ci possiblement de 20 ou 30 ans son aîné. Thalès, premier philosophe de la nature, sage, scientifique et mathématicien vécut à cette même époque. 

(2) Pour une analyse fouillée des cycles historiques voir l’article de Pad Jenkins History and the cycles of Uranus, Neptune and Pluto disponible sur le site du C.U.R.A  

(3) Hypothèse développée dans L’astrologie et la mécanique de la pensée

(4) Cf. la théorie de « L’ordre implicite » ou « replié », selon les travaux du physicien David Bohm, ami et interlocuteur privilégié de Krishnamurti.  « Dans ce modèle, l'esprit et la matière sont perçus comme des projections dans notre ordre explicite de la réalité sous-jacente, l'ordre implicite » (Wikipédia).

(5) « Elle se produit environ tous les 5 siècles. Jiddu Krishnamurti, Martin Heidegger, Dane Rudhyar, Edwin Hubble, Erwin Schrödinger, Charlie Chaplin, Marcel Duchamp, H.P. Lovecraft, Mao Tsé-Toung, Joseph Goebbels, Adolf Hitler entre autres personnages qui marquèrent leur temps pour le meilleur ou pour le pire naquirent sous la dernière en date (1885 à 1899). Des dizaines de millions de personnes nées sous cette configuration vécurent les deux guerres mondiales et les plus grandes transformations sociales et technologiques que l’humanité ait jamais connues. Plus d’un siècle plus tard, les soubresauts sont toujours ressentis. Lors de son occurrence la conscience collective, qui est le fond commun et la somme des consciences personnelles, est agitée de remous idéologiques puissants qui se matérialisent par des bouleversements de l’environnement, des révolutions, des guerres et des mutations spirituelles. Les destinées individuelles sont ballottées et bien souvent emportées. L’astrologie et la mécanique de la pensée  (Neptune conjoint à Pluton)

(6) Ibid. (Ce qu’il faut savoir sur les aspects)

(7) Ibid. (prologue) 

(8) « Les phénomènes astrologiques ne seraient pas le fruit d’une éventuelle relation causale indéterminée, mais manifesteraient une programmation en amont étroitement liée à la nature cosmique de l’être humain, finalement constitué de « poussières d’étoiles ». En nous serait gravé une sorte de code complexe, associant la substance, les orbites et les interactions des astres à nos consciences. A travers lui s’exprimerait le thème natal, en tant qu’empreinte cosmique individuelle, ainsi que tout ce qui s’y rapporte (incidences des thèmes dérivés et des transits). Ce code enfin participerait au socle commun à la matière et au psychisme envisagé par Wolfgang Pauli dans le cadre d’une explication de la synchronicité dont il est question au chapitre 1 (Les astres et la pensée) ». L’astrologie et la mécanique de la pensée (prologue)


vendredi, février 02, 2018

Charleroi, psychanalyse urbaine et astrologie


J’ai récemment collaboré avec Laurent petit, créateur de l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine (ANPU), dans le cadre d’un spectacle « para-scientifique » concernant la cité de Charleroi en Belgique. La conférence a eu lieu le vendredi 26 janvier à l’Eden de Charleroi. Il est possible de la visionner sur Facebook avec le mot-clé Charleroi HD (1). « La psychanalyse urbaine consiste à coucher les villes sur le divan, détecter les névroses urbaines et proposer des solutions thérapeutiques adéquates », lit-on sur le site de l’ANPU. Le travail se construit à partir d’une analyse approfondie des faits historiques. L’ensemble fait partie d’un vaste projet de psychanalyse du monde. 

Cet article s’intéresse à l’apport astrologique dans le cadre de cette étude, d’autant que le jour de naissance de Charleroi est connu, un fait assez rare pour être mentionné (2). Pour compléter le travail de recherche et l’approche psychanalytique de l’ANPU, j’ai cherché à comprendre la dynamique interne de la ville, son psychisme collectif, son histoire et sa destinée, par le biais de son thème natal, calculé sans Ascendant malheureusement, en l’absence d’une heure de naissance. 

Il s’agissait bien entendu d’aller au-delà d’une simple description des caractéristiques propre à cette cité et de rechercher, toujours par le biais astrologique, des pistes permettant, provoquant peut-être même la possibilité d’un mieux-être et d’un mieux-vivre : allégement de l’atmosphère générale, réconciliation avec les obscurités enfouies, vie artistique et créativité magnifiée, convivialité accrue, estime de soi reconquise, rayonnement culturel et ainsi de suite.



Charleroi « née » le 3 septembre 1666 

Si dans un premier temps le thème de la ville fait apparaître nombre de singularités analogiques à l’histoire de la cité, ce sont les synastries (les comparaisons de thèmes), de certains évènements et surtout de personnages ayant fortement marqué Charleroi, qui déclenchent le plus de coïncidences, étonnamment signifiantes : en retour, certaines  de ces « synchronicités astrales » sont si précises, qu’elles offrent au thème natal de la ville une véritable « légitimité». 

Le point focal 

Un point focal particulier, redondant dans la majorité des thèmes étudiés (3), souligne très précisément les 11° et 14° du Scorpion respectivement la Lune et le Mars de Charleroi), démontrant avec certitude que les lieux et les êtres humains sont associés, de façon mystérieuse il est vrai, par la géométrie céleste. Ces synchronicités astrales font sens, car elles éclairent des mécanismes psychologiques à l’oeuvre, ceux-ci agissant en retour sur la destinée collective (lieu et population confondus).

Cette position lunaire à 11° Scorpion est calculée avec l’AS conjoint à la Lune, car nous ne connaissons pas l’heure de la naissance. C’est sans doute le point faible des calculs, mais les thèmes suivants (George Lemaître, la création du Grand Charleroi et Marc Dutroux) confortent l’hypothèse de cette position au onzième degré du Scorpion. Quoiqu'il en soit elle ne peut-être que très proche.



Au 11° du Scorpion (SCO) nous trouvons :

- La Lune de Charleroi à 11°24 SCO 

- L’Uranus du savant George Lemaître (ci-contre) né à Charleroi le 17 juillet 1894 à 18h00 : 11°15 du SCO)

- L’Uranus de la création du grand Charleroi « né» le 7 janvier 1977 à 15h00  est situé quant à lui à  11°07 SCO (4).

Uranus a ainsi parcouru un cycle entier entre les deux naissances. Vu son impact, l'on doit s'attendre à des transformations, voire des révolutions importantes en 2021 et 2022, alors qu'Uranus en Taureau s'opposera au onzième degré du Scorpion.  


- L’ascendant de Marc Dutroux (ci-contre) né le 6 novembre 1956 à Ixelles à 07H35 : 11°25 SCO. 

Il habitait la banlieue de Charleroi et on le considérera comme l’un des « violeurs » de la ville. L’AS est le comportement du moi et la Lune est en relation avec les femmes et les enfants. 

- Avec un peu moins de précision, mais très proche du 11° Scorpion on trouve la conjonction Jupiter/Ketu lors de l’inauguration de l’exposition universelle le 29 avril 1911 : Jupiter est alors à 9°53 du Scorpion et Ketu à 10°09 du Scorpion.



Au 14° du Scorpion (SCO) nous trouvons :  

- Le Mars de Charleroi : 14°34 SCO

- Le Soleil de Charles II d’Espagne (ci-contre) le « fondateur » de la ville qui lui donne son nom, né à Madrid le 6 novembre 1661 » : 14°36 SCO (5)

- Le Soleil de Marc Dutroux (voir sa carte ci-dessus) né le 6 novembre 1956 à Ixelles à 07H35 : 13°50 SCO  

Cette « coïncidence» est sans doute la plus frappante, car étant tous les deux nés un 6 novembre, Charles II d’Espagne et Marc Dutroux ont leur Soleil à moins de 1° d’orbe, posé sur le Mars (la guerre, la brutalité) de Charleroi. 

- Le thème de George Lemaître mentionné plus haut, indique Mars à 14°47 du Bélier et Neptune à 14°47 des Gémeaux. les deux astres forment un sextile (60°), un aspect « héroïque », qui constitue la base d’un triangle isocèle appelé Yod (le doigt de Dieu, ce qui sied bien à un prêtre), dont la pointe est située très exactement à 14° du Scorpion !  Cette configuration particulière le conforte dans son rôle de « guérisseur de la cité ».

- Le jour de la catastrophe du bois du Gazier, causée par un incendie, le 8 août 1956, le Soleil était très exactement à 15°42 du Lion, soit au carré du Mars en Scorpion (avec 1°08’ d’orbe), un aspect effectivement « incendiaire ». 

Que tirer de ces informations? 

Sans se lancer dans une interprétation complexe du thème de Charleroi, soulignons-en quelques traits essentiels

- Le Soleil en Vierge évoque une recherche et une nécessité d’ordre, tout en soulignant une double nature. La première nature tourne autour du Soleil, favorable à Saturne, à Mars et à la Lune. Elle nous indique le sens de l’action et de l’entreprise (Soleil/Mars), une relation marquée à la terre, à l’enracinement et aux minéraux (Saturne), une faculté à miser et à bâtir sur le long terme (Soleil/Saturne), un sens pratique prononcé et la quête d’une harmonie naturelle (Soleil/Lune)

- La seconde nature se révèle au point focal proprement dit, soit la conjonction Lune/Mars en Scorpion. D’emblée la cité s’organise autour d’une forteresse. La Lune s’associe à la sécurité et Mars à la guerre. On construit des murs pour se protéger. On se bat et on se combat. 
La conjonction Lune/Mars est le syndrome astrologique le plus évident du viol. La ville a souffert de nombreuses invasions soldatesques avec ce que cela signifie de brutalité. Laurent Petit parle de la construction de la forteresse comme d’une grossesse non désirée et Marc Dutroux perpètre ses crimes en ce sens.

Cet aspect indique ainsi une atmosphère tourmentée par la peur, la violence et la sexualité. La nature « Vierge », ordonnée et bâtisseuse par le biais de Saturne et la nature Scorpion tourmentée se combattent et se complètent. Le défi pour la nature Vierge est d’ordonner la nature Scorpion.

- Cette fragmentation amplifie le carré Saturne/Mercure, une configuration qui est toujours lié à des possibilités de mauvais choix, de décisions néfastes, dûs à une ignorance ou à une non-acceptation des motivations profondes et des mobiles secrets tapis dans « l’inconscient collectif » de la ville, sans compter parfois de vraies difficultés de communications. 

- Ajoutons la relation de Saturne aux noeuds lunaires (6), qui évoque les secrets et le caché qui troublent la réflexion, ainsi que Jupiter au carré de Pluton qui soumet la cité aux puissances financières

- Vénus pourtant, maîtresse de la beauté est en Balance, dans son domicile. Elle parle d’art, de tendresse, de sociabilité et de communication. Cependant ses carrés à Saturne et à Neptune, indiquent une certaine malchance affective, qui se matérialisent dans les nombreux abandons que connaît la ville. Le carré à Neptune particulièrement manifeste le syndrome douloureux de ne pas se sentir aimé, entrainant un besoin de plaire, de charmer et de séduire et ouvrant la porte aux illusions et aux trahisons. 

Les synastries

Une synastrie entre deux thèmes est toujours complexe : ici ce sont de multiples thèmes et mieux vaut, spécialement dans le cadre de cet article, nous en tenir au minimum de considérations, considérant que trop d’informations tue l’information. Gardons cependant en tête que nous n’abordons ici que certains des éléments les plus visibles.

Au « négatif »

- Charles II d’Espagne, dont le thème représente le pouvoir militaire espagnol, montre son Soleil (l’autorité), exactement posé sur le Mars de la ville (l’armée, la guerre). Les habitants sont ainsi mis en danger. Il y a exercice de la domination (Soleil) par la force (Mars).

- De part son Soleil et son Ascendant, Marc Dutroux est lié à la fois à la Lune et au Mars de la cité. Il représente une force « maléfique » associée aux valeurs les plus négatives du « point focal » : destruction et auto-destruction, déchaînement du pulsionnel, agression du « corps » du lieu par le biais de ses enfants (la Lune). 

- La catastrophe du bois du Gazier (Soleil au carré de Mars/Lune en Scorpion) montre la nature « néfaste évènementielle », l’incendie responsable de 262 morts, lié à l’exploitation des mines et des mineurs. Analogiquement, les couches profondes de la conscience (le sous-sol) sont « explosives », voire mortelles. 

Au « positif » 

- Les situations précises des Uranus de Georges Lemaître et du thème de la renaissance de Charleroi vont dans un sens d’humanisme, de libération des consciences, de rayonnement de la science et des nouvelles technologies, de possibilités de révolutions urbaines.

- Il en est de même pour le thème de l'inauguration de l’exposition universelle, très lié à celui de Charleroi, quoique cette synastrie soit mitigée (7). Elle cependant symbolise le rayonnement culturel de la cité.

Guérison, pistes

Si nous avions affaire à une personne, nous expliquerions à Monsieur ou à Madame Charleroi :

- La nécessité d’ordre (Vierge), dans les couches profondes de la conscience (Scorpion), considérant que l’ordre dont nous parlons naît de la compréhension du désordre.

- L’importance dans ce cadre de désamorcer les traumatismes passés (Mars/Lune), liés aux mémoires (Lune), c’est-à-dire à l’histoire de la ville. Il s’agit de se débarrasser des fantômes du passé.

- La nécessité de se désolidariser des « secrets de famille » qui agissent comme des noeuds dans la conscience collective. 

- Les bienfaits de s’interroger sur les relations néfastes au pouvoir et à l’argent.

Les réflexions qui précèdent permettent de résoudre les problèmes Mercure/Saturne (les décisions et leurs motivations), ce qui est essentiel, afin d’éviter du futurs mauvais choix. Dans ce sens il est également vital de résoudre les problèmes Neptune/Vénus (la sensation douloureuse de ne pas se sentir aimé ) qui nourrissent le manque d’estime de soi. 

Les actions en ce sens permettront de tirer partie des aspects saturniens positifs (solidité et force mentale, planification à long terme, détermination et persévérance), des couleurs uraniennes prononcées (capacité au rayonnement, à l’innovation, à l’originalité et à l’universalité) et bien entendu d’une Vénus libérée offrant non seulement créativité esthétique et talents artistiques mais nourrissant aussi la joie de vivre.




(2) Ce n’est pas la première fois que l’étude d’une ville est abordée dans ce blog : cf. Bagdad, Uraniborg et les thèmes d’élection  

(3) Voici la liste des thèmes examinés :
- Naissance de Charleroi
- Thème natal de Charles II d’Espagne
- Abandon de Charleroi par les Espagnols
- Catastrophe du bois du gazier
- Inauguration de l’exposition universelle
- Thème natal de George Lemaître (l’abbé Lemaître)
- Thème natal de Marc Dutroux
- La naissance du « Grand Charleroi »

(4) La Lune, à 11°41 du Lion, est au carré partile du 11° Scorpion

(5) En l’absence de l’heure de naissance, le thème calculé pour midi indique une Lune à 14° du Taureau, en opposition partile (exacte au degré prés) à son Soleil et au Mars de Charleroi à 14° du Scorpion.


(7) Conjoint à Rahu, Saturne en Taureau est opposé au point focal en Scorpion où se trouvent Jupiter et Ketu, évoquant de l’insatisfaction, des brutalités et des durcissements, de possibles secrets ainsi que la misère sociale dissimulée sous la brillance de l’exposition. 

CENTILOQUE

CLIQUEZ SUR LE LIEN pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage publié en 1993 aux Editions Dervy


Extrait :


1- N°5 : caractère et destinée.


« L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère ».


Le mot caractère nous vient du grec « kharaktêr », qui signifie un signe gravé. Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.


Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.


Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, l'espritla sagesse, le pouvoir et l’amour.


Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.


Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.