mercredi, juin 10, 2009

Et ils eurent beaucoup d'enfants.

Rien de plus instructif comme exercice qu’apposer la grille de lecture astrologique à des personnages, à leurs caractères, attitudes et comportements, en fait à l’ensemble de leurs caractéristiques relationnelles, qu’il s’agisse de théâtre, de cinéma ou de bouquins. L’astrologie s’applique à tous les rapports humains, même fictifs si les œuvres sont bien conçues : mieux, il arrive que de grands auteurs dressent des descriptions de signes, d’astres, de configurations, plus précisément que n’importe quel traité d’astrologie : Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil de Haruki Murakami est un portrait joliment réussi du signe du Cancer. Un pur espion de John le Carré, où le héros est une véritable incarnation neptunienne, décrit l’univers de cet astre dans ses nuances les plus subtiles. Beaucoup plus anciens, le Ramayana de Valmiki conte la saga d’un Soleil en maison XII (le héros solaire descend au cœur des ténèbres à la recherche de son âme) et Homère trouve en Ulysse d’Ithaque un prototype mercurien.

Dans le dernier film de Pedro Almodovar (Étreintes brisées), un milliardaire (Pluton) et un cinéaste écrivain (de type Mercure/Neptune, romantique et trahi par la destinée), se compliquent la vie jusqu’à la tragédie à cause de Vénus (interprétée par Pénélope Cruz) et bien entendu de l’indispensable Saturne, le maître du temps, puisqu’il y a retour en arrière, obstacles, dures épreuves et éventuellement purification. Au contraire absolu des films américains obsédés par le happy end, le scénario est un exemple de récit astrologiquement plausible, ce qui est rarement le cas lorsque les héros, disons un homme et une femme, traversent les flammes de l’enfer, expérimentent supplices du cœur et autres désagréments, et au même moment se rencontrent et vivent un amour pur et sincère jusqu’au bonheur final, l’ensemble se résumant par la formule classique des contes de nos enfances: « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

En vérité, la majorité des récits et des scénarios auxquels nous sommes habitués, qui juxtaposent violences et malheurs, ainsi qu’amour et promesse de bonheur dans un cadre proche des unités de temps et de lieu du théâtre classique et antique, sont astrologiquement improbables, parce que de telles contradictions dans les évènements vont à l’encontre des transits planétaires et de la fameuse loi d’élection (1) qui obéissent à une logique astrologique incontournable.

Il n’est pas trop difficile de pressentir dès sa genèse le sort d’une rencontre amoureuse grâce à l’observation des positions planétaires, mondiales mais le plus souvent natales chez les personnes concernées. On voit très rarement en effet (ou jamais ?) une histoire d’amour, même très prometteuse, fleurir et s’épanouir dans la joie, la sérénité et la beauté, si au moment où les fils du destin se nouent, Saturne afflige Vénus dans un thème ou dans l’autre (2). Si les perturbations se passent entre Mars et Saturne on peut s’attendre à de violents conflits à venir, et si Neptune s’en mêle à des mensonges et des trahisons. De même, les périodes très difficiles, brutales, porteuses de malheurs, de maladies, d’accidents graves, et bien sûr les morts violentes, sont toujours marquées par des aspects très durs comportant Mars et Saturne, avec un ajout probable des trans-saturniennes.

Ce qui signifie qu’à chaque fois que dans un film (ou dans la réalité !), une femme se fait battre comme plâtre, ou violer par un méchant, on peut être certain que Saturne et Mars l’affligent sérieusement et que son Vénus est sans doute en très mauvaise posture ! Pourtant voilà qu’au même moment, un autre homme (le gentil, le prince charmant) s’en vient la sauver sans doute mandé par Jupiter. Pourquoi pas ? ce sont des choses qui arrivent, fort heureusement. Par contre cela implique que la rencontre entre la belle et son sauveur se déroule sous un transit Saturne/Mars particulièrement violent, avec un Vénus difficile par dessus le marché et que toute histoire romantique entre ces deux là est à 99% vouée à l’échec, pire même, risque de reproduire les mêmes brutalités à un moment donné ! Cela parce que le thème de la rencontre est marquée par des aspects planétaires difficiles, inverses à ceux que l’on aimerait connaître au début d’une histoire. Pas évident ainsi, dans ces cas là, une fois la crise passée, de se marier, de vivre heureux, et d’avoir beaucoup d’enfants…..

Corollairement cela signifie également que si l’on traverse une période agitée, marquée par de puissants et pénibles remous, en général lisibles dans des positions Mars/Saturne, avec des appuis d’Uranus, de Neptune ou de Pluton, ce n’est pas le moment de rencontrer l’homme ou la femme de sa vie (ni même d'ailleurs de se lancer dans une amourette), ce qui va malheureusement à l’encontre de nos rêves et de nos aspirations, en lesquels nous voulons croire, et que films et romans décrivent si bien! Cela ne fonctionne pas ainsi. On ne saurait être entouré de violences, preuves que Mars et Saturne sont violemment montés contre nous, et bâtir au même moment une profonde et paisible relation qui perdurera le reste de l’existence ! Il n’est pas impossible bien entendu, quoique plutôt rare, de vivre au cœur de la peur, une excitante aventure sensuelle, avec peut-être même un embrasement du cœur (preuve que Uranus s’accroche Vénus), mais ensuite, lorsque la situation redevient normale, on ne pourra transformer cette relation en un Saturne/Vénus (amour dans la durée) favorable cette fois, qui permet de connaître la sérénité, car le thème de naissance de la rencontre, et donc de l’ensemble des évènements, imposera sans doute sa loi.

Au cours des siècles, les astrologues ont beaucoup étudié ces phénomènes, jusqu’à comprendre que l’on doit débuter/commencer/initialiser les tâches (les projets, les entreprises, les rencontres) importantes sous de bons auspices planétaires (voir à ce sujet Bagdad, Uraniborg et les thèmes d'élection). C’est cela naître sous une bonne étoile, qu’on soit homme ou femme, cité, entreprise ou histoire d’amour. Cela n’empêche pas de lire des romans et d'aller au cinéma, bien au contraire, même si l’astrologie, à sa façon, nous prouve qu’il s’agit bel et bien, dans la plupart des cas, de fiction en contradiction avec la réalité des faits.


(1) Élection : procédé qui consiste à définir une date, la plus favorable possible, pour un important évènement à venir (mariage, accord politique, création d’entreprise, déclaration de guerre, traité de paix….. ).


(2) Cet aspect particulier demande une réserve, une attente, parfois une renonciation puisque le temps et l’obstacle (Saturne) s’oppose à l’amour (Vénus).
Un(e) célibataire qui voit Saturne affliger son Vénus se porte mieux seul(e), ce qui ne signifie pas obligatoirement isolé (c’est un aspect qui permet entre autres d’apprécier au mieux les longues promenades solitaires). Par contre, il ne lui est pas du tout conseillé de se mettre en couple. Ce serait appeler les ennuis à soi.
Par contre, dans une structure déjà formée, le même aspect permet d’approfondir la relation, de la cimenter, surtout si celle-ci est bâtie sur des sentiments relativement superficiels (recherche de sécurité, peur de la solitude), ou sur le confort sexuel. Cependant, Saturne réclamera sans doute une forme de purification (compréhension des sentiments et des émotions) et si aucun travail n’est fait, il y aura toujours des risques d’éloignement ou de rupture.

CENTILOQUE


CLIQUEZ SUR LE LIEN
pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.