samedi, août 02, 2008

Mercure et la nouvelle Lune.

Mercure vif-argent, presque invisible, maître des voleurs, insaisissable, rapide comme le vent, détenteur du souffle, seigneur du Verbe, hier conjoint à la nouvelle Lune, participant de plein pied à l’éclipse de Soleil qui jette son ombre sur certaines régions septentrionales de la planète. Si proche du Dieu Soleil, on le dit combuste, brûlé, cuit à en perdre ses moyens et donc apte aux mauvais choix, aux jugements erronés, aux erreurs de toutes sortes : pas le moment de prendre des décisions importantes (pas avant mardi ou mercredi d’ailleurs).

Pourtant, attentif à l’atmosphère toujours spéciale des nouvelles lunes, surtout porteuses d’éclipses (en l’absence de la reine, éclatantes étoiles la nuit précédente, ciel limpide où trônait Jupiter, l’oeil posé sur la Voie Lactée où planent l’Aigle et le Cygne), on le sentit bouillir, neuf, inventif, feu-follesque, bondissant comme le veut sa nature, d’une idée, d’un monde à l’autre, inventant, verbalisant, communiquant, rassemblant, riche d’astuces et de ruses, déployant un maximum de ses qualités. C’est vrai qu’il était conjoint et parallèle à la Lune et que cela fouette l’intellect. Quand au Quinconce à Jupiter, il ne pouvait qu’enrichir la collecte des informations.

Mercure l’éveilleur, connu par les astrologues depuis la nuit des temps, eux qui à Babylone le nommèrent Nabû, fils de Mardouk (Jupiter), dieu de la sagesse et de l’art d’écrire, scribe des dieux. Il fut Thot en Égypte, Hermès en Grèce, Budha en Inde (dont j’ai conté la naissance mythologique il y a peu). Sans doute fut-il présent dans chaque civilisation, chez chaque peuple, des millénaires avant le néolithique, car en ces temps là nos ancêtres regardaient sans cesse les cieux et possédaient des yeux de lynx.

Dans ses apparitions au levant ou au couchant, dans ses unions ou ses heurts avec les autres astres, dans ses jeux de cache-cache et son éclat féerique, ils reconnurent le prince envoyé, celui qui descend, l’avatar, c’est-à-dire l’intelligence universelle venue nicher une parcelle d’elle-même sous nos épais crânes de primates. Ils lui attribuèrent le langage et la structure de la pensée qui gouverne le rapport à soi, au monde et aux autres, le discernement, l’ordre, l’astuce (qui nous a tant servi) et la curiosité. Mercure essentiel dans un thème au point d’en être souvent la clé, décide de la façon dont nous structurons et orientons nos idées et nos choix, et agissons ainsi sur nos destinées.

Dommage que nous soyons si doués pour gaspiller cette intelligence divine ! Que nous l’employions surtout pour nous enfermer dans un mental qui tourne éternellement en boucle, dont l’instrument, la pensée, ne sert plus qu’à assouvir nos désirs et à nous protéger de nos peurs. C’est comme de prendre un astronef pour nous rendre à l’épicerie du quartier. C’est transformer le cerveau en prison.

Si Mercure est adaptable et fait des miracles, il est aussi responsable de nos tragédies par les mauvaises orientations de la pensée qu’il provoque, car il est neutre, fragile, influençable, coloré par ses fréquentations planétaires, et pour ces raisons garant de notre libre arbitre. Son gros avantage est d’être l’astre le plus malléable, que l’observation, la réflexion, l’étude, l’éducation peuvent faire évoluer. Associé à l’intellect et à la compréhension, il peut incarner d’intelligence, dans le sens de l’art de concevoir des rapports entre les choses.

Il peut ainsi délier l’esprit et provoquer une vraie révolution intérieure, la seule qui ait un sens, et nous ouvrir, puisque c’est là son rôle ultime de messager céleste, la porte des étoiles.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.