samedi, août 21, 2010

La mort d'un ami

Voilà deux jours que le village est en deuil. Un homme, un ami âgé de quarante-six ans s’est tué au volant de sa voiture. Il laisse une femme et deux jeunes enfants. Le village compte quelques centaines d’habitants, les gens se connaissent et tout le monde est sous le choc, groggy. La mort s’est invitée au banquet de l’été, sans préavis, tranchante comme un couperet.

Qu’est-ce qu’un décès isolé face aux milliers de morts de ces dernières semaines, au Pakistan, en Inde, en Russie ou en Chine se demandera-t-on ? mais nous le savons bien, il y a la mort lointaine, abstraite, anonyme et l’autre toute proche, intime, terriblement réelle et douloureuse.

Une observation attentive de son thème dévoile rapidement les transits en cause : sa Lune à la fin des Gémeaux conjointe de naissance à la tête du dragon, actuellement affligée par Pluton (le maître des morts), par Saturne (la fin), par Uranus (la soudaineté, la surprise) et même par Jupiter (rêverie et manque de concentration). Le Soleil (le souffle de vie) à la fin du Lion, exactement posé sur son Mars (les accidents), lui-même opposé à Saturne dans le thème de naissance, un aspect dangereux s’il est. Neptune en ce moment sur ce Saturne. Mars progressé sur Pluton, au carré du Soleil progressé. La Lune progressée sur son Saturne….. Mais ce n’est pas ce dont je veux parler.

Il s’agit d’un village de montagne et l’accident s’est produit sur une piste relativement peu fréquentée. A cause de la végétation et du relief, la voiture et le corps furent découverts vingt-quatre heures plus tard au fond d’un ravin.

A l’instant fatal, la Lune se trouvait à 21° du Sagittaire, sur le Soleil progressé et au carré donc de son Mars progressé et de son Pluton. Tous les éléments de la destinée étaient réunis et il est mort sur le coup. Il n’y a rien à ajouter, sinon que la violence que subit le corps et la mort qui en résulta étaient parfaitement lisibles sur son thème. Le malheur n’y est pas réellement inscrit, car c’était son moment.

Le lendemain par contre, lors de la découverte du corps, quand son amie apprit la nouvelle qui éclata comme une bombe dans le village, la Lune était au début du Capricorne, conjointe à Pluton, au carré d’Uranus, de Saturne et de Jupiter. Le malheur était là ! Cela signifie que le poids entier de la mort et de la tristesse qui l’accompagne se posa à cet instant sur nos épaules. Le choc (Uranus), la douleur (Soleil et Neptune en opposition), le refus, les introspections obligatoires et la résignation (Saturne), les mémoires douloureuses car chacun évoque ses propres morts (Lune très affligée), tout cela était totalement souligné, inscrit dans la signification de cette configuration défavorable.

Sans souscrire à toutes les croyances réconfortantes qui ne sont que de pauvres refuges face à la douleur de la séparation, l’astrologue sait (ou devrait savoir) que la vie n’est pas un accident. C’est un mystère dont la mort n’est pas séparée. On peut donc lui souhaiter bon voyage, d’autant qu’il nous a quitté sur une Lune en Sagittaire, la plus voyageuse de toutes, sans pour autant tenter d’expliquer l’inexplicable pour nous consoler.

Nous, nous restons avec la Lune de Pluton et de Saturne (la mort, le chagrin, la peur, la sensation d’être drainé de notre énergie), celle d’Uranus (le bouleversement) et celle de Jupiter (les rituels dont peu d’entre nous peuvent se passer). Pour certains on ajoutera les interrogations, les explorations difficiles, enrichissantes, parfois illuminatrices, que la mort provoque toujours depuis des dizaines de milliers d’années (Uranus, Saturne et Jupiter).

Nous restons aussi avec le Soleil opposé à Neptune. Neptune, l’empathie, représente la souffrance personnelle et collective qui naît d’être séparé, principale cause du chagrin. Il incarne aussi notre fuite de la douleur que ce soit dans l’alcool, la toxicomanie ou les médicaments, les croyances religieuses, la rationalisation ou le durcissement mental de l’athéisme pur et dur. Pourtant, en définitive, clarifié et purifié, Neptune incarne surtout l’immense mystère de la vie et de la mort, si difficile à percer, inapprochable par la pensée, riche et profond au delà de toute expression.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.