dimanche, août 08, 2010

Le ressenti des astres et la synchronicité

Ces jours-ci, si l’on peut s’écarter un peu de la folie du monde et s’interroger, alors que de nombreux astres sont en ce moment tendus, reliés entre eux par de puissantes configurations, ce qui les rend incroyablement riches en significations, il est particulièrement instructif de démêler l’écheveau des sensations.

Aux informations, dans nos activités spontanées (favorisées pour certains par les vacances et l’été), dans nos soucis quotidiens ainsi que dans le secret de nos pensées, tout est remarquable : ne sommes nous pas bousculés par Mars et son besoin d’action permanent, lui-même nourri par Jupiter et Uranus en opposition mais ralenti, parfois bloqué (comme dans les embouteillages), par sa conjonction à Saturne ? Saturne qui nourrit nos réflexions profondes à propos de la sexualité et du pouvoir (conjoint à Mars et au carré de Pluton), des dysfonctionnements de la société (opposé à Uranus et à Jupiter), de nos angoisses profondes (Pluton encore) que le soleil du Lion, pourtant le plus brillant, n’arrive pas à disperser ?

On peut ainsi, en soi-même, faire le tour de ces agitations: il y a Uranus et ses pensées incisives qui cherchent la clarté, Pluton qui nourrit nos fantasmes à coup de magazines people, de corps nus et bronzés, de reportages sur les nantis de ce monde, Jupiter qui par « hasard» nous soumet à la lecture d’un livre instructif, aux réflexions brillantes de son auteur, à un concert ou à une pièce de théâtre….

Et, si nous sommes chanceux (portés peut-être, malgré les fortes tensions de la Croix cardinale, par un Soleil maître en Lion, un Mercure maître en Vierge et comme ces deux derniers jours une Lune maître en cancer), si nous sommes attentifs, le cœur un peu serein (c’est plus facile à proximité de la nature), peut-être ressentons-nous Vénus en Balance, également en domicile, si resplendissante en début de soirée, éclipsant sans peine les étoiles fixes ainsi que Saturne et Mars qui lui tiennent compagnie. Et peut-être que pour la ressentir dans toute sa profondeur (ce qui nécessite d’échapper aux perturbations dont elle est victime), nous faut-il comprendre cette phrase de Krishnamurti qui dit que aimer « c’est être conscient de l’extraordinaire beauté des choses ».

Car Vénus, qui appartient à cette configuration qui est l’événement astral de l’année 2010, doit d’abord, pour être totalement perçue, être purifiée de cette complexité planétaire :
- Conjointe à Mars, elle symbolise la confusion entre le désir et l’amour, la violence des sentiments, la brutalité de la convoitise.
- Au carré de Pluton elle indique que le charme et la beauté sont corrompus par le dieu du pouvoir et de l’argent.
- Opposée à Uranus, elle nous bouleverse par la poursuite des sensations, si facilement confondues avec l’amour.
- Opposée à Jupiter elle représente la gourmandise, la quête des gratifications sensuelles qui n’en finit jamais.
- Conjointe à Saturne, elle représente la recherche de la sécurité affective, la peur de l’isolement, et elle prévoit le dénouement malheureux des amourettes qui se nouent actuellement.

Ensuite, si l’on multiplie toutes les combinaisons, on s’aperçoit que la situation de Vénus est on ne peut plus complexe : par exemple au carré de Pluton et conjointe à Saturne, c’est l’angoisse qui s’en mêle, la beauté qui se vend ou encore le fantasme qui prend le pas sur la vie réelle, indiquant des possibilités de perversion, sans compter la mort qui rôde parfois, d’autant que Mars (la violence, la jalousie, l’autodestruction dans ce contexte) est présent, ainsi qu’Uranus (les bouleversements)……. Vénus ainsi vécu n’est plus amour mais désir et frivolité, sans compter l’indifférence pour les drames qui se nouent sur la planète (inondations meurtrières en Inde, au Pakistan et en Chine, incendies en Russie), bien moins importants que nos petites sagas personnelles.

Pourtant, si au crépuscule on prend le temps de s’asseoir à l’écart de l’agitation et qu’on observe ce joyau du ciel, qu’on fait abstraction des autres énergies (parce qu’on les comprend et qu’on ne lutte pas contre elles), on peu ressentir cette sensibilité profonde, cette extraordinaire subtilité des émotions qui mène à la paix, à la joie et à la sérénité.

Si le sujet de cet article est le ressenti, c’est aussi parce qu’il semble instructif de s’interroger sur la valeur de ces sensations. Surtout dans un monde moderne, hyper intellectualisé, où beaucoup d’astrologues parlent (reprenant les concepts de Jung) à propos des planètes « des expressions symboliques du drame intime de l’âme (….) qu’une projection inconsciente a transféré aux étoiles »….. (citation de Wilhem Knappich dans son introduction à l’Histoire de l’astrologie, une introduction qui est surtout un plaidoyer pour l’astrologie symboliste et qui altère un livre par ailleurs excellent. Wilhem Knappich admet quand même que cette « projection inconsciente » aurait vue le jour à cause d’une « synchronicité relativement fréquente entre évènements cosmiques et évènements terrestres ».)

Ainsi la merveilleuse Vénus, les luminaires et les autres planètes ne sont jamais que des symboles. Et ces ressentis dont nous parlions, des projections inconscientes. Et les thèmes astraux, si étroitement liés aux caractères des humains et aux évènements qui accompagnent leurs existences « une synchronicité relativement fréquente ».

S’il ne s’agit nullement bien évidemment de défendre l’astrolâtrie ou le fatalisme astral, les symbolistes oublient que ces principes de synchronicité ou de rapport acausal dont parlait Jung et que beaucoup d’astrologues se sont empressés de plébisciter, croyant y trouver une certaine légitimité scientifique, n’expliquent strictement rien ni ne transforment pas les astres en symboles pour autant : ces principes (qui ouvrent de fascinantes perspectives de recherches), indiquent seulement qu’il y a bel et bien une relation entre les astres et nous, mais que celle-ci est inexplicable par le principe de causalité.

Pour en terminer avec Vénus qui est beaucoup synonyme de sensibilité, il semble que les peuples anciens et géniaux qui travaillèrent à l’élaboration de l’astrologie, n’étaient pas encore atteints d’hypertrophie intellectuelle. Leurs corps et leurs cœurs étaient sans doute bien plus à même que les nôtres de ressentir ces forces inimaginables qui nous entourent : ne sommes nous pas perchés sur un grain de poussière à l’échelle de la galaxie, elle-même un grain de poussière à l’échelle de l’univers ? Ces astrologues anciens, dehors presque toutes les nuits sous des cieux dépourvus de pollution lumineuse, en contact direct avec la matière céleste, savaient encore que la pensée (l’analyse, l’intellect) n’a pas réponse à tout.

L’astrologie nécessite un retour aux sources. Nous avons de la chance, ces sources vivantes, nourrissantes, ne sont pas enterrés dans des bibliothèques poussiéreuses, ni consignées dans des langages incompréhensibles, ou encore conservées jalousement par des initiés quelconques. Elles sont consultables par tous car positionnées au-dessus de nos têtes par toutes les nuits de cieux clairs. Encore faut-il pour cela aller les consulter, ce qui signifie sortir de son bureau, de son ordinateur, de sa bibliothèque, de la ville elle-même et voir, ressentir le ciel comme on l’a fait des milliers d’années durant. Beaucoup d’astrologues contemporains pourraient avoir des surprises : constater par exemple que le Scorpion armé de son dard inquiétant plane bien reconnaissable au-dessus de nos tête, de même que le Lion tapi, ou l’archer du Sagittaire. Mieux encore, ils leur arriveraient de ressentir d’abord les aspects planétaires (spécialement lunaires) et d’ouvrir ensuite leurs éphémérides pour confirmer leurs sensations.








CENTILOQUE


CLIQUEZ SUR LE LIEN
pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.