dimanche, avril 27, 2008

Jupiter, Mars et la Lune

Lumineuse conjonction Jupiter/Lune ce matin. A contempler ce rendez-vous aux premières heures du jour, on se dit que la journée devrait être bonne. Cette rencontre a tout d’une bénédiction, ce n’est pas pour rien que Jupiter est exalté en Cancer, là où règne la Lune. On pense à de belles naissances (un des meilleurs aspects pour la parturition), à des enfances comblées, à des mémoires exaltées (le Cancer est lié au passé). On devrait avoir des pensées élevées, dans le sens où elles s’échappent un peu de leurs routines quotidiennes, toujours à ruminer les évènements passés ou à se gorger d’espoirs, en tous cas éternellement prisonnières des craintes et des désirs.

Mais rien ici-bas n’est jamais parfait : on se souvient que Mars s’oppose actuellement à Jupiter. Ainsi la Lune révèle aujourd’hui, plus que de coutume, cette figure qui peut être dure, car tendue, puissante, guerrière, psychologiquement brûlante. Le roi des dieux maître de la foudre, autoritaire et jouisseur, se querelle avec le dieu de la guerre. Ceux dont le thème porte cet aspect sont souvent colériques, violents, en tous cas intérieurement. D’un autre coté les deux astres les poussent aux voyages, à la découverte du monde, à l’aventure.

Cette opposition (qu’il s’agisse du transit d’aujourd’hui ou d’une figure de naissance) nécessite de l’espace, du mouvement, de l’action physique afin que le désir n’étouffe pas l’âme. Le feu de Mars, celui de la crainte, de l’agressivité, de la colère et du désir (celui-là même qu’on dit semblable à un brasier) est comme décuplé par les vents violents qui soufflent de Jupiter. Si le roi des dieux grossit tout ce qu’il touche, ce qui est dangereux quand il s’agit de Mars, il reste pourtant favorable si l’on sait reconnaître sa nature profonde. Chez les Hindous il est le gourou des dieux, celui qui leur enseigne la sagesse. Il est le maître du Sagittaire, ce signe allié aux voyages, à la philosophie, au mysticisme parfois, mais coupé en deux au milieu du corps, puisque animal au dessous de la ceinture et spirituel au-dessus, comme l’est son symbole l’homme-cheval, le Centaure. Cette nature physique, pulsionnelle qui possède et parfois torture le Sagittaire, est en ce qui concerne le Zodiaque le signe du Scorpion qui appartient à Mars.

C’est donc le combat propre au Sagittaire qui est ici souligné. Ce combat est aussi bien entendu celui de l’humanité toute entière, celle qui depuis des millénaires est déchirée par sa double nature, animale et spirituelle. C’est ce combat qui nous a fait, et nous fait vivre encore, nos heures les plus noires : l’excision par exemple, cette atroce barbarie en est une des nombreuses résultantes. De même que tout ce que l’homme soi-disant religieux a tenté pour se débarrasser (pour fuir, réguler, dominer) ses désirs sexuels. Ce combat c’est la non-acceptation de soi. C’est se conformer à une image idéale que de nombreux gourous, pasteurs, curés, imams et autres avocats de la chasteté forcée cherchent à imposer à leurs contemporains, incapables qu’ils sont d’être en paix avec leurs propres pulsions. Ce conflit mène donc à la peur, à la frustration, à la violence, à la cruauté, à la barbarie, sans compter que le désir, Mars, n’est pas uniquement sexuel : c’est ici toute la nature matérielle, nourrie de peurs et de frustrations, qui se heurte aux règles « religieuses » : Jupiter a fort affaire avec les rites et rituels, les religions organisées, les lois, les principes, les morales, les organisations sociales, tout ce que l’homme a pu faire pour se protéger de lui-même et pour s’offrir un abri à ses peurs.

Et pourtant !!! on n’est pas obligé d’en rester là. Il faut que l’intelligence s’en mêle : Uranus en ce moment au trigone de Mars et au sextil de Jupiter porte en soi la solution. L’astre de la révolution, de la compréhension, des bouleversements intérieurs, nous pousse à l’unique solution qui est l’acceptation de soi. Ne pas nier le désir, ni le cultiver, mais le voir tel qu’il est. Comprendre sa relation à la peur, comprendre comment il est nourri par la pensée, par la mémoire, par les frustrations passées. C’est seulement ainsi, en comprenant Mars, que l’éveil jupitérien peut se faire. Observer notre nature telle qu’elle est, ne pas se rebeller contre elle (ne pas être le flic, le juge intérieur), se regarder avec sympathie et compassion, permet à Mars de se calmer, de cesser de nous tourmenter, de nous offrir ce qu’il a de meilleur, la force et le courage. Et ainsi, Jupiter, seigneur de la neuvième maison qui est celle de la spiritualité, peut vraiment se libérer : il nous offre alors une bien meilleure compréhension de notre nature profonde et sans doute nous propulse vers de plus hautes sphères, où la peur n’a pas accès, là où la pensée sait être silencieuse. Ce que l’on rencontre alors n’est pas inventé par nos esprits nourris de peurs et de frustrations.

Enfin, pendant qu’on y est, comprenons qu’il s’agit d’un travail d’équipe : Mars, plutôt que de lui faire obstacle, s’allie au mouvement spirituel, car il faut du courage pour cesser de rechercher la sécurité. Saturne de son coté nous purifie en nous poussant à un mode de vie sain, pur, c’est-à-dire qui ne nourrit pas les désirs et les peurs à chaque instant. Mercure et Uranus nous livrent alors un esprit vif, sensitif, pétillant d’intelligence, alors que Neptune et Vénus ouvrent nos cœurs à la beauté et à la compassion.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.