mercredi, février 10, 2010

Astrologie et avatars

(avatars : incarnation, descente de la divinité sur terre pour aider l’être humain à réaliser sa destinée spirituelle).

« Techniquement parlant, Jésus, engendré, non pas créé, de même nature que le père , est un avatar de Iahvé. Shiva s’est incarné vingt-huit fois. Vishnou est descendu vingt-quatre fois, mais on ne retient que ses dix avatars principaux, dont Rama et Krishna sont les plus populaires.»

Extrait des Chroniques du Curry-dog (Carnet de l'astrologue/4 : les avatars) roman non publié. Lire également Noël et l'astrologie, seconde partie, le principe d'incertitude.

Les trois premiers avatars de Vishnou, le poisson, la tortue et le sanglier, appartiennent au règne animal. Les deux suivants, l'homme lion et le nain qui se transforme en géant, sont des hybrides. Se succèdent ensuite Parashurama, Rama et Krishna, des humains à part entière, qui réalisèrent cependant des exploits impensables pour le commun des mortels. Cette liste s'achève, pourquoi pas, avec le Bouddha, l'avatar de l'erreur, et Kalki.

Les juifs attendent un messie, les chrétiens le retour du sauveur, les bouddhistes Maitreya, le nouveau Bouddha. Les hindous croient en la venue de Kalki, traditionnellement représenté par un cavalier monté sur un étalon blanc, un sabre à la main. Cette représentation héroïque ne signifie pas forcément que Vishnou descendra sous la forme d'un destructeur. Gautama (Bouddha) lui-même est appelé le conquérant, parce que la lutte la plus implacable, est celle que nous menons contre l'égoïsme et la peur. Le vainqueur de ce combat étalé sur des milliers de vies, remporte la plus belle des victoires, la seule qui compte vraiment.

Les juifs ont boudé le Christ, parce qu'ils attendaient un roi guerrier, pas un ami des pauvres, des simples d'esprit et des prostituées. Astrologiquement, Jésus représente Neptune, un astre associé à l'amour mais aussi au sacrifice (l’agneau de Dieu), à la folie (le manteau rouge et la couronne d’épines), à la trahison (Judas), à la souffrance (la crucifixion). Le Christ appartient à l'ère des Poissons, d’où le signe de reconnaissance des premiers chrétiens, initiée des siècles avant lui par Mahâvîra, le fondateur du Jaïnisme, et le Bouddha. Elle tint ses promesses. Les valeurs positives du signe, compassion, dévotion, empathie, furent sérieusement accentuées. Ses valeurs négatives, mensonge, cruauté, sentimentalisme destructeur, le furent tout autant.

Depuis 1781, l’année de la découverte d'Uranus, la planète de la révolution et des bouleversements, nous entrons dans l'ère du Verseau. La terre ne fait pas que tourner sur son axe ou autour du soleil. Elle est agitée de nombreux mouvements plus ou moins complexes. L'un d'entre eux, la rotation de son axe, est responsable de la précession des équinoxes. A cause de ce phénomène, les signes et les constellations, que les néophytes confondent, sont en décalage constant. Des détracteurs mal informés, ont cru y déceler une preuve de la supercherie astrologique, sans savoir que ce mouvement était connu dès l’antiquité. La précession déplace l'équinoxe de façon rétrograde, à la vitesse d'un degré tous les 72 ans. Ce mouvement se complète en une grande année de 25920 ans, divisée en 12 ères astrales, longues de 2160 années chacune. En 1780, l'ère du Verseau débuta sérieusement avec les révolutions américaine et française et l'explosion de la révolution industrielle. L'ère des Poissons n'est pas achevée pour autant. A cause des orbes d'influence, les deux ères, la fin d'une et le commencement de l'autre, cheminent entrelacées pendant plusieurs siècles. Pour cette raison, notre époque est extraordinairement complexe. Le nouveau monde du Verseau naît dans la douleur, et l'ancien monde des Poissons n'en finit pas d'agoniser.

Quand Jésus enseigne aimez vous les uns les autres, nous baignons en plein enseignement Poissons. Le sentiment d'amour associé au divin, lui même devenu une sorte de Bien absolu, est érigé en valeur fondamentale. C'est encore plus évident, quand il nous enjoint d'aimer Dieu, comme si cela allait de soi. Le conditionnement Poissons est si bien ancré dans nos esprits, que nombre d'athées déclarent sans rire :
- je ne crois pas en Dieu, car s'il existait, il ne laisserait pas faire toutes ces horreurs!
Ainsi, même des non-croyants sont persuadés que Dieu, s'il existe, doit être bon. Corollairement les injustices et la cruauté de la vie sont une preuve de son absence.

Libérez-vous de la haine, nous enjoint Krishnamurti, qui explique que l’amour ne peut être ni recherché, ni voulu. Il se révèle naturellement lorsque la haine et avec elle la peur, l'avidité et la compétition disparaissent, c'est-à-dire quand leurs causes sont comprises. C’est un enseignement purement Verseau. L'amour n'est plus une manifestation émotive soumise à la volonté, il ne se décide pas, mais il est tributaire de la compréhension de notre fonctionnement psychoaffectif. Les émotions négatives se dissolvent sans effort, quand nous comprenons les processus complexes de la mémoire et de la pensée. La foi, collective et individuelle, apanage flamboyant des Poissons, est non seulement insuffisante, mais un obstacle à la compréhension, puisqu'elle représente une fuite de la réalité. La fuite de la réalité est ce qui nous empêche de nous comprendre.

Revenons-en à Kalki et à son iconographie guerrière. Que représente ce cavalier sabre au clair, prêt à charger ? Kalki n'est pas un enfant. Jouer les foudres de guerre sur des champs de batailles, ne l'intéresse pas. Son sabre symbolise le tranchant effilé de l'intelligence, qui coupe le mal à la racine. Le mal qui nous ronge et menace la planète est mental. Les proches, les voisins, les étrangers, aucun ennemi que nous puissions combattre les armes à la main n'en sont la cause. Le mal s'appelle l'ego, qui inlassablement fuit la peur et poursuit le plaisir. Il est la ronde infernale de la pensée avide, incapable de se taire. Il est la peur qui nous rétracte, qui nous rend ambitieux et lâches. Des milliards d'êtres humains soumis à la peur, ne créeront jamais une société fraternelle.

Le sabre de Kalki est l'arme du Verseau. C'est la compréhension, c'est-à-dire l'intelligence, comme la foi et la dévotion furent celles des Poissons. Kalki est le brasier de l'intelligence, dans lequel nos peurs doivent être incinérées.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.