lundi, décembre 29, 2008

Mars et Pluton, Mercure et Jupiter, Neptune et Vénus

On a fait un peu de bruit autour de la nouvelle Lune de samedi (27.12.08 à 12H22 GMT à 6°08 du Capricorne), alors que les deux luminaires étaient conjoints à Mars et à Pluton, en début de signe, avec Mercure et Jupiter conjoints à la fin de ce même signe. Six astres sur dix, dont les deux luminaires, ce n'est pas mal, suffisant en tout cas pour créer un peu d'excitation.

Rien de bien extraordinaire pourtant, en ce qui concerne l'événementiel planétaire (ni plus ni moins chargé, hélas, que d’habitude), comme il fallait s'y attendre : notre époque se dope à l'excitation et il faudrait toujours que des aspects formidables animent la sphère céleste, afin de maintenir le public en haleine. Le moindre «alignement» sert de prétexte aux prédictions les plus farfelues.
L'intérêt de ces derniers jours réside plutôt dans les trois conjonctions actuelles, Mars/Pluton (avec le Soleil en prime en ce moment), Mercure/Jupiter, et Neptune/Vénus, le tout encadré par l’opposition de Saturne à Uranus.

Quel sera, se demande-t-on, le caractère (et d’une certaine façon, en tenant compte de l’hérédité et de l’environnement de naissance) la destinée des enfants qui naissent en ce moment ?

Ils seront marqués par Mars et Pluton, les deux maîtres du Scorpion, que l’on peut sans doute rendre responsables (en tant que déclencheurs) des bombardements israéliens de la bande de Gaza qui ont débuté samedi. Israël et la Palestine dépendent en grande partie du Scorpion (avec une tonalité Scorpion Gémeaux pour les Israéliens).
On lit dans cette rencontre planétaire une tendance à la destruction et plus encore peut-être à l’autodestruction. Conjoints, ces deux astres évoquent la peur et la violence, le sadisme, l’horreur de la guerre et du terrorisme, de civils innocents, de femmes, d’enfants massacrés. On pense aussi à des pulsions incontrôlables, comme celles qui saisirent le responsable du « massacre de Santa Claus » la veille de Noël (Mars encore en Sagittaire était à 3° de Pluton), qui assassina neuf personnes déguisé en père Noël.
Pourtant, cet aspect peut-être créatif : ne s’agit-il pas de pétrir la matière, de lui donner forme et vie, ce qui crée une dynamique très favorable en ce qui concerne les arts plastiques? ne s’agit-il pas de se libérer de la peur ? Mars, le guerrier écarlate peut s’allier positivement à Pluton le noir destructeur et trouver le courage de contempler en face ses pires angoisses, tel que le visage de la mort, sans les fuir. Le fait que le Soleil leur soit très proche, du moins jusqu’au 31 décembre, joue en faveur de la lumière, car lui seul est capable d’éclairer de telles obscurités. Il symbolise ainsi Orphée qui descend au enfers à la recherche de son âme, mais qui peut effectivement trébucher à la fin de son parcours, trop troublé par ses émotions (Neptune/Vénus).

Ils seront également soumis à Mercure et à Jupiter, une excellente conjonction, riche en savoirs, en écritures, en connaissances et en communications. Les enfants nés sous cet aspect devraient profiter d’un accès facilité aux études supérieures et rencontrer, au moment voulu, des individualités suffisamment bien placées pour leur offrir un coup de main. Ils seront attirés par la lecture et par l’écriture. Ils ressentiront non seulement une vraie soif de connaissance, mais également obtiendront les moyens (toujours selon les conditions sociales de naissance) de l’étancher.
Peut-être peut-on lire dans cet aspect quelques informations relativement positives, porteuses d’espoir, en relation avec la communication et l’exposition des faits, qu’il s’agisse d’empêcher le Japon de massacrer un millier de baleines dans les mois qui viennent, sous le prétexte fallacieux de recherches scientifiques, ou encore des signataires de la charte 08, cet appel rédigé par des dissidents à réformer en profondeur le régime autoritaire chinois, qui continue à se diffuser malgré une vague d’arrestations musclées.
La connaissance cependant peut-être utilisée mal à propos : Mars et Pluton pousseront certains vers des débordements en relation avec la recherche génétique par exemple, ou encore dans le domaine de l’énergie nucléaire. Mercure est neutre et il représente autant une intelligence brillante que la ruse ou l’astuce des puissants, politiciens ou financiers, ou des scientifiques apprentis sorciers.

Le thème natal de Bernard Madoff (29.04.1938 à New York, heure de naissance inconnue), escroc de haut vol responsable d’une arnaque de 50 milliards de dollars !! est très parlant à ce sujet, avec un Mercure conjoint à la Lune (subtilité d’esprit qui n’interdit pas la malhonnêteté), au carré de Pluton (ruse, astuce, manipulation), au sextile de Jupiter (appuis de personnages haut placés, connaissance approfondie du marché financier). Un bel exemple de ce qu’un Mercure (n’oublions pas qu’il est le dieu des voleurs), connecté à Jupiter (les politiciens, les gens riches et influents) et à Pluton (les banques, les multinationales, les marchés financiers, les trafics en tous genres) est capable de réaliser en certaines circonstances. Il est dommage de ne pas connaître, pour le moment du moins, l’heure de naissance exacte de ce personnage, ce qui nous permettrait de comprendre avec plus de précision le rôle exact joué par Neptune (en Vierge sous domination mercurienne), un astre très lié aux faux, aux mensonges, et aux dissimulations (surtout s’il est relié à Mercure), ainsi qu’aux grandes compagnies.

Avec la rencontre de Neptune et de Vénus, les émotions seront à fleur de peau, le désir de «fusion» qu’il soit amoureux, physique ou mystique (la goutte d’eau qui se dissout dans l’océan) porté à son comble. Mais comme Neptune (si difficile à utiliser positivement) est fort en rapport avec la souffrance, c’est un aspect qui évoque les souffrances du cœur. On aime mais on souffre d’aimer, alors on bâtit un mur, une protection, une forteresse intérieure, afin de ne plus souffrir. C’est ici une épreuve de vie importante et la clé de nombreux thèmes astraux. Provoquée par la peur de souffrir la peur d’aimer est importante, mais parallèlement, le besoin d’aimer et surtout le besoin d’être aimé sont vécus comme une nécessité. Il faudra donc séduire pour être aimé, par la puissance peut-être, ou la force (utilisation de Mars/Pluton), par la connaissance, le langage, l’intellect (utilisation de Mercure/Jupiter), ou encore par les dons artistiques, la charité, la «bonté» et la sentimentalité, et aussi pourquoi pas par le mensonge (Neptune/Vénus).

La leçon, la résolution de cet aspect (Neptune/Vénus) passe par la compréhension qu’on ne souffre jamais vraiment d’amour, mais de peur, à cause de la recherche de la sécurité, de l’attachement, de la possessivité, de la jalousie.

Avec un pulsionnel aussi puissant (Mars/Pluton), les enfants marqués par ces conjonctions connaîtront sans doute les affres du désir et de la jalousie. La peur (Mars et Pluton éveillent la crainte), les fera se réfugier dans de puissantes forteresses bâties d’argent et de pouvoir (Pluton), d’ambitions (le Soleil et tous ces astres en Capricorne), de ruse et de népotisme, (Mercure/Jupiter), de sentimentalité (Vénus/Neptune) ou encore de drogues (Mars/Pluton combinés à l’action neptunienne).
Neptune et Vénus, qui domineront l’émotionnel, seront très importants dans la vie de ces nombreux bébés (nés plus ou moins entre le 24 décembre 2008 et le 3 janvier 2009). Le défi qui leur est proposé, celui de la purification des émotions, est de comprendre que l’amour, pur, dur, inaltérable, qui n'est pas la sentimentalité (égoïste) ne fait pas souffrir (au contraire de la peur , de l'attachement, de la jalousie). Bien entendu, il ne s'agit pas de compréhension intellectuelle, mais bien d’une réalisation profonde, qui se vit autant avec le cœur et les tripes qu’avec le cerveau. Seule cette réalisation pourra les empêcher de souffrir et donc de se durcir en vue de se protéger, et de faire souffrir à leur tour.

Beaucoup, à cause de ces peurs dont on vient de parler (peur de la souffrance avec Neptune, peur de la mort avec Pluton), seront les victimes de l’opposition d’Uranus à Saturne, puisqu’ils rechercheront l’amour et la sécurité dans la même poche. Ils souhaiteront ardemment la liberté, celle qu’Uranus symbolise, qui ne connaît pas de maîtres, qui refuse de se conformer aux dictats de la société, de ses traditions religieuses, philosophiques, politiques et économiques, mais la peur les empêchera, pour la majorité d’entre eux, de se libérer entièrement. Écartelés entre les rêves d’aventure et la quête de la sécurité, ils deviendront excentriques, professeront leur amour de la liberté, tout en faisant leur possible pour se caser dans une petite niche sécuritaire, et ainsi, malgré eux, participeront à la violence de la société, qui naît de la fuite de la peur et de son corollaire obligatoire, la recherche du plaisir.

La vie est magique : certains de ces enfants relèveront le grand défi de l’existence, le seul sans doute qui vaille vraiment la peine, celui de la quête de la liberté absolue, qui signifie la capacité de vivre sans autorités, qu’elles soient extérieures ou intérieures, car la peur est la plus puissante de toutes les autorités. Il sauront, espérons-le, profiter de ce Soleil proche de Mars et de Pluton, capable d’illuminer les plus noires ténèbres.
D’autres, sous des cieux pourtant similaires, sans doute hélas la majorité, à moins que dans ces prochaines années suffisamment d’adultes ne se transforment intérieurement pour imprimer un vrai mouvement révolutionnaire à la planète, se feront prendre au piège de la sécurité. Certes ils seront sans doute intellectuellement brillants (Mercure/Jupiter), puissants et créatifs (Mars/Pluton), artistiquement doués (Neptune/Vénus), attirés par une philosophie profonde de la vie (Saturne/Uranus), mais le désir (Mars/Pluton), la peur de ne pas être aimé (Neptune/Vénus), la ruse et l’astuce (Mercure/Jupiter), la crainte de la vraie liberté (Saturne/Uranus) les empêcheront de prendre leur envol et leur feront perpétuer les erreurs de leurs parents. C’est ici que le Soleil et la Lune, l’Ascendant, le Milieu du Ciel, le Descendant et le Fond du Ciel, les étoiles fixes, et les parallèles de déclinaison, ainsi que l’éducation reçue, l’hérédité, l’environnement social, culturel, religieux joueront leurs rôles.

De belles planètes en tous cas, de beaux aspects où rien ne manque, dont il nous faut aussi, surtout, jouir maintenant, à l’instant présent.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.