dimanche, octobre 05, 2008

Le Scorpion et la peur

Le Soleil est à 12° de la Balance, le temps du Scorpion n’est pas encore venu, mais Mars vient d’y faire son entrée et d’y rejoindre Vénus, ce qui rend le signe le plus tourmenté du Zodiaque très présent à nos consciences.
Il est tourmenté (ce qui n’enlève rien à sa richesse, bien au contraire), parce que s’y trouvent les questions les plus fondamentales que nous ayons à résoudre, à savoir la sexualité et la mort, ce qui nous évoque obligatoirement le plaisir et la peur. Mars, seigneur du monde animal, surnommé «Visage de larmes» ou encore «Regard de sabre» par les Hindous, est ici chez lui. Si en Bélier, son autre domicile, il évoque surtout la musculature et la force, ainsi qu’une formidable énergie physique, en Scorpion, quoique tout aussi puissant, il est plus intériorisé : s’il est toujours guerrier et conquérant, le champ de bataille est lui-même. Mars en Scorpion nous fait plonger au cœur de nos êtres (ce qui équivaut parfois à une descente aux enfers), en quête non seulement de nos âmes ou de nos moitiés perdues (tel Orphée en quête d’Eurydice), mais plus fondamentalement à la recherche de réponses et de solutions à ce problème majeur qu’est la peur, cette puissance ténébreuse qui nous asservit depuis la nuit des temps (cf Initiation à la guerre intérieure).

Et il pense être à la hauteur ce Mars qui ne doute de rien, puisqu’il symbolise le courage et les réponses traditionnelles qu’apporte l’humanité à la peur, partant du principe de base qu’elle doit être vaincue (d’où les diverses initiations et traditions guerrières par exemple, qui n’ont bien entendu jamais rien résolu). Car Mars n’est ni Mercure ni Uranus. Il est trop physique et ses actions manquent de subtilité. Il est prêt à affronter et à vaincre, à plonger dans l’obscurité, à en découdre avec les spectres qui le hantent, mais il saisit rarement que l’ennemi est lui-même. C’est pourquoi, de même que Pluton (qui joue la même partition sur un registre plus sinistre, plus collectif et plus fantasmatique), Mars en Scorpion s’associe à l’autodestruction : excès de toutes sortes, toxicomanie, gratification forcenée des sens, violences orientées contre son corps et son esprit.
C’est qu’il faut que l’intelligence (spécialement Uranus et Mercure) s’en mêle, pour que nous saisissions que la peur n’est pas séparée de nous.
Il faut aussi que Saturne, le maître de la sagesse, par l’observation, la méditation, la discipline libérée de tout conflit et de toute autorité, nous fasse comprendre que le dragon de la peur se nourrit de la recherche du plaisir. Saturne n’est-il pas le seigneur du temps, et n’est-ce pas notre pensée, toujours à se projeter dans le passé de nos mémoires et dans le futur de nos espoirs qui provoque sans cesse ces sensations indésirables et nauséeuses que nous appelons la peur ? La peur qui est l’ennemie responsable du chaos dans lequel nous vivons (ce matin encore, j’entendais dire à la radio qu’un quart des mammifères sont en voie d’extinction, ainsi qu’un huitième des oiseaux, sans compter un chiffre tout aussi catastrophique en ce qui concerne les insectes, au point que les fruits et les légumes pourraient disparaître de nos assiettes ! à ce propos, lors d’un récent séjour en Inde, ce fut un choc de constater que les magnifiques spirales de vautours majestueux qui planaient par centaines de milliers au-dessus du pays, des oiseaux d’une grande beauté, ont disparu ! 99% de cette race imposante est morte victime de la pollution ces dix dernières années !)
Saturne donc doit nous aider à sortir de ce cercle vicieux qui nous détruit. Il s’agit de vivre différemment, sans être les esclaves ni du plaisir, ni de la peur.
Pour revenir à Mars en Scorpion, s’il est appuyé par Mercure, Uranus et Saturne, tout va bien, puisqu’il nous apporte le courage d’affronter nos ténèbres intérieures, là où règnent dans les couches profondes de nos êtres la crainte de la mort.
Mars est aussi force de vie : il est le sexe masculin en érection, le besoin irrépressible de pénétrer, de pétrir, de jouir, d’éjaculer ! Et après qui court-il, sinon Vénus, dans ce signe jusqu’au 18 octobre, qui n’est pas tellement à fête, car elle ne s’y aime pas. Elle peut être belle, charmante et magnétique, cela n’empêche, celui ou celle marqué par cette position ne s’estime pas suffisamment. Les femmes Vénus en Scorpion ont cette particularité de ne pas se trouver attractives, seraient-elles étonnamment belles.
Pour cette raison Vénus est en ce moment tourmentée et a besoin de séduire pour se rassurer, car la peur de ne pas être aimée est toute puissante, alors que Mars a besoin d’exalter le corps. On voit comment on peut se perdre dans la confusion entre le désir et l’amour, la pulsion et l’émotion. Nous voilà rendus au cœur des problèmes du Scorpion, qui pour toutes ces raisons (peur, haine de soi, désir violent) se débat souvent dans les affres de la jalousie et de la comparaison. Mais c’est aussi ce qui fait l’extrême richesse de ce signe, créateur, courageux, profond, dont le rôle est d’explorer les ténèbres intérieures et si possible d’en ressortir victorieux, c’est-à-dire libéré de la peur. C’est alors qu’il peut rebondir vers le ciel, là où le Serpent se transmute en aigle. C’est là aussi que le Phœnix renaît de ses cendres, car le Scorpion est le signe de la renaissance.
Voilà le voyage que Mars et Vénus nous proposent en ce moment, comprendre la relation dynamique qui existe entre la quête du plaisir et la peur, afin de nous changer nous mêmes et donc de changer le monde qui en a fort besoin.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.