lundi, janvier 23, 2012

Méditations de Lune en Verseau

Hier, comme presque tous les soirs depuis un moment, Vénus étincelait de tous ses feux et l’on comprenait sans peine qu’elle soit et fût de tous temps Déesse de la beauté. Jupiter à son sextile, resplendissant comme un roi, semblait plus lointain, plus serein. Dans la nuit et jusqu’aux premières lueurs de l’aube, ce furent le tour de Saturne, proche de l’Épi de la Vierge et du Corbeau, et de Mars, collé à la queue du Lion, de flamboyer dans le ciel d’hiver.

La Nouvelle Lune en Verseau, quand l’eau du Verseau, qui est connaissance et intuition, semble se déverser des cieux, sans qu’on fasse d’efforts. Les associations d’idées sont faciles et les intuitions abondent.

Ainsi, lorsque plus tard j’entendis que selon une enquête de France Inter, beaucoup de Français préféraient la maxime : « travailler tous et travailler mieux » à une autre beaucoup commentée : « travailler plus pour gagner plus », cela me fit penser immédiatement à l’identité nationale vue par les astres. Comme je l’expliquai dans cet article, la France traditionnellement Lion est également Verseau : les nations sont comme les femmes et les hommes qui les constituent, ils doivent vivre en harmonie avec leur nature, afin de prétendre à un morceau de bonheur.

Le Lion, signe solaire par ailleurs orgueilleux et arrogant est associé à la joie de vivre, à la passion et à la créativité. Et par-dessus tout peut-être, il aime jouer. La cinquième maison qui lui est analogique est d’ailleurs liée à l’enfance et à l’éducation, et il y  a bien longtemps que l’on sait que l’activité ludique est essentielle à la croissance et à l’épanouissement des corps et des esprits. Alors quand on entend, toujours selon cette enquête, que la grande majorité des français déteste son travail, comme veut-on que cela fonctionne ? Un Lion ne donne le meilleur de lui-même que dans la liberté, l’initiative et le jeu.

Quand au Verseau, il s’accorde avec le « travailler tous » : c’est un signe politique, solidaire, souvent révolutionnaire. Bref travailler plus même pour gagner plus n’est pas vraiment en harmonie avec le mental français et l’on ne s’étonne pas qu’il préfère le travailler mieux : le français sera mille fois plus efficace si son activité lui plaît et encore plus si elle s’insère dans un cadre communautaire, qui profite à tous (le coté Verseau). Sinon, si le travail est uniquement alimentaire et contraignant (la maison VI), sans presque jamais être une carrière (la maison X) qui permet non seulement de s’épanouir mais aussi de laisser, pourquoi pas, une marque même modeste dans la société, cela débouche sur la morosité collective. Et une nation Lion morose travaille mal et court droit à l’échec.

Pour revenir aux étoiles, voici une citation de « L’astrologie ésotérique » d’Alexandre Volguine :
« (….) pour nous les astres apparaissent comme des corps qui nous sont étrangers et lointains, émettant des vibrations que nous subissons contre notre volonté ; pour les Anciens, les planètes étaient des forces vivantes qui faisaient partie de l'homme, des forces qui bourdonnaient dans leur subconscient et dont ils ressentaient les pulsations dans leur corps, dans leur être intérieur, comme nous sentons, par exemple, les pulsations de notre cœur et les mouvements de notre sang ».
Je me demande s’il est possible de pratiquer sérieusement l’astrologie sans ressentir cette proximité avec les astres dont parle Volguine et qui je l’espère est loin d’avoir disparu avec les « Anciens » : ne suffit-il pas de contempler les cieux, tout en essayant de calmer au mieux le tumulte du mental, pour les ressentir dans toute leur splendeur et se rapprocher en esprit des milliers de prédécesseurs de toutes les nations, qui ont médité sous les étoiles et parlé aux planètes, comme on parle parfois aux arbres ou aux montagnes ?

L’astrologie est sans doute très uranienne et donc Verseau, ne serait-ce que dans son universalité. Et si la France est particulièrement, dans ses racines célestes, joueuse et généreuse (Lion), normalement hospitalière (Lion) et cosmopolite (Verseau), ses prétentions universelles (Verseau) dont beaucoup de ses politiciens sont si fiers, n’ont sans doute rien à voir avec sa frilosité actuelle face aux étrangers, les  leçons d’éthiques adressées à d’autres nations, ou ses ventes d’armes et de  centrales nucléaires aux quatre coins du monde. Peut-être par contre sont-elles en rapport avec les valeurs du Lion et du Verseau, relatives à la joie de vivre et à la liberté. Mais comment les exporter si l’on est en train de les perdre ?

La liberté dites-vous? J’en profite pour placer une citation de Krishnamurti, un ascendant Verseau dont l'Uranus culminait en neuvième maison (l'enseignement), qui démontra sa vie durant l’inanité des autorités, des croyances et des idéologies : « Nous devons rejeter l’autorité pour obtenir la liberté, et il faut être libre. Si on ne l’est pas, on devient un esclave et l’on nie la beauté et la profondeur de l’esprit humain. » (Brockwood Park 14/12/1975). Chez lui bien sûr, l’autorité comprend autant les politiciens et les maîtres à penser, que la peur, l’envie et autres défauts communs à nos natures.

Pour terminer quelques rapides commentaires sur les aspects de cette nouvelle Lune particulièrement inspiratrice qui marque en Orient le début de l’année du Dragon:

- Son sextile à Uranus, maître du Verseau, figure les intuitions, les éclairs d’intelligence qui zèbrent l’esprit et le propulsent dans les hautes sphères de la pensée.
- Le carré à Saturne souligne le sérieux et la profondeur des réflexions, mais aussi certaines sensations d’isolement, de craintes et de solitude, ce qui n’est pas étonnant vue l’atmosphère mondiale actuelle. A lui seul cet aspect gâche un peu la fête, car Saturne s'associe aux obstacles, aux épreuves et souvent à la pauvreté.
- Au carré de Jupiter, la nouvelle Lune permet (au moins une quinzaine de jours) de bénéficier peut-être de sa générosité (pas forcément matérielle) à partir du moment où l’on obéit au sérieux de Saturne puisque les deux astres sont en opposition : la discipline naturelle, intelligente, sans conflit, est le meilleur moyen de courtiser l’astre qui favorise. Un manquement à cette loi mène souvent à la déception.
- Les demi-sextiles à Neptune (à quelques jours de son domicile en Poissons) et à Vénus (exalté dans les Poissons) figurent la grâce de cette nouvelle Lune, où nos cœurs purifiés par Saturne (des craintes et des égoïsmes), éveillés par Uranus et favorisés par Jupiter peuvent ressentir, ne serait-ce que quelques instants, que seules nos pensées bavardes nous séparent de l’univers.


CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.