mercredi, décembre 22, 2010

Astrométéo de début d'année (2011)

Commencer l’année le premier janvier est une convention de date, proche du solstice d’hiver comme l’est Noël, c’est-à-dire de la renaissance du Soleil, pour toutes les contrées de l’hémisphère nord. L’impact psychologique est cependant indéniable et alors que l’on s’embrasse et échange des vœux, on aimerait que celle qui s’annonce soit vraiment nouvelle. C’est rarement le cas puisqu’il faudrait pour cela que nous fassions peau neuve nous-mêmes, ce qui est loin d’être impossible mais hélas hautement improbable. Astrologiquement la danse des astres, majestueuse, implacable et toujours renouvelée se poursuit sans égard véritable pour notre manière d'agencer le temps chronologique. En rapport à ces dernières semaines plutôt troublées rien ne change avant le 8 ou le 9 janvier, dates qui devraient, du point de vue astrologique, être considérées comme le vrai début de l’année 2011.

Du 1er au 8 janvier :

C'est un thème d'astral d'école que celui de ce début d'année: Vénus (le relationnel affectif) fait des siennes avec Neptune (empathie, illusion et souffrance), tout en se ménageant de belles ouvertures par l’intermédiaire de beaux aspects à Jupiter (l’épanouissement) et à Uranus (l’éveilleur). En clair, le coeur de l’être humain, son affectif troublé par la peur d'aimer et par celle de ne pas l'être (Vénus au carré de Neptune), souvent tourmenté par la haine de soi et par l'incertitude qui accompagne l'amour mêlé au désir (Vénus en Scorpion), a la capacité de s’ouvrir à la sérénité grâce à de belles opportunités (Vénus au trigone de Jupiter), à condition que les mécanismes qui associent les émotions au mental soient étudiés et compris (Vénus au trigone d’Uranus).

Ce serait simple si la souffrance (Neptune) ne troublait pas les raisonnements et l’intelligence (Mercure et Uranus) et si les préoccupations de la pensée (la Lune qui ne cesse de courir et de changer) n’en étaient pas fortement influencées.

Qu'en est-il justement de Mercure, qui nous renseigne sur nos facultés d’ordonner et de discerner ? au 20° du Sagittaire le premier janvier, il indique un mental « travaillé » par les notions de justice et d’injustice (ce qui ne manque pas d’intérêt en cette période glaciale de l’année qui rend plus visible les laissés pour compte de la société), qui s'intéresse naturellement à la philosophie, aux possibilités de transformations individuelles et collectives, malgré une certaine rigidité d’opinions et de jugements.

Il faut en plus compter avec le carré de Mars à Saturne (enlisement de l’action, dureté, violence, frustration) qui se dissout entre le 8 et le 10 janvier. Mis à part tous les aléas habituels dus à diverses circonstances difficiles ou carrément adverses, les causes des durcissements et de la frustration reposent surtout chez Vénus en Scorpion, si habile à entremêler désir et amour, sexualité et tourments de la pensée, plaisirs sensuels et souffrance.

Le problème est que si la frustration est trop puissante, Uranus (la compréhension) ne peut faire son travail, alors que Mercure (l’analyse, le discernement) reste coincé sur des positions figées et n'avance pas. Et dans ce cas Jupiter, qui normalement favorise par la compassion, les opportunités et les rencontres, n’a rien à offrir.

Le Soleil de son coté reste dans les parages de Pluton jusqu'au 8 janvier au moins, puisque son orbe est extrêmement large ainsi qu'il sied au roi du ciel. Cela nous indique que les frustrations et la dureté mentale (Mars/Saturne), causées par l'affectif tourmenté (Vénus/Neptune) renforcent la quête du pouvoir (Soleil/Pluton). Cette dernière configuration est tout à fait à même d'utiliser négativement la conjonction Jupiter/Uranus, normalement révolutionnaire (dans le sens d’une recherche de solutions sociales fondées sur la compassion), à des fins politiques (manipulation des masses, autoritarisme, fanatisme) ou personnelles (enrichissement, déploiement renforcé des politiciens et des gourous en tous genres, fuite de la peur et de la solitude au travers des diverses technologies de confort.

On réalise ainsi, alors que démarre l’année 2011, que la souffrance du cœur, la peur de ne pas être aimé et la haine de soi indiquées par le carré de Neptune à Vénus domine d’une certaine manière l'ensemble des configurations planétaires, car cet aspect nourrit l’angoisse existentielle, le désir de dominer, la violence et la frustration.

Le 4 janvier le ciel précise les problèmes et offre des solutions :

Située au carré de Saturne et à proximité de Mars (lui-même toujours au carré de Saturne), la nouvelle Lune en Capricorne (le 4/01/2011 9H03 GMT à 13°39’ du Capricorne) se révèle à la fois édifiante et dangereuse. En butte à l'agressivité, au conflit et au désir (Mars), à l’ambition, à la froideur et à l’indifférence (Saturne), les deux luminaires durcissent et frustrent les volontés, agissant de façon très négative sur les comportements, les attitudes, les préoccupations mentales et en conséquence les destinées.
Une journée à rester chez soi pour ceux qui le peuvent (c’est hélas un triste lundi de rentrée pour beaucoup). Sinon, la sagesse demande d’user de la conjonction Jupiter/Uranus et de Mercure afin de rester attentif, posté au coeur de l'observation, c'est-à-dire présent dans l'oeil du cyclone et d’éviter ainsi les embarras divers que les médias qualifient habituellement de loi des séries, allant des pannes mécaniques au nombreux retards, jusqu’aux conflits plus graves, à la violence et aux accidents. En aucun cas il ne faut chercher à imposer sa volonté aux circonstances, mais au contraire aller le plus possible dans le sens du courant, même quand celui-ci détruit des plans soigneusement préparés à l’avance.

Le 8 janvier on remarque de belles éclaircies :

- Vénus (qui entre en Sagittaire le 7) commence à se séparer du carré à Neptune (ce sera définitif le 11). Ce visible renouveau vénusien réchauffe et purifie les coeurs, après cette longue période de troubles et de tourments. Il provoque un fort désir d’idéal affectif et amoureux, associant la beauté, l’amour et la justice, en se faisant en contrepartie moins permissif.
- Ce même jour le carré de Mercure à Jupiter et Uranus s’active sérieusement, remuant les idées dans tous les sens. L’esprit est en quête de changements, de liberté (Uranus) et de connaissances, de renouveau culturel et d'ouvertures sur le monde (Jupiter). Cependant, comme il était indiqué dans l’Astrométéo de fin d’année (2010), c'est toujours d'un carré dont il s'agit, donc méfiance au niveau de la façon dont l’on pense : l’ordre mental, la nécessité d’écarter la confusion restent indispensables pour ne pas aboutir à des idées fausses ou tronquées.
- Le Soleil quant à lui quitte son rendez-vous annuel avec Pluton : selon les cas, individuels et collectifs, on réalise alors si la lumière solaire (noblesse et générosité), affaiblie depuis le solstice d’hiver (son entrée en Capricorne et sa conjonction avec Rahu et Pluton) a su illuminer l'obscurité plutonienne (peur, matérialisme et pouvoir), la transformant en créativité, ou si c'est l'inverse qui a eu lieu, Pluton assombrissant l'astre de jour et le poussant vers l'égoïsme, la destruction et la domination.
- Mars quitte également le carré à Saturne à peu près le 8 janvier, une autre bonne nouvelle, la volonté pouvant enfin se relaxer, moins se tendre vers l'objet du désir et accepter les circonstances adverses avec plus de philosophie, ce qui permet d’agir positivement sur elles. Là aussi, on fera le bilan des dégâts, physiques et psychologiques, ainsi qu’économiques et politiques, car cet aspect, situé dans la continuation de la conjonction de Mars à Pluton, à Rahu et à Mercure rétrograde (voir Astrométéo de fin d'année (2010) a sensiblement durci l'atmosphère dès le 8 décembre, c'est-à-dire durant un mois!

Après le 8 janvier.

Alors que nous entrons pour de vrai dans l’année 2011, qui nous réserve de belles mutations dont il sera question dans un prochain article, telles que l’entrée définitive d’Uranus en Bélier, pour 7 ans (le 12 mars), ou la première apparition de Neptune dans les Poissons, du 4 avril au 5 août, la vie continue. Les astres, à l’image de la vie et de nos esprits sont sans cesse en mouvement. Nous ne pouvons vraiment les déchiffrer qu'à la lumière de nos thèmes personnels (d’où l’inanité de l’horoscopie industrielle), même si ceux-ci baignent dans le grand thème collectif que cette chronique et la précédente tentent d'étudier.

Du 8 au 30 janvier, quelques moments choisis (parmi de nombreux autres):

- Lune conjointe à Jupiter et Uranus en Poissons le 10, la conjonction à ne pas manquer en ce moment, synonyme de changements, d’ouvertures, d’opportunités. Un bémol cependant à cause du carré de Mercure, aspect symbolique de désordre de la pensée, qui nous demande d’éviter d’être trop sûr de soi !
- Premier quartier en Bélier le 12. La Lune s’oppose à Saturne dans la matinée puis transite au carré de Mars dans la soirée. Ca souffle le froid avant le chaud. Mêmes remarques que pour la nouvelle Lune du 4 janvier mais en moins virulent. Méfiance cependant, la peur (Saturne) et les conflits (Mars) feront de beaux dégâts si l’on n’est pas suffisamment attentifs aux mouvements de la pensée.
- Après sa rétrogradation en Sagittaire Mercure revient en Capricorne le 13, où il rejoint Rahu et Pluton. Possibles obscurcissements d’un mental sans doute rusé et astucieux mais pas toujours bien orienté. Mercure n’échappe pas à Pluton avant le 23 (ambition, pensées matérialistes dirigées vers l’enrichissement et la manipulation).
- Mars entre en Verseau le 15 : moins de sens pratique, avec un renforcement du désir de changement parfois accompagné, selon la Lune et d’autres aspects une possible utilisation de la force (Mars transite en Verseau jusqu’au 23 février).
- La Lune s’oppose à Vénus le 16, ce qui permet aux préoccupations artistiques, amoureuses et affectives de prendre le dessus de nos préoccupations.
- Le 20 le Soleil entre en Verseau où il rejoint Mars. Les deux astres ne se séparent plus avant le début du mois de mars ce qui ne manquera pas de réchauffer l’atmosphère, sans doute trop. Le Soleil est associé aux autorités (le père, le chef d’État, le gouvernement), Mars est le dieu de la guerre et le Verseau connote la révolution : on peut s’attendre à de l’action de ce coté là.
- Jupiter quitte les Poissons et entre en Bélier le 22, ce qui le rend affectivement et spirituellement moins favorable, mais peut-être plus concret dans ses bienfaits.
- Le 23 Mercure s’éloigne de Pluton mais entame aussitôt un carré à Saturne, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle : mauvaise orientation de la pensée, incompréhensions, difficultés de communications, risques accrus de mauvais choix sont à craindre. Jusqu’au 31, date à laquelle le carré se dissout, il est avisé d’éviter les décisions importantes sous peine de sanctions parfois lourdes et actives sur de longs mois voire de longues années.
- Saturne entame sa rétrogradation le 26 janvier et cela jusqu’au 13 juin, un mouvement important selon les thèmes de chacun, c’est-à-dire selon les lieux sensibles qui peuvent être en butte à la lourdeur souvent pénalisante de cet astre. Exalté dans la Balance il indique, pour ceux qui s’en donnent la peine, la capacité d’approcher la sagesse sous ses attributs de patience, de simplicité et de discipline librement consentie (non imposée que ce soit par une autorité quelconque, par le désir ou par la peur).
- Dès le 28, la fin du mois est marquée par Vénus au carré d'Uranus (jusqu’au 8 février), aspect renforcé et modifié par le carré à Jupiter dès le 2 février. Le cœur et les sens explosent en toute liberté, pressés de jouir, d’échapper à la morale et au conformisme, ce qui nourrit bien quelques conflits mais voit aussi éclore de belles histoires. Il s’agit d’Uranus cependant, astre qui ne connaît guère la stabilité ni la sécurité : mieux vaut donc cueillir la fleur de l’amour sans trop songer au lendemain sous peine qu’elle ne se fane aussi rapidement qu’elle n’a fleuri.








CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.