lundi, mai 18, 2009

Mars, Vénus, Gandhi et la non-violence

« Qu’est ce qu’un monde de Paix ? Une société sans violences est-elle possible ? Des rapports humains dénués d’ambition dominatrice sont-ils envisageables ? Quel type de société les initiateurs et les initiatrices de la Marche Mondiale pour la Paix et la Non-Violence qui partira de Wellington en Nouvelle Zélande, le 2 octobre 2009 et se terminera à Punta de Vacas en Argentine, dans la Cordillère des Andes, le 2 janvier 2010, visent-ils /elles à édifier?»
J'invite les gens intéressés à lire ici les réponses à ces questions, par Alain Ducq, porte-parole du « Nouvel Humanisme » ou « Humanisme universaliste », un courant de pensée qui vise à «l’émergence d’une Nation Humaine Universelle».

Voilà des gens intelligents, plein de bon sens et très bien intentionnés, mais dont l’action est sans doute, à mon avis, vouée à l'échec. Pourquoi? parce que la violence, si laide, si dévastatrice, coupable de tant de souffrances et de chagrin, si on veut bien l'observer consciencieusement, est présente au coeur de chacun d'entre nous. Ne sommes nous pas conditionnés, tout autant que nous sommes à être violents les uns envers les autres, ainsi qu’envers nous-mêmes? nos modes de pensée, fondés sur l'ambition, la comparaison et la compétition ne sont-ils pas foncièrement violents ? Si l'on poursuit ce raisonnement suffisamment loin, il devient évident que l'on ne peut régler cette question sans s'enfoncer profondément en nous-mêmes, ni sans tenter de comprendre la violence dans ses racines et sa substance. Sans cette démarche, les conventions internationales, les concepts politiques, philosophiques ou religieux, les marches pour la Paix, les manifestations, les rassemblements ne feront jamais que gratter la surface des choses, sans nous débarrasser une bonne fois pour toutes de ce fléau.


Pour illustrer ce point vue, étudions la carte du ciel du Mahatma Gandhi, né le 02/10/1869, 7H12 à Porbandar en Inde. Observons comment chez l'apôtre de la non-violence et de la paix, la guerre intérieure fit des ravages.

(certaines sources astrologiques citent une heure de naissance située entre 12H00 et 13H00, avec laquelle on obtient un AS Sagittaire, ce qui lui va fort bien! grands voyages, obsession de la justice, double nature, idéalisme de l'esprit qui se heurte aux désirs du corps. Cependant, en parcourant le Web, on s'aperçoit que la majorité des sites, y compris Indiens, situent la naissance entre 7H08 et 7H12 du matin. Il semble donc que Gandhi n'était pas Balance/Sagittaire, mais double Balance, ce qui le place encore plus fortement sous l'influence de Vénus en Scorpion, conjoint à Mars, le dieu de la guerre, maître en ce signe).

Double Balance donc, un signe d'amour et de communication, qui appartient à Vénus, l'astre de l'affectif, de la beauté et de la sensualité. Uranus culmine à 5° du Milieu du Ciel, au trigone de la conjonction Mars/Vénus et au sextile de la conjonction Jupiter/Pluton, ce qui indique une originalité de la pensée, un refus de se conformer, une nature puissamment autoritaire et électrique, un combat permanent contre les autorités (qu'il s'agisse des sud-africains, des anglais ou des orthodoxes hindous) et une destinée exceptionnelle.

Mars, le dieu de la guerre, représente la force et le courage, l'action et le désir, mais aussi le combat, la brutalité, la dureté, la domination et la violence physique (ceux qui utilisent la force pour dominer, humilier, brutaliser, voire violer ou tuer, qu'il s'agisse des casseurs du samedi soir, des truands, des polices spéciales ou autres, des militaires, des brutes de tous bords appartiennent à Mars, lui-même souvent manipulé par des puissances supérieures, politiciens jupitériens, aristocratie dirigeante uranienne, multinationales et marchand d'armes plutoniens). Ici Maître en Scorpion, signe de la mort et de la sexualité, il symbolise le sexe masculin en érection, la pénétration, le besoin de pétrir la matière (de la détruire ou dans le cas du sculpteur de lui donner la vie). Il indique chez Gandhi un désir sexuel puissant, d'autant qu'il est conjoint à Vénus, ce qui créa sans doute le problème de sa vie. Marié à 14 ans, il jouit sans retenue de sa nature sensuelle. Vénus est non seulement conjointe à Mars, ce qui indique la passion sexuelle, mais opposée à Jupiter, ce qui crée une nature jouissive, attachée au plaisir, et opposée à Pluton, ce qui associe la sexualité à certains tourments de l'esprit et du corps (zones d’obscurité, honte et culpabilité). Jupiter au carré et au parallèle de la Lune indique les 4 enfants qui résultent de ce mariage.

Comme beaucoup de natifs de la Balance (et à fortiori double Balance), Gandhi fut d'abord assujetti à Vénus et jouit purement et simplement de ce que la vie lui accordait, avant de passer sous l’influence de Saturne, exalté dans ce signe. Il se lança alors à la poursuite d’un idéal saturnien (très présent dans son conditionnement culturel et familial), tout en austérité et en renonciation. Cependant, s’il est essentiel de développer les qualités saturniennes au cours de son existence (patience, détermination, persévérance, simplicité et sagesse), cette quête doit se faire sans conflit, sans autorités ni croyances, sans peurs, sans culpabilité. C’est l’intelligence qui doit nous mener, naturellement, et non nos conditionnements. Saturne est ici en Sagittaire, un signe double qui ainsi que le démontre son symbole, le Centaure, un être fabuleux mi-homme mi-cheval qui bande son arc et vise les cieux, est à la fois un pur idéaliste en quête d'infini et d'éternité, et un animal en dessous de la ceinture, ce qui symbolise les désirs, entre autres sexuels, qui l'enchaînent à une existence plus matérielle.

Gandhi fit ainsi volte face et renonça entièrement à la sexualité. Outre la nature Vénus/Saturne de la Balance, il faut chercher les causes profondes de ce revirement chez Vénus en Scorpion, maître à la fois du signe solaire et de l'Ascendant, une position qui crée des gens tourmentés par la culpabilité, ne s’aimant pas, entretenant une image négative d'eux-mêmes. Gandhi avait honte de ses désirs, de sa sexualité très exigeante et de la jouissance extrême qu'il en retirait. Vénus (sensualité) et Saturne (austérité), par l’intermédiaire de Mars (désir) et Pluton (tourments), se firent la guerre.

Saturne au sextile du Soleil en XII réclame une puissante discipline, ainsi qu’une orientation vers la purification, l’éloignement du monde et la renonciation. De puissantes forces s'affrontent dans ce combat avec d’un coté l'idéal Saturne/Sagittaire couplé au Soleil, qui est le mouvement pour la libération des instincts et du désir cristallisée par Saturne, l'astre du temps, de la force mentale et de la discipline intérieure. Saturne associé au Soleil explique d’ailleurs l'image extérieure du moine politique (les moines appartiennent à la XII). De l’autre coté pourtant, la quête du plaisir, si puissante chez les natifs de la Balance, fouettée par Vénus et par Mars en Scorpion, se poursuivit sans doute tout au long de l'existence. N'y avait-il pas chez lui une forme de jouissance dans ses exercices et démonstrations publiques d'austérité, même s'il en fit des moyens d'actions et de pressions politiques? Ceux qui font l'expérience du jeûne savent que passées les quelques crampes causées par un estomac qui se rétrécit (les deux premiers jours sont les plus difficiles), on expérimente un surprenant bien-être physique et mental, fait de calme, de sérénité et de légèreté.

Malgré tout Saturne au sextile du Soleil vainquit, mais à quel prix ! La renonciation même, quand elle vint, lui fut insuffisante. Il chercha à éradiquer totalement le désir de son corps. Associant le sexe à l'impureté, persuadé qu'il lui fallait s'en libérer complètement, il jeûnait dès que le désir le travaillait un peu (les érections matinales lui étaient un supplice, alors qu'elles sont plutôt difficiles à éviter chez un homme en bonne santé doté d'un Mars aussi puissant !)
Ajoutons que Mars est, comme Vénus, en opposition à Jupiter (provoquant la colère) et à Pluton (pratiques auto-destructrices, comme les jeûnes trop poussés proches des mortifications, et les renonciations conflictuelles).

Astrologiquement, on peut conclure que le Mahatma était extrêmement tourmenté par le désir et qu’il faisait montre d’un tempérament colérique, volontaire et autoritaire, voire dictatorial et cela d’abord envers lui-même. Uranus au Milieu du Ciel, avec les beaux aspects mentionnés plus haut, lui permit de sublimer sa nature, plutôt que de jouir sans frein de ses instincts, qu'il maîtrisa afin de devenir le grand homme que tout le monde connaît. C'est ici que la question se pose : cet homme, aussi grand et digne de respect fut-il, était-il non-violent? N'était-il pas plutôt à la poursuite de l'idée de non-violence, mais hélas incapable de la trouver? Ne se battit-il pas toute sa vie contre lui-même, connaissant, comme la majorité d'entre nous, une forte violence intérieure ? Cette violence se lit également dans le carré que Mars adresse à la Lune (agitation mentale et physique, colère, sautes d’humeur, agressivité, conséquences de conditionnements rigides et étroits pour une nature aussi riche, ainsi que des injustices vécues en Afrique du sud, et une des causes de son assassinat). Les autres causes astrologiques de l'assassinat sont Vénus maître de la VIII, maison de la mort, conjointe à Mars (la violence), et opposée à Pluton (puissances obscures ennemies), ainsi que Mercure, second maître de la VIII au carré des Nœuds lunaires. Kétu, le Nœud sud, est d'ailleurs en IV, la tombe, et le Milieu du Ciel, ici l’homme public, est encadré par Uranus (bouleversement de la destinée) et par Rahu le Nœud nord.

Bref, sans vouloir juger, on doit se demander si une vie de luttes intérieures, où l’on réfrène (étouffe) ses instincts et ses désirs profonds par toutes sortes de moyens physiques ou psychologiques, où l’on ne cesse de se surveiller pour ne pas laisser ce que l'on pense être « la nature inférieure ou animale » prendre le dessus, permet l'émergence de la non-violence. Corollairement, est-il possible pour l'être humain d'établir une société non-violente, s’il est soumis au coeur de son être à une guerre permanente?

La conquête de la violence peut-elle se faire ailleurs qu’en chacun d’entre nous ? n’est-il pas certain que seule une vraie non-violence intérieure, non pas rêvée, désirée, voulue, souhaitée, mais vécue, apportera la paix dans le monde ? Astrologiquement cela passe par le travail que chacun d'entre nous doit faire sur son thème, c'est-à-dire dans sa vie.

Chez Gandhi par exemple, la clef est la compréhension de Vénus en Scorpion qui est le refus de soi, ou encore l'image de soi négative. Uranus puissant, au trigone de ce Vénus et de Mars, apporte l'énergie nécessaire à la compréhension et donc à la destruction de l'image, ce qui demande cependant de se débarrasser des croyances religieuses et des associations d'idées créées par les conditionnements culturels, spécialement en rapport à la sexualité. Cela passe par l'acceptation de soi, ce qui signifie que l'on ne lutte plus contre soi-même. Cela ne signifie pas que l'on fait n'importe quoi, bien au contraire, puisque l'on ne se conforme plus aux lois et morales souvent hypocrites imposées lors de notre enfance, mais que l’on obéit à l'intelligence symbolisée par Uranus et Mercure, qui associés à un bon Saturne (la discipline sans conflits) apporte la sagesse. Vénus, alors purifiée, quelque soit le signe où elle est située à la naissance, peut jouer son rôle, qui est d’apporter le respect et l’amour, ainsi que la non séparation d'avec le monde et d'avec les autres, ce qui est la source de la paix et de la non-violence.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.