lundi, janvier 19, 2009

Vénus en Poissons (1) : généralités

Un temps particulier que celui qui voit Vénus traverser les Poissons (depuis le 3 janvier jusqu’au 3 février), non pas maître mais exalté, favorable certes, mais souvent enclin à la sentimentalité, au romantisme exacerbé, ce qui fait que paradoxalement, on trouvera parfois, chez des natifs marqués par cette position enviable, la cruauté : qu'est celle-ci sinon une brutalité, une méchanceté raffinée? le raffinement appartient à Vénus.

Vénus peut-être surprenante : par exemple elle fait les végétariens (une majorité d’entre eux ont cet astre puissant dans leur thème), mais cette habitude alimentaire normalement associée à la paix et à la non-violence n’empêche pas la noirceur et la dureté du cœur. Rappelons nous le cas d’Hitler, Taureau/Balance (double Vénusien, ce qui explique ses prétentions artistiques), végétarien et dictateur sanguinaire (son Vénus maître en Taureau était conjoint à Mars, au carré de Saturne et parallèle aux nœuds lunaires : il n’y a rien de pire qu’un vénusien frustré !)

Pour d’anciennes civilisations, Vénus était à la fois déesse de l'amour et de la guerre. Comme si les deux allaient de pair ! Mais qu'entend-on, dans ce cas, par amour? S’il s’agit d’un sentiment, d’une émotion relative à la gratification des sens, au désir charnel, sensuel (combien de je t'aime signifient en vérité je te désire?) il mène sans doute, à un moment ou à un autre, à la déception et à la frustration, parfois à la haine, dans les pires des cas au crime passionnel. Si l'amour de ses proches, de son pays, de ses idées et idéaux, de Dieu, de son club de football ou d’une star de cinéma, est synonyme de sécurité, de fuite de la solitude, il engendre obligatoirement la peur, l’insatisfaction, l’attachement, la dépendance, la jalousie, la brutalité. Si notre équilibre dépend de cette émotion (qui est en vérité de la sentimentalité plutôt que de l’amour), nous sommes prêts à tout pour le conserver et Vénus mènera à la violence.

La passion amoureuse, sujet de tant de livres et de films, est le plus souvent l’inflammation d’une relation Mars/Vénus : Mars le corps, et Vénus le cœur, se mêlent violemment et confusément. On ne sait plus vivre en dehors de l'autre et la moindre séparation est une épreuve douloureuse. On sait alors que l'on est passionnément amoureux, mais notre bonheur ne tient qu'à un fil : une dispute, une absence, un retard, une suspicion, peuvent être de vraies tortures. Et si l'un des deux se refroidit, l'autre descend en enfer, où il se morfond dans les larmes et l’apitoiement. Si ses astres le lui permettent, il peut cependant sublimer sa douleur dans la création artistique, autre facette de Vénus.

Est-ce son association au dieu de la guerre qui pollue ainsi son aura de tendresse? Pas sûr. Faisons le tour :
- Mercure la rend subtile et expressive, enjôleuse, mais aussi séductrice et charmeuse avec les mots, qui servent alors ses desseins, la poursuite du plaisir et des sensations (le charme est l’arme de Vénus).
- La Lune défavorable la rend parfois perfide, menteuse, complexe, le mental et la mémoire préoccupés par les jeux de l’amour et des émotions.
- Jupiter associé à Vénus rend très friand de gratifications. Il stimule la recherche incessante des plaisirs, ce qui mène aux dérèglements du corps et à la lassitude du cœur.
- Saturne calme les ardeurs sensuelles ou les interdit, mais incline aux joies de la nature et de la solitude. En aspect défavorable il gâche souvent le relationnel amoureux, crée les moralisateurs, isole et rend malheureux, à moins de savoir renoncer.
- Uranus rend Vénus étrange et folle, subversive, exaltée, sauvage, parfois homosexuelle. Il permet de belles expériences. Par contre stabilité et sérénité sont quasiment impossibles à atteindre. Passée la saison des amours la vie peut se révéler pénible.
- Avec Neptune la sentimentale, c'est la peur d'aimer, ainsi que la peur de ne pas l’être qui l'emporte. Cette rencontre est analogique à Vénus dans la XII. Les raisons du cœur, ses souffrances souterraines, parfois inaccessibles à la conscience, dirigent la destinée.
- Pluton transforme Vénus en manipulatrice et manipulateur, de celles et de ceux qui tirent les ficelles affectives de leurs victimes pour leurs gains personnels.

On le voit, Vénus la bénéfique (quoique les Hindous disputent ce point, eux qui en font le gourou des démons), la flamboyante (au crépuscule depuis des mois), éclipsant tous les astres, mis à part les luminaires, par sa brillance (même Jupiter le roi des dieux ne soutient pas la comparaison), est difficile à manier. S’il est vrai qu’un Vénus favorable de signe et d’aspect aide à mener une vie satisfaite, imprégné de beauté, de tendresse et d'amour, il s’accompagne, même dans les meilleurs des cas, de la complexité des émotions et des douleurs du coeur.

C'est particulièrement vrai pour Vénus en Poissons et c'est peut-être le sens véritable de son exaltation : si sa maîtrise en Taureau fait aimer la beauté en soi, si sa maîtrise en Balance fait miroiter l'amour à travers la communication, son exaltation en Poissons fait aimer l'amour (voir le Centiloque, aphorisme n°33)

Il est essentiel de comprendre la purification des émotions, la leçon de la maison XII analogique aux Poissons, c'est-à-dire la transmutation de la sentimentalité en amour. La sentimentalité c’est l’amour teinté d’égoïsme : on craint d’être seul, ou malheureux, on associe amour et souffrance (je souffre parce que je t’aime). La sentimentalité c’est Vénus troublé par la peur. L'amour peut-il coexister avec la peur? si l'on se pose sérieusement la question, on est vite obligé d'admettre que l'on ne sait pas ce que c'est qu'aimer, puisque la peur nous tient et que ce que nous appelons amour (familial, patriotique, amoureux....) est le plus souvent une fuite de cette peur.

La merveille de l'état amoureux, qu'il serait stupide de rejeter, est ce cocon qu'il provoque, à l'intérieur duquel tout est beau, doux, brillant, satiné. Quelle drogue admirable! On apprécie un lambeau de nuage, un éclat de lumière, le pépiement d'un oiseau. On admire, on ressent, on respire, l'air lui-même ne nous caresse-t-il pas? Le bonheur, la joie, la sagesse sont dans le regard de l'être aimé. Mais que cet enchantement nous soit retiré, nous voilà soudain confronté à la hideuse réalité. La drogue n'agit plus, le manque, la peur et le vide insupportable s'emparent de nous.

Vénus en Poissons, épanoui, mûri dans son exaltation, c'est peut-être l'amour libéré de l'objet? L'absence de peur, la fin des séparations, qu'il s'agisse des nationalismes, des particularités qui nous définissent et dont nous sommes si fiers (les Japonais continuent à massacrer les baleines au nom de particularités nationales!), la fin peut-être de la guerre entre ce que nous sommes et ce que nous voudrions êtres. Seule la fin du conflit intérieur règlera les conflits entre les êtres, entre les pays et les nations.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.