samedi, mars 15, 2008

Saturne et Mercure

Deux conditions sont nécessaires pour jouir actuellement d’un certain plaisir :
- Pouvoir profiter d’un ciel pur, c’est-à-dire exempt au possible de pollutions lumineuses (puisque nuages, brumes et autres encombrements, célestes nous n’y pouvons rien).
- Avoir assez de passion pour s’extraire du lit suffisamment tôt, à l’heure où les cieux sont encore sombres, juste à l’approche de l’aube.
On pourra ainsi contempler le ciel étoilé et s’emplir le cœur de la conjonction Vénus/Mercure.

Mercure se montre assez rarement pour qu’on lui fasse au moins une fois cet honneur. N’oublions pas qu’il est non seulement la clef subtile des thèmes astraux (n’est-il pas entre autres Ganesh, la divinité hindoue qui détruit les obstacles, l’enfant de Shiva et de Parvati, c’est-à-dire l’union des principes mâle et femelle, qui régit les communications entre toutes les puissances de l’univers et qui est accessoirement le patron des commerçants et des voleurs ?), mais qu’en plus il apporte la chance….

Déjà bien lancé à l’assaut du ciel, le diamant de Jupiter en Capricorne étincelle dans la constellation du Sagittaire, à un jet de pierre du Scorpion qui brille de tous ses feux. De bien belles figures en vérité, s’il n’y avait pas Saturne, qui à cette heure divine s’est fait invisible car il vient de se coucher, lui qui rétrograde au début de la Vierge et donc s’oppose à Vénus et à Mercure dans les Poissons. Que Mars en Cancer, au sextile de Saturne, couché quand à lui depuis des heures, leur envoie un magnifique trigone, n’y change pas grand chose, mais nous permet d’espérer échapper aux frustrations, à la peur d’aimer et aux mauvaises décisions, qui sont l’apanage d’une telle opposition.

Résumons nous :

D’un coté :
- Mercure et Vénus en conjonction : appréciation subtile de la beauté, l’esprit s’éprend de la sensualité des mots, des formes et des couleurs. On prend plaisir aux errements du cœur, on tombe presque par hasard sur de magnifiques écrits, on participe à des discussions qui, dans les meilleurs des cas, nous arrachent de la boue quotidienne des médias et autres pollueurs de l’esprit.
- Jupiter demi-carré à Vénus le 15 et à Mercure le 17 : quelques jours où l’on a soif d’amour et de douceurs, de rencontres et de connaissances, mais où l’on parle peut-être à tort et à travers et surtout l’on ne se méfie pas suffisamment des mauvais choix.
- Mars au sextile de Saturne : il est avantageux (comme dirait le Yi-King) de rendre service, puisque la force marsienne peut être utilisée par la sagesse saturnienne, qui l’empêche de déployer son impulsivité et son agressivité habituelle (Mars est aussi opposé à Pluton, ce qui pousse toujours à l’autodestruction, donc attention de ce coté là).
- Mars au trigone de Mercure et de Vénus : l’énergie de la guerre, de l’action, du courage et disent les Hindous de la dévotion, sont au service des deux astres début Poissons. On peut ressentir une vrai harmonie entre l’homme et la femme, entre l’esprit et le cœur et tous deux peuvent s’exalter par le mélange des corps.

De l’autre :
- Saturne (qui domine le Capricorne ou se promènent Jupiter), qui est au sextile de Mars et au trigone de Pluton et les empêche de faire trop de bêtises, est en opposition à Mercure et à Vénus : c’est plus grave évidemment.
L’opposition à Vénus fait que soudain la peur d’aimer s’en mêle. Une bise froide pétrifie des sentiments pourtant chaleureux, pour ne pas dire chauds, pour ne pas dire brûlants. Pourtant bien compris, ces deux astres savent s’entendre si le besoin s’en fait sentir. Leur rencontre renforce les liens existants, les fait moins dépendre des intérêts quels qu’ils soient (sécurité psychologique et affective, gratifications sensuelles….) que nous avons à aimer nos amis, nos parents, nos enfants, nos amants. Profitons-en pour apprécier la nature, profiter de solitudes constructives et créatives, pour jouir de la réflexion saine de ceux qui ont un peu mieux à faire dans la vie que de fuir la peur continuellement.
Le vrai problème, qui heureusement ne dure que quelques jours (estimons le terminé le 23/24 mars) c’est l’opposition de Mercure à Saturne, qui multiplie les risques de commettre des erreurs, de jouer contre son camp, d’être son propre ennemi secret, de perdre argent, amour et affection, de voir le monde nous faire des croche pattes, de subir des problèmes d’ordre nerveux ou intestinaux, de voir le temps se dresser contre soi (ce qui n’est pas une sinécure dans la vie moderne).
Pourquoi ? parce que cet aspect nous fait penser mal. On se réveille le matin et la danse du mental se déclenche, plus lourde, plus aberrante, parfois plus abjecte qu’à l’habitude. On se dispute facilement, pour des riens insignifiants, et de nombreux gosses se prennent des taloches. L’orientation du mental est négative, suspicieuse, parfois sournoise et cruelle. Si l’on est vigilant, il arrive qu’on ne reconnaisse pas son paysage intérieur, hérissé de pensées méchantes et revanchardes qui nous traversent comme des éclairs de sang noir. Inutile de dire que ces vibrations sont extrêmement nocives à la conscience collective de l’humanité, qu’elles n’aident en rien à établir la paix dont notre planète à tant besoin. La solution, contenue dans la résolution de l’aspect Mercure/Saturne, consiste à arrêter de rechercher la sécurité à tout prix, et à fouiller les désirs secrets et les motivation profondes, ces monstres tentaculaires qui se tiennent tapis dans la jungle obscure de nos esprits.
Saturne n’acceptera pas les erreurs, c’est-à-dire qu’il n’hésitera pas à multiplier les conséquences négatives de cet aspect (particulièrement les mauvais choix) : après tout n’est-il pas là pour nous apprendre à vivre ? Et qu’est-ce que vivre sinon se connaître soi-même ?
Connais-toi toi-même et tu ne commettras pas l’erreur fatale qui consiste à prendre des décisions poussé par la peur et la recherche de la sécurité.
Connais-toi toi même et tu ne participera pas aux affrontements verbaux, nés d’incompréhensions de part et d’autre, qui ne vont pas manquer dans les jours qui viennent.
Connais toi toi-même et Saturne te montrera que même opposé à Vénus et à Mercure, il peut-être sage et bon. Il peut te transporter dans la nature toujours merveilleuse et chuchoter à tes oreilles les secrets du monde.
Comme il s’occupe spécialement de spiritualité, et qu’il reste un vieux sage austère détaché des satisfactions matérielles et sensuelles, il est important de ne rien entreprendre de sérieux avant que cette opposition soit totalement dissoute, c’est-à-dire le 23 ou 24 mars, pour se donner un peu de marge.

Et là, soudain, le paysage planétaire se transforme à cent pour cent !! Mercure et Vénus, toujours conjoints viennent s’unir à Uranus, l’astre de la révolution et des bouleversements : l’affectif et l’intellect en seront visiblement marqués. Il faut s’attendre à des rencontres rapides et sauvages, qu’elles soient ludiques, amicales, amoureuses ou professionnelles, provoquées par des cerveaux soudain plus véloces et des cœurs plus ouverts. Il faudra saisir au vol des idées qui illuminent d’un coup l’esprit, de celles capables de changer le caractère et la destinée des individus. Cette belle conjonction agira du 24 mars au 3 avril.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.