La traditionnelle époque des vœux conduit à s’interroger sur le devenir collectif. Astrologiquement, le commencement de l’année se situe au solstice d’hiver, ce moment fondateur abordé dans mon précédent article {à lire ou à relire en complément de celui-ci}.
Il nous ramène à l’importance du Soleil – celui des solstices, des équinoxes et des éclipses – en tant qu’astre, intimement associé à la droiture, à la noblesse intérieure et au héros solaire. Ce héros, homme ou femme, ne se contente pas de survivre dans un monde en crise : il s’éveille à la compréhension et à la transformation de la conscience, accomplissant ainsi sa destinée. Il contribue ce faisant à la guérison d’un monde atteint des multiples maux que sont la destruction systématique du vivant, la violence généralisée, l’autodestruction et la perte du sens.
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| Eclipse de Soleil Le 17 février 2026 à 13h01 (HL) Calculée pour Paris France |
L’année toute entière reste marquée par la conjonction Saturne—Neptune. La dynamique symbolique à l’œuvre est simple : Saturne incarne la structure, la rigueur et la séparation — Neptune l’empathie, le mystère et le désir de fusion et de communion.
Leur interaction met en lumière le problème fondamental de l’humanité qui est la souffrance (Neptune) de se sentir séparé (Saturne). Nous cherchons désespérément l’union avec le monde, avec la nature, la divinité, les autres et en définitive nous-mêmes car la séparation prend racine à l’intérieur de l’être : le moi se bat avec ses pensées, ses désirs, son corps et ses émotions.
Pourtant, si l’énergie saturnienne, qui limite, contracte et refroidit semble responsable de ces conflits, la réflexion profonde, la structuration et la purification qu’elle représente ont capacité à nous amener à un état authentique de non-séparation, synonyme de bien-être et de paix du coeur.
Le 17 février, jour de l'éclipse solaire à 28°50 du Verseau, la conjonction des deux astres à 00°39 (Neptune) et 00°23 (Saturne) du Bélier est mise en scène d’une façon particulière.
Le degré 00° du Bélier, souvent présenté comme le tout début du zodiaque, suscite l’idée d’un grand renouveau : allons-nous enfin comprendre que l’humanité est une? Que la paix est possible? (1) Cette vision optimiste est à nuancer d’autant que le Zodiaque originel commençait plutôt logiquement en Cancer, le signe de la Lune qui est la mère du héros solaire (2). Maintenant, le fait qu’après avoir rétrogradé et mijoté dans les eaux émotives des Poissons, Saturne et Neptune retrouvent presque simultanément le Bélier de feu n’est pas à négliger (3). Moins d’apitoiement et plus d’action sont souhaitables.
Ajoutons que les éclipses solaires lient le psychisme aux évènements : le 17 février, Rahu (le noeud nord) à 08°57R des Poissons sera très exactement conjoint à Vénus à 08°51 du même signe. Irriguée par la sensation d’isolement (Saturne–Neptune), la soif – laquelle est souvent avidité (Rahu) –, de plaisir, de sensualité et de créativité (Vénus) générera des attractions et des rencontres à même de transformer les destinées individuelles en profondeur.Quand les trans-saturniennes nourrissent la révolution
Ces mouvements de fond s’appuieront sur l’amorce réelle de l’alignement harmonique des trans-saturniennes qui se met en place pour de bon jusqu’en 2029. Uranus en Gémeaux (à partir du 26 avril), Neptune en Bélier et Pluton en Verseau alimentent l’espoir de transformations cruciales selon trois axes différents.
– La révolution uranienne de l’intelligence qui s’oriente vers la compréhension des processus de la pensée et du moi, ce dernier étant la principale source de notre séparation. Elle favorise un éloignement des croyances, des systèmes et des conditionnements philosophiques, politiques et religieux afin que chacun devienne une lumière à soi-même.
– La transmutation plutonienne qui consiste à chercher la lumière au coeur de la matière du corps à la fois vibrante de désirs, éminemment périssable et pétrie de craintes enracinées. La mort est à considérer, non dans la peur qu’elle inspire mais comme une maîtresse de sagesse (4) : mourir aux conditionnements, aux mémoires nocives, aux images négatives de soi et des autres permet de renaître à une nouvelle conscience.
– La communion neptunienne qui pour être vécue pleinement, doit s’appuyer sur la révolution uranienne et les expériences induites par Pluton. Elle peut ainsi être abordée et vécue sans donner prise à l’identification à des groupes sociaux, nationaux ou ethniques, à des idéologies et à des croyances qui nourrissent les manipulations et donnent naissance au racisme et au nationalisme (5)
Jupiter et Ketu, le noeud sud
Exalté en Cancer jusqu’à l’été, Jupiter – l’on ne s’en rend pas toujours compte – remplit ses fonctions de protecteur et de soutien (6) : ses trigones à Saturne et à Neptune et ses aspects harmoniques aux noeuds lunaires nous rendent les choses moins pires et favorisent les prises de conscience dans de nombreux domaines. Son arrivée en Lion le 30 juin annonce des aspects harmonieux à Neptune et à Uranus – de la fin juin à la mi-août – faisant jaillir des opportunités de rencontres et de circonstances particulières qui initient les mutations relatives à ces deux astres. Plus complexe, son opposition à Pluton amplifie le goût du pouvoir et des manipulations.
Le 27 juillet les nœuds lunaires changent d’axe zodiacal : Rahu entre Verseau et Ketu, le noeud sud, celui du sens, dans le Lion. Ainsi, une configuration qui nous intéresse particulièrement parce qu’elle concerne les mouvements les plus profonds de la conscience se met en place dès le 20 octobre 2026 et se poursuit jusqu’à la fin mai 2027 : il s’agit de la conjonction de Jupiter et de Ketu.
Naturellement liée à la justice et à la compassion, l'expansion jupitérienne sera ainsi en prise directe avec Ketu, le noeud lunaire spirituel associé à la simplicité et à la quête de sens. Un immense bilan se prépare, la réalisation peut-être des dégâts causés par l’avidité – et la remise en cause de notre modèle de civilisation fondé sur la consommation à outrance. L’on doit cependant s’attendre à des épreuves qui pourraient être des « crises de guérison » : nous sommes trop enlisés dans les marécages du chaos pour nous en sortir sans subir quelques conséquences. Le but restera d’aller vers un renouveau fondé sur la créativité de l’intelligence et la recherche du sens.
Chiron, Pluton et les noeuds
A noter que Chiron, l’astéroïde cométaire dont la fonction spécifique est de guérir la conscience collective, participe à cette transformation majeure lors de son premier ingrès dans le Taureau du 20 juin au 18 septembre (7). Au cours de ces 3 mois, il sera au carré de Pluton et en aspect harmoniques aux noeuds lunaires : par le biais d’expériences obligatoires (les noeuds), il sera possible de s’attaquer aux facettes négatives de Pluton. Celui-ci représente, dans ce contexte, les puissances financières (multinationales, fonds de pension, ultra riches …), les mafias, lesquelles sont parfois gouvernementales mais aussi ce terrible penchant destructeur que nous avons, qui consiste à privilégier l’intérêt personnel avant tout.
Chiron doit-on se rappeler renvoie à la nécessité pour chacune et chacun d’entre nous de devenir des guérisseurs.
Une responsabilité individuelle et collective
Si certaines configurations nourrissent l’espérance, rien ne garantit un changement automatique. Dans ce monde très sombre qui est le notre, la question de savoir en quoi l’astrologie peut nous aider reste ouverte.
L’on comprend qu’elle n’est pas seulement un outil prévisionnel, mais un instrument d’action : chacune et chacun, à travers son thème personnel, incarne une pièce unique d’un gigantesque puzzle collectif à résoudre et à compléter en nous ajustant les uns aux autres. Il nous faut nous ordonner, nous harmoniser, trouver l’unité. La guérison que nous cherchons ne viendra pas d’un simple mieux-être psychologique centré sur l’ego, mais d’une compréhension profonde et subtile du mystère de la conscience — ce mystère qui nous habite, qui est nous et qui nous reste pourtant impénétrable.
La figure du héros solaire symbolise l’urgence du défi contemporain – trouver la lumière en soi et dissiper les ténèbres de l’avidité, de l’insatisfaction et de la violence. Autrefois réservée à celles et ceux qui trouvaient en eux-mêmes le goût de la contemplation, la quête spirituelle qui est avant tout personnelle, est devenue aujourd’hui une nécessité cruciale : la transformation intérieure est la seule réponse possible à la crise actuelle.
Bonne année à toutes et à tous ! 🙏
(1) J’écris ces lignes en toute conscience — alors que Donald Trump privilégie clairement les interventions armées à la diplomatie, que Xi Jinping fait parader sa flotte de guerre à proximité de Taiwan et que Vladimir Poutine se refuse à la paix avec l’Ukraine.
(2) A remarquer que le Zodiaque n’est pas construit à la façon d’un cercle évolutif. Il se déploie dans deux directions à partir du couple Cancer–Lion, avec les signes mercuriens qui les jouxtent de chaque côté, puis les vénusiens, les martiens, les jupitériens et les saturniens.
(3) Neptune entre en Bélier le 26 janvier et Saturne le 14 février 2026
(4) Yama, le dieu de la mort Hindou est appelé Dharma-Raja, ou maître de la vérité.
(5) Lire : Neptune et les dangers de l'identification
(6) Lire : Nicolas Sarkozy et la dynamique Jupiter — Saturne
(7) Chiron rétrograde ensuite en Bélier. Retour « définitif » en Taureau, signe où il fut découvert, le 14 avril 2027. Lire dans ce blog : Chiron au coeur de l'éclipse solaire du 8 avril 2024 et La conjonction Chiron-Rahu et la guérison de la conscience
Photos mains crédit : Shane Rounce sur Unsplash





















