dimanche, janvier 04, 2026

2026, l'année consciente et responsable

La traditionnelle époque des vœux conduit à s’interroger sur le devenir collectif. Astrologiquement, le commencement de l’année se situe au solstice d’hiver, ce moment fondateur abordé dans mon précédent article {à lire ou à relire en complément de celui-ci}. 

Il nous ramène à l’importance du Soleil – celui des solstices, des équinoxes et des éclipses – en tant qu’astre, intimement associé à la droiture, à la noblesse intérieure et au héros solaire. Ce héros, homme ou femme, ne se contente pas de survivre dans un monde en crise : il s’éveille à la compréhension et à la transformation de la conscience, accomplissant ainsi sa destinée. Il contribue ce faisant à la guérison d’un monde atteint des multiples maux que sont la destruction systématique du vivant, la violence généralisée, l’autodestruction et la perte du sens.

Eclipse de Soleil
Le 17 février 2026 à 13h01 (HL)
Calculée pour Paris France
Saturne–Neptune et l’éclipse du 17 février 2026

L’année toute entière reste marquée par la conjonction Saturne—Neptune. La dynamique symbolique à l’œuvre est simple : Saturne incarne la structure, la rigueur et la séparation  — Neptune l’empathie, le mystère et le désir de fusion et de communion. 

Leur interaction met en lumière le problème fondamental de l’humanité qui est la souffrance (Neptune) de se sentir séparé (Saturne). Nous cherchons désespérément l’union avec le monde, avec la nature, la divinité, les autres et en définitive nous-mêmes car la séparation prend racine à l’intérieur de l’être : le moi se bat avec ses pensées, ses désirs, son corps et ses émotions. 

Pourtant, si l’énergie saturnienne, qui limite, contracte et refroidit  semble responsable de ces conflits, la réflexion profonde, la structuration et la purification qu’elle représente ont capacité à nous amener à un état authentique de non-séparation, synonyme de bien-être et de paix du coeur. 

Le 17 février, jour de l'éclipse solaire à 28°50 du Verseau, la conjonction des deux astres à 00°39 (Neptune) et 00°23 (Saturne) du Bélier est mise en scène d’une façon particulière. 

Le degré 00° du Bélier, souvent présenté comme le tout début du zodiaque, suscite l’idée d’un grand renouveau : allons-nous enfin comprendre que l’humanité est une? Que la paix est possible? (1) Cette vision optimiste est à nuancer d’autant que le Zodiaque originel commençait plutôt logiquement en Cancer, le signe de la Lune qui est la mère du héros solaire (2). Maintenant, le fait qu’après avoir  rétrogradé et mijoté dans les eaux émotives des Poissons, Saturne et Neptune retrouvent presque simultanément le Bélier de feu n’est pas à négliger (3). Moins d’apitoiement et plus d’action sont souhaitables. 

Ajoutons que les éclipses solaires lient le psychisme aux évènements : le 17 février, Rahu (le noeud nord) à 08°57R des Poissons sera très exactement conjoint à Vénus à 08°51 du même signe. Irriguée par la sensation d’isolement (Saturne–Neptune), la soif – laquelle est souvent avidité (Rahu) –, de plaisir, de sensualité et de créativité (Vénus) générera des attractions et des rencontres à même de transformer les destinées individuelles en profondeur. 

Quand les trans-saturniennes nourrissent la révolution

Ces mouvements de fond s’appuieront sur l’amorce réelle de l’alignement harmonique des trans-saturniennes qui se met en place pour de bon jusqu’en 2029. Uranus en Gémeaux (à partir du 26 avril), Neptune en Bélier et Pluton en Verseau alimentent l’espoir de transformations cruciales selon trois axes différents.

La révolution uranienne de l’intelligence qui s’oriente vers la compréhension des processus de la pensée et du moi, ce dernier étant la principale source de notre séparation. Elle favorise un éloignement des croyances, des systèmes et des conditionnements philosophiques, politiques et religieux afin que chacun devienne une lumière à soi-même.

La transmutation plutonienne qui consiste à chercher la lumière au coeur de la matière du corps à la fois vibrante de désirs, éminemment périssable et pétrie de craintes enracinées. La mort est à considérer, non dans la peur qu’elle inspire mais comme une maîtresse de sagesse (4) : mourir aux conditionnements, aux mémoires nocives, aux images négatives de soi et des autres permet de renaître à une nouvelle conscience.

La communion neptunienne qui pour être vécue pleinement, doit s’appuyer sur la révolution uranienne et les expériences induites par Pluton. Elle peut ainsi être abordée et vécue sans donner prise à  l’identification à des groupes sociaux, nationaux ou ethniques, à des idéologies et à des croyances qui nourrissent les manipulations et donnent naissance au racisme et au nationalisme (5)

Jupiter et Ketu, le noeud sud

Exalté en Cancer jusqu’à l’été, Jupiter – l’on ne s’en rend pas toujours compte – remplit ses fonctions de protecteur et de soutien (6) : ses trigones à Saturne et à Neptune et ses aspects harmoniques aux noeuds lunaires nous rendent les choses moins pires et favorisent les prises de conscience dans de nombreux domaines. Son arrivée en Lion le 30 juin annonce des aspects harmonieux à Neptune et à Uranus – de la fin juin à la mi-août – faisant jaillir des opportunités de rencontres et de circonstances particulières qui initient les mutations relatives à ces deux astres. Plus complexe, son opposition à Pluton amplifie le goût du pouvoir et des manipulations.

Le 27 juillet les nœuds lunaires changent d’axe zodiacal : Rahu entre Verseau et Ketu, le noeud sud, celui du sens, dans le Lion. Ainsi, une configuration qui nous intéresse particulièrement parce qu’elle concerne les mouvements les plus profonds de la conscience se met en place dès le 20 octobre 2026 et se poursuit jusqu’à la fin mai 2027 : il s’agit de la conjonction de Jupiter et de Ketu.

Naturellement liée à la justice et à la compassion, l'expansion jupitérienne sera ainsi en prise directe avec Ketu, le noeud lunaire spirituel associé à la simplicité et à la quête de sens. Un immense bilan se prépare, la réalisation peut-être des dégâts causés par l’avidité – et la remise en cause de notre modèle de civilisation fondé sur la consommation à outrance. L’on doit cependant s’attendre à des épreuves qui pourraient être des « crises de guérison » : nous sommes trop enlisés dans les marécages du chaos pour nous en sortir sans subir quelques conséquences. Le but restera d’aller vers un renouveau fondé sur la créativité de l’intelligence et la recherche du sens.

Chiron, Pluton et les noeuds

A noter que Chiron, l’astéroïde cométaire dont la fonction spécifique est de guérir la conscience collective, participe à cette transformation majeure lors de son premier ingrès dans le Taureau du 20 juin au 18 septembre (7). Au cours de ces 3 mois, il sera au carré de Pluton et en aspect harmoniques aux noeuds lunaires : par le biais d’expériences obligatoires (les noeuds), il sera possible de s’attaquer aux facettes négatives de Pluton. Celui-ci représente, dans ce contexte, les puissances financières (multinationales, fonds de pension, ultra riches …), les mafias, lesquelles sont parfois gouvernementales mais aussi ce terrible penchant destructeur que nous avons, qui consiste à privilégier l’intérêt personnel avant tout. 

Chiron doit-on se rappeler renvoie à la nécessité pour chacune et chacun d’entre nous de devenir des guérisseurs.

Une responsabilité individuelle et collective

Si certaines configurations nourrissent l’espérance, rien ne garantit un changement automatique. Dans ce monde très sombre qui est le notre, la question de savoir en quoi l’astrologie peut nous aider reste ouverte. 

L’on comprend qu’elle n’est pas seulement un outil prévisionnel, mais un instrument d’action : chacune et chacun, à travers son thème personnel, incarne une pièce unique d’un gigantesque puzzle collectif à résoudre et à compléter en nous ajustant les uns aux autres. Il nous faut nous ordonner, nous harmoniser, trouver l’unité. La guérison que nous cherchons ne viendra pas d’un simple mieux-être psychologique centré sur l’ego, mais d’une compréhension profonde et subtile du mystère de la conscience — ce mystère qui nous habite, qui est nous et qui nous reste pourtant impénétrable. 

La figure du héros solaire symbolise l’urgence du défi contemporain – trouver la lumière en soi et dissiper les ténèbres de l’avidité, de l’insatisfaction et de la violence. Autrefois réservée à celles et ceux qui trouvaient en eux-mêmes le goût de la contemplation, la quête spirituelle qui est avant tout personnelle, est devenue aujourd’hui une nécessité cruciale : la transformation intérieure est la seule réponse possible à la crise actuelle.

Bonne année à toutes et à tous ! 🙏


(1) J’écris ces lignes en toute conscience — alors que Donald Trump privilégie clairement les interventions armées à la diplomatie, que Xi Jinping fait parader sa flotte de guerre à proximité de Taiwan et que Vladimir Poutine se refuse à la paix avec l’Ukraine. 

(2) A remarquer que le Zodiaque n’est pas construit à la façon d’un cercle évolutif. Il se déploie dans deux directions à partir du couple Cancer–Lion, avec les signes mercuriens qui les jouxtent de chaque côté, puis les vénusiens, les martiens, les jupitériens et les saturniens. 

(3) Neptune entre en Bélier le 26 janvier et Saturne le 14 février 2026

(4) Yama, le dieu de la mort Hindou est appelé Dharma-Raja, ou maître de la vérité.

(5) Lire : Neptune et les dangers de l'identification 

(6) Lire : Nicolas Sarkozy et la dynamique Jupiter — Saturne

(7) Chiron rétrograde ensuite en Bélier. Retour « définitif » en Taureau, signe où il fut découvert, le 14 avril 2027. Lire dans ce blog : Chiron au coeur de l'éclipse solaire du 8 avril 2024 et  La conjonction Chiron-Rahu et la guérison de la conscience


Photos mains crédit : Shane Rounce sur Unsplash
































samedi, décembre 20, 2025

Solstice d'hiver 2025 – En quête de renaissance

Les solstices (1) et les équinoxes sont les célébrations religieuses — au sens premier « d’être relié », les plus anciennes que nous connaissions. Partout dans le monde, nous avons aligné des mégalithes et plus tard nos lieux de culte sur ces évènements astronomiques, dans le but de « sacraliser » la Terre, c’est-à-dire de faire « descendre » un peu d’éternité dans nos existences évanescentes.

Dans l’hémisphère nord, le solstice d’hiver marque le moment où parvenu à son point le plus bas, le Soleil entame sa lente ascension vers la lumière, actant une victoire discrète mais décisive sur les obscurités. Celles-ci ont rarement été aussi épaisses, puisque les conflits et injustices qui sont notre lot, se corsent de la destruction systématique du vivant. J’ai souvent évoqué le mythe du héros solaire (2) qui figure la meilleure part de notre être, en perpétuelle quête de sens. C’est lui – qui est aussi elle – que nous célébrons et dont il nous appartient d’alimenter la flamme renaissante. 

Le thème du solstice est censé colorer le monde de ses significations jusqu'à l'été prochain. 

Solstice d'hiver 2025
Le 21 décembre à 16h03
Calculé pour Paris France
Les aspects du Soleil

Au carré de la conjonction Saturne–Neptune, le Soleil met en évidence une atmosphère de confusion et d’incertitude (Neptune), laquelle suscite un besoin accru d’enracinement et de sécurité (Saturne). 

Les contradictions sont marquées : Saturne incline au retrait, à la solitude et à la séparation, tandis que Neptune aspire à la fusion et à la communion. Les connotations sont multiples, les deux tendances opposées cherchant à cohabiter. La foi (Neptune) en un Dieu d’amour se dessèche et se rigidifie sous l’effet de règles et d’interdits (Saturne), favorisant l’essor du fanatisme religieux. A coups de limitations et d’interdictions (Saturne), l’on tente de contrôler (Saturne) les réseaux sociaux (Neptune). La souffrance (Neptune) de se sentir séparé (Saturne) dans un monde privé de sens, constitue sans doute le noyau de nos impasses actuelles. La question est comment construire des fondations solides (Saturne) sur des sables mouvants (Neptune)?  

La situation se complexifie avec l’encadrement du Soleil par Vénus et Mars également au carré de Saturne et de Neptune. 

La quête de l’amour fusionnel (Vénus–Neptune) se heurte aux circonstances adverses (Vénus–Saturne), aux illusions et aux tromperies (Neptune), à la déception et à la séparation (Saturne). L’association toxique amour–souffrance (Vénus-Neptune) atteint ici une intensité particulière. Vénus au carré de Saturne traduit pourtant un profond désir de sérénité, en tension évidente avec la réalité vécue. Il faudrait pour le bien cesser de confondre sentimentalité et amour. 

En réaction à ces contradictions, Mars conjoint au Soleil se fait plus belliqueux, d’autant qu’il demeure au carré de Saturne par translation de lumière, signalant une capacité d’action entravée et une forte frustration. Son carré à Neptune décrit un environnement menaçant, mais si la peur est confrontée avec lucidité, l'esprit chevaleresque s’exprime dans l'héroïsme du quotidien qui consiste à apporter son aide aux plus faibles. Amour et souffrance, courage et peur s’entrelacent ainsi, parfois dans le contexte d’événements violents (Mars–Saturne).

Au quinconce du Soleil, Uranus — fidèle à sa fonction — tente de résoudre ces multiples contradictions. 

L’intelligence qu’il incarne recherche la solution dans une révolution intérieure, c'est-à-dire une transformation indispensable de la conscience. Cette voie est rarement comprise et encore moins empruntée et ainsi le héros solaire se fait tenter par des actions radicales, qui ne constituent pas toujours le choix le plus juste.

Au parallèle du Soleil, Pluton corrompt la noblesse intérieure. L'astre du pouvoir indique comment les ultra-riches et les décideurs obscurcissent le monde privilégiant l’intérêt personnel avant tout

Il serait toutefois erroné de croire cette tendance limitée à ces seules sphères : toutes les strates de la société sont concernées, chacun cherchant à dominer sa propre zone d’influence, aussi petite soit-elle. Pluton cependant représente également la transmutation : son trigone à Uranus favorise la révolution de la conscience. Situé entre les deux, Neptune peut alors distiller cet état d’esprit au sein de la conscience collective.

La quête du sens

Le Soleil forme un quintile (72°) à Rahu, le nœud lunaire nord. L'orbe est de 00°24. Cet aspect demande la compréhension cruciale de la dynamique de sens, liée à la finalité, des nœuds lunaires.

Nous traversons des expériences obligatoires (Rahu), loin d’être toujours favorables. Ce solstice, fortement marqué par les carrés multiples de Vénus, du Soleil et de Mars à Saturne et Neptune, en témoigne clairement. L’avidité, l’attachement au moi et l’insatisfaction (Rahu) guident nombre de nos pas. Mais derrière ces comportements responsables de la situation actuelle, se profile l'exploration de la finalité de nos existences incarnée par Ketu, le nœud sud, lui-même au tri-décile (108°) du Soleil, nous renvoyant à la fabrication du nectar d’immortalité.

Le tri-décile (3) est lié à l'accomplissement spirituel, lequel passe par un retour à une direction, à une intention imbriquée dans la nature, dans la vie et en nous-mêmes que nous avons presque complètement perdues. Ketu, aux multiples facettes, figure ici la nécessité du détachement, de la simplicité et de la sobriété — non en tant que postures morales, mais comme des expériences vécues authentiquement, dans la passion même de la recherche du sens. C’est là que le héros solaire — c’est-à-dire nous-même, trouve son plus sûr espoir.


(1) Solstice : du latin sol, le Soleil et sistere, demeurer immobile. L’on fête en hiver cette « immobilité » du Soleil tout au sud avant qu’il ne reparte vers le Nord deux ou trois jours plus tard, ce qui correspond à Noël, la naissance symbolique de Jésus, elle-même calquée sur celles de l’Egyptien Horus et du Perse Mitra, le Soleil invaincu.

(2) Il a été dit que seul le héros a une destinée. Qu’est-ce que cela signifie ? Le mot destinée renvoie à destination, qui évoque à la fois une fonction et un lieu où l’on se rend. Ainsi, soit-il homme ou femme, le héros solaire, archétype central à l’astrologie, s’efforce de trouver au centre de son être ce qu’il est venu chercher, tout en remplissant la fonction pour laquelle il est né. Inscrit au cœur de la philosophie astrologique, le héros solaire ne se manifeste que quand en quête de sens, de vérité, de lumière et d’amour, nous nous enfonçons dans nos jungles intérieures, où il nous faut entre autres épreuves affronter le dragon de la peur. Dans cette quête qui seule donne un sens à nos existences, notre thème astral est notre carte au trésor : il révèle notre sentier céleste unique, personnel qu’il nous faut emprunter pour atteindre notre but, c’est-à-dire nous réaliser. Webinaire organisé par ISAR en avril 2021.  

(3) En Orient, le nombre 108 est associé à la réalité ultime. Les neuf astres de l’astrologie Indienne (le premier septénaire et les noeuds lunaires) – parcourent les 12 signes :  9 x 12 = 108. Les 27 maisons lunaires sont divisées en 4 « padas »  : 4 x 27 = 108. Sudharsana, le chakra de Vishnou qui symbolise l’écliptique et tranche le serpent des noeuds lunaires possède 108 dents.  




   

vendredi, décembre 19, 2025

Nicolas Sarkozy et la dynamique Jupiter — Saturne

J’ai été frappé — d’un point de vue strictement astrologique — par la saga Nicolas Sarkozy. Comment un ancien président a-t-il pu être condamné et incarcéré alors même que Jupiter transitait à grande proximité de son Jupiter natal, une configuration qui va frontalement à l’encontre des lois astrologiques et de ce que l’expérience nous enseigne?

Nicolas Sarkozy
Né le 28 janvier 1955 à 22h00
Paris, France

La condamnation 

Le premier réflexe est de chercher du côté de Saturne ce qui a pu empêcher Jupiter de remplir son office de protecteur. 

Le 25 septembre 2025, lors de sa condamnation en première instance, Saturne à 28°11R des Poissons était conjoint au Descendant natal à 26°07, soit à 02°04’ d’orbe. Dans ce contexte, le DS représente les associés et les ennemis — et de quoi l’accuse-t-on sinon d’association de malfaiteurs ? 

Neptune quant à lui, l’astre des affaires secrètes, transitait à 00°42’ du Bélier à 02°31’ d’orbe de ce Saturne. C’est cohérent, mais on s’attendrait à plus! 

Ce même 25 septembre, les noeuds lunaires qui transitent l’axe Poissons-Vierge (18°17’) sont au carré de sa Vénus natale à 21°22 du Sagittaire. Le noeud sud — qui incarne ici les conséquences du noeud nord (l’avidité) — est en XII, la maison de l’emprisonnement.  Un certaine cohérence est également présente puisque Vénus maîtrise la maison de l’argent (II) chez Nicolas Sarkozy – et c’est bien l’argent le coeur du problème. Pourtant à nouveau, on s’attendrait à plus.

L’incarcération

Le voilà incarcéré le 21 octobre. Cette fois les transits sont très marqués. 

Maintenant posé sur le Descendant (00°14’ d’orbe) Saturne rétrograde accentue sa pression, soulignant l’épreuve de la solitude (1) — sans compter qu’il transite au carré de sa Vénus (04°59’ d’orbe), évoquant une sorte de « retraite ». A 09°17 de la Balance, celle-ci est au carré de ses noeuds lunaires, alors que ceux-ci transitent toujours au carré de sa position natale. L’épreuve, toute relative qu’elle soit est très affective. Sa (remarquable) capacité à séduire (Vénus) est au plus bas. Rahu (le noeud nord) au carré de Vénus indique une image blessée alors que Ketu (le noeud sud) « vole » le charme vénusien. Qui m’aime se demande-t-il donc et qui ne m’aime pas ?  

Nicolas Sarkozy incarcération
le 21 octobre 2025 à 10h00
Paris, France
Si le coeur n’est pas serein, le corps et l’esprit non plus. Mars, l’astre du désir et de l’action est à 19°55 du Scorpion et Mercure le maître d’Ascendant (le moi) est à 20°32’ du Scorpion : tous les deux sont exactement conjoints à son Saturne natal à 20°20 du Scorpion ! 

C’est la figure classique de l’emprisonnement : le désir (Mars) se heurte à l’obstacle (Saturne) des murs de la cellule. La capacité d’action (Mars) est bloquée. Le temps (Saturne) n’est plus que durée. La frustration (Mars-Saturne) nourrit l’hyper-activité mentale (Mercure), l’humiliation le ronge et le repos n’est pas facile à trouver. 

La problématique Saturne–Mercure, l’un des moteurs de son thème, travaille en force : la pensée est dure, mal orientée, obsessionnelle. Ces jours d’enfermement sont un combat (Mars) contre le temps (Saturne), contre lui-même (Mercure). Pas d’autre solution que de faire face (Mars) à l’épreuve (Saturne) et de préparer sa revanche en écrivant (Mercure). 

Un coup d’oeil du coté de Jupiter, à 01°14 de son Jupiter natal et à 00°43 de son Uranus natal, nous le montre pourtant toujours aussi favorable ! Comment est-ce possible?  Certes le ministre de la justice fait le déplacement, on le traite en VIP mais il vit l’infamie de la prison. Jupiter semble manquer au canevas astrologique en place.

Nicolas Sarkozy libération
Le 10 novembre 2025 à 14H50
Paris, France
La libération

La réponse apparaît dès sa sortie le 10 novembre 2025, saluée par la Lune (27°51 Cancer) et Jupiter (25°09 Cancer) en conjonction précise avec ses Jupiter (23°11R Cancer) et Uranus (25°08R Cancer) de naissance .

Tout va très vite. Nicolas Sarkozy a rédigé un ouvrage en prison. Grâce à ses puissants réseaux (Jupiter exalté au parallèle de Pluton au natal), l’ouvrage imprimé en un temps record bénéficie d’une promotion hors norme. L’ancien « prisonnier » fait la tournée des médias. Des morceaux choisis sont lus et commentés un peu partout. On ne parle que de lui. C'est déjà un best-seller, avant même sa parution. 

Jupiter est enfin là, telle la cavalerie qui balaie tout sur son passage !

Les noeuds lunaires quittent justement le carré à sa Vénus et celle-ci, à 04°33 du Scorpion transite harmonieusement cette fois au trigone  et au sextile de ses noeuds lunaires natals (05°03 Cancer–Capricorne). 

Surfant sur la vague jupitérienne Vénus lance une opération de charme afin de redorer une image ternie. Portée par Jupiter, mais aussi Uranus et Neptune (le potentiel empathique), l’offensive tous azimuts est redoutable. L'ancien président envahit l’espace médiatique. Il tente d’attendrir, se plaint des injustices subies. Il est question de d’inconfort, de souffrance, de vulnérabilité, d’un innocent qui prie à genoux sur le sol de sa cellule. Même Saturne, toujours au carré de sa Vénus passe de son côté : la purification par l'épreuve, la réflexion et la solitude installe une aura de sagesse. 

Nicolas Sarkozy a inconsciemment mis en place une dynamique Saturne–Jupiter exemplaire. Il bénéficie il est vrai d’un trigone natal entre ces deux astres. L’épreuve saturnienne « permet » à Jupiter de se déployer. C'est une réussite.

L'avenir ?

Tout n’est pas terminé loin de là. Jupiter lui offre son heure de gloire, mais Saturne s’apprête dès le printemps prochain à transiter sa conjonction Mars-Lune en VII ce qui n’est pas de très bonne augure ! Les accusations d'associations délictueuses reviendront sur le tapis et il n’est pas certain qu’il échappe à la prison, pour de bon cette fois (cf. note 1). Les dates du procès d’appel — du 16 mars au 3 juin 2026 — voient à la fois un Jupiter très favorable et un Saturne qui ne fait pas de cadeaux.

Il est difficile de savoir qui l’emportera. Saturne qui s'attaque à la Lune natale pourrait prévaloir mais être contrecarré par une possible grâce présidentielle, qui est de prérogative jupitérienne. Emmanuel Macron pourrait la lui offrir. S’il ne le fait pas, tout dépendra des élections de 2027. Peu de chances qu’il obtienne cette grâce avec la gauche au pouvoir. Une droite victorieuse, quelles soient ses alliances pour y parvenir lui serait nettement plus favorable. Peut-être est-ce une des clefs de son rapprochement avec Marine Le Pen. Jupiter sera alors en Lion et au carré de son Saturne et Saturne au carré de son Jupiter ! Nicolas Sarkozy n’en a pas fini avec ces deux astres ! 


(1) « Les longs séjours en prison sont parfois lisibles de la maison VII. La maison XII représente l’emprisonnement intérieur et parfois volontaire comme dans le cas de voeux monastiques. Affligée la maison VII force à vivre des associations et des partenariats indésirables. Attention à Mars, Saturne ou Neptune proche du descendant et en affliction ». Bernard Duchatelle — Centiloque (n°94). Si le séjour fut court, la conjonction Lune–Mars en VII fait planer une menace d'incarcération plus longue. 

mardi, décembre 16, 2025

Congrès de l'Association Source, Paris mars 2026

Le congrès de l'Association Source — Centre d'études et de recherches en astrologie

aura lieu le samedi 7 mars à Paris au forum 104. 

Vous aurez la possibilité d'y assister en distanciel si vous le désirez.

Avec Catherine Gestas, Martine Barbault, Marie-Noëlle Baudron, Lynn Bell, Luc Bigé, Claire Decroix, Samuel Djian Gutenberg, Maurice Fernandez, Elisabeth Frésard, Yves Lenoble, Fabrice Pascaud et Bernard Duchatelle

Dans ce monde où tout bascule, les astrologues sont-ils comme les philosophes ou les poètes les gardiens des fils ténus du futur ? 

Nous traversons une période de profonde mutation. Face à l’incertitude l’astrologie propose un langage du sens qui associe l’humain au cosmos. Lors de ce congrès nous explorerons la façon dont l’astrologie  nourrit la conscience et tente d'éclairer notre avenir. Nous nous réunirons pour questionner la pertinence du sentier astrologique face aux bouleversements du XXIe siècle. 

Télécharger ICI le programme du congrés. 

Inscriptions sur le site de l'Association Source

vendredi, novembre 07, 2025

Webinaire : Synastries, synchronicités et trame des destinée

Je vous donne rendez-vous ce Jeudi 13 novembre 2025 à 20h00 pour une visioconférence 

organisée par la FDAF — La Fédération Française des Astrologues Francophones. 

J'y parlerai de la Trame des destinées, de ses évidences astrologiques 

et de ses conséquences philosophiques et spirituelles. Cliquez ICI pour vous inscrire



















mercredi, octobre 08, 2025

Journée Source du 18 octobre 2025 – Les astrologues face à l’actualité

Rejoignez-nous pour un colloque d'astrologie en distanciel

Le samedi 18 octobre 2025 de 09h00 à 18h00 

LES ASTROLOGUES FACE à L'ACTUALITE 

LE MONDE EN EQUILIBRE

Animée par Catherine GESTAS, cette journée organisée par l'Association Source sera l’occasion d’échanger et analyser les croisements des interprétations singulières de nos intervenants :


MATINEE : Une civilisation transhumaniste ?

Nathalie Izzedine : Le voyage d’Uranus en Gémeaux au fil de l’histoire. Prélude aux bouleversements planétaires.

Claire Decroix : L’IA à l’ère du Verseau, les deux facettes du complexe prométhéen

Élisabeth Galton : Avec l’entrée d’Uranus en Gémeaux, l’IA sera-t-elle notre meilleur ami ?

Martine Barbault : Post-vérité, fake news, bullshit… Réflexion et questionnement sur l’idiocratie ambiante

APRES-MIDI : Quel équilibre pour le monde ?

Sarah Chouraqui : Jupiter en Cancer et les évolutions de la parentalité

Luc Bigé : Astrologie mondiale : nature, rôle et résultats

Bernard Duchatelle : Ce que les thèmes des dirigeants disent de nous et de l’avenir du monde

Lynn Bell : La puissance incontrôlée des planètes transpersonnelles, salvatrices ou destructrices


CLIQUEZ ICI POUR VOUS INSCRIRE 

dimanche, août 31, 2025

Mort d’un streamer, programmation et déclenchement

Après 300 heures – environ 12 jours, d’humiliations, de coups et d’insultes infligés par deux complices, Jean Pormanove, né Raphaël Graven est mort en direct sur une plateforme de streaming. Des millions de gens ont commenté ce drame, l’une des questions récurrentes étant jusqu’à quel point était-il réellement volontaire ? L’effroyable engrenage duquel il n’a pu s’extraire qu’en y laissant la vie, met en exergue de nombreux points cruciaux, tant personnels que collectifs : le libre arbitre et ses limites, le sadisme et le voyeurisme assumés, la bassesse morale et l’indifférence cruelle de notre société. 

Comment se demande-t-on, avons-nous pu en arriver là ? A moins que nous ayons toujours été ainsi ? Comme souvent, l’astrologie s’avère une aide précise au décryptage de nos comportements. 


LE THEME (1) : la programmation


Raphaël Graven (Jean Pormanove) 
Le 26 janvier 1979 à 05H35 AM (HL)
Woippy (57) France
Source heure : Didier Geslain
L’ascendant

Examinons directement le centre du thème (1), qui s’avère ici être l’ascendant, lequel représente le moi, ainsi que le comportement. Si le Sagittaire révèle un désir de justice et de droiture, ou encore d’expansion philosophique, il implique également une double nature. Souvent celle-ci se combat intérieurement : le moi tend à se juger lui-même en rapport à ses désirs ou à ses pulsions qu’il peine à accepter, s’ils vont à l’encontre de ses conditionnements.  

Nocive parce qu’au carré de Saturne et des noeuds lunaires, la conjonction Vénus-Neptune au lever livre clairement les motivations psychoaffectives : 

- Puissante association de l’amour (Vénus) à la souffrance (Neptune). 

- Le désir tout aussi puissant d’être aimé (Vénus) et la crainte de ne pas l’être se traduisent en culpabilité et en sacrifice (Neptune). 

- Très vulnérable affectivement, le moi est prêt à tout pour appartenir à un groupe, une famille, une communauté.

- La porosité psychique (Neptune), qui définit mal les limites de la personnalité, le rend très influençable à l’air du temps (Neptune), générant une grande facilité à être manipulé par ses émotions (Vénus)

- La tendance à s’illusionner (Neptune) sur ses propres motivations est soulignée : il est facile de se mentir à soi-même, de se convaincre que l’on choisit de vivre ce que l’on vit. 

- Les souffrances cachées et les trahisons renforcent la négativité du comportement. 

- Plaisir équivoque provoqué par l’apitoiement sur soi, les larmes et la tristesse. 

« Si Mars ou Pluton s’en mêlent (ce qui est le cas), de possibles brutalités ou violences domestiques, parfois tues ou encore justifiées sont subies. Lié à l’empathie et à la contagion émotionnelle, le syndrome de Stockholm appartient à cette affliction » (2) : ici les violences domestiques (il est dans une chambre, couché sur un lit) sont filmées et diffusées sur les réseaux sociaux (Neptune) et la victime appelle ses tourmenteurs petits frères


Jupiter et Saturne

Saturne en carré à Vénus et Neptune, est un fait aggravant, empêchant les côtés positifs de la conjonction (amour sincère, créativité artistique, capacité au bien, gentillesse innée) de se déployer.

Le désir absolu d’être aimé (Vénus au lever) se heurte à des absences,  des déceptions sentimentales avec en toile de fond la sensation douloureuse de se sentir séparé. Saturne (la séparation) interdit la communion (Neptune). Sa maîtrise sur une Lune difficile en Capricorne, en ce qu’elle peine à exprimer l’affectivité, intériorise les élans qui sont comme fauchés en pleine croissance. Le carré de Saturne à l'Ascendant est la marque de craintes et d'angoisses qui ne l'ont jamais quitté. 

Le parallèle exact (0°01’ d’orbe !) de Saturne à Pluton au Milieu du Ciel met en scène un combat entre les interdits (Saturne) et les transgressions (Pluton), sur fond de voyeurisme pervers dans le cadre des réseaux sociaux (Neptune). 

Au parallèle et au sesquicarré (135°) de Vénus (0°07’ d’orbe) et au sesquicarré de Neptune (0°49’ d’orbe), Jupiter en tant que maître de l’ascendant (le comportement) amplifie toutes les problématiques de la conjonction. La sentimentalité est à son comble et l'on fait confiance à n'importe qui pourvu que l'on soit caressé dans le sens du poil. 

L'opposition de Jupiter à Mars et au Soleil indique la colère et l’agressivité dirigées contre lui-même (l’ascendant), ce qui explique en partie ce volontariat masochiste. 

Mars et Pluton

Mars, on vient de le voir, symbolise dans son opposition à Jupiter une puissante colère. La conjonction de Mars au Soleil en trace l’origine au père (3) et met en question sa virilité, ce qui explique le masculisme ambiant sous-jacent au spectacle : la témérité remplace le vrai courage puisqu'il faut se prouver que l'on n'a pas peur en jouant les dur-à-cuire. Mars renvoie également à sa période militaire, où même dans ce contexte il était considéré comme excessivement gentil. 

Également au parallèle et au demi-carré de Vénus, Mars indique un caractère qui n’est pas dénué de passion ni de sensualité, mais lourdement empêché par Saturne dans ses expressions. 

Pluton est non seulement très lié à Saturne, mais il trône au Milieu du Ciel, ce lieu qui indique la fonction sociale : ici, il s’agissait depuis 6 ans d’incarner la victime (Neptune) d’un jeu pervers (Pluton). Ca n’était évidemment pas dépourvu de calculs, à preuve le carré de Pluton à Mercure en maison II, celle de l’argent, indiquant une certaine part de cynisme, de ruse de l’intelligence au service de l’intérêt personnel. 

Les nœuds lunaires

Comme souvent, les nœuds lunaires jouent un rôle majeur dans ce type d’évènement public rassemblant de très nombreux témoins. 

Le nœud nord (Rahu) est conjoint à Saturne, en carré exact (0°41’ d’orbe) à Vénus et à Neptune (01°23 d'orbe) : l’avidité et l’attachement (Rahu) au succès et à l’argent, sont extrêmement marqués. La vie est orientée vers ce besoin absolu d’appartenir (Neptune), quitte à souffrir et à se sacrifier publiquement. La fondation de cette orientation reste l’insatisfaction (Rahu) chronique qu’il cherche absolument à combler. 

La voie de sortie manquée

Tout ce qui précède n’était pas inéluctable : présentes dans le thème, d'excellentes voies de sortie auraient pu lui apporter une existence très différente. 

- Uranus en XII au sextile de Rahu (le noeud nord, les expériences) et au trigone de Ketu (le nœud sud, la quête du sens), marque la possibilité d’investigations intérieures riches de sens, voire de transmutation, puisque nous sommes dans le signe alchimique du Scorpion. 

- Le parallèle Uranus-Lune va en ce sens, montrant une façon de penser originale et indépendante, qui aurait pu prévaloir sur les tendances neptuniennes négatives. 

- Mercure au sextile d’Uranus confirme ces possibilités, l’intelligence étant loin d’être absente.

Il fallait ainsi appliquer l'intelligence uranienne à la conjonction Vénus-Neptune : « La souffrance n’est jamais causée par l’amour, mais par l’insécurité, l’anxiété, la jalousie, l’attachement et ainsi de suite, c’est-à-dire par des expressions de la sentimentalité (...). Afin d’opérer une vraie transformation, cette compréhension doit illuminer les profondeurs de l’esprit car la pensée se heurte à des millénaires de conditionnements littéraires, mythologiques et religieux. Le Christ (neptunien archétypal) souffre par amour (...). La prise de conscience ne libère pas toujours, mais l’on sait au moins d’où vient le mal et l’on n’accuse plus les autres, ni l’amour (...) ».

Seulement voilà, Mercure est affaibli par un sesquicarré à Saturne (propension aux mauvais choix), ceux-ci étant évidemment dominés par les émotions (Mercure parallèle à Neptune) dans un contexte Neptune-Vénus au lever. Raphaël Graven n’était pas condamné, mais il n’a pas su emprunter le bon sentier. 

THEME (2) : le déclenchement  

Décès de Raphaël Graven dans la nuit 
du 17 au 18 août 2025 à Contes (06) France
calculé pour 01H10 AM (voir note 5)
La mort en direct 

Les transits du moment du décès confirment la fatalité : opposée à la conjonction Vénus-Neptune et au carré des nœuds lunaires de naissance la Lune en Gémeaux (5) joue le rôle de déclencheur.

Les nœuds lunaires sont alors en inversion exacte (0°16’ d’orbe !). Ils renvoient à un témoignage public puissant, ce qui est l’une de leurs particularités comme on le voit par le biais des attentats où ils sont impliqués par exemple. Sa mort est ainsi vue en direct puis commentée dans le monde entier. Nous avons de nouveau la démonstration de liens mesurables des nœuds lunaires avec les évènements concrets. 

La mécanique tragique liée à la conjonction Soleil-Mars opposée à Jupiter est activée par Mars à 06°54 de la Balance qui transite sur le lieu de son éclipse solaire prénatale (08°36’ de la Balance), ce qui nous renvoie aux nœuds lunaires, lesquels sont inséparables des éclipses. 

Saturne et Neptune sont au carré de la Lune natale en capricorne, expliquant d’une part la défaite de l’organisme et marquant surtout la solitude émotionnelle et la détresse psychologique vécue ces derniers mois. La Lune progressée quant à elle est à 21°05 de la Vierge, soit sur le Rahu natal à 18°16R de ce signe et au carré de la triple conjonction Vénus-Neptune-ASC, ce qui sied à une mort vécue devant un public (la Lune).

L'autodestruction

Pluton transite sur le Mars natal, soulignant puissamment la tendance autodestructrice causée par la haine de soi et la tentative désespérée de vaincre la peur. L'esprit et le corps sont transformés en champ de bataille. Le Soleil (l'idéal) également transité par Pluton apparaît corrompu, sa lumière assombrie : le danger encouru par le souffle de vie (le Soleil) est alors bien réel. Pluton enfin transite en opposition à Jupiter, le maître de l'ASC (le corps), transformant ce danger en réalité. 

On note que les trois principes vitaux du thème, les deux luminaires et l'ascendant sont sévèrement affligés par ces transits : la Lune par Saturne et Neptune, le Soleil et Jupiter (maître de l'ASC) par Pluton. 

D’autres éléments allant en ce sens – menaçant l'intégrité du corps et de l'esprit, sont à noter : Mars progressé opposé au Saturne natal; le Soleil progressé sur Ketu – le noeud sud, surnommé celui qui ôte; Mercure progressé à 08°24 du Bélier en opposition exacte à l’éclipse solaire prénatale (déjà transitée par Mars) et au carré de la Lune natale (désordre de la pensée, choix fatal) ;  Jupiter et Vénus en Cancer en maison VIII (maisons égales) transitant au carré de Pluton culminant au natal : mort pendant une émission de « divertissement » (Jupiter-Vénus), face à un public sadique (Pluton). 

LE SENS

Raphaël Graven apparaît comme une victime sacrificielle : Neptune, symbole du sacrifice, marque puissamment le thème. Sa quête d’amour inconditionnel (Vénus-Neptune au lever) s’est muée en une toxicité extrême, nourrie par des traumatismes anciens et des violences subies au passé et au présent. 

Mus par l’avidité matérielle et un goût certain de la perversion,  ses tourmenteurs, jouent un rôle criminel, même si l’on ne peut nier qu’il est lui-même candidat au suicide. Toute la société est cependant mise ici sur le banc des accusés, même si la majorité d’entre nous – fort heureusement – n’a pas participé à ce spectacle dégradant, ignorant même qu’il existait. Cela reste notre société, notre civilisation. Cela reste l’humanité dont nous faisons – parfois l’on se dit malheureusement – partie. 

Un miroir nous est tendu : il y a peu les bûchers et les pendaisons étaient des spectacles prisés. L’on s’en étonne parfois, mais vu cette histoire l’on se dit que si cela recommençait les lieux d’exécutions seraient noirs de monde. Aujourd’hui l’on consomme humiliations et cruautés sur des plateformes de streaming ou des émissions télévisées. Avons-nous vraiment évolué ? Une société qui détruit sa planète, massacre les animaux par milliards, assiste passivement à des guerres où des civils, femmes et enfants compris sont bombardés sans relâche est-elle réellement civilisée ? 

A moins que nous ne soyons, comme Raphaël Graven : en colère contre nous-mêmes, assoiffés d’amour et désespéré de ne pas l’être, pétris de mensonges et d’illusions, cyniques et calculateurs, à la fois victimes et bourreaux ? 

Pourquoi, comme lui, ne choisissons-nous pas les chemins de transformation, de la révolution intérieure qui sont toujours possibles ? Pourquoi, ce suicide collectif ? regardons-nous en face, observons-nous, sans jugement, sans condamnation mais dans la liberté de l’intelligence. Peut-être n’est-il pas encore trop tard pour réagir et nous sortir de cette société toxique que nous avons créée.


(1) L’astrologie et la mécanique de la penséeInterpréter à partir du centre

(2) Ibid. : Vénus-Neptune en aspect dissonant

(3) Je n'ai pas trouvé d'informations sur le père

(4) L’astrologie et la mécanique de la penséeNeptune en aspect dissonant

(5) L’heure exacte du décès n'est pas connue. Sachant qu’il a eu lieu dans la nuit du 17 au 18 août, j’ai choisi arbitrairement le moment où la Lune est au lever, en opposition à la conjonction natale Vénus-Neptune et au carré exact des nœuds lunaires de naissance. Ces aspects sont justes même si le moment exact diffère sans doute un peu. 

Photo Raphaël Graven : Nasdas Live, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=173234489

CENTILOQUE

CLIQUEZ SUR LE LIEN pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage publié en 1993 aux Editions Dervy


Extrait :


1- N°5 : caractère et destinée.


« L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère ».


Le mot caractère nous vient du grec « kharaktêr », qui signifie un signe gravé. Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.


Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.


Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, l'espritla sagesse, le pouvoir et l’amour.


Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.


Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.