samedi, février 17, 2018

L’âge axial et la conjonction Uranus, Neptune et Pluton


L’histoire nous enseigne qu’étrangement et quoique géographiquement fort éloignés les uns des autres, certains des plus grand « sages » que l’humanité ait connu, tels que Pythagore, Gautama le Bouddha ou Lao Tseu, dont les perspectives philosophiques révolutionnèrent les fondations même de la pensée, vécurent à la même époque, c’est-à-dire dans la première partie du VIe siècle avant JC (1). 

Dans « L’origine et le sens de l’histoire », Le philosophe allemand Karl Jaspers, situe cette expansion  particulière de la conscience vers le milieu de ce qu’il nomme Période ou ère axiale, Axial Age » en anglais. Selon lui, on assiste, entre 800 et 200 ans avant JC, à la véritable naissance de la philosophie et à la mise en place des fondations spirituelles qui nous influencent encore.  

Juin -575, au coeur de la conjonction Uranus-Neptune-Pluton en Taureau.

Le point de vue astrologique devient alors particulièrement intéressant, car il permet non seulement de réduire considérablement la durée de la période envisagée tout en datant précisément son épicentre, lequel correspond très exactement à la conjonction des trois trans-saturniennes (Uranus, Neptune et Pluton) qui eût lieu de -579 à -573 environ dans le signe du Taureau. Cet évènement cosmique d’importance ne se produit qu’une fois tous les 3950 ans environ, le prochain étant prévu autour de l’année 3370 ! (2) 

Considérant les immenses significations psychologiques, intellectuelles, politiques, idéologiques et matérielles d’une telle configuration, on peut conjecturer que Lao Tseu, le Bouddha, Pythagore ou encore Mahâvîra, l’ait eu en bonne place dans leur thème de naissance, à moins qu’elle n’ait transité un peu plus tard sur un lieu majeur les concernant, affectant profondément leurs caractères et leurs destinées. La première hypothèse, me semble cependant la plus satisfaisante. 

Considérant que les configurations astrales concernent avant tout le psychisme dans son ensemble, avant de se matérialiser par ce biais (3), il nous est difficile de percevoir clairement les sensations, les forces, le tumulte et la puissance des idées et des concepts qui imprégnèrent et fécondèrent la conscience collective lors de ces quelques années extraordinaires de notre histoire. L’on réalise bien entendu que les célébrités dont il est question ne représentent jamais que la crête de la vague d’intelligence qui balaie l’humanité à ce moment, même s’ils nous renvoient, pourquoi pas, à la notion hindou d’avatar, c’est-à-dire de la « divinité » s’incarnant dans la matière, afin d’éclairer l’humanité sur sa propre finalité. Après tout, pour que l’avatar « descende », il faut que les portes du ciel s’ouvrent et celles-ci sont tributaires de la géométrie céleste.  

Ainsi, pour qu’ils émergent de cette façon, définissant une quête spirituelle bien éloignée des conceptions de leur époque, prêchant l’humanisme, la connaissance de soi, le végétarisme, la compassion et la non-violence, dans un monde où l’esclavage et les massacres de masse étaient monnaie courante, il a fallu un terreau psychique incroyablement riche et fécond qui correspond en tout points à cette grande conjonction. On imagine que partout dans le monde, des nations américaines aux Aborigènes australiens, des peuples africains aux nomades des steppes asiatiques, des hommes et des femmes de grandes valeurs, inspirés et portés par l’alignement trans-saturnien, vécurent des existences sublimes d’intuitions, de quêtes intérieures et de vérité, sans que l’histoire n’en ait gardé la trace. Qu’importe d’ailleurs, l’essentiel est l’enrichissement qu’ils apportèrent à la conscience collective. 

Si les notions subtiles du Tao ou du Brahman, étonnamment en concordance avec les théories modernes les plus avancées (4), sont déjà anciennes à cette époque, elles y trouvent leur plein essor, ce que l’on remarque à la lecture du Tao-te-King ou de certains Upanishads majeurs,  qui voient le jour à cette même époque. Les esprits les plus éveillés se mettent en quête des vérités essentielles, creusant les couches profondes de la conscience, en s’éloignant des déités personnelles et anthropomorphes, développant ainsi pleinement le concept de l’être humain portant tous les mondes en lui, capable de s’y fondre, d’y trouver sa vraie nature et sa finalité, cessant d’être une créature insignifiante soumise aux caprices des dieux, mais bien une entité responsable de sa destinée, tentant de conquérir son libre-arbitre et son droit à l’immortalité.

Pourquoi, se demande-t-on alors, les croyances sectaires, étroites, intolérantes et violentes, fondées sur la peur et la superstition s’imposèrent-elles malgré tout? Est-ce parce que quand ces semences d’intelligence pure furent semées l’humanité n’était pas prête, malgré les belles tentatives qui fleurirent un peu partout au cours des siècles? Et dans ce cas, quand le sera-t-elle? 


Du sens des grandes conjonctions

Lorsque l’on voit comment la dernière rencontre de Pluton et de Neptune a « influencé » notre monde à la fin du XIXe siècle (5), qu’en fut-il si l’on y ajoute Uranus, l’éveilleur des consciences, apte à détruire les anciennes croyances et à propulser la pensée sur de nouvelles rampes de lancement? 

Une conjonction s’interprète en fonction des astres concernés et des aspects qu’elle reçoit. « Une conjonction harmonique unit et renforce les significations positives. C’est l’aspect harmonique le plus puissant. Une conjonction dissonante renforce et combine les significations négatives. Elle affecte le mental à la façon d’un noyau dur, tenace, pénible à intégrer ». (6)

On ne tentera pas ici d’analyser cette ancienne configuration, le sujet mériterait un livre entier, tant elle est riche et essentielle, marquant non seulement l’émergence d’esprits visionnaires, mais également des transformations majeures de l’histoire de l’humanité. Ses répercussions touchent à tous les domaines de nos vies, de la fabrique du psychisme et des émotions en passant par ce qu’il y a de plus important, notre relationnel envers le monde, envers nous-mêmes et envers les autres. Attention, si elle est porteuse de grands espoirs, on n’oublie pas que tous les astres ont un double visage. Uranus éveille l’intelligence mais se prend au piège de l’autoritarisme et du fanatisme. Neptune communie et partage, mais ment, détourne et illusionne. Pluton régénère et libère mais détruit et manipule avec autant d’habileté. Cela n’empêche, l’histoire des idées, de la philosophie et de la science, souligne combien ce fut une période de mutations majeures, d’explorations et de découvertes. Pluton (l’énergie inhérente à la matière, les puissances financières, le pouvoir …), joue il est vrai un rôle non négligeable : nous assistons lors de ces décennies cruciales, à la naissance du prodigieux empire Perse sous la férule de Cyrus le Grand (approximativement -600 à -530), qui s’étend des rives méditerranéennes à celles de l’Indus. Simultanément la généralisation de l’usage de la monnaie permet des échanges commerciaux qui affectent toute l’Eurasie et favorisent les échanges culturels. La barbarie semble reculer, sans être un humaniste, Cyrus respecte les moeurs et les religions des peuples conquis et laisse la vie sauve à ses rivaux, leur offrant même un train de vie somptueux après leur défaite.

Comme le veut sa nature, Uranus génère de nouveaux concepts philosophiques et spirituels associés à un éveil des consciences qui concerne toute la population humaine. L’être humain semble chercher et trouver sa vraie place. La relation aux émotions, à l’empathie, au mysticisme, c’est-à-dire à tout ce qui est gouverné par Neptune est révolutionné, alors que s’imposent les  notions de charité et de délivrance. La science s’élabore sérieusement, proposant des alternatives aux explications mythologiques pour ce qui concerne les phénomènes naturels. Certes tout n’est pas rose, l’éternelle quête du pouvoir, de la richesse et de l’intensité des sensations qui constituent les fondations plutoniennes, sont contradictoires avec les principes même du Tao ou du Bouddhisme qui stressent l’humilité, la simplicité et le détachement. Mais l’alchimie n’en fut pas moins incroyablement puissante et surfant cette vague psychique, nombre d’individus surent sans doute approcher la vérité, vivre l’amour et conquérir la véritable liberté.  

Pourtant, à la lumière de notre XXIe siècle, sophistiqué, informatisé, pollué, matérialiste, grouillant de milliards d’individus partagés entre l’athéisme et les croyances familiales, l’on est en droit de se demander si nous avons su profiter pleinement de ces avancées ? Car la question d’un possible fourvoiement de l’humanité dans de sombres et brutales obscurités, qui connurent leur apothéose lors des guerres mondiales et se perpétuent actuellement dans le pillage et la destruction massive de notre environnement, est bien posée.
   
Quelles leçons en tirer aujourd’hui ?

D’abord une mise en lumière de certains principes astrologiques fondamentaux, qui explicitent les liens existants entre le psychisme et les configurations planétaires : « L’astrologie participe pleinement à une conception philosophique et spirituelle des énigmes de l’existence. Loin d’être absurdes ou accidentelles, la vie et la destinée s’imbriquent dans la trame d’un univers où la présence et la géométrie mouvante des astres se révèlent aussi essentielles au psychisme que la matière de nos cellules ou que l’air que nous respirons. Nous savons que la Lune, de par son rôle avéré concernant la stabilité, le climat et la biologie terrestre s’est montrée essentielle à l’apparition de formes de vie complexes. Est-ce aller trop loin que de se demander si, de la même façon, le psychisme tel que nous le connaissons, serait apparu en l’absence de l’architecture astrale du système solaire ? » (7) et (8). 

Si  Karl Jaspers offre à l’âge axial une durée de plusieurs siècles, y constatant l’émergence de nouvelles pensées, y voyant même la naissance de la philosophie quelle que nous la connaissons, la grande conjonction des trans-saturniennes, bien plus ramassée dans le temps, offre une explication à son apparition. Elle se situe à l’origine d’innovations mentales, de changements émotionnels et d’évolutions psychiques semblables à des vagues qui ne cessent de déferler bien après son occurrence et dont les significations correspondent parfaitement aux principes astrologiques. 

Soulignons la notion de convergence. A un moment précis de l’histoire, dans un contexte social dominé par les nobles et les guerriers, l’existence humaine étant fragile et menacée par d’innombrables dangers, Pluton (le pouvoir, la régénération, la matière), Neptune (le mysticisme, l’empathie, la notion d’humanité en tant qu’organisme, le coeur) et Uranus (l’éveilleur de l’intelligence, la révolution et la création des concepts, l’esprit), voguent quelques années ensemble et transforment durablement la conscience collective. Les astres et la conscience sont intrinsèquement associés (cf. note 3, 7 et 8) et l’on se demande si, de même que pour les individus changés par les transits affectant leurs thèmes, l’évolution de l’humanité toute entière n’est pas liée à ces configurations spéciales, inimaginablement puissantes. Seules des recherches approfondies permettraient de répondre à cette interrogation. Qu’en fut-il d’ailleurs de la conjonction précédente (vers -4530), alors que le néolithique s’installait et que de grandes civilisations, comme celle de l’Indus par exemple, prospéraient sans doute déjà? 

Scénario pessimiste

Malgré le génie, l’amour et la compassion de certains de nos ancêtres, nous restons prisonniers de nos ignorances. Quoique par moment éclairée par d’incroyables lumières liées à ce type d’évènement cosmique, la conscience collective peine à se libérer des craintes qui la hantent depuis la nuit des temps, responsables des violences, de la domination, de la compétition et de la destruction de notre magnifique planète. L’avidité et l’intérêt personnel triomphent. Indiscuté, le règne du moi reste le mouvement le plus puissant qui soit et alors, toute cette intelligence, n’aura peut-être servie à rien. 

Scénario optimiste 

Pour être compris, intégré, ce cycle planétaire, le plus long que nous connaissons, nécessite peut-être encore un peu plus de mille ans pour arriver à complétion, c’est-à-dire lors de la prochaine conjonction. Est-ce si étonnant? Voyons combien la conscience collective traîne toujours loin derrière les avancées de la science. Vieilles de plus d’un siècle, la théorie de la relativité et la physique quantique qui ont bouleversé les concepts bien établis d’espace, de temps, de matière et même de causalité, n’ont atteint qu’une partie mineure de la population mondiale, toujours captive de l’univers horloger, quand ça n’est pas de croyances naïves en un démiurge barbu et jaloux. Le créationnisme est loin d’être moribond et le mouvement de la Terre plate est en pleine progression!  Ainsi, une pensée spirituelle subtile, intelligente, débarrassée de l’anthropomorphisme, des tribalismes et des superstitions, des croyances et des traditions, axée sur la connaissance de soi, le silence de la pensée, l’équilibre intérieur et la méditation, a sans doute besoin de plus de trois mille ans pour porter ses fruits, car la rapidité à changer n’est pas notre qualité première. Indispensable à la transformation de nos consciences, cette pensée holistique, non-violente, illuminatrice de la finalité de nos existences, est notre plus bel espoir.

En septembre 2015, des chercheurs du LIGO ont détecté des ondes gravitationnelles, produites il y a 1,3 milliard d’années par la coalescence de deux trous noirs. Pourquoi ne pas penser que les vibrations d’intelligence pure qui virent le jour lors de cette conjonction d’il y a 2500 ans continuent à pénétrer nos consciences ? Qu’il est possible d’en entendre les échos et de les recueillir? Elles sont pourraient-on dire, inscrites dans notre ADN astrologique, indissociables de notre psychisme et communes à toute l’humanité qui en est totalement imprégnée. De par leurs mouvements et transits incessants, les astres présents dans nos cieux et dans nos thèmes nous gardent en contact avec les profondeurs abyssales de ce passé, bien plus important que les superficialités des traditions aussi anciennes soient-elles. Nous n’avons pas le choix, vu l’état catastrophique de nos terres, de nos forêts et de nos océans, vu l’ignorance crasse dans laquelle nous vivons en ce qui concerne nos vraies natures, vu la toute puissance de la peur, de l’avidité et de la compétition. Il est essentiel que chacun d’entre nous tente de percevoir les échos de cette conjonction qui continue à se répercuter dans les fondations mêmes de notre psychisme. Car si nous sommes, de part nos violences intérieures (9), responsables des brutalités du monde, nous sommes aussi les héritiers de ces immenses penseurs qui ont insufflé intelligence et lumière à la conscience collective, ouvrant des portes qui donnent accès aux strates les plus riches et les plus mystérieuses de nos esprits. 


(1) Leurs dates de naissance ne sont pas connues avec exactitude et elles sont même discutées voire controversées, mais il y a de fortes probabilités pour qu’ils soient nés, où étaient vivants, de -600 à -550 av. JC. Mahâvîra fondateur du Jaïnisme, qu’on pense avoir été contemporain du Bouddha, serait né en -599 et l’on s’accorde sur une naissance vers -580 pour Pythagore (à qui les astrologues doivent beaucoup) Confucius, daté à -551 aurait été contemporain de Lao Tseu, fondateur du taoïsme, celui-ci possiblement de 20 ou 30 ans son aîné. Thalès, premier philosophe de la nature, sage, scientifique et mathématicien vécut à cette même époque. 

(2) Pour une analyse fouillée des cycles historiques voir l’article de Pad Jenkins History and the cycles of Uranus, Neptune and Pluto disponible sur le site du C.U.R.A  

(3) Hypothèse développée dans L’astrologie et la mécanique de la pensée

(4) Cf. la théorie de « L’ordre implicite » ou « replié », selon les travaux du physicien David Bohm, ami et interlocuteur privilégié de Krishnamurti.  « Dans ce modèle, l'esprit et la matière sont perçus comme des projections dans notre ordre explicite de la réalité sous-jacente, l'ordre implicite » (Wikipédia).

(5) « Elle se produit environ tous les 5 siècles. Jiddu Krishnamurti, Martin Heidegger, Dane Rudhyar, Edwin Hubble, Erwin Schrödinger, Charlie Chaplin, Marcel Duchamp, H.P. Lovecraft, Mao Tsé-Toung, Joseph Goebbels, Adolf Hitler entre autres personnages qui marquèrent leur temps pour le meilleur ou pour le pire naquirent sous la dernière en date (1885 à 1899). Des dizaines de millions de personnes nées sous cette configuration vécurent les deux guerres mondiales et les plus grandes transformations sociales et technologiques que l’humanité ait jamais connues. Plus d’un siècle plus tard, les soubresauts sont toujours ressentis. Lors de son occurrence la conscience collective, qui est le fond commun et la somme des consciences personnelles, est agitée de remous idéologiques puissants qui se matérialisent par des bouleversements de l’environnement, des révolutions, des guerres et des mutations spirituelles. Les destinées individuelles sont ballottées et bien souvent emportées. L’astrologie et la mécanique de la pensée  (Neptune conjoint à Pluton)

(6) Ibid. (Ce qu’il faut savoir sur les aspects)

(7) Ibid. (prologue) 

(8) « Les phénomènes astrologiques ne seraient pas le fruit d’une éventuelle relation causale indéterminée, mais manifesteraient une programmation en amont étroitement liée à la nature cosmique de l’être humain, finalement constitué de « poussières d’étoiles ». En nous serait gravé une sorte de code complexe, associant la substance, les orbites et les interactions des astres à nos consciences. A travers lui s’exprimerait le thème natal, en tant qu’empreinte cosmique individuelle, ainsi que tout ce qui s’y rapporte (incidences des thèmes dérivés et des transits). Ce code enfin participerait au socle commun à la matière et au psychisme envisagé par Wolfgang Pauli dans le cadre d’une explication de la synchronicité dont il est question au chapitre 1 (Les astres et la pensée) ». L’astrologie et la mécanique de la pensée (prologue)


vendredi, février 02, 2018

Charleroi, psychanalyse urbaine et astrologie


J’ai récemment collaboré avec Laurent petit, créateur de l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine (ANPU), dans le cadre d’un spectacle « para-scientifique » concernant la cité de Charleroi en Belgique. La conférence a eu lieu le vendredi 26 janvier à l’Eden de Charleroi. Il est possible de la visionner sur Facebook avec le mot-clé Charleroi HD (1). « La psychanalyse urbaine consiste à coucher les villes sur le divan, détecter les névroses urbaines et proposer des solutions thérapeutiques adéquates », lit-on sur le site de l’ANPU. Le travail se construit à partir d’une analyse approfondie des faits historiques. L’ensemble fait partie d’un vaste projet de psychanalyse du monde. 

Cet article s’intéresse à l’apport astrologique dans le cadre de cette étude, d’autant que le jour de naissance de Charleroi est connu, un fait assez rare pour être mentionné (2). Pour compléter le travail de recherche et l’approche psychanalytique de l’ANPU, j’ai cherché à comprendre la dynamique interne de la ville, son psychisme collectif, son histoire et sa destinée, par le biais de son thème natal, calculé sans Ascendant malheureusement, en l’absence d’une heure de naissance. 

Il s’agissait bien entendu d’aller au-delà d’une simple description des caractéristiques propre à cette cité et de rechercher, toujours par le biais astrologique, des pistes permettant, provoquant peut-être même la possibilité d’un mieux-être et d’un mieux-vivre : allégement de l’atmosphère générale, réconciliation avec les obscurités enfouies, vie artistique et créativité magnifiée, convivialité accrue, estime de soi reconquise, rayonnement culturel et ainsi de suite.



Charleroi « née » le 3 septembre 1666 

Si dans un premier temps le thème de la ville fait apparaître nombre de singularités analogiques à l’histoire de la cité, ce sont les synastries (les comparaisons de thèmes), de certains évènements et surtout de personnages ayant fortement marqué Charleroi, qui déclenchent le plus de coïncidences, étonnamment signifiantes : en retour, certaines  de ces « synchronicités astrales » sont si précises, qu’elles offrent au thème natal de la ville une véritable « légitimité». 

Le point focal 

Un point focal particulier, redondant dans la majorité des thèmes étudiés (3), souligne très précisément les 11° et 14° du Scorpion respectivement la Lune et le Mars de Charleroi), démontrant avec certitude que les lieux et les êtres humains sont associés, de façon mystérieuse il est vrai, par la géométrie céleste. Ces synchronicités astrales font sens, car elles éclairent des mécanismes psychologiques à l’oeuvre, ceux-ci agissant en retour sur la destinée collective (lieu et population confondus).

Cette position lunaire à 11° Scorpion est calculée avec l’AS conjoint à la Lune, car nous ne connaissons pas l’heure de la naissance. C’est sans doute le point faible des calculs, mais les thèmes suivants (George Lemaître, la création du Grand Charleroi et Marc Dutroux) confortent l’hypothèse de cette position au onzième degré du Scorpion. Quoiqu'il en soit elle ne peut-être que très proche.



Au 11° du Scorpion (SCO) nous trouvons :

- La Lune de Charleroi à 11°24 SCO 

- L’Uranus du savant George Lemaître (ci-contre) né à Charleroi le 17 juillet 1894 à 18h00 : 11°15 du SCO)

- L’Uranus de la création du grand Charleroi « né» le 7 janvier 1977 à 15h00  est situé quant à lui à  11°07 SCO (4).

Uranus a ainsi parcouru un cycle entier entre les deux naissances. Vu son impact, l'on doit s'attendre à des transformations, voire des révolutions importantes en 2021 et 2022, alors qu'Uranus en Taureau s'opposera au onzième degré du Scorpion.  


- L’ascendant de Marc Dutroux (ci-contre) né le 6 novembre 1956 à Ixelles à 07H35 : 11°25 SCO. 

Il habitait la banlieue de Charleroi et on le considérera comme l’un des « violeurs » de la ville. L’AS est le comportement du moi et la Lune est en relation avec les femmes et les enfants. 

- Avec un peu moins de précision, mais très proche du 11° Scorpion on trouve la conjonction Jupiter/Ketu lors de l’inauguration de l’exposition universelle le 29 avril 1911 : Jupiter est alors à 9°53 du Scorpion et Ketu à 10°09 du Scorpion.



Au 14° du Scorpion (SCO) nous trouvons :  

- Le Mars de Charleroi : 14°34 SCO

- Le Soleil de Charles II d’Espagne (ci-contre) le « fondateur » de la ville qui lui donne son nom, né à Madrid le 6 novembre 1661 » : 14°36 SCO (5)

- Le Soleil de Marc Dutroux (voir sa carte ci-dessus) né le 6 novembre 1956 à Ixelles à 07H35 : 13°50 SCO  

Cette « coïncidence» est sans doute la plus frappante, car étant tous les deux nés un 6 novembre, Charles II d’Espagne et Marc Dutroux ont leur Soleil à moins de 1° d’orbe, posé sur le Mars (la guerre, la brutalité) de Charleroi. 

- Le thème de George Lemaître mentionné plus haut, indique Mars à 14°47 du Bélier et Neptune à 14°47 des Gémeaux. les deux astres forment un sextile (60°), un aspect « héroïque », qui constitue la base d’un triangle isocèle appelé Yod (le doigt de Dieu, ce qui sied bien à un prêtre), dont la pointe est située très exactement à 14° du Scorpion !  Cette configuration particulière le conforte dans son rôle de « guérisseur de la cité ».

- Le jour de la catastrophe du bois du Gazier, causée par un incendie, le 8 août 1956, le Soleil était très exactement à 15°42 du Lion, soit au carré du Mars en Scorpion (avec 1°08’ d’orbe), un aspect effectivement « incendiaire ». 

Que tirer de ces informations? 

Sans se lancer dans une interprétation complexe du thème de Charleroi, soulignons-en quelques traits essentiels

- Le Soleil en Vierge évoque une recherche et une nécessité d’ordre, tout en soulignant une double nature. La première nature tourne autour du Soleil, favorable à Saturne, à Mars et à la Lune. Elle nous indique le sens de l’action et de l’entreprise (Soleil/Mars), une relation marquée à la terre, à l’enracinement et aux minéraux (Saturne), une faculté à miser et à bâtir sur le long terme (Soleil/Saturne), un sens pratique prononcé et la quête d’une harmonie naturelle (Soleil/Lune)

- La seconde nature se révèle au point focal proprement dit, soit la conjonction Lune/Mars en Scorpion. D’emblée la cité s’organise autour d’une forteresse. La Lune s’associe à la sécurité et Mars à la guerre. On construit des murs pour se protéger. On se bat et on se combat. 
La conjonction Lune/Mars est le syndrome astrologique le plus évident du viol. La ville a souffert de nombreuses invasions soldatesques avec ce que cela signifie de brutalité. Laurent Petit parle de la construction de la forteresse comme d’une grossesse non désirée et Marc Dutroux perpètre ses crimes en ce sens.

Cet aspect indique ainsi une atmosphère tourmentée par la peur, la violence et la sexualité. La nature « Vierge », ordonnée et bâtisseuse par le biais de Saturne et la nature Scorpion tourmentée se combattent et se complètent. Le défi pour la nature Vierge est d’ordonner la nature Scorpion.

- Cette fragmentation amplifie le carré Saturne/Mercure, une configuration qui est toujours lié à des possibilités de mauvais choix, de décisions néfastes, dûs à une ignorance ou à une non-acceptation des motivations profondes et des mobiles secrets tapis dans « l’inconscient collectif » de la ville, sans compter parfois de vraies difficultés de communications. 

- Ajoutons la relation de Saturne aux noeuds lunaires (6), qui évoque les secrets et le caché qui troublent la réflexion, ainsi que Jupiter au carré de Pluton qui soumet la cité aux puissances financières

- Vénus pourtant, maîtresse de la beauté est en Balance, dans son domicile. Elle parle d’art, de tendresse, de sociabilité et de communication. Cependant ses carrés à Saturne et à Neptune, indiquent une certaine malchance affective, qui se matérialisent dans les nombreux abandons que connaît la ville. Le carré à Neptune particulièrement manifeste le syndrome douloureux de ne pas se sentir aimé, entrainant un besoin de plaire, de charmer et de séduire et ouvrant la porte aux illusions et aux trahisons. 

Les synastries

Une synastrie entre deux thèmes est toujours complexe : ici ce sont de multiples thèmes et mieux vaut, spécialement dans le cadre de cet article, nous en tenir au minimum de considérations, considérant que trop d’informations tue l’information. Gardons cependant en tête que nous n’abordons ici que certains des éléments les plus visibles.

Au « négatif »

- Charles II d’Espagne, dont le thème représente le pouvoir militaire espagnol, montre son Soleil (l’autorité), exactement posé sur le Mars de la ville (l’armée, la guerre). Les habitants sont ainsi mis en danger. Il y a exercice de la domination (Soleil) par la force (Mars).

- De part son Soleil et son Ascendant, Marc Dutroux est lié à la fois à la Lune et au Mars de la cité. Il représente une force « maléfique » associée aux valeurs les plus négatives du « point focal » : destruction et auto-destruction, déchaînement du pulsionnel, agression du « corps » du lieu par le biais de ses enfants (la Lune). 

- La catastrophe du bois du Gazier (Soleil au carré de Mars/Lune en Scorpion) montre la nature « néfaste évènementielle », l’incendie responsable de 262 morts, lié à l’exploitation des mines et des mineurs. Analogiquement, les couches profondes de la conscience (le sous-sol) sont « explosives », voire mortelles. 

Au « positif » 

- Les situations précises des Uranus de Georges Lemaître et du thème de la renaissance de Charleroi vont dans un sens d’humanisme, de libération des consciences, de rayonnement de la science et des nouvelles technologies, de possibilités de révolutions urbaines.

- Il en est de même pour le thème de l'inauguration de l’exposition universelle, très lié à celui de Charleroi, quoique cette synastrie soit mitigée (7). Elle cependant symbolise le rayonnement culturel de la cité.

Guérison, pistes

Si nous avions affaire à une personne, nous expliquerions à Monsieur ou à Madame Charleroi :

- La nécessité d’ordre (Vierge), dans les couches profondes de la conscience (Scorpion), considérant que l’ordre dont nous parlons naît de la compréhension du désordre.

- L’importance dans ce cadre de désamorcer les traumatismes passés (Mars/Lune), liés aux mémoires (Lune), c’est-à-dire à l’histoire de la ville. Il s’agit de se débarrasser des fantômes du passé.

- La nécessité de se désolidariser des « secrets de famille » qui agissent comme des noeuds dans la conscience collective. 

- Les bienfaits de s’interroger sur les relations néfastes au pouvoir et à l’argent.

Les réflexions qui précèdent permettent de résoudre les problèmes Mercure/Saturne (les décisions et leurs motivations), ce qui est essentiel, afin d’éviter du futurs mauvais choix. Dans ce sens il est également vital de résoudre les problèmes Neptune/Vénus (la sensation douloureuse de ne pas se sentir aimé ) qui nourrissent le manque d’estime de soi. 

Les actions en ce sens permettront de tirer partie des aspects saturniens positifs (solidité et force mentale, planification à long terme, détermination et persévérance), des couleurs uraniennes prononcées (capacité au rayonnement, à l’innovation, à l’originalité et à l’universalité) et bien entendu d’une Vénus libérée offrant non seulement créativité esthétique et talents artistiques mais nourrissant aussi la joie de vivre.




(2) Ce n’est pas la première fois que l’étude d’une ville est abordée dans ce blog : cf. Bagdad, Uraniborg et les thèmes d’élection  

(3) Voici la liste des thèmes examinés :
- Naissance de Charleroi
- Thème natal de Charles II d’Espagne
- Abandon de Charleroi par les Espagnols
- Catastrophe du bois du gazier
- Inauguration de l’exposition universelle
- Thème natal de George Lemaître (l’abbé Lemaître)
- Thème natal de Marc Dutroux
- La naissance du « Grand Charleroi »

(4) La Lune, à 11°41 du Lion, est au carré partile du 11° Scorpion

(5) En l’absence de l’heure de naissance, le thème calculé pour midi indique une Lune à 14° du Taureau, en opposition partile (exacte au degré prés) à son Soleil et au Mars de Charleroi à 14° du Scorpion.


(7) Conjoint à Rahu, Saturne en Taureau est opposé au point focal en Scorpion où se trouvent Jupiter et Ketu, évoquant de l’insatisfaction, des brutalités et des durcissements, de possibles secrets ainsi que la misère sociale dissimulée sous la brillance de l’exposition. 

samedi, décembre 30, 2017

Saturne en Capricorne mode d'emploi


« Tel un sage que nous portons en nous, Saturne incarne la voix de la sagesse que l’on préférerait ne pas entendre. Ses incitations à la tempérance, à la simplicité, à l’humilité et à la renonciation, vont trop à l’encontre de nos désirs. Son visage est double, autant figure-t-il les pensées noires, maussades, frileuses qui assombrissent le caractère et l’existence car elles affaiblissent l’organisme et éloignent la chance et les opportunités, autant il imbibe d’un profond sérieux porté à la réflexion, à l’introspection et au recueillement. La façon dont il se manifeste nous appartient en grande partie et c’est là qu’est sa clef. Saturne est lié au libre arbitre. A travers lui nous réalisons, souvent trop tard, combien nous sommes responsables des hauts et des bas de nos destinées ». L’astrologie et la mécanique de la pensée (Les fondations de la pensée/Saturne)


Saturne en Capricorne du 20 décembre 2017 au 22 mars 2020 puis du 2 juillet au 17 décembre 2020 

La veille de ce dernier solstice d’hiver Saturne a retrouvé son domicile en Capricorne, après presque 27 ans d’absence, son départ datant du 7 février 1991, permettant à celles et à ceux désireux de s’harmoniser avec son énergie, de poursuivre et de concrétiser d’ambitieux projets, avec réalisme et pragmatisme, exprimant ainsi la force mentale, la simplicité, la patience, la détermination et la persévérance, c’est-à-dire les qualités fondamentales propres à cet astre. 

Les possibilités offertes sont de toutes natures, matérielles, artistiques, politiques, philosophiques ou spirituelles, Saturne en Capricorne permettant de concentrer la volonté dans une direction choisie et de ne pas en démordre. Tout dépend ainsi de la façon dont nous manifestons cet astre qui symbolise une part importante des efforts à fournir nécessaires à notre survie (abri, logement, nourriture), d’où ses liens contraignants avec les préoccupations mentales (la Lune, maîtresse du Cancer opposé au Capricorne). Ces efforts obligatoires, inhérents à toute forme de vie, peuvent être vécus de différentes façons et toute la question est là : allons-nous privilégier, comme souvent malheureusement, la fuite de la peur sous ses multiples formes qui nous mène au durcissement, à l’entêtement, à l’isolement et à la séparation ou allons-nous réussir à favoriser la quête de la liberté et de la créativité afin de provoquer la transformation radicale dont le monde a besoin?

Le sérieux saturnien 

En l’absence des perturbations que nous allons aborder, Saturne en Capricorne est naturellement « sérieux », se montrant favorable grâce à sa tendance à provoquer la réflexion profonde, à prendre du recul, à creuser, à bâtir et à structurer. Ce sérieux ne signifie pas l’ennui d’un esprit renâclant au rire et à l’amour, mais une conscience prête à prendre à bras le corps les problèmes individuels collectifs et d’y apporter des solutions concrètes. 

Cependant, si dans ses meilleurs états, Saturne représente la simplicité naturelle et la profondeur de vue empêchant le triomphe du matérialisme absurde et destructeur, sans pour autant s’ébattre béatement dans les illusions et les croyances, il représente aussi le repli sur soi, la frilosité, le durcissement et l’égoïsme qui s’expriment dans la recherche permanente de la sécurité. Quoique Saturne en Capricorne renforce la volonté et la discipline, la façon dont nous le canalisons décide de ses « effets » positifs ou négatifs sur nos existences. Demandons-nous ainsi, en ce tout début de traversée, ce que nous désirons vraiment, ce qui revient à examiner le pourquoi de nos ambitions, de nos désirs et de nos souhaits, qu’il s’agisse d’argent, de confort, de pouvoir, de plaisir ou même d’illumination spirituelle. 

Saturne est le sage intérieur et profiter pleinement de ses leçons astreint à comprendre que le libre-arbitre n’est jamais donné à la naissance (1), mais doit être conquis par l’exploration des motivations sous-tendant nos actions. Dans cette optique Saturne en Capricorne, considéré seul, c’est-à-dire en dehors des aspects, est un véritable allié, permettant de tracer les origines des graves problèmes qui tourmentent nos sociétés, dans le coeur et l’esprit de chacun d’entre nous et d’y remédier. 

La perturbation plutonienne 

Les astres sont des voyageurs, les signes les pays qu’ils traversent. Si le terrain rugueux, solide, minéral, mais non dépourvu d’eau du Capricorne (2), convient admirablement à Saturne, les astres appartiennent à une structure géométrique vivante et mouvante, les aspects, qui se tiennent au coeur de cette ronde éternelle créatrice de sens. Les aspects représentent ainsi les perturbations annoncées, qui décident en grande partie de la façon dont notre psychisme « manifeste » Saturne.     

Saturne au parallèle de déclinaison de Pluton (3) de décembre 2015 à février 2020 et conjoint à Pluton de février 2019 à la fin décembre 2020

Voici face à face deux « adversaires » puissants, aux vues radicalement opposées. Saturne, le surmoi de la psychanalyse, associé aux règles, aux lois, à la morale, régule, structure et souvent interdit. Pluton de son coté a fort à voir avec les fantasmes, les désirs, les pulsions et les obsessions. Il s’agit d’éloigner la mort, l’anéantissement, en se sentant vivre intensément, d’où ses liens avec le pouvoir, l’argent et la sexualité. Face à Saturne, il symbolise la transgression. Dans cet affrontement créateur de peurs qui imbibent tout le psychisme collectif, la stratégie plutonienne consiste à corrompre Saturne en orientant la force mentale, la volonté, la patience et la persévérance vers le matérialisme, pensant y trouver une forme de sécurité. Favorisé par une hypocrisie morale qui prêche la discipline et l’austérité (Saturne), le moi s’épaissit alors dans la quête de l’enrichissement, des sensations intenses et du pouvoir (Pluton), ou même de l’illumination (4). 

Ainsi corrompu et refroidi, Saturne fonde sa « discipline » sur des autorités intérieures nées des conditionnements du mental (traditions, morales religieuses ancestrales, frustrations, crainte de soi et des autres…), renforçant ainsi le cynisme de Pluton, puisque toute opposition frontale aux pulsions ne font que les renforcer. 

L’ensemble du psychisme collectif est ainsi soumis à la « guerre intérieure » qui se déploie ensuite dans nos façons de dominer, d’exploiter et de détruire. Changer la conscience collective signifie changer les individus et pour ce faire les mécanismes présidant à nos orientations et à nos actions sont à saisir avec intelligence : gagner la guerre intérieure, c’est-à-dire cesser de nous détruire tant extérieurement qu’intérieurement, signifie aboutir à un Pluton « moralisé » par Saturne, capable de « détruire » les traumatismes passés. Saturne incarne alors la faculté non pas de contrôler, mais de réguler Pluton :  

« Laisser la bride sur le cou à Pluton nourrit le désir, car on n’éteint pas un feu en jetant de l’huile dessus. De son côté un Saturne castrateur mène à la frustration. (….. ) 
La fonction de Saturne n’est pas d’interdire le processus plutonien mais de le contempler. D’observer les pulsions et les appétits, quels qu’ils soient, comme on contemple des nuages poussés par le vent, sans chercher à les modifier. ( …… ) 
On ne fait pas n’importe quoi car l’intelligence et la sagesse s’y opposent et l’on renonce à ce qui épaissit la pensée (Pluton), naturellement, sans faire d’efforts. Simultanément on ne se plie pas à des principes, à des codes ou à des morales fondées sur des craintes, des traditions, des superstitions et autres conditionnements (Saturne). L’énergie mentale s’accroît alors considérablement, la liberté se déploie et les obsessions relatives à la sexualité, à la peur ou à la mort se dissolvent dans leur insignifiance. Le mental se régénère et se libère ». (5)

Uranus, Neptune et Jupiter 

Comme déjà expliqué, la géométrie céleste créatrice de sens s’associe à l’ensemble de la structure astrale. Lors de ce long séjour de Saturne en Capricorne et de son affrontement avec Pluton, Neptune, Uranus et Jupiter pourraient possiblement, faire pencher les plateaux de la balance vers l’intelligence, la justice et la compassion. Sans nous bercer d’illusions, l’on remarque que les trois astres interviennent harmonieusement et de façon soutenue, facilitant à la conscience collective une progression dans la bonne direction.  

De début juin à la mi-novembre 2018, Saturne et Uranus sont à nouveau en trigone, permettant à l’éveil des consciences (Uranus), de se structurer (Saturne) : « Uranus est lié à l’éveil parfois fulgurant des consciences et Saturne à la profondeur et à la persévérance nécessaire à l’application de ces illuminations soudaines. Cela concerne à la fois la collectivité et les individus, ces derniers par le biais de l’élaboration et de l’application d’une nouvelle philosophie personnelle, à la fois humaniste, sage et pourtant transformatrice dans le bon sens du terme. » (6)

De la mi-mars à la fin avril 2018, puis de la fin novembre 2018 à la mi-janvier 2020, puis enfin tout le mois de septembre 2020 Neptune et Saturne sont en sextile. 
Neptune, lui-même harmonieusement lié à Pluton par un sextile depuis près de 70 ans, ce qui, croyons-le ou non, nous a sans doute évité le pire, représente une part importante de la compassion et de l’empathie. Il symbolise aussi la population mondiale, dans sa relation aux puissances financières (Pluton) et aux aristocraties dirigeantes (Uranus). Ces sextiles harmonieux aideront sans doute à adoucir, à calmer la conscience collective, les individus comprenant un peu plus qu’ils sont cette conscience et se sentant ainsi moins séparés. Les mouvements, les associations, les lanceurs d’alerte, toutes celles et ceux qui tentent de défendre les plus faibles (migrants, opprimés de toutes sortes, animaux et être vivants dans leur ensemble) en bénéficieront. En ce sens les médias « neptuniens » capables de créer des émotions partagées  (télévision, cinéma, internet …) nourriront les prises de conscience par le biais d’essais, de romans, de spectacles, de films, de séries, de videos … 

De la fin janvier à la fin décembre 2020 Jupiter et Pluton sont conjoints. Quasiment au même moment, la conjonction de Jupiter et de Saturne commence en février 2020 et se poursuivra jusqu’en mars 2021. 
Ainsi, de février à décembre 2020, les trois astres seront conjoints, un moment de géométrie céleste tout à fait particulier, sur lequel nous aurons amplement le temps de revenir. 
Dans les meilleurs des cas cette triple rencontre mettra en scène la justice et la compassion (Jupiter), la sagesse et la discipline (Saturne) et un Pluton peut-être capable de libérer des traumatismes passés et de régénérer ce qui a été corrompu. Ce scénario idéal représente ce vers quoi il nous est possible de tendre, chacun à l’intérieur de soi, afin de changer le monde :  « changer le monde » n’est pas un souhait de rêveurs utopistes, mais une obligation et une nécessité car les espèces vivantes s’éteignent à une vitesse alarmante, le climat change, les océans et l’air que nous respirons s’empoisonnent, l’ignorance, la violence et la brutalité ne faiblissent pas et nos existences en sont non seulement désenchantées mais menacées. 

Il est de notre responsabilité de déployer nos thèmes astraux au mieux, c’est-à-dire de suivre notre sentier céleste unique à chacun. Celui-ci est un instantané du thème astral mondial en mouvement permanent, reflétant les flux et reflux de la conscience collective, pris au moment de notre naissance. 
Dans un monde qui voit naître neuf enfants par seconde, chaque instant qui passe porte en lui sa géométrie unique qui toujours contient les clefs de la compréhension. Saturne en Capricorne, qui tend à l’action concrète, nous offre une chance de plus à la rédemption, à nous de ne pas la gâcher, car ce ne sera sans doute pas toujours le cas.  


(1) « La notion de libre arbitre, synonyme de liberté, désigne le pouvoir de choisir de façon absolue, c’est à dire d’être à l’origine de ses actes. Autrement dit un sujet libre est sensé pouvoir choisir de lui-même ce qu’il choisit, sans être poussé à l’avance d’un côté ou d’un autre par quelque influence ou cause que ce soit (....) Est- il si évident que nous ayons un contrôle sur nos pensées et nos émotions ? La plupart de nos supposées « actions », ne sont-elles pas en réalité des réactions mécaniques qui répondent à autant de facteurs intérieurs (émotions, préjugés...) et extérieurs (les circonstances) que nous ne contrôlons pas ?» Julien Saiman (le libre arbitre) « Ces facteurs dont parlent le philosophe et les réactions mécaniques qu’ils entraînent ne sont-ils pas justement ce que décrit le thème astral avec justesse? craignant le piège du déterminisme, l’astrologie moderne défend pourtant le libre arbitre, alors que bien des écoles de pensée l’ont réfuté, lui opposant par exemple l’ignorance des causes profondes de nos actions (Spinoza), la grâce de Dieu ou plus récemment la puissance de l’inconscient
L’astrologie et la mécanique de la pensée (L’architecture et la pensée/A propos du déterminisme)

(2) Le Capricorne fut appelé chèvre-poissons, alliant symboliquement la montagne (la terre) et la mer (l’eau). L’eau figure l’émotion, souvent dissimulée ou contrôlée par le Capricorne, ce qui la rend particulièrement opérante, car implantée au coeur des motivations. 

(3) « Le parallèle de Saturne à Pluton imbibe des années durant la toile de fond du psychisme collectif. Il nourrit entre autres nombre de tourments intérieurs liés aux interdits (Saturne) et aux transgressions (Pluton), que l’on cherche à régler de différentes façons, par la censure ou la permissivité, par la discipline conflictuelle ou le libre cours au pulsionnel, selon les conditionnements personnels et collectifs qui sont les nôtres »  2017 l’année des contradictions

(4) Il s’agit alors de matérialisme spirituel, qui consiste à épaissir inconsciemment l’ego par des pratiques « spirituelles », yoga, méditation, alimentation « sattvique » et ainsi de suite.

(5) L’astrologie et la mécanique de la pensée : Saturne et Pluton en aspect



jeudi, décembre 21, 2017

Solstice d’hiver 2017, Saturne et le héros solaire


Solstice d'hiver 2017, le 21 décembre à 17H28 calculé pour Paris.

Il n’échappe à aucun adepte de l’astrologie que ce solstice d’hiver 2017, le Soleil est exactement conjoint à Saturne, rentré hier chez lui dans le signe du Capricorne où il séjournera plus de deux ans. Synchronicité, c’est à-dire coïncidence signifiante sans doute, l’année astrologique débutant sur cette présence écrasante de Saturne qui représente à la fois les obstacles et la patience, les difficultés et la détermination, les déceptions et l’apprentissage de la sagesse. Non qu’il faille, victime des préjugés le concernant, préconiser une philosophie de l’effort, qui promette l’acquisition éventuelle de la paix intérieure après la traversée d’océans de souffrance. Tout cela est bien plus subtil, les efforts étant le plus souvent des contractions de la volonté, soumise quant à elle à des conditionnements idéologiques et empêchant toute véritable croissance. La beauté, la sérénité ne sont en aucun cas les fruits d’un combat contre soi-même, méthode qu’un Saturne conflictuel et tendu, représente généralement. Le Saturne qui purifie, assagit, élève et qui symbolise en cela le socle de la spiritualité est avant tout un ami (1).

Je reviendrai bientôt sur les spécificités de son séjour dans le Capricorne, mais aujourd’hui, jour de solstice, l’important est de souligner comment le héros solaire, c’est-à-dire nous-mêmes dans nos moments les plus éveillés, a capacité à profiter de la présente puissante, contraignante et pourtant éclairante de cet astre.

Solstice et héros solaire 

 « Nous sommes toutes et tous des héros solaires plus ou moins déchus. La lumière, la liberté, l’intelligence et l’amour sont les objets de notre quête mais nous peinons à les atteindre et nous abandonnons, la plupart du temps à cause des circonstances adverses collectives ou personnelles, des obstacles, de la malchance, de la peur et des multiples pièges de la vie. Trahissant alors nos idéaux, nous cherchons leurs reflets tronqués dans les jouissances matérielles, le succès et la domination, chacun à sa façon et selon ses moyens. Un Soleil épanoui, fidèle à sa nature parcourt sans crainte le sentier céleste dont on a parlé, ce chemin qui traverse le thème et mène à la réalisation de soi ». (2)

Une fois de plus le soleil entame son périple vers le nord, après un long séjour dans le sud. Il renaît et le Soleil invaincu, le principe de lumière qui illumine l’univers est célébré. En vérité, même si on l’ignore généralement, nous fêtons principalement le héros solaire, qui est le Soleil incarné en l’être humain. Nous fêtons la droiture, la noblesse intérieure et la loyauté, l’idéalisme et la générosité, la force capable d’éloigner les ténèbres de la nuit et celles plus sombres, plus complexes et plus substantielles de nos esprits. Nous fêtons l’être humain, homme et femme, dont le Soleil symbolise le coeur, là où « siège » la divinité. Le solstice, ou le jour de Noël qui lui est apparenté, honore ce qu’il y a de meilleur en nous, ce héros appelé de toute éternité à explorer et à conquérir les secrets de la vie et de la conscience, plutôt qu’à mener une existence terne et étroite, soumise à la crainte et à l’ignorance.

L’on en profite alors pour s’interroger, pour se demander si ce Soleil intérieur que nous célébrons est vraiment invaincu? Car si dans la plupart des mythes les héros triomphent des forces obscures, n’a-t-on pas l’impression qu’il n’en est plus de même dans notre monde actuel ? La violence, la misère sous tous ses aspects, la brutalité et la destruction systématique de la planète ne progressent-elles pas chaque jour un peu plus? l’intérêt personnel, l’égoïsme, le matérialisme ne triomphent-ils pas ?

Certes, nombreux sont ceux qui résistent et qui luttent avec les armes de l’intelligence de l’esprit et du cœur, mais on a trop souvent l’impression qu’ils ne sont qu’une goutte d’eau face à l’océan des « démons ». Sans doute n’a-t-il jamais été facile d’être un héros solaire et pourtant il en faudrait des armées.  

Saturne et le héros solaire  

L’astrologie qui nous apporte sans cesse de l’aide par d’essentielles leçons de vie, a pour fonction de favoriser l’émergence du héros solaire chez l’individu, c’est-à-dire de lui permettre d’emprunter la voie céleste personnelle, unique,  inscrite dans son thème. Ne nous y trompons-pas, c’est ainsi et pas autrement que nous avons une chance de changer le monde, c’est-à-dire en transformant la conscience humaine, ce qui nécessite bien entendu, avant tout, de se changer soi-même.

En quoi, demandons-nous aujourd’hui, Saturne, que l’on craint souvent à juste titre, dont la réputation est d’assombrir, de refroidir, d’isoler, de séparer, a-t-il vocation à participer au rassemblement de ces armées de héros?

La réponse est simple : il n’est rien de sérieux, d’utile, de solide, de sage même qui ne se fasse sans son soutien. Il est la structure nécessaire aux réalisations de l’inspiration (Jupiter), la charpente indispensable à la simplicité et à la profondeur, elle-même condition sine qua non de l’éveil (Uranus). La discipline, l’austérité, la patience qu’il représente sont nécessaires, non seulement pour le bien-être des individus, mais pour celui de la planète entière.  

La difficulté consiste à ne pas se faire déborder par ses tendances négatives, qu’on ne peut nier et dont la moindre n’est pas de provoquer la peur, elle-même à l’origine de nombre de nos maux tels que le repli sur soi, les frustrations, la discipline conflictuelle et contraignante, la rigidité et la misère de l’obéissance à des principes auxquels on ne réfléchit pas car édictés par des dogmes, des habitudes, des rituels et des traditions censées nous sécuriser. 

Le « bon »Saturne représente au contraire la discipline naturelle, joyeuse, dont la pensée n’a pas à se préoccuper car elle ne nécessite pas le moindre effort. On évite ainsi le gaspillage des énergies, les débordements malsains, l’auto-destruction des individus et de la collectivité. Les « effets » de Saturne dépendent de la compréhension que nous en avons, c’est-à-dire de l’exercice de l’intelligence dans notre relation à la crainte et de notre capacité à apprendre, à comprendre et à innover.  

Il lui est alors permis, sans friction ni efforts inutiles, d’exalter les qualités principales du Soleil, qui sont celles du héros solaire. La question posée par ce solstice 2017, qui ne l’oublions pas colorera l’année 2018, du moins jusqu’au 21 juin, se définit alors clairement :  la droiture, la noblesse du coeur, la loyauté, l’idéalisme et la générosité peuvent-ils être inspirés par un Soleil renaissant dans les bras de Saturne? Pas forcément facile il est vrai et pourtant, peut-être est-ce ce dont nous avons réellement besoin, car si l’on sait renoncer, sans conflit, avec intelligence, aux superficialités du moi, Saturne fait briller le Soleil de l’intérieur. Il ne s’agit pas (plus) d’éblouir nos contemporains, mais de disperser les ténèbres qui règnent sur nos esprits et qui assombrissent le monde. De cette façon Saturne a capacité à faire de nous des héros solaires.

Uranus, Jupiter et Vénus

En ce solstice, le Soleil bénéficie encore d’Uranus à son trigone, cet aspect aidant les consciences à cheminer vers l’éveil, par le biais de l’audace, de la quête de la liberté et de la destruction des forteresses intérieures (Saturne négatif).

Quoique au demi-carré du Soleil, ce qui tend toujours un peu à l’amplification du moi, Jupiter inspire le sens de la justice et de la tolérance qui naît avec l’expansion de la conscience. 

Quant à Vénus, proche du Soleil (harmonie et lumière), de Saturne (la purification) et au trigone d’Uranus (la liberté), sans doute réclame-t-elle une compréhension renouvelée de l’amour, qui n’est pas attachement ni dépendance, mais nourriture de l’âme et du coeur du héros et sans lequel tout est vain. 


(1) Aimer Saturne

(2) L’astrologie et la mécanique de la pensée (le Soleil)

vendredi, décembre 08, 2017

Johnny dans les étoiles


Le mercredi 6 décembre au matin, en France et dans une bonne partie du monde francophone sans doute, les actualités, même les plus importantes, furent réduites à leur strict minimum, pour laisser la place à la seule information qui comptât vraiment, la disparition de Johnny Halliday, dont l’une des particularités fut d’occuper l’espace médiatique pendant presque 60 ans, c’est-à-dire trois générations. 

Une magnifique démonstration de Neptune, l’astre de l’émotion partagée, seul capable de provoquer un tel phénomène. Associée au roman, à la musique, à la danse, à la radio, au cinéma, à la télévision, à internet, cette planète éminemment empathique offre formes et couleurs à une importante partie de la conscience collective, amenant d’immenses foules d’individus à oublier les barrières les séparant les uns des autres, par le biais d’événements ludiques ou tragiques (1), de livres, de spectacles, de films et de séries, de poésies et de chansons et évidemment de personnalités qui réussissent à l’incarner. Johnny Halliday appartenait à ce club de neptuniens (2), qui à des degrés divers et par leurs destinées spéciales, s’infiltrent dans les esprits et les coeurs de leurs contemporains, pénétrant leur intimité comme s’ils appartenaient à leur famille et parfois de façon plus intense encore. 

Si l’on se demande comment ce mécanisme fonctionne, la réponse tient entière dans deux concepts neptuniens essentiels qui sont l’identification et l’illusion, d’où le fait que la majeure partie des membres de ce club soient des stars de la chanson ou du cinéma. 


Johnny Halliday, le 15 juin 1943 à 13h00 à Paris

On ne discutera pas ici de goûts et de couleurs, mais de la mécanique neptunienne qu’illustre impeccablement Johnny Halliday qui fut encensé, adulé et aimé comme un ami, un fils, un frère, un père ou un amant par des foules entières. Et s’il fut également moqué, ridiculisé et parfois détesté, l’essentiel tient en ce qu’il laissa peu de gens indifférents. Ce qui importe dans ce processus, c’est la jeunesse révoltée des années soixante en quête de nouveaux codes, de nouvelles idées, de nouveaux sons et d’un nouvel art de vivre qui se reconnut en lui, voire qui fut inspirée par lui. Mais ce qui appose définitivement le sceau neptunien c’est l’idéalisation obligatoire, qui transforma un chanteur en héros de légende, comme s’il vivait au quotidien les textes de ses chansons : identification et illusion donc.

L’étonnant est qu’un autre visage de Neptune, tout aussi essentiel et intimement connu de l’humanité anonyme empêtrée dans les réalités contraignantes, puisqu’il s’agit de celui de la souffrance, est presque toujours oublié ou passé sous silence, à moins qu’il ne soit sublimé en expérience féconde et gratifiante, car la vie rêvée du héros se doit de rester lumineuse et sans matérialité. Neptune, dont les cadeaux ne sont jamais exempts de souffrance offre ainsi, de par les couleurs et les paillettes dont il décore la conscience collective, des fuites et des consolations aux difficultés bien réelles des existences normales. On n’oublie pas qu’il représente les mécanismes psychologiques liés à la foi, à la communion, à l’oubli et à la consolation du moi, mais que de par sa double nature, il représente aussi la propagande, la publicité et autres manipulations de l’esprit par le biais des émotions. 

Ainsi, on a beau savoir que Johnny était un être humain comme un autre, prisonnier de son passé, avec ses joies et ses peines, ses ennuis de santé, ses obsessions et ses insatisfactions, ses craintes et ses humiliations, la conscience collective choisit de ne célébrer que celui qui allumait le feu sur scène, entérinant la légende d’un homme généreux, en contact fusionnel avec son public, libre des tracas du commun des mortels et traversant un monde de plaisirs et de lumières, de réjouissances et de succès sans fin. Neptune dans toute sa splendeur. 

Le Soleil

L’histoire de Johnny passe par son Soleil culminant dans le signe double des Gémeaux. Personne ne niera son éclat, sa présence et sa prestance, d’autant que Vénus en Lion (dont il portait la crinière), au trigone de Mars en Bélier (l’énergie et la virilité), conjointe à Pluton (l’obsession de la séduction), au sextile d’Uranus (le magnétisme et les riches expériences amoureuses), lui offrit charme, beauté et sensualité. 

Le pouvoir et la domination colorent aussi ce Soleil, grâce au parallèle que lui adresse Pluton. Cet aspect s’exprime intérieurement par le corps et l’esprit résistants, résilients, habités d’une animalité avide de sensations intenses, mais aussi extérieurement, par le biais de la maison XI, celle des amis et des réseaux, ou se tient Pluton (le pouvoir matériel), en compagnie de Vénus (le spectacle, les femmes) et de Jupiter (les soutiens, les opportunités). 

Exalté dans le Cancer, Jupiter fait d’ailleurs du beau travail à partir de cette maison des voeux et des souhaits : n’est-il pas au parallèle de déclinaison du Soleil (la réussite), favorisant les appuis, au sextile de Mercure (la chance) et au sextile de Neptune, qui s’en trouve amplifié dans toutes ses significations? Jupiter maîtrise également la maison VII (les nombreuses associations, les couples qui enrichirent sa vie) et la IV (les origines, la famille), car même si son père, qui était artiste, l’abandonne, il est élevé dans le milieu du spectacle habitué dès son enfance à participer à des tournées et à monter sur scène. 

Mais le Soleil (le père), malgré tout ces soutiens, est conjoint à Saturne (l’éloignement, la séparation), décernant un complexe d’abandon qui le poursuivra toute sa vie. Et dans ce contexte Vénus, magnétique comme on l’a dit, quant à elle au demi-carré de ce Soleil (manque d’amour ou de reconnaissance du père), abîme l’image de soi et provoque une difficulté à s’aimer soi-même, malgré les innombrables preuves d’amour reçues. Cet ensemble engendrant alors l’autodestruction, la futilité des apparences, la poursuite accentuée des plaisirs, la frivolité amoureuse, la nécessité absolue de séduire et de briller. 

Neptune, central comme on l’a dit, au carré du Soleil, souligne l’immense soif de fusion et de communion, due à une séparation douloureuse qui est l’abandon du père. Soulignons que les cartes du ciel des orphelins montrent souvent un Soleil affligé à la fois par Saturne et Neptune, la psychologie alternant ainsi entre ambition, isolement et froideur et une nécessité absolue de fusionner avec quelque chose de plus grand, de plus vaste et de plus sûr qu’un père humain afin d’oublier la douleur de se sentir séparé, de ne pas appartenir. 

Neptune

C’est ainsi que Neptune en première maison (le moi), rapporte tout à lui. Tout lui appartient : la musique et la danse, la souffrance, les paillettes, les illusions, la toxicomanie, le don de s’offrir entièrement sur scène, de se nourrir de la vibration des foules, d’expérimenter un contact à la fois psychique et charnel avec elles, une sensation fiévreuse, intense dont il ne pouvait se passer. Possédé par Mars en Bélier (l’énergie), au demi-carré du maître de l’AS (le comportement ardent) et par Pluton(résistance et auto-destruction) conjoint à Vénus (l’animalité sensuelle), on l’imagine vivant jusqu’à l’épuisement de terribles extases alors que des dizaines de milliers de fans l’acclament et chantent/dansent/souffrent et jouissent avec lui. On l’imagine aussi emporté, excité, anesthésié par la cocaïne ou l’alcool, fuyant la solitude, l’insécurité et la souffrance de se sentir séparé.

Neptune vulnérable, sensible, protéiforme lui permet d’incarner tous les rôles, de se glisser dans la peau du rocker, du voyou, de la star, de l’éternel adolescent, du loup solitaire, de l’amoureux transi. Ses rêves couvrirent plusieurs générations, car Neptune soumet à l’époque traversée, aux modes, aux bouleversement vécus par la collectivité. Et inconsciemment, même s’il croit agir de sa propre volonté, en les vivant lui-même, l’artiste neptunien réagit à ces mouvements qui agitent la conscience collective, il les chante, les incarne, les pétrit, les colore parfois et les propage.  

Johnny surfait le sommet de la vague quand ses fans travaillaient la tête sous l’eau, allaient à l’usine ou au bureau et trafiquaient leurs mobylettes, quand lui, le magnifique, chevauchait ses Harley et chantait la révolte et la liberté. 

Belle destinée quoique lourde à porter, la solitude n’en étant que plus grande, créant contre son gré une barrière entre lui et les autres. Le désir immense, fou, terrible, de se perdre, de se dissoudre en est accentué et Johnny emprunta toutes les routes lui facilitant  la réalisation de ce souhait, qu’il s’agisse de la toxicomanie, de la vitesse, des femmes, de la quête permanente de l’exaltation affective, esthétique et sexuelle et surtout, peut-être même principalement, de la scène. Neptune, amplifié par son sextile à Jupiter, fait penser que c’est sans doute là, au coeur de son public, que les sensations furent les plus extrêmes.

Ainsi Johnny abandonné enfant, privé de père (Soleil/Saturne), en quête d’amour et de communion (Soleil avec Vénus et Neptune), boit, se défonce, se suicide mais se manque, maltraite son coeur et son corps qui souffrent de ses excès, mais peu importe, cela n’existe pas vraiment, ça fait juste partie de la panoplie obligatoire de la star neptunienne. Ce qui compte c’est la légende d’un adolescent qui « réussit », qui devient homme, puis homme vieillissant, idolâtré et célébré toute sa vie, incarnant l’idéal d’une sorte de dieu vivant. Si Saturne (le temps, la durée), au milieu du ciel (la réussite) et au sextile de Mars (la force), est  responsable de l’incroyable longévité de son succès, on comprend qu’il n’en est pas d’aussi spectaculaire sans Neptune, qui décide si l’on va ou non entrer dans le panthéon de la conscience collective, celui à partir duquel on fait rêver les foules.

La Lune

La Lune en Scorpion, tourmentée, sexuelle, sombre et pourtant tenace, créative et puissante, symbolise un peu les bas-fonds de ce thème au Milieu du Ciel surchargé. Saturne lui adresse un quinconce qui refroidit, durcit parfois, isole et frustre tant la pensée que les émotions. Elle écarte, replie, rend timide et parfois mal à l’aise. Les craintes, les mémoires figées et obsessionnelles émergent souvent des obscurités du passé. Sans doute cette Lune difficile symbolise-t-elle autant une mère qui délègue l’éducation de son fils à sa tante, que les vexations de l’école et du voisinage, endurées par un petit garçon sans père dans une France ringarde d’après-guerre, captive d’une morale étriquée et d’une atmosphère grisâtre qu’il n’aura de cesse de fuir, quand on le traitait de fils de boche ou de gosse de divorcée …  

La Lune est également au demi-carré de Neptune et ainsi les brimades, l’isolement, la tristesse épisodique font leur effet car Jean-Philippe Smet est une véritable éponge psychique, apte à se noyer  dans ses émotions. Cet aspect liée à la souffrance mentale, riche d’inspiration, de rêveries, de chagrin et de sensibilité exacerbée, joue un rôle majeur, expliquant plus que les autres l’alcoolisme, la toxicomanie, de même que la fuite du présent dans l’identification à James Dean, à Elvis Presley et au « rêve américain » :  
« …Très émotive, l’enfance connaît parfois des souffrances, des brimades et des injustices qui s’ancrent dans la mémoire… Influences marquées du cinéma, de la télévision, des médias, de la propagande et de la publicité. Orientation artistique inspirée par une identification aux préoccupations de son époque et menant à de possibles succès. Plasticité psychique et faculté d’incarner l’homme ou la femme de son temps. Pour gérer la douleur et lever les inhibitions, mais aussi parce que Neptune tend naturellement vers la facilité et la paresse, l’abus des antidépresseurs, du tabac et de l’alcool est fréquent ».(3)

La grâce de la double nature lui permet pourtant d’être un « guerrier », car voguant par dessus ces influences neptuniennes souterraines, la Lune quoique sensible, rêveuse, timide et renfermée, est malgré tout en Scorpion et adresse un quinconce à Mars, provoquant des réactions violentes, gravant dans la nature instinctive de cet enfant amené à se défendre et à se battre, une certaine dureté mentale, une attraction pour la mort inséparable d’un désir de renaitre sans cesse de ses cendres, le tout vécu dans une grande agitation cérébrale, interdisant la paix et la sérénité. 

Cette Lune complexe enfin, maîtrise la maison XI, fort bien achalandée on l’a vu, faisant de lui un ami sûr et lui offrant de belles amitiés tant masculines que féminines, mais aussi des déceptions, des manquements et des trahisons dues à des illusions (Neptune toujours), car comment savoir si l’on vous aime pour vous-même quand l’argent et la gloire marchent à vos cotés?

Mercure

Mercure qui gouverne le signe solaire des Gémeaux (les orientations fondamentales), maître de l’ascendant Vierge (le moi), est culminant, montrant la capacité de s’élever vers les cimes de la société, d’autant qu’il est conjoint à Uranus (la liberté, la révolution, l’intelligence), culminant lui aussi. On a ici la description d’un mercurien adolescent qui tord le cou au passage à la notion idiote des Vierge éternellement timides et coincés. Mercure (les informations), conjoint à Uranus et au sextile de Jupiter (l’étude, la culture), nous indique aussi qu’il n’était pas du tout l’illettré stupide moqué par les humoristes, car cet aspect dénote toujours une vraie brillance mentale. Nombre de ses lapalissades étaient dues à une façon originale de « saisir » le monde mais aussi, sans doute, à l’alcool.

Au trigone de Mercure et d’Uranus, Neptune bien sûr, qui inspire un « moi » devenu capable de se hisser au sommet de la société en accompagnant (en chantant), l’air du temps : Johnny est présent au bon moment quand le Rock and roll révolutionne les Etats-Unis et que son oncle lui procure des disques inédits en France. La chance (Jupiter en XI) lui permet, grâce à Uranus (la nouveauté, la révolution), d’influencer en ce sens la conscience collective (Neptune) francophone. C’est sans doute Uranus aussi, qui conjoint au maître de l’AS (le comportement, l’attitude), lui offre la faculté d’être toujours lui-même, quoiqu’il arrive, dans ses errements, ses déclarations, ses attitudes.  

La fin avec Rahu et Ketu

Toute vie se termine par la dissolution. Le « moi », riche de ses petites histoires, de ses mémoires, de ses rêves achevés ou déçus, est voué à disparaître. La mort, la dissolution de l’ego, c’est-à-dire du noyau identitaire constitué de mémoires et de pensées cristallisées, qui a accompagné le corps tout au long de ses expériences, est le triomphe de Neptune : est-ce un hasard d’ailleurs si Johnny s’en va avec cet astre transitant sur son descendant, le lieu où le Soleil se couche et que les traités anciens associent à la mort? Pour ce qui est de la suite, il y a l’âme ou l’atman peut-être, c’est autre chose et cela reste bien mystérieux. L’essentiel est de comprendre que le moi est la plus grande de toutes les illusions.

Certains étudiants des « Livres des Morts » penseront possiblement que Johnny a eu la vie d’un dieu, celle au cours de laquelle on épuise un bon karma accumulé lors de vies précédentes. Succès, argent, célébrité, gratifications de toutes sortes furent bien au rendez-vous. Sa carte d’identité céleste pourtant, dont il resterait beaucoup à dire, souligne comme on l’a vu, une existence fortement marquée par la souffrance, même s’il eut il est vrai une destinée extra-ordinaire.

Une des causes principale en fut, en dehors d’une enfance problématique, qui est un sort plutôt commun malheureusement, Rahu, le noeud lunaire nord, posé sur la pointe de la maison XII, celle de l’ennemi secret, le mauvais ange des Grecs et qui avait pour nom, en ce qui le concernait, insatisfaction. Malgré les réussites extraordinaires et ses joies immenses qui valaient bien ses peines, Johnny désirait toujours plus de sensations et de gratifications, s’enfonçant ainsi dans l’auto-destruction. Mais Ketu, le noeud lunaire sud, associé à l’élévation spirituelle, posé sur la pointe de la maison VI, le service, lui permit, de par sa destinée de neptunien éblouissant, d’offrir soixante ans durant à son vaste public, nombre de joies étincelantes et de vraies consolations.  

Johnny est mort avec Rahu et Ketu revenu exactement à leur point de départ pour la quatrième fois, dans l’axe VI/XII des épreuves et des ennuis de santé. Ces noeuds lunaires sont au carré de la Lune en Scorpion, imbibée de force mentale, de pouvoir et de préoccupations obsessionnelles. C’est une Lune profonde, intense, toujours proche de la mort, dont la présence est ressentie toute la vie. C’est la Lune des chamans, capable en définitive d’amener l’esprit vers le rivage des compréhensions profondes. Il est certain qu’avec la perspicacité de Mercure, les perceptions directes d’Uranus, les inspirations de Neptune et en fin de compte la pénétration mentale de Saturne, Johnny, plutôt assagi ces dernières années, y avait pas mal réfléchi.

Son aventure ici-bas est terminée, souhaitons-lui bon voyage. 


(1) Qu’il s’agisse de la Coupe du monde de foot-ball ou d’un terrible attentat terroriste, car ce qui compte ce sont les millions et parfois même les milliards d’être humains qui partagent une émotion quasiment au même moment. Neptune s’avère ainsi fédérateur, quand il rassemble pour le bien, mais également très dangereux, lorsqu’il « possède » des populations prises de folies idéologiques et meurtrières.  

(2) Voir à ce sujet  les thèmes de Michael Jackson ou Jean-Luc Delarue

(3) L’astrologie et la mécanique de la pensée Les aspects de la Lune (Lune et Neptune en aspects tendus). 




samedi, novembre 25, 2017

Des obstacles à l’intelligence


« Un esprit intelligent est un esprit curieux, observateur, un esprit qui apprend, qui étudie. Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’il n’y a intelligence qu’en l’absence de peur, que lorsqu’on est prêt à se rebeller, à braver tous les rouages de l’ordre social établi afin de découvrir la vérité. L’intelligence n’est pas le savoir. Si vous pouviez lire tous les livres du monde, cela ne vous confèrerait pas l’intelligence. L’intelligence est quelque chose de très subtil ; elle n’a pas d’ancrage définitif. Elle ne voit le jour que lorsque vous comprenez l’ensemble du processus de l’esprit. L’intelligence n’est pas comme le savoir : elle ne s’acquiert pas. Elle naît dans un surgissement d’immense révolte, autrement dit quand toute peur est absente et qu’un sentiment d’amour est là… » 
Krishnamurti, Le sens du bonheur. 


Mercure au trigone d’Uranus du 19 novembre au 15 décembre 2017 et du 1er au 12 janvier 2018

L’on devrait se réjouir de cet aspect, l’un des meilleurs qui soit pour l’intelligence qui allie créativement l’analyse (Mercure), à l’analogie (Uranus). La porte de la perception directe de la vérité, c’est-à-dire de l’intuition (Uranus) est ouverte, alors que la logique des mécanismes impliqués (Mercure), est sans faille. Uranus représente le physicien saisi d’une idée géniale et Mercure le mathématicien qui la modélise. Uranus représente l’inventeur et Mercure l’ingénieur qui travaillent efficacement ensemble, en harmonie. La conscience et la pensée s’expriment ainsi à leur meilleur niveau, puisque c’est ainsi que fonctionne l’astrologie : la géométrie céleste (les astres et leurs interactions) est directement en prise avec notre psychisme superficiel ou profond. (1)

Ce trigone délivre ainsi la promesse de percées humanistes et scientifiques, de communications précises et efficaces, d’un entendement global et profond, de conceptions philosophiques et spirituelles libérées des traditions et des conditionnements, en bref d’une intelligence subtile, limpide et inspirée. 

Les obstacles

Toute configuration, soit-elle favorable ou tendue, est contingente de la structure entière des inter-actions planétaires. Dans ce cas particulier, au moment même où Mercure et Uranus ouvrent nos esprits à des pensées sagaces, raffinées et illuminatrices, deux phénomènes perturbent nos intellects :
- La conjonction de Mercure avec Saturne
- La rétrogradation de Mercure 

Mercure conjoint à Saturne du 21 novembre au 12 décembre, puis du 8 au 18 janvier 2018

« La propension aux mauvais choix est décuplée. La réflexion préalable est rarement menée à terme, quoique l’on en soit persuadé. Les mobiles secrets, les motivations cachées, les craintes, certaines mémoires douloureuses sont volontairement ou non ignorés. On devient son propre ennemi en se mettant soi-même des bâtons dans les roues. Il est difficile de communiquer, de s’expliquer, de se faire comprendre, d’aller droit au but, ce qui tend à créer des complications matérielles, sociales et affectives. Les décisions néfastes sont fréquentes (…)  Des paroles mal interprétées portent à la confusion. » (2)

Déjà en place, cette perturbation de Mercure est comme l’explique la citation, souvent difficile, affectant le « comment penser », c’est-à-dire la logique, la clarté mentale, le discernement, l’ordre ou le désordre des pensées, les associations d’idées, les analyses et les conclusions que l’on en retire. 

Il existe pourtant un coté éminemment positif à cette conjonction assez courante chez les mathématiciens et les physiciens (profondeur et sérieux, capacité à la concentration, à la réflexion et à la recherche accrue), mais elle n’en reste pas moins dangereuse pour la collectivité, par les mauvais choix des « décideurs » et pour les individus qui tendent à mal jouer leurs cartes.

Lors d’une telle configuration nous pensons mal : l’égoïsme, le durcissement du moi, la méchanceté et parfois la cruauté font plus facilement surface. Il est profitable de surveiller les pensées, d’observer comment elles empruntent parfois des cheminements qui « ne nous ressemblent pas ». Comment l’on est plus tendu ou durci mentalement, plus à même de s’embourber dans des polémiques inutiles desquelles on n’arrive pas à se dépêtrer, provoquant des disputes nées d’incompréhensions, d’emploi d’arguments ineptes, de raisonnements circulaires ou de flagrante mauvaise foi. Un vraie vigilance, doublée d’humilité est nécessaire pour éviter ces ornières. Le silence est souvent le meilleur des conseillers.

Toute l’humanité est concernée et les décisions prises sous cet aspect s’avèrent souvent néfastes : tout se passe comme si l’on ne réfléchissait pas suffisamment aux tenants et aboutissants d’une situation donnée. D’une façon ou d’une autre, les motivations profondes et les mobiles secrets sont ignorés ou sous-estimés et l’on joue alors contre son propre camp. 

Un bel exemple de cette situation nous fut offert par Marine Le Pen lors des élections présidentielles. Un transit particulièrement favorable de Jupiter sur son ascendant l’amena, comme prévu, au second tour et pouvait la pousser plus loin. Mais un transit inopiné de Mercure sur son Saturne la fit chuter en une soirée télévisée, lorsqu’elle se tira une balle dans le pied en apparaissant non préparée et incompétente (3). Pour rester sur ce terrain, Emmanuel Macron, particulièrement touché par cette configuration actuelle (4), devra faire preuve de beaucoup de prudence ces prochaines semaines tout en essayant de profiter au mieux du trigone uranien.

Mercure rétrograde du 3 décembre au 23 décembre 

« (….) bridées, ralenties, les qualités et les opérations mercuriennes (discernement, comparaison, analyse, mise en ordre, etc.) ne sont pas à leur meilleur niveau. (….) Mercure rétrograde est semblable à un handicapé, impliquant des difficultés relatives à la logique, à la concentration, à l’attention, à l'ordre et à la clarté mentale. Les études, les activités professionnelles, la communication deviennent facilement problématiques ». (5)

La rétrogradation de Mercure vient compliquer un peu plus les jeux de la pensée, de la réflexion et de la communication. Ne pas souffrir de ses connotations défavorables nécessite une vigilance, une attention, un éveil accru. Il s’agit d’être conscient d’un affaiblissement mental qui affecte l’ensemble de la conscience collective dont nous faisons toutes et tous partie. L’idéal est d’exercer la logique et la réflexion, d’étudier et de mémoriser, de nourrir et entraîner le cerveau comme un muscle non pas malade mais légèrement anémié. On évite de cette façon erreurs, confusions et fourvoiement. Etant conscient de la portée collective et ainsi tangible de la rétrogradation (communications ralenties, retards divers, contrariétés fâcheuses dues à des mécanismes grippés de la vie quotidienne), on reste souple, conciliant, tolérant, patient, armé d’un sens de l’humour (Mercure) indéboulonnable.

Conseils 

« La notion de choix est ici particulièrement négative, car la tergiversation naît de la confusion causée par des motivations contradictoires. Un esprit limpide, conscient de ses mobiles et désirs secrets, de ses conditionnements et du poids de ses mémoires, reconnaissant la force des autorités intérieures telles que la crainte, l’ambition ou la colère n’a pas le choix. Il sait ce qui est à faire, mesurant précisément les forces qui influencent ses décisions : est-ce le désir ou l’amour, la quête de la sécurité ou le goût de l’audace? La solution correcte lui apparaît comme une vérité incontournable, comme une révélation, ce qui est le signe d’un Mercure restitué, à nouveau maître de l’ordre, de la clarté et du discernement. Il est essentiel de se poser la question de l’orientation juste, c’est-à-dire allant dans le sens de l’accomplissement de la destinée. (6)

Il est essentiel de prendre ces perturbations au sérieux afin de ne pas devenir son propre ennemi secret. D’une façon générale et pendant toute la conjonction de Mercure à Saturne, les signatures de contrats, les engagements de longue durée, les décisions importantes sont à éviter, car étrangement on oublie presque toujours un élément conséquent et lorsque l’aspect s’achève, le voile se déchire et l’on se demande alors pourquoi l’on n’a pas fait attention à tel détail, semblant insignifiant il est vrai mais qui se révèle soudainement crucial. Au niveau du relationnel l’on évite les polémiques stériles. On ne se fait pas enfermer dans des discussions qui ne mènent à rien et qui gâchent parfois des relations pour longtemps. On essaie de penser bien, sainement, sachant que notre monde avec ses violences, son égoïsme et ses cruautés est en grande partie la projection de nos consciences. 

On se méfie spécialement des jours comprenant les deux perturbations combinées, soit du 3 au 12 décembre, qui sont les plus problématiques. 

L’éveil de l’intelligence

Comme expliqué au début de ce texte, il y a du nectar à vendanger : allié à Uranus, Mercure, malgré les obstacles que nous avons examinés, nourrit la pensée du parfum de l’intelligence illuminatrice, ce dont nous avons un pressant besoin. Mais ce nectar, quoiqu'il soit tout à fait à notre portée, n’est pas offert sur un plateau. Il réclame, pour être humé, ingéré et disséminer ainsi sa fragrance dans nos riches profondeurs, d’échapper au désordre que représente les obstacles évoqués.

Comme souvent avec Mercure, la notion d’ordre est centrale : l’ordre, qui s’oppose au chaos (7), celui qu’on ne peut imposer, ni dériver d’une croyance, d’une idéologie ou d’une structure, est essentiel aux illuminations de l’intelligence. Cet ordre, qui est la perception du désordre, est un mouvement constant et non pas un état figé. Il naît d’une observation vigilante, attentive, à nos pensées, nos mémoires, nos conditionnements, nos présupposés, nos a priori, notre étroitesse d’esprit. Et dans cette perception du désordre, qui naît de l’action combinée de Mercure (la clarté mentale), de Saturne (la profondeur de la réflexion) et d’Uranus (l’intuition illuminatrice), l’intelligence déploie ses ailes et nous emporte au-delà de toute limite. 



(1) C’est l’idée directrice de L’astrologie et la mécanique de la pensée

(2) L’astrologie et la mécanique de la pensée Les aspects de Mercure (Mercure/Saturne en aspects tendus)



(5) L’astrologie et la mécanique de la pensée Les aspects de Mercure (Mercure rétrograde

(6) Ibid.  Les aspects de Mercure (Mercure et Saturne en aspects tendus)

(7) L’astrologie entière repose sur le cosmos (le monde ordonné), qui se déploie miraculeusement dans le chaos. 

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.