mercredi, octobre 24, 2012

Alexandra David-Néel

Alexandra David-Néel, née le 24 octobre 1868 à Saint Mandé à 4h50 du matin selon Astrodatabank (Astrothème donne 5h10).

Alexandra David Néel fut une grande voyageuse devant l'éternel, son plus grand voyage entre le SriLanka, le Japon, la Corée, l'Inde, le Népal, la Birmanie, la Mongolie et le Tibet dura 14 ans! Elle fut la première femme étrangère à entrer à Lhassa après avoir bravé les interdictions, les pillards, le froid, l'épuisement et la faim et survécu à des péripéties et des difficultés extraordinaires. Mondialement célèbre, ses périples asiatiques et ses rencontres avec les « magiciens et mystiques du Tibet »  sont bien connus et ses lecteurs en restent toujours aussi fascinés. On doit réaliser ce que représente ce type d'existence pour une femme de cette époque qui sans être née prolétaire ne possédait aucune fortune personnelle et qui vécut la vie d'artiste et l'union libre avant de se marier, pour ensuite prendre la route en solitaire et réaliser ses rêves en bravant les éternelles difficultés matérielles. Enfin Alexandra ne se contenta pas de se promener et de  témoigner : elle vécut elle-même dans des cavernes glaciales à près de 4000 mètres d'altitude afin d'expérimenter les merveilles que racontent les lamas sorciers du Toit du monde. 

Son Soleil au premier degré du Scorpion devrait rassurer les natifs de ce signe qui font souvent profession de ne pas s'estimer suffisamment. Si celle que l'on appelle maintenant Notre Dame du Tibet souffrit parfois de neurasthénie, elle exprima le meilleur de ce Soleil : profondeur, courage, résistance, capacité de vaincre la peur, créativité…. Rien ne l'empêcha, à une époque où les femmes quasiment interdites d'études supérieures et privées du droit de vote dépendaient légalement et économiquement de leurs époux,  de devenir érudite en sanscrit et en Tibétain, d'être reconnue comme une autorité mondiale en études orientales et d'aller physiquement mettre les pieds là où même les plus endurcis des aventuriers masculins ne se risquaient pas. On peut comprendre qu'elle ne manquait pas d'orgueil ni d'un certain narcissisme (Soleil au demi-carré de Vénus). Ce même Soleil représente enfin un père moderne, ami de Victor Hugo et passablement révolutionnaire qui sut insuffler certains idéaux dans le coeur de sa fille.

Uranus (révolution, originalité, liberté, radicalité) et ses nombreux soutiens:
Uranus au Milieu du Ciel et particulièrement bien aspecté signe une destinée extraordinaire. Tout en elle respire cet astre, ses décisions soudaines et irrévocables, sa force nerveuse, ses nombreuses originalités, ses brusqueries, ses révoltes contre l'ordre établi, ses révolutions intérieures, son autoritarisme, cette incapacité à être et à vivre comme tout le monde. Nourrie de mysticisme, d'orientalisme et de magie elle fut aussi militante socialiste quasi anarchisante, humaniste et féministe, mais guère fermée pour autant car en tant qu'artiste et libre penseuse elle défendait ce qu'elle appelait l'ascétisme épicurien. En résumé elle fit entièrement sienne les Graal uraniens que sont l'indépendance de pensée et la quête de la liberté absolue.

Vénus en XII (le secret) au sextile d'Uranus explique le non-conformisme amoureux, voire une liaison clandestine avant son mariage : elle vécut l'amour libre alors qu'elle était loin d'être portée sur la fantaisie de ce coté là (elle renonça entièrement à la sexualité à l'âge de 43 ans). Cette relation Uranus/Vénus figure aussi une subtilité dans les rapports à la beauté et à l'amour et aussi une certaine intransigeance esthétique. On ne sépare pas le vrai du beau. Egalement  au quinconce de Neptune (la souffrance), Vénus (amour, art et beauté) démontre bien qu'il lui fallut comprendre la mécanique des sentiments et qu'elle connut la douleur de la solitude et la peur de ne pas être aimée, toujours difficile chez les AS Balance. Les souffrances secrètes (Vénus en XII) ne lui furent pas épargnées mais il semble qu'elles nourrirent sa quête spirituelle, orientée vers le bouddhisme qui recherche la fin de toutes les souffrances. N'oublions pas enfin que l'aventurière fut artiste (cantatrice) dans sa première vie: Vénus Vierge est propice à l'art car elle a besoin d'exprimer la beauté de façon tangible.

Pluton en VIII (la mort, les mutations) également au sextile d'Uranus explique une protection face à la mort qu'elle frôla de nombreuses fois, pendant la guerre civile chinoise, sur des mers déchaînées ou sur les chemins de Lassa.  On sait même qu'un tigre s'approcha d'elle au Bengale lors qu'elle méditait sous un arbre!
Elle alla visiter la mort elle-même, un trait très Uranus/Pluton, en réalisant certain rite tantrique où même des renonçants Hindous et Bouddhistes y laissent parfois la raison, puisqu'il s'agit de laisser l'esprit en transe convoquer au festin de sa propre chair des hordes de démons cannibales …. On y gagne normalement la libération de toutes peurs, un des buts de Pluton. Voilà quelqu'un qui sut user au mieux de cet astre mortifère en VIII!

- Mercure maitre de la maison IX (écriture, voyages, études, spiritualité) au trigone d'Uranus quand à lui nous explique sa vive intelligence et la capacité de l'exprimer, ses études incessantes, ses talents linguistiques, ses pensées libres, jamais influencées.
C'est ce Mercure qui permet à ADN de devenir une messagère privilégiée de l'Orient, car nombreux furent les mystiques orientaux qui sentaient venir la proche destruction de leurs retraites protégées  (entre autres au Tibet menacé à cette époque par les anglais, les chinois, les russes et les japonais) à comprendre que cette femme qui se mêlaient à eux diffuserait l'essence de leur civilisation dans le monde entier.

- Ce même Mercure est en maison II (l'argent), opposé à Pluton en VIII, part la plus difficile peut-être d'une femme qui chercha longtemps l'indépendance de l'argent, nerf du voyage comme il l'est de la guerre. Pluton en VIII (l'argent des autres) est surtout  celui que son mari qu'elle abandonna pour aller courir l'Asie lui envoyait lorsqu'elle le réclamait, voire le suppliait. Mercure (l'écriture) en II (l'argent qui vient de soi), maître de la IX (les publications) indique la capacité de gagner sa vie par ses écrits, ce qu'elle réussit à faire après bien des obstacles.

- Neptune (la religion, la foi, la souffrance) au carré du révolutionnaire Uranus indique son besoin de réformer le bouddhisme, de le purger de ses superstitions, ainsi que son rejet radical des confessions judéo-chrétiennes trop enclines à adorer la souffrance. Malgré les nombreux prodiges auxquels elle assista elle ne fut jamais dupe des illusions (Neptune) si communes en Orient. Riches de ses études et de ses initiations elle put déclarer que les miracles ne l'impressionnaient pas car elle-même était capable d'en faire.

La Lune en Verseau, signe d'Uranus est opposée à Mars: elle indique le conflit puissant avec une mère qui bien entendu ne la comprit jamais. Cette Lune en relation mutuelle à Uranus, symbole d'une jeunesse révoltée et même fugueuse, montre la complexité de cette femme portée à la méditation (et donc au calme de la pensée) mais également hyper-cérébrale à ne pouvoir s'arrêter d'étudier, de lire, de réfléchir, d'explorer.
L'ambition est forcément présente, car la Lune maîtrise le MC ou culmine Uranus en Cancer. Elle sait en partant clandestinement à Lhassa déguisée en mendiante qu'une réussite lui attirerait une renommée mondiale. Ca n'est pas sa motivation première, mais elle n'y est pas indifférente non plus. La Lune est d'ailleurs au carré de Pluton, ce qui rend certaines pensées obsessionnelles qu'il s'agisse d'argent, de renommée mais aussi de morbidité:  la mort dont on a déjà parlé, qu'elle crut longtemps rencontrer jeune fut sa compagne proche et complice, même si elle sut, par les pratiques yoguiques l'apprivoiser, jusqu'à mourir en définitive à 101 ans!
Cette Lune, toujours elle, originale et intuitive, agitée et tourmentée, anxieuse et parfois colérique,  est en V, liée au plaisir, à la créativité et à l'éducation. Elle est nourrie par ses sextiles à Jupiter et à  Saturne, ce qui lui permit de jouer tous les rôles: elle connut les plaisirs du corps  et la vie artistique, le mariage et les réceptions mondains, elle enseigna l'hygiène aux soldats de garnisons chinoises et les subtilités du bouddhisme tibétain au monde entier. Elle fut yogini d'exception et vécut trois années durant la vie de nonne au monastère mongol de Kum-Bum.
Le fleuron uranien de cette Lune en V (liée aux enfants) fut peut-être l'émergence de la mère, car si elle n'eut pas d'enfant elle adopta contre l'avis de son mari un jeune garçon tibétain qui devint son fils adoptif et avec lequel elle partagea tout pendant 40 ans! C'est d'ailleurs sous ce déguisement de la mère et de l'enfant que le couple parvint à Lhassa.

Saturne en Sagittaire (plutôt rigide et intransigeant), le maîtres des obstacles mais aussi de la discipline est en bon aspect à Jupiter et à la Lune, mais au parallèle de Mars, ce qui explique qu'elle pouvait parfois faire preuve d'une patience infinie dans ses études et ses méditations, puis qu'en d'autres circonstances il lui arrivait de se ronger de frustrations. On aurait tendance face à une telle destinée à penser que Saturne lui fut facile ce qui ne fut loin d'être toujours le cas. Il semble surtout qu'elle sut comprendre son thème et user des lois occultes qui relient Saturne à Jupiter et à Mars: la renonciation, l'austérité, la discipline qui sont des vertus saturniennes, si elles ont acceptées par l'intelligence (Uranus au trigone de Mercure et aspects favorables de la Lune) permettent de vaincre les frustrations occasionnées par Mars (au parallèle de Saturne) et de laisser ainsi Jupiter (celui qui protège et favorise) offrir ce qu'il a à offrir.

Mars en Lion relié favorablement à Jupiter et défavorablement à Saturne souligne une résistance physique hors du commun malgré une nette tendance à l'autodestruction marquée par son carré à Pluton: il ne s'agit pas de toxicomanie bien sûr mais de témérité, de prises de risques mettant le corps en danger et d'un besoin viscéral de ne jamais s'arrêter même quand l'épuisement menaçait sa vie.  Le parallèle de cet astre à  Saturne figure les frustrations d'avant la saison des grands voyages, puis les mois d'attente interminables, les froids ravageurs, les fièvres, les crises intestinales, les voleurs de grands chemins et la faim au cours de ceux-ci.

Jupiter le seigneur des voyages toujours lié à l'expansion de l'esprit et à la spiritualité, proche du descendant (l'association, le couple), puissamment relié à Mars (l'aventure, l'action, le sens du commandement) et à Saturne (l'équilibre entre l'inspiration et la structure, le rêve et les moyens de le réaliser) lui permit malgré les problèmes d'argent, d'attirer les opportunités et de réaliser en définitive ce qu'elle voulait. Il lui permit de fréquenter des princes et des Maharadjahs et de rencontrer de nombreux êtres d'exception avec lesquels elle vécut de véritables associations.  On doit compter Philippe Néel son mari, tolérant et pourvoyeur de fonds, comme faisant partie des bienfaits jupitériens dont elle ne manqua pas.


On retiendra de ce thème la capacité qu'eut Alexandra David-Néel à aller jusqu'au bout de ses rêves, ce qui est une définition acceptable d'une existence réussie. Elevée chez les soeurs dans un XIXe siècle puritain, elle transcenda ses conditionnements, bouscula codes moraux, lois sociales et circonstances adverses afin de créer sa destinée.
Ce type de réalisation de soi est suffisamment rare et précieux pour qu'on essaie d'en percer le secret. C'est un beau thème, mais d'autres tout aussi riches n'ont mené à rien ou presque, ou ont avorté de leurs promesses. Uranus culminant lui apporta beaucoup bien sûr, mais rien ne lui fut entièrement donné, Saturne, Mars, Pluton organisant de sérieux blocages. Il fallut se battre et douter, ne jamais baisser les bras malgré les nombreux découragements, abattre obstacles après obstacles afin de tracer son propre chemin. Il fallut conquérir le monde et la vie, afin de rejeter la destinée de fourmi qu'on lui promettait et pour cela comprendre les subtilités de l'esprit, du désir et de la volonté. J'ai personnellement tendance à croire que la quête intérieure, au-delà de la vie d'aventures, d'explorations et de voyages est peut-être ce qui constitua l'essentiel puisque ses conquêtes spirituelles la firent s'envoler parfois bien au-delà des cimes neigeuses des Himalayas. 

Peut-être doit-on alors se dire  que le libre arbitre, celui qui permet de dominer nos thèmes et de les amener ainsi à complétion est un  complet mystère.



CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.