vendredi, juin 21, 2013

Le solstice d’été et l'audace

Solstice d’été 2013 le 21 juin à 7h04 (Paris, heure locale).

Le ciel astral propose parfois des aides, dans le sens où certaines des énergies déployées sont susceptibles d’être favorablement utilisées. Un vœu, une aspiration, un désir, un souhait caressé est alors « un acte d’audace de l’intellect »(1), c’est-à-dire d’une certaine façon un processus magique. 

Je ne parle pas de croyances naïves, ni d’illusions, ni d’invocations adressées à d’éventuelles déités, ni même de croyances positives, mais de la sensation profonde, mystérieuse, enfouie dans les profondeurs de nos coeurs, qu’en tant qu’êtres humains nous sommes dépositaires d’un vrai pouvoir nous permettant d’agir sur les évènements concernant nos vies personnelles et la collectivité. Qu’en conséquence nous sommes sans doute capables de mettre un terme à l’autodestruction collective et de changer la face du monde. Si nous le désirons vraiment.

Jupiter le protecteur, la grande fortune, l’inspiration philosophique et spirituelle, le maître des opportunités et de la sérendipité représente ce pouvoir. Or le voilà qui colore beaucoup ce solstice d’été, date célébrée de par le monde depuis des millénaires, à savoir l’entrée du Soleil dans le signe du Cancer parfois nommé la Porte des Hommes, dans le sens ancien de la naissance, c’est-à-dire de l’incarnation. N’est-il pas conjoint au Soleil, peut-être la meilleure de toutes les conjonctions, signifiant humanisme, altruisme, bienveillance, générosité et synchronicités propices? Les circonstances favorables et la notion de chance propres à cet aspect participent d’une attitude mentale optimiste, qui croit en ses capacités, qui partage naturellement, qui fait preuve de confiance et normalement d’honnêteté et de justice, tous ces éléments favorisant la réussite, la joie de vivre et la réalisation de soi.

Nous avons vu dans « L’été du grand trigone » que ce solstice est le point de départ d’une magnifique configuration porteuse d’espoirs, malgré les obscures ténèbres dans lesquelles nous sommes plongés (la situation est si grave que nous en sommes presque anesthésiés : citons rapidement la violence omniprésente, les idéologies néfastes, les règnes absolus de la stupidité et de la cupidité, la misère, la faim, l’esclavage, l’effroyable pollution mondiale ……). En dépit de ces multitudes de faits plus qu’alarmants, cela vaut sans doute la peine de tenter d’user de nos capacités et de concentrer notre attention, notre réflexion, notre intelligence, notre intensité, ne serait-ce que quelques instants, sur le bien-être du monde. Je ne parle pas ici de politique, de discours et de réunions, de comités et de discussions, de théories et d’idéologies jamais mises en place, mais bien de réalisation intérieure, du déploiement de l’intelligence dans le cadre d’une conscience collective à laquelle nous participons tous. Alliés à Saturne et à Neptune, le Soleil et Jupiter nous rappellent aujourd’hui que nous ne sommes pas, si nous le désirons vraiment, uniquement le jouet des circonstances, mais que nous sommes capables (inexplicablement, du moins par la causalité) de provoquer des prises de conscience, des améliorations, des inversions de tendances et des synchronicités favorables. Nous ne détenons pas uniquement le génie technologique, mais nous existons à la croisée de confluences mystérieuses et nos esprits, nos sept milliards d’esprits, possèdent des capacités de matérialisation des intentions. Ainsi, nous devons faire preuve d’audace et croire en nos pouvoirs.  

Répétons-le, il ne s’agit ni d’action politique, ni de prier, d’évoquer les dieux, les saints ou les prophètes ou d’accomplir des rituels vides de sens, mais d’aller chercher en nous-mêmes, dans les profondeurs abyssales de nos êtres, l’intention absolue de lumière (le Soleil), de justice et de compassion (Jupiter), de simplicité et de sagesse (Saturne) et d’empathie (Neptune) cette dernière étant la compréhension, qui n’est pas intellectuelle mais totale, que l’ensemble du monde vit à l’intérieur de nous et que notre conscience personnelle est celle de l’humanité toute entière.

Pour terminer, il n’échappe pas à ceux qui suive assidûment les éphémérides que ce solstice s’accompagne d’une conjonction exacte de Mercure et de Vénus, figure subtile et brillante s’il en est, puisque l’intelligence rencontre la beauté, que le «comment penser » de Mercure, c’est-à-dire la structure même du mental s’imprègne de la conscience de l’amour. Cet aspect nous renvoie au concept de la venia, qui est en définitive l’art de provoquer le bien dans le monde:  « ..... aimer sans rien désirer ni réclamer en échange, sculpter sa vie comme une œuvre d'art, ce qui implique cesser de se soumettre à la recherche permanente de la sécurité, puisque l’intelligence nous prouve que celle-ci n’existe pas. Cela nécessite de percevoir la futilité de nos sagas personnelles, de ressentir une confiance sans faille dans le miracle de l'existence, de remporter la victoire sur notre seul véritable ennemi, la peur.... »

Cette fois-ci la venia passe par la Lune en Scorpion, toujours en relation avec la transmutation, située pendant ce solstice au trigone de Mercure et de Vénus : si elle symbolise dans sa nature les tourments de nos esprits captifs de cette descente aux enfers qui est la notre (d'autant que son demi-carré à Pluton souligne les préoccupations obsessionnelles), elle indique aussi clairement le talent que nous avons à rebondir, entre autres ici grâce aux soutiens du Soleil et du grand trigone.

Soyons donc audacieux, souhaitons avec force le bien du monde, non pour le confort de nos petites destinées, mais pour celui de la terre entière qui appartient déjà à nos enfants et aux générations futures.

« Que la paix règne parmi les dieux, dans le ciel et entre les étoiles. Que la paix soit sur la terre, entre les hommes et les animaux à quatre pattes. Puissions nous ne pas nous nuire mutuellement, puissions nous être généreux les uns envers les autres. Puissions nous posséder cette intelligence qui guidera nos vies et nos actes. Que la paix soit dans notre prière, sur nos lèvres et dans nos cœurs »(2)

Bon solstice!

(1) Le terme sanscrit est manoratha cité par Jung dans « Synchronicité et Paracelsia »

(2) Ancienne prière sanscrite « Le journal de Krishnamurti »

CENTILOQUE


CLIQUEZ SUR LE LIEN
pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.