dimanche, mars 01, 2015

Vénus, Ketu et les autres


L’atmosphère semble vibrer de façon différente lorsque la belle Vénus entre en relation complexe avec ses pairs, comme c’est maintenant le cas avec Mercure (la subtilité), Mars (la passion), Pluton (la manipulation), Ketu (la compulsion), Uranus (la révolution) et Jupiter (l’expansion). Pas mal. Si la vie sociale, sentimentale, sensuelle et artistique s’en trouve soudainement densifiée, plus axée sur les plaisirs et les sensations agréables, cela ne signifie pas pour autant bonheur et sérénité. Aussi plaisante soit-elle « la petite Fortune » n’est pas toujours notre meilleure amie. S’il est  ici principalement question de relationnel, n’oublions pas que les iconoclastes de Daech se sont acharnés sur les trésors du musée de Mossoul dans le cadre de cette Vénus malgré tout assez tourmentée (voir ci-dessous Vénus au carré de Pluton)


Vénus au sextile de Mercure (du 22 février au 12 mars)

Il existe une sorte d’affinité naturelle entre ces deux astres lorsqu’ils s’accordent ainsi, résultant en une approche subtile de la beauté. C’est un aspect léger, enrichissant, favorable aux communications verbales et écrites, aux courriers d’amour, à l’art, à la culture, à l’humour et aux sous-entendus. Ces considérations sont renforcées du 24 février au 4 mars, car Jupiter en parallèle de déclinaison à Mercure favorise l’expansion mentale. On pensera aux fondamentalistes déjà mentionnés, comme ils sont éloignés de ce monde raffiné, mais les conditionnements et l’épaisseur mentale qui sont les leurs, interdisent l’accès à ces parfums. C’est bien sûr un aspect créatif à cultiver pour le bien de tous. 


Vénus conjointe à  Ketu (du 25 février au 7 mars)

Cette conjonction décrit la situation générale. On remarque une certaine difficulté d’épanouissement dans le cadre de l’union et des sentiments. De possibles épreuves sont liées à la perte ou à l’absence de personnes aimées, à des regrets ou à des chagrins d’amour. Une difficulté à s’investir mène possiblement à une séparation douloureuse dont on se sent responsable. Attention à la poursuite compulsive du plaisir, de l’union et de la sensualité. Au mieux, des épreuves liées à la quête des sensations et à la nécessité d’être aimé mènent au détachement et à la grâce ou à la venia. Ainsi, cette conjonction qui entre dans le cadre de la rencontre Uranus/Ketu (1), peut offrir (idéalement) l’amour libéré de la sentimentalité.

Ketu étant concerné, il est conseillé de privilégier le détachement qui est son expression purifiée.


Vénus conjointe à Mars (du 7 février au 12 mars)

Voici venir la fin de cette conjonction entre les deux astres qui représentent le plus l’attrait sexuel, ce dernier en étant renforcé. Depuis le 20 février la rencontre a lieu en Bélier, chez Mars, qui possède ainsi un certain avantage, poussant à privilégier le désir sur les sentiments. Selon les circonstances personnelles à chacun, cette conjonction implique de la passion, des unions impulsives, des disputes, de la confusion entre le désir et les sentiments, des émotions tourmentées, des insatisfactions, l’usage immodéré de la séduction, des excès de plaisir et de sensualité, des couples se formant pour le meilleur comme pour le pire. La créativité est favorisée.

Ketu étant de la partie (depuis le 25 février), les rencontres ne sont pas anodines. Les épreuves naissent de possibles compulsions. Plus que jamais, privilégier le détachement.


Vénus conjointe à Uranus (du 26 février au 12 mars)

Toujours une rencontre étonnante, riche de surprises et de bouleversements sentimentaux, de coups de foudre et de coming out. On tend à privilégier l’amour et l’exaltation avant tout et tant pis pour les codes sociaux et moraux. La liberté de vivre ce que l’on veut, d’aimer qui l’on veut l’emporte sur les lois, les règles et les conditionnements. Pas forcément une bonne nouvelle pour les populations soumises à des idéologies autoritaires génératrices d’interdits et de frustrations. La plus grande prudence est de mise … L’expression de cet aspect est plus facile en pays « libre » , c’est-à-dire permissif, mais considérant la pression de Mars (impulsions instinctives) et dans le cadre imposé par Ketu (compulsion et rencontres signifiantes), on peut s’attendre à tout. Passions violentes, amours de vacances ou unions brèves si intenses que le coeur en est marqué pour la vie. Pour les couples établis, possibilités d’épreuve et de séparation, mais aussi de naissance d’un nouveau feu. Au mieux possibilité d’explorer la richesse du coeur, au-delà des expressions sentimentales et sensuelles, par le biais de la perception directe de la vérité (Uranus). La venia n’est pas loin. La créativité, l’excentricité et l’originalité sont favorisés.

Même remarque à propos de Ketu que dans Vénus conjointe à Mars : attention, nombre de rencontres ne sont pas anodines. Possibilité de se brûler.


Vénus au carré de Pluton (du 27 février au 11 mars)

La recherche des sensations associée à l’intérêt personnel est renforcée. On croit vouloir l’amour, mais on n’est en quête que de sa propre satisfaction. La quête du pouvoir et de la domination s’en mêle, sans compter une possible vénalité. Vénus (la beauté) risque plus que de coutume de se corrompre dans le cadre de la prostitution et de la pornographie, de l’enrichissement ou de la position sociale. Les fantasmes et de possibles perversités enténèbrent les sentiments et les émotions. La crainte et la fuite de la mort se cachent derrière la quête du plaisir.  L’amour vrai peine à s’exprimer. 

On en profite peut-être pour tenter de guérir de traumatismes et de frustrations, et cela reste possible, mais Mars n’est pas loin, lui aussi au carré de Pluton (du 2 au 21 mars) créant une atmosphère propre à l’autodestruction. La configuration dans son ensemble (Vénus/Mars/Pluton) est dangereuse, car les frustrations envahissent la surface de la conscience collective, facilitant le passage à l’acte d’une violence sexuelle sous-jacente. La solution passe par l’estime de soi et par l’amour du « féminin » (Vénus), le carré Mars/Pluton poussant à la haine de soi responsable des comportements bestiaux des violeurs de toutes les nations. Ajoutons que le transit de Mars sur Uranus (du 1er au 23 mars) ne peut que renforcer la dureté et la radicalisation. Pas de guérison possible sans se débarrasser de ses frustrations. La créativité est également renforcée, même si l’inspiration peut-être sombre. L’aspect est favorable à l’enrichissement.

Ainsi, c’est par le biais de Pluton et de Mars, possiblement radicalisés par Uranus, que les épreuves promises par Ketu prennent place. Pourtant la période est propice à la victoire sur les démons intérieurs de la peur, de l’égoïsme et de la frustration, permettant de respecter et d’aimer Vénus sans laquelle la joie de vivre et la sérénité restent hors de portée. 

Vénus au trigone de Jupiter (du 27 février au 10 mars)

Au milieu de tous ces aspects, Jupiter le protecteur apporte son aide à partir du Lion. Il amplifie la joie d’aimer, le désir d’aimer, celui d’être aimé. Il offre la compassion et le désir d’une justice liant le bien, le beau et le vrai.
Il favorise l’expansion du coeur et des émotions ardentes. Ses trigones concernant aussi Uranus et Ketu, il nourrit l’intelligence qui mène au détachement. Il amplifie la rencontre entre l’amour , la liberté et la vérité. Installé pour un moment au quinconce de Pluton (jusqu’au 9 juin), il facilite, à condition que l’on s’attelle à la tâche, la libération des traumatismes et la régénération par le biais de la philosophie, des voyages, des rencontres et des opportunités.


La configuration Jupiter au trigone d’Uranus, de Vénus, de Ketu et également de Mars (du 1er au 18 mars), qui en cette situation manifeste l’esprit chevaleresque, favorise les amours, le sens de l’action, le détachement et la révolution de l’intelligence.
Elle protège un peu et dirige celles et ceux qui cherchent à établir la beauté dans le monde. Il y a fort à faire certes, mais ces alliances représentent ce que nous avons de meilleur, notre idéalisme, notre sens de la justice et de la compassion. Il appartient à chacun d’entre nous d’apporter sa pierre et de permettre à Vénus ainsi sollicitée, entourée, menacée mais gardée, exaltée et toujours désirée de se déployer dans toute sa richesse.
 


(1) Ketu est conjoint à Uranus depuis la mi-août 2014 jusqu’à la fin mars 2015, la durée de cet aspect s’expliquant par la rétrogradation d’Uranus qui accompagne ainsi Ketu dans son mouvement naturellement rétrograde. Belles possibilités d’explosions créatives, de découvertes ou de redécouvertes, de savoirs et de connaissances oubliés qui refond surface. Il y a pourtant simultanément danger de compulsions violentes alimentant des tendances fanatiques. Cet aspect signifie autant un éveil de l’intelligence, nourri par des intuitions fulgurantes que des contractions mentales menant à des actions radicales. Il est facile de se convaincre que l’on raison contre tous et de se rallier à des idéologies marginales.




CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.