samedi, juin 04, 2016

Autoritarisme, indifférence, peur et amour dans les astres


L’autoritarisme (Uranus/Pluton)

La série des carrés Uranus/Pluton s’éloigne de nous (le dernier d’entre eux se dissout ces jours-ci mais sera à nouveau actif de la mi-novembre 2016 à la fin avril 2017), mais les répercussions se feront sentir sans doute encore longtemps.

La face humaniste d’Uranus a été fortement corrompue : entre de multiples analogies, Uranus représente l'aristocratie dirigeante et Pluton les puissances financières (banques, multinationales, mafias diverses…). Le carré a fait ressortir les expression les plus négatives des deux astres, d’autant que Pluton pousse naturellement au matérialisme, c’est-à-dire, principalement, à l’épaississement du moi. Ainsi les ego surdimensionnés sont plus que jamais à l’oeuvre au sein de la politique mondiale. 

Il semble que nos sociétés soient de plus en plus soumises aux aspects les plus négatifs d’Uranus (l'autoritarisme et le fanatisme) et de Pluton (la domination, le matérialisme) exacerbés par cette longue série de carrés. On le remarque aux États-Unis, avec Donald Trump (Pluton parallèle au Soleil, à Uranus, à la Lune et aux noeuds lunaires), en France avec Marine Le Pen (Pluton conjoint à Uranus et parallèle au Soleil et à Neptune), en Russie avec Vladimir Poutine (Pluton culminant conjoint à Ketu, carré à Jupiter, parallèle à Uranus), en Israël avec Avigdor Lieberman (Pluton carré Mercure, quinconce à Mars, parallèle au Soleil et à Saturne), sans compter les percées de nombreux partis d’extrême droite (en Autriche, en Hongrie …) ou encore la Chine, toujours aussi incapable de se démocratiser. Les religions organisées elles-mêmes victime de rigidité ne sont d’aucune aide, quand ce n’est pas le contraire. A ce stade il semble qu’il soit impossible à l'être humain, de laisser vivre (croire, aimer, penser, jouir) son voisin, comme il l'entend.

Il faudra bien pourtant que nous guérissions de ces inflammations, si nous ne voulons pas sombrer tout à fait. Il est pour cela essentiel de comprendre la nature de Pluton, ses liens avec la crainte du néant, qui pousse à se réfugier dans la recherche des sensations intenses telle que le pouvoir. Cette recherche ne se limite pas aux sphères politiques ou économiques : Pluton appartient au psychisme de chaque individu et ses caractéristiques se manifestent au sein des couples, des familles, au bureau ou à l'usine, partout où l’exercice de la domination est possible. 

Il revient à Uranus, associé à l’intelligence et à l’humanisme de nous éclairer sur ces mécanismes. Correctement orienté, il manifeste sa vraie fonction qui est la quête de la liberté, c’est-à-dire de l’absence d’autorités telles que la peur ou l’avidité. Il nous révèle que l’autoritarisme naît d’abord en nous-mêmes, dans le cadre rigide de nos ego captifs de nos pensées et de nos conditionnements, construisant ainsi cette société qui est la nôtre.

L’indifférence (Saturne/Neptune)

Le carré de Saturne à Neptune, dont il a été beaucoup questions ces derniers mois sous-tend ces mécanismes, car Uranus et Pluton se déploient sur la toile de fond d’émotions tourmentées (Neptune) et de circonstances adverses (Saturne). La souffrance (Neptune) est fortement présente et alimente la quête de sécurité (Saturne). Les sociétés se réfugient dans des idéologies politiques, philosophiques ou religieuses, brassant de grandes idées tout en se montrant dures, racistes, fermées, indifférentes aux souffrances des plus démunis.

Le problème des migrants en est l'exemple le plus marquant : la Méditerranée devient un vaste cimetière marin, des murs s’élèvent un peu partout, les frontières sont surveillées comme des coffres-forts et l’indifférence est l’état d’esprit le mieux partagé. Le dernier billet traitait de la conjonction de Neptune et de Ketu : il y est question d’évènementiel tourmenté par la matérialisation de la pensée, même si l’on sait que les promesses favorables de cet aspect sont immenses. L’obstacle le plus puissant à leur réalisation est sans doute l’indifférence, que symbolise le carré de Saturne à Neptune qui refroidit (Saturne) fortement l’empathie (Neptune).  

En vérité, sans céder au découragement, il semble parfois que nous soyons incapables de nous épanouir spirituellement. Si ça n’était pas le cas continuerions-nous à détruire la planète, à massacrer les animaux, les arbres et les plantes, à exploiter le travail des enfants, à laisser les femmes subir les pires brutalités (1), à accepter que les migrants se noient par milliers ? D’innombrables exemples aberrants montrent combien notre conscience collective reste brutale, primaire, dépourvue d’intelligence, combien nous semblons incapables de répondre à ce défi qu’impose le carré Saturne/Neptune.

La peur

Pour en finir avec l'autoritarisme (Uranus négatif) et son avatar le populisme (Neptune négatif) la seule solution est de comprendre la peur, qui nourrit le désir de domination et de puissance (Pluton négatif), dressant les êtres les uns contre les autres et contre eux-mêmes (2). Comprendre la peur est de tout temps la condition majeure de la sérénité et du bonheur. L’analyse de ses causes, de ses origines est bien insuffisante et c’est pourquoi nous faisons si peu de progrès la concernant : ce n’est que dans la perception profonde de sa substance que nous pouvons y arriver. 

Pénétrer la substance de la peur nécessite d’utiliser au mieux Uranus (la pénétration psychique). Alors que le carré Uranus/Pluton se délite et qu’un long trigone Uranus/Saturne se prépare (actif de début novembre 2016 à la fin décembre 2017!), l’humanité doit plus que jamais se pencher sur ce problème. 

L’actuel trigone de Jupiter en Vierge à Pluton (actif jusqu’à début août), offre en ce moment des ouvertures en ce sens, d’autant que Jupiter voyage encore avec Rahu (jusque la fin juillet), nous offrant l’occasion d’ordonner (la Vierge) nos mondes intérieurs. Pluton a ainsi l’occasion de jouer son rôle positif qui est de nous libérer de la peur née des traumatismes du passé. Son alliance avec Jupiter éclaire et prépare au travail à venir de Saturne et d’Uranus (la liberté conquise par l’intelligence, la patience et la détermination).

Propices à la conscience collective, ces mouvements planétaires affectent possiblement la conscience de millions d’individus et les prépare, les ouvre, les harmonise à la rencontre de Ketu et de Neptune, c’est-à-dire à l’accession éventuelle à une compréhension lumineuse de l'amour.


L’amour (Neptune/Ketu)

Car, partout sur cette même planète, des hommes et des femmes « de bonne volonté », combattent pour la paix et la justice, animés qu’ils sont d'un amour brillant dont on se demande d’où il vient et de quoi il se nourrit. 

La conjonction de Ketu à Neptune (de la mi-mai 2016 à la mi-février 2017) dont nous pourrions recueillir les meilleurs fruits, devrait nous faire réfléchir à la source de cet amour et pourquoi pas nous rapprocher de la possibilité de nous en abreuver. Que la compassion puisse, malgré la brutalité, la violence incessante, la peur et la terrible indifférence, éclore dans le cœur de nombre d'entre nous, le plus souvent anonymes, loin des feux des projecteurs, est un mystère rassurant, qui encourage à croire que tout n’est pas perdu. Si Neptune n’est ni Pluton (le puissant) ni Uranus (le dirigeant), s’il figure plutôt le faible, il symbolise aussi l’au-delà (l’ailleurs) du mental, accessible uniquement lorsque la pensée, lassée de lutter contre elle-même, lassée de ne rien comprendre, lassée d’être cause de séparation, d’isolement et de souffrance s’apaise enfin, permettant l’éclair d’inspiration qui offre l’accès aux dimensions les plus riches et les plus mystérieuses de nos êtres. 

En ce sens nous traversons une époque de riches potentialités. Neptune, débarrassé de ses illusions par Saturne (si le carré est compris), dont la nature compatissante est rendu plus accessible par Jupiter (si l’opposition est maîtrisée), offre ce qu’il a de meilleur :  une empathie qui ne soit pas sentimentalité, une dissolution du moi qui ne soit pas abandon, une communion qui ne soit pas confusion. Son alliance avec le noeud lunaire sud prend alors tous son sens puisque : « Ketu, lorsqu’il se libère du compulsif qui naît de nos profondeurs peu ou mal explorées, propulse vers la quête spirituelle qui passe par l’exploration des processus conscients ou inconscients de la pensée (3) ». 

Ainsi, Ketu et Neptune nous permettent des rencontres et des expériences à même d’illuminer la finalité de nos existences. Loin sous la surface durcie par la peur et l’indifférence de nos esprits tourmentés, couve le brasier de cet amour sans lequel nous n’avons aucune chance de nous en sortir. Cette énergie incompréhensible à nos moi conditionnés, source de la matière, du temps, de l’espace, du psychisme et de la conscience repose en nous et nous attend. 

Nous sommes des démiurges qui créons l’univers à chaque instant par la matérialisation de la pensée. Il nous revient de la calmer, de l’ordonner, de la libérer du désordre de la peur, c’est-à-dire d’en trouver la source et de changer le monde. Le processus de matérialisation, que nous pouvons user pour construire ou pour détruire, s’associe à Rahu et à Ketu : « Le Dragon des noeuds lunaires appartient de plein pied à l’architecture astrologique de la pensée. Il reflète le monde matériel symboliquement issu du Soleil (l’origine) et de la Lune (la manifestation). Il indique où s’assouvit la soif d’expériences et confronte intensément au matériau brut, circonstanciel de la vie, qui semble émaner des visualisations et des projections de la pensée. (….) L’expérience montre que ce sont des lieux (…) où l’événementiel s’attaque parfois à la fabrique de la destinée pour le meilleur ou pour le pire. » (4)

Jupiter chevauche Rahu, permettant à la pensée de s’ordonner par le biais d’études, de philosophie et d’expériences à condition que nous échappions à l’attachement et à l’insatisfaction. Ketu et Neptune permettent alors à nos consciences de s’épanouir dans le détachement du moi (Ketu) et  dans sa dissolution (Neptune). Il ne s’agit certes pas de disparaître, ni de s’assoir et de ne plus rien faire, mais au contraire, de trouver par ce biais l’action juste, celle qui jaillit de la source, celle qui n’est ni réaction à la peur, ni compensation aux frustrations du passé, ni assertion égoïste du moi.  



(1) Au Brésil, le viol filmé d'une adolescente par plus de trente agresseurs et le fait que la vidéo ait été mise en ligne sur internet, accompagnée de commentaires machistes, sans compter la police qui a demandé à l’adolescente si elle participait à des orgies et aimait cela (!!!) indique clairement les années lumière qu’il reste à parcourir à la gent masculine. 



(4) Ibid.




CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.