jeudi, avril 23, 2015

Mercure versus Mars et Saturne


Dans la pratique quotidienne de l’astrologie, Mercure joue un rôle éminemment important ayant une forte relation avec l’activité mentale, le « comment penser » et ainsi les choix et les décisions. Surveiller Mercure dans les éphémérides est aussi essentiel que d’y suivre la Lune : si cette dernière renvoie à la mémoire et à nombre des préoccupations de la pensée, Mercure représente la structure, la logique de cette dernière, ainsi que l’attention et la concentration, et peut-être ce qu’il y a de plus important, l’ordre intérieur.

Lorsque Mercure est soumis à de fortes perturbations par le biais d’aspects tendus, l’activité mentale en est troublée. Les conséquences collectives et personnelles à la fois se révèlent souvent importantes dans les cadres de la communication et des échanges écrits ou verbaux. Et surtout, d’importantes décisions prises au mauvais moment, quand la pensée peine plus que d’habitude à s’ordonner, se répercutent négativement sur les destinées.

Ces jours-ci en sont un bel exemple. Observons les aspects de Mercure. Nous laissons de coté les relations Mercure/Lune, tout en sachant que les tensions entre les deux astres aggravent un possible « désordre mental ».

Trigone à Pluton (jusqu’au 26 avril)

Réalisme, ruse, désir d’éclaircir les obscurités, de déterrer et d’exposer les secrets et les informations concernant le pouvoir, la domination, la mort et la sexualité. Finesse psychologique, capacité d’examiner avec sagacité l’inavouable et les interdits, d’explorer les craintes et les motivations cachées. Propice au commerce et à l’enrichissement, pas toujours dans la légalité. Intérêt pour les soins palliatifs, les Livres des morts, la quête de la transmutation du corps et de l’esprit.
Non garant de moralité, propice au commerce, cet aspect se met souvent au service des intérêts personnels.

Parallèle à Saturne (commencé le 22, se poursuit les 23 et 24 avril toute la journée et le 25 jusqu’en début d’après-midi). Opposition du 29 avril au 10 mai. 

Malgré l’émergence d’une pensée dense et sagace, concentrée, intelligente, la clarté mentale est corrompue dans certains domaines. Mécontentement, pessimisme et inquiétude. La suspicion, la jalousie, l’anxiété, l’amertume, la méchanceté guettent. La propension aux mauvais choix est décuplée. Les mobiles secrets, les motivations cachées, les craintes, certaines mémoires douloureuses sont volontairement ou non ignorés. On devient son propre ennemi en se mettant soi-même des bâtons dans les roues. Il est difficile de communiquer, de s’expliquer, de se faire comprendre, d’aller droit au but, ce qui tend à créer des complications matérielles, sociales et affectives. Des paroles mal interprétées portent à la confusion.
Éviter les choix importants.

Conjonction à Mars ( commencée les 18/19,  se poursuit jusqu’aux 29/30 avril)

Le mental est excité, compétitif, incisif, nerveux, impatient, irritable, belliqueux et vengeur, tranchant et impulsif dans ses choix, enclin à la polémique et à la provocation. Des réactions, décisions ou actes irréfléchis sont responsables de nuisances. Des paroles brutales ou blessantes, des critiques hâtives attirent des inimitiés, d’autant que les occasions de polémiques se présentent spontanément. Si l’éloquence est favorisée, les échanges tournent facilement en affrontements. Penchant à être franc et direct, à peu s’embarrasser de tact ou de fioritures. Propension à couper la parole, à recourir à une action brutale pour résoudre un problème subtil ou difficile.

Carré à Jupiter (se poursuit jusqu’au 25 avril)

La pensée se disperse, trop d’informations gâchent la réflexion. L’émotion et la distraction affectent le sens pratique, la logique, la réflexion et les décisions. L’inclination au bavardage, des indiscrétions de langage ou des jugements portés sur les autres déclenchent des inimitiés et des épreuves et à son tour on souffre de médisance ou de calomnie. Opportunités ratées par un manque d’attention accordée à l’environnement proche ou aux détails. Des situations mal appréciées provoquent des complications dans divers domaines.

L’ordre

On le voit Mercure est très sollicité par Mars et Saturne. Les journées d’avril pendant lesquelles les deux astres s’en mêlent en même temps sont les plus dangereuses. Pour faire au mieux, il faut comprendre que Mercure est l’astre de l’ordre. Il ne s’agit pas d’un ordre théorique, qu’on impose à la réalité, comme c’est le cas des idéologies politiques, philosophiques ou religieuses, qui deviennent ainsi des désordres déguisés, même si leurs idées sont parfois correctes et généreuses.

L’ordre est lié à l’astrologie de par son essence. Le ciel que nous étudions est le cosmos, mot qui signifie « monde ordonné ». Depuis des millénaires les astrologues tentent d’accorder cet ordre naturel à nos existences chaotiques. C’est d’ailleurs ce que devrait produire une interprétation astrologique réussie, qui est d’abord une remise en ordre du chaos intérieur. Cette remise en ordre se fait sans effort, sans intervention de la volonté, sans désir de souscrire à des idéaux, des traditions, des enseignements quels qu’ils soient, mais uniquement par la réalisation et la vision (la visualisation) du désordre. C’est tout un art, que certains appellent méditation, car l’observateur ne doit pas intervenir dans ce qu’il perçoit.

Voilà la tâche que le ciel nous propose actuellement, sous peine de tourments intérieurs et de mauvais choix (Saturne/Mercure), d’énervements, de conflits et d’impulsivité néfastes (Mars/Mercure).

Harmoniser Mars et Mercure

Le défi est de réussir à « poser » une pensée qui ne tolère pas l’absence d’excitation. Pourquoi cette incapacité ? S’agit-il de la peur du vide, d’une addiction à l’activité mentale ou encore d’une difficulté à se supporter soi-même ?
En toutes circonstances les réactions mentales conflictuelles, aptes à influencer la réflexion, le langage et l’action sont à observer au moment où elles se produisent. Cette vigilance se conçoit comme un art martial. Elle en constitue l’essence.
Appliquée à Mars, l’attention mercurienne, permet d’explorer les mécanismes de l’image de soi mis en branle quand celle-ci est harcelée, menacée, blessée ou humiliée ou encore lorsqu’il faut défendre ses opinions, ses intérêts et combattre pour des idées auxquelles on s’identifie. La patience qui fait défaut ne se cultive pas par la volonté mais par l’observation attentive de l’excitation mentale, de l’impulsivité, de la colère et de l’énervement. C’est par le biais du miroir relationnel que l’on se transforme. (1)

Harmoniser Saturne et Mercure

La notion de choix est ici particulièrement négative, car la tergiversation naît de la confusion causée par des motivations contradictoires. Un esprit limpide, conscient de ses mobiles et désirs secrets, de ses conditionnements et du poids de ses mémoires, reconnaissant la force des autorités intérieures telles que la crainte, l’ambition ou la colère n’a pas le choix. Il sait ce qui est à faire, mesurant précisément les forces qui influencent ses décisions : est-ce le désir ou l’amour, la quête de la sécurité ou le goût de l’audace? La solution correcte lui apparaît comme une vérité incontournable, comme une révélation, ce qui est le signe d’un Mercure restitué, à nouveau maître de l’ordre, de la clarté et du discernement.
Il est essentiel de se poser la question de l’orientation juste, c’est-à-dire allant dans le sens de l’accomplissement de la destinée.


(1) Comme une partie des jugements des aspects cités plus haut ainsi que le paragraphe suivant, ce texte appartient à « L’astrologie et la mécanique de la pensée » ouvrage bientôt disponible.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.