vendredi, septembre 20, 2013

Lendemain de pleine Lune

Comme toujours la pleine Lune inspire, on a parfois l’impression qu’elle est faite pour ça. En Poissons celle-ci était neptunienne et beaucoup d’entre nous sans doute approchèrent en eux-mêmes  l’empathie et la souffrance qui sont les expressions privilégiées de cet astre.
D’autres auront expérimenté plus que de coutume ses manifestations courantes que sont la quête de l’oubli de soi dans l’alcool ou la télévision, voire les deux à la fois.
Pour les premiers les sujets d’inquiétude ne manquent pas, sur fond de misères sociales et d’injustices les actualités débordent  de violences qu’il s’agisse des éléments (terribles inondations dans le Colorado et pire encore au Mexique) ou de personnes perdant le sens des réalités et se laissant entraîner dans des colères meurtrières qu’elles regretteront toutes leurs vies. Beaucoup de ces évènements nous ramènent à la conjonction de la tête du Dragon avec Saturne en Scorpion, enflammée par le carré de Mars en Lion.

Le ciel était particulièrement  cristallin puisqu’en montagne le froid de l’automne se fait déjà sentir pendant la nuit. Aveuglante, la Lune traversait un ciel abandonné par ses rivales les étoiles. Les arbres, les taillis, les herbes et les pierres semblaient se repaître de sa lumière d’argent. Vénus et Saturne avaient embelli le crépuscule et bien avant l’aube, alors que la Lune sombrait doucement vers l’ouest, Jupiter se leva aux cotés de Castor et Pollux non loin d’Orion la magnifique, qu’on ne se lasse pas d’admirer. Enfin ce fut au tour de Mars avant que la nuit ne cède la place à la venue de notre étoile que nous appelons Soleil. On comprend qu’une des plus importantes prières sanscrites, le Gayatri mantra, soit un hymne à cet astre qui chante ainsi : « Salut à toi, Ô excellent Soleil… »

Aujourd’hui la Lune n’est plus neptunienne mais uranienne. Elle est également au carré de Pluton (à 10h41 HL), ce qui tend à intensifier la pensée et elle s’avance au trigone de Mars (à 21h17 HL), un aspect favorable au sens de l’action, mais il me semble que pour les férus d’astrologie sa conjonction à Uranus (à 14h20 HL), que nous ressentons jusqu’à la nuit prochaine (passé minuit), est ce qui importe.

Uranus est entre autres choses (révolution, informatique, non-conformisme, magnétisme..) l’astre de l’astrologie. Ou l’astre de l’occultisme pour être plus précis, dans le sens de l’étude des mécanismes secrets, cachés, qui influencent nos destinées.

Comprenons que chaque jour, chaque instant sans doute, la Lune qui est très liée au mental, éclaire nos réflexions et nos idées. Hier encore pleine en Poissons, elle se référait à l’empathie collective, qui nous démontre sans cesse combien le monde c’est nous, combien nous sommes le monde. C’est un phénomène d’importance si l’on prend au sérieux le bien-être de notre planète la Terre, que l’humanité rudoie de sa brutalité. Neptune nous éclaire sur nos responsabilités : pas uniquement celles de nos dirigeants, des grands ambitieux aveuglés par leurs désirs, mais de chacun d’entre nous, microcosmes qui agissons sur le macrocosme. Ceux qui paradent au sommet de la hiérarchie sociale ne sont jamais que l’écume de la vague, nous ne sommes pas si différents d’eux.

Mais Neptune s’arrête aux sensations, à l’art parfois, à la sentimentalité sans doute et beaucoup au mystère. Et il laisse faire, comme persuadé que les choses finiront par s’arranger toutes seules alors même que nous plongeons dans les abîmes de l’autodestruction. Uranus c’est autre chose: il offre la capacité de comprendre nos mécanismes psychologiques en détail et peut-être, à partir de cette compréhension, d’appliquer l’action juste, celle-ci n’étant pas une réaction à la peur, au désir ou à la sentimentalité, mais un acte de l’intelligence. C’est le secret d’Uranus que de comprendre et d’agir simultanément.

Ainsi les journées uraniennes sont  importantes car elles sont à même de révolutionner la pensée, d’apporter de nouveaux concepts, de nouvelles idées, de nouvelles synthèses intellectuelles. Elles sont à même de nous éclairer sur certains secrets concernant nos existences et nos consciences. Uranus fait souffler un vent de liberté dans nos esprits, même s’il nous force à nous interroger sur ce concept lui-même : qu’est-ce que la liberté dont on parle tout le temps, dont nous avons fait un droit que nous n’exerçons jamais ? Rares sont ceux d’entre nous qui puissent se dire libres puisque la peur, l’envie, la colère et autres problèmes courants sont des obstacles à la liberté.

Alors, lorsque la Lune jouxte cet astre, le moins que nous puissions faire est de nous interroger et de laisser l’intuition nous traverser. Car Uranus est avant tout l’intuition, dans le sens de la perception directe de la vérité. Il ne s’agit pas de se torturer l’esprit, de plonger dans l’introspection, d’analyser encore et encore nos pensées, nos mémoires et nos éventuels  regrets, mais de laisser l’esprit au repos pour que s’ouvrent les portes de la compréhension. Ces heures uraniennes nous révèlent que nous sommes tous des créatifs, puisque les idées sont partout présentes autour de nous et que le seul art consiste à les cueillir quand elles passent à notre portée.

L’art disions-nous? il n’en est pas d’autre que de se faire disponible, de se laisser traverser sans résistance, ce qui nécessite une pensée subtile, éveillée, attentive à ses moindres mouvements.

Et cet éveil individuel, propre à chacun agit sur le monde n’en doutons pas. C’est ainsi qu’Uranus et Neptune se rejoignent. Profitons donc  aujourd’hui du moins,  des retombées de la pleine Lune neptunienne. Il ne s’agit pas de sentimentalité, de niaiserie, ni des jeux d’une pensée qui joue à envoyer de bonnes vibrations : celles-ci se manifesteront d’elles-mêmes à partir du moment ou le calme nous envahira.

N’oublions pas enfin que la Lune éclaire, amorce, mais qu’une fois que le mouvement uranien a été lancé, il reste toujours intensément présent, quelles que soient les positions astrales. L’esprit qui y a goûté y revient sans cesse de lui-même, sans avoir à attendre que le ciel ouvre de nouvelles portes.




CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.