mercredi, mai 15, 2013

L’âge d’or de l’astrologie

« Trois choses doivent absolument être comprises si l’on doit réaliser des prédictions véridiques dans le futur :
- Que l’heure de naissance (quelque soit la matière ou la question étudiée) soit obtenue avec précision.
- Qu’à cette heure dite l’état du ciel soit connu de façon exact.
- Que ce que la position du ciel et des étoiles affecte, nous le comprenions par des arguments qui soient vrais, ou du moins pas fallacieux, étant observés d’expérience ».

Pic de la Mirandole disputationnes (1494, vaste traité anti-astrologique)


Les « Anciens » continuent à avoir bonne presse en astrologie, comme s’ils avaient été des géants de la compréhension, dépositaires et possesseurs de pouvoirs quasi divins. Beaucoup de contemporains les prennent à témoin pour soutenir tel ou tel argument. Ptolémée et le Tétrabiblos sont omniprésents dans les démonstrations. Il y a ce qui était dans « la tradition » et ce qui n’y figure pas. Les Hindous de leur coté aiment croire qu’ancien et vrai sont synonymes, puisque nous traversons le Kali Yuga, l’âge d’obscurité et que nos perceptions et notre compréhension en sont forcément limitées. Ces points de vue ne datent pas d’hier, déjà les Romains, voire les Grecs, vouaient une sorte de culte aux Chaldéens, les vrais Grands Anciens. Des astrologues géniaux qui jouirent de cieux libres de pollution lumineuse et peut-être d’une meilleure vue puisqu’il fallait lire le livre du ciel en direct existèrent forcément à ces époques et nous leur devons beaucoup. D’un autre coté nous savons aussi que les charlatans (les ennemis héréditaires) furent légions dès l’Antiquité. Sans doute peut-on envier aux anciens un inconscient collectif richement imbibé de « magie », au sens de forces, de correspondances, de synchronicités plus puissantes, plus aptes à se matérialiser ne serait-ce que parce que la nature omniprésente, palpitante, encore pleine de toutes les sources de mystères (les arbres géants, les foules d’animaux sauvages, les immenses régions inexplorées) supportait mieux la quête du silence de l’esprit indispensable à l’art de l’interprétation.

Et pourtant, quoiqu’il en soit, il est possible que l’âge d’or de l’astrologie n’ait pas été vécu à Babylone, ni chez les Égyptiens, les Incas ou les Mayas, ni chez les Chinois, les Grecs, les Arabes ou les Indiens, mais qu’il soit ici et maintenant sur l’ensemble de la planète.

Il est plusieurs raisons à cela. D’abord et avant tout grâce à la technologie : l’astrologie est la sœur jumelle de l’astronomie sans laquelle elle ne peut subsister. Les astrologues des temps anciens étaient savants et astronomes. Il fallait observer et comprendre la mécanique céleste puis l’interpréter dans le cadre des destinées humaines. Nous disposons maintenant de logiciels fabuleux, le rêve absolu des adeptes de toutes époques et de toutes cultures, qui nous permettent des calculs éblouissants. Nous embrassons des millénaires de positions planétaires en quelques clics. Qu’auraient donné nos prédécesseurs pour un pareil confort ? Kepler lui-même fut sujet aux erreurs de calculs ! Les vœux de Pic de la Mirandole, qui n’y croyait pas une seconde, se sont réalisés. N’est-il pas passionnant de se pencher sur les différents hypothèses concernant la naissance du Christ (comme le firent nombre de praticiens, malgré les menaces de l’Église), en prenant la conjonction Jupiter/Saturne de l’an moins 6 comme base de départ, ou pourquoi pas l’occultation Jupiter/Lune de l’an moins 5 ? Ou encore d’étudier les configurations de n’importe quelle bataille, de n’importe quelle naissance, pourvu que les coordonnées soient sûres et précises, un problème qui ne sera par contre sans doute jamais résolu ?

Parallèlement nous disposons de milliers d'ouvrages traduits et publiés en de nombreuses langues. Ceux-ci sont de plus en plus souvent disponibles sur Internet, cet instrument très récent qui nous permet de communiquer instantanément de par le monde entier.

Un fait d’importance est que les modes de pensée évoluent, même si tout n’est pas réglé loin de là, la preuve en étant la vivacité des fondamentalistes de tous bords. Trop souvent l’astrologie s’est retrouvée attaquée, captive, flétrie, interdite ( !), victime de croyances, de dogmes et de fanatiques qui l’empêchaient d’avancer. Elle s’est longtemps débattue (et se débat encore souvent) contre les préjugés religieux et scientifiques.
Non seulement elle a survécu mais elle relève même la tête. L’astrologie « savante » a pris le pas sur l’obscurantisme et l’ignorance. Les scientifiques eux-mêmes sont partagés, puisqu’ils ont vu des systèmes patiemment bâtis s’effondrer sous les coups de nouvelles théories. L’univers n’est plus une machine, mais ressemble (selon les mots du physicien anglais Jeans), de plus en plus à une grande pensée.

Si la Renaissance et le cartésianisme forcené ont opéré une césure extrême entre la matière et l’esprit, comme entre la science et la spiritualité, nous n’en sommes plus là. A l'ère du post-modernisme scientifique, de l’avènement de la relativité et de la mécanique quantique, quand la causalité montre ses limites et que l’univers cesse d’être une sorte d’immense Lego régi par des lois précises et inamovibles, l'astrologie retrouve sa place. S’il est encore parfois question d’influences de vibrations planétaires, celles-ci restent du domaine de la spéculation. Par ailleurs les notions de relations acausales et de synchronicité ont fait leur chemin.

L’âge d’or est peut-être surtout lisible ici car de par sa nature à la fois abstraite et tangible, c’est-à-dire associée à la mécanique céleste, à nos esprits et à nos destinées, l’astrologie établit un lien entre un univers ré-enchanté par la science du XXe siècle, encore plus vaste et plus mystérieux qu'auparavant (qu’on songe aux murailles de galaxies, à la masse cachée, à l’énergie noire, aux pulsars, aux quasars, aux « comportements exotiques » de la matière) et un monde spirituel en pleine mutation, qui se débarrasse graduellement et non sans douleur des croyances naïves, des dieux bornés et des superstitions. Après avoir relégué les différentes genèses à la mythologie et malgré le boucan effrayant des fondamentalistes de tous bords, les Écritures, les traditions, les prophètes, les sauveurs et les gourous perdent du terrain au profit d’une spiritualité individuelle où chacun devient « une lumière à soi-même ». Dans le cadre de cette spiritualité grandissante, amenée à se développer de plus en plus, l’astrologie possède une place privilégiée : le thème astral ne décrit-il pas le sentier de l’épanouissement, de la réalisation de soi propre à chacun ?

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.