mardi, juin 05, 2012

Vénus dans le coeur du Soleil

Le 6 juin 2012 Paris 6h00 AM HL (heure de visibilité). Le transit exact en TU se passe de 22h09 (le 5/06) à 4h49am (le 6/06)

Cette nuit et demain matin Vénus transite sur le Soleil. J'avais observé ce transit en juin 2004, pas vraiment spectaculaire à dire vrai mais loin d’être anodin si l'on s'intéresse à l'astrologie. Ca n’est pas à proprement parler une éclipse dont il s'agit, puisque le minuscule disque noir de Vénus, loin d’en bloquer la lumière est engouffrée par la sphère ardente du Soleil. Il n’y a donc nulle occultation, nul assombrissement et au contraire, sans entrer dans des considérations mystico-émotionnelles (on nous parle ici et là d’une merveilleuse opportunité de connecter avec les désirs de nos cœurs ou encore du déversement d’un courant d’énergie divine à haute tension) on a l’impression d’un renouvellement, d’un nettoyage et possiblement d’une illumination même des significations de l’astre de l’amour et de la beauté.

Le transit proprement dit expliqué par Wikipédia:
« Les transits de Vénus font partie des phénomènes astronomiques prévisibles les moins fréquents et se produisent actuellement suivant une séquence qui se répète tous les 243 ans, avec des paires de transits espacés de 8 ans séparées par 121,5 puis 105,5 ans. Avant 2004, la paire de transit précédente date de décembre 1874 et décembre 1882. Le premier de la paire de transits du début du XXIe siècle a eu lieu le 8 juin 2004 et le suivant aura lieu le 6 juin 2012. Après 2012, les prochains transits auront lieu en 2117 et 2125.


C’est avant tout une conjonction Soleil/Vénus : que signifie-t-elle ?
Cet aspect parle de gentillesse, de prévenance, de courtoisie, de raffinement et du désir d’aimer. On a de bons sentiments et la pensée se porte vers le relationnel, l’union, l’harmonie et la beauté. Il arrive par contre que l’image de soi joue un rôle négatif dans le sens où l’on désire absolument être « aimable » et être aimé. En cas de conflits la diplomatie et les arrangements à l’amiable sont privilégiés.
Il s’agit aussi d’une véritable combustion, dans le sens où le Soleil brûle, éblouit, aveugle les valeurs vénusiennes. On entend parfois parler de cazimi, quand la planète conjointe est à moins de 16’ du cœur du Soleil, ce qui sera le cas, mais je ne pense pas que cela fasse une grande différence (certains auteurs prétendent que le cazimi renforce l’astre touché et d’autres que la combustion n’en est que plus forte, sans compter ceux qui réfute le principe même de la combustion).
Il semble pertinent en tous cas de parler du « mauvais » coté d'une telle rencontre d’autant Vénus, la petite fortune, ne fait pas que des cadeaux : on notera principalement un certain narcissisme ainsi que le trop d’importance attribuée à l’apparence physique. L’orgueilleux ego solaire se nourrit de cette vanité particulière et les exercices de l’ambition, de la réussite, de la manipulation et de la domination tournent autour de cette préoccupation. Le mental en est tourmenté. Le plaisir quand à lui est sans cesse anticipé et remâché par la pensée.
La compréhension doit être portée sur l’image de soi qui parce que génératrice de plaisir engendre également, obligatoirement, anxiété et souffrance. La recherche du plaisir (non le plaisir lui-même) que représente Vénus négatif est une des nourritures favorites de la peur, qui elle-même interdit la sérénité.

C’est une conjonction affligée par Mars au carré :
Vénus nous parle d’amour et de sensualité, avec toutes les préoccupations mentales que cela comporte et qui nous ôtent souvent la sérénité. Son carré à Mars est typique des moments où l’atmosphère est affectée par une sexualisation à outrance qui se matérialise par des attirances et des rencontre problématiques, puisque Mars représente le désir physique qui trouble la perception amoureuse symbolisée par Vénus.
Ainsi le carré entre les deux astres symbolise une confusion désir/amour. L’attirance hormonale est confondue avec l’amour ce qui  crée ensuite bien des problèmes.
Également affligé par Mars le Soleil imbibe l'environnement d’agressivité et de conflits : compétitions et rivalités amoureuses sont capables de dégénérer en frustrations et véritables conflits dont la violence n’est pas exclue. Ce passage de Vénus au cœur du Soleil, les deux astres étant affligés par Mars représente donc ainsi des troubles affectifs qui se répercutent dans la vie de la société (révoltes diverses contre les autorités, misère amoureuse et sexuelle, frustrations, passions et souffrance, orgueil et agressivité, violence des sentiments et du désir….).

Pour aller plus loin.
Nous parlons bien de Vénus pourtant, la petite bénéfique, l’astre de la beauté très en rapport avec la joie de vivre, l’art et l’amour non seulement des êtres humains mais aussi des forêts, des montagnes, des océans et des animaux (lire ici Vénus aime les végétariens).

On ne peut croire que son passage dans le cœur du Soleil ne puisse être « mis à profit », c’est-à-dire générer une compréhension de ce qu’est réellement l’amour, à condition cela s’entend qu’il y ait purification afin d’écarter les retombées négatives des afflictions de Mars dont nous parlions.
Cela signifie percevoir avec le cœur, c’est-à-dire l’au-delà de la pensée. S’ouvrir à l’intuition, c’est-à-dire à la perception directe. Cela signifie aussi la renonciation à toute violence qui est d'abord intérieure c'est-à-dire qui règne au coeur de nos pensées. Cela nécessite de savoir observer le désir sans le juger, sans le combattre, sans en être la victime.

Ensuite c’est à chacun d’essayer de ressentir cette nuit, demain, ces jours-ci et sans doute spécialement lors du passage de Vénus dans le Soleil, ce que cet astre signifie vraiment, une fois libéré de ses superficialités, de la quête permanente du plaisir, du narcissisme, de l’image de soi, etc.

Personnellement, je suis amoureux du concept de la venia, que j’expliquai il y un moment déjà sur ce blog. Morceau choisi :

Ce n’est pas un hasard si Vénus, la grâce de Dieu des anciens astrologues, tire son nom de venia, un vocable qui signifie don gratuit. La venia des dieux, sont les grâces qu’ils nous accordent sans contrepartie, car pensaient les Romains, nous ne possédons rien qui puisse tenter les bienheureux, à jamais beaux, jeunes et immortels, ignorant l’âge, la maladie et la mort.
Pour obtenir cette gratuité, l'unique moyen que nous ayons à notre disposition est le charme, qui est l’arme de Vénus.
Autrement dit, pour que la Déité dispense ses bienfaits, nous devons la séduire. Séduire Dieu !
Comment? Par ce qui plaît à Vénus qui, une fois purifiée par Saturne (la justice de Dieu), débarrassée de la quête incessante du plaisir, symbolise l'amour, la beauté et la paix du cœur. Il s’agit en conséquence d’aimer, sans rien désirer ni réclamer en échange. De sculpter sa vie comme une œuvre d'art, ce qui implique cesser de se soumettre à la recherche permanente de la sécurité, puisque l’intelligence nous prouve que celle-ci n’existe pas. Cela nécessite de percevoir la futilité de nos sagas personnelles, de ressentir une confiance sans faille dans le miracle de l'existence, de remporter la victoire sur notre seul  véritable ennemi, la peur
(lire ici Vénus et la venia en entier) 

Terminons par cette citation du Chandogya Upanishad qui semble bien à propos, car elle parle du cœur en tant que lieu mystique, ce cœur que Vénus capable d’en entrouvrir les portes, traversera d’ici quelques heures : 
« Aussi vaste que l'espace est cet espace à l'intérieur du cœur. Le ciel et la terre y sont contenus, l'air et le feu, le Soleil et la Lune, les éclairs et les étoiles, et tout ce qu'il peut y avoir de LUI (le moi) dans le monde, et tout ce qui n'y est pas (tout ce qui a été et sera) tout cela y est contenu ».

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.